San Biagio Saracinisco

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir San Biagio.
San Biagio Saracinisco
San Biagio Saracinesco
San Biagio Saracinesco
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Flag of Lazio.svg Latium 
Province Frosinone 
Code postal 03040
Code ISTAT 060061
Code cadastral H779
Préfixe tel. 0776
Démographie
Gentilé sanbiagesi
Population 364 hab. (31-12-2010[1])
Densité 12 hab./km2
Géographie
Coordonnées 41° 37′ 00″ N 13° 56′ 00″ E / 41.61667, 13.93333 ()41° 37′ 00″ Nord 13° 56′ 00″ Est / 41.61667, 13.93333 ()  
Altitude Min. 836 m – Max. 836 m
Superficie 3 100 ha = 31 km2
Divers
Saint patron San Biagio
Fête patronale 3 février
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Latium

Voir sur la carte administrative du Latium
City locator 14.svg
San Biagio Saracinisco

Géolocalisation sur la carte : Italie

Voir la carte administrative d'Italie
City locator 14.svg
San Biagio Saracinisco

Géolocalisation sur la carte : Italie

Voir la carte topographique d'Italie
City locator 14.svg
San Biagio Saracinisco

San Biagio Saracinisco est une commune italienne de moins de 1 000 habitants, située dans la province de Frosinone, dans la région Latium, en Italie centrale.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Dans la région du Latium méridional, le village de San Biagio Sarasinisco est situé à 36 km de Cassino dans la province de Frosinone, à mi-chemin entre Rome et Naples. Avec une altitude 866 m, elle fait partie du Parc Naturel de Abruzzes, la plus grande réserve naturelle d’Italie. D’une surface de 31 km2, elle compte au dernier recensement 364 habitants . Le bourg est situé sur un pic rocheux entouré des monts Meta (2 241 m), Mare (2 020 m), Cavallo (2039), Cavio (1 699 m), Santa Croce.

Le lac[modifier | modifier le code]

Le lac Selva dans le hameau de Pratolla, au lieu dit Fontana Cicchetto est un bassin artificiel pour alimenter la centrale hydroélectrique de Cassino, construite en 1956. Il a une capacité de 2 millions de m3. On peut y pêcher, faire du canoë… Une structure d’accueil (type auberge de jeunesse) offre aux visiteurs un lieu de villégiature. Un restaurant et une aire de pique- nique avec un barbecue permet de se restaurer. Les environnements ont été aménagés (chemins et gites de montagne) pour faire des randonnées pédestres et en VTT.

Tremblements de terre[modifier | modifier le code]

Cette région a subi, à plusieurs reprises, des secousses telluriques :

  • 9 septembre 1349
  • 13 juillet 1873
  • 15 janvier 1915
  • 07 et 11 mai 1984

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Les grandes épidémies[modifier | modifier le code]

  • En 1656, la peste a décimé la totalité de la population. Il a fallu plus de 20 ans pour rétablir le même nombre d’habitants.
  • En 1874, 300 habitants moururent du choléra.
  • En 1918, 80 personnes décédèrent du virus de la grippe « espagnole ».

Exil[modifier | modifier le code]

Deux flux d’émigration ont marqué l’évolution de la population :

À partir de 1915, une première vague (environ ¼) émigra vers Rome, Milan, Paris, Berlin…

Après 1960, une seconde vague (la moitié de la population) quitta le village pour l’étranger (en Europe du Nord, mais aussi aux États-Unis, au Brésil).

Parmi les familles qui ont choisi l’émigration citons : Cocozza, Di Meo, Iaconelli ou Jaconelli (forme francisée), Mancini, Minchella, Rossi, Valente

Histoire[modifier | modifier le code]

Étymologie du nom[modifier | modifier le code]

San Biagio (Saint Blaise) dont les reliques se trouvent dans divers églises locales est révéré par les moines bénédictins de l’Abbaye du Mont Cassin, fondée en 529, sur un promontoire au-dessus de la vallée de Comino. Le terme Sarasinisco proviendrait soit de Caraceni, peuple préhistorique qui évolua en Caracenisco, puis se transforma en Sarasinisco, soit du mot Sarrasin (Saraceni en latin). En effet, lors de la dernière guerre Samnite entre Romains et Sarrasins, ces derniers se sont établis en ces lieux en créant une place forte.

Avant l’ère chrétienne[modifier | modifier le code]

Ce lieu est habité depuis fort longtemps, environ 70.000 ans. Ainsi a-t-on retrouvé des vestiges du paléolithique : des tombes avec des poteries et des armes. Ces hommes occupaient des grottes naturelles et étaient de grands chasseurs ; ils poursuivaient leurs proies qu’ils amenaient jusqu’au versant de l’Apennin central. Les animaux ainsi acculés étaient contraints de se jeter dans le vide.

Petit à petit, ils délaissèrent cet habitat naturel en faveur de petites installations fortifiées faites de murs polygonaux sur le plateau du Mont Santa Croce. Des fouilles ont mis au jour au lieu-dit Omini morti une nécropole de type « Etrusque » avec des squelettes parés de ceinturons de bronze, de lances de fer, de bijoux ainsi que de vases émaillés en terre cuite et peints. Ces objets attestent d’échanges commerciaux avec la vallée. Ils exploitaient des mines de fer et d’argent extraits du Mont Meta .

À cause de sa proximité avec la voie Sora-Venafro-Capua, qui serpente entre les monts et est moins contrôlée que la voie Roma- Napoli située sur la plaine, SBS et les communes environnantes furent le théâtre de nombreuses révoltes et guerres contre le pouvoir romain, notamment contre l’esclavage au IVe et IIIe siècles avant J.C.

L’Abbaye du Mont Cassin "Monte Cassino"[modifier | modifier le code]

Après la chute de l’Empire Romain, le territoire fut occupé successivement par les Barbares (vers 410), les Goths d’Alaric (455), les Vandales (476), les Hérules, puis les Lombards et les Sarrasins. En 1055, les seigneurs de Capua, Pandolfo et Landolfo donnèrent ce territoire aux moines du Mont Cassin afin de travailler la terre. Ces derniers confièrent la culture à quelques familles de bergers des environs (de Picinisco, Agnone et Atina). Au milieu du XVIIe siècle, une épidémie de peste décima la presque totalité de la population. En 1678, les moines érigèrent une chapelle dédiée à Saint Blaise, un premier noyau d’habitants venus de Cervaro, San Vittore, Rocca d'Evandro et Cassino prit possession des lieux. Sous l’occupation napoléonienne (1806 à 1815), le bourg comptait 500 habitants et était administré par Vallerotonda.

Brigandage[modifier | modifier le code]

Le territoire vaste et accidenté, plein d’anfractuosités et de cavernes naturelles, a été longtemps propice au brigandage. Au XVIe siècle, un certain Swadan, chef de bande, attaquait les villages et rançonnait les voyageurs. En décembre 1546, sa tête fut mise à prix pour une somme de 100 ducats.

La pauvreté et la misère sont les facteurs qui expliquent ce phénomène. Lui succcedérent Colamattei di Sant’Elia, Cristoforo Valente Di Cervaro, Mezza di Casalattico, Domenico Fuoco di San Pietro. Le brigandage ne prit fin qu’au milieu du XIXe sous le règne de Ferdinand II.

On raconte qu’un trésor serait encore caché quelque part dans les montagnes !

Commune indépendante[modifier | modifier le code]

En 1858, sous le règne de Ferdinand II, roi de Naples, SBS obtint par décret son autonomie et devint, avec plus de 1000 âmes, commune à part entière sous le nom de San Biagio Sarasinisco, dans la province de Terra Laboris.

La seconde partie du XIXe siècle vit le développement des terres cultivés et de l’élevage ovin et caprin. La population s’accrut rapidement, ce qui ne fut pas sans problème pour les paysans qui s’appauvrirent. C’est ainsi que débuta la première vague d’émigration.

Le début du XXe[modifier | modifier le code]

La courbe démographique atteint son summum en 1911 avec 1570 habitants. La misère contraint 1/4 des habitants à s’expatrier vers les villes italiennes du nord, l’Allemagne, La France, la Suisse, l’Écosse, l’Angleterre, la Suède et même les États-Unis d’Amérique.

Deux autres facteurs ont participé à la réduction de la population : La première guerre mondiale et la grippe espagnole de 1918. C’est ainsi qu’en 1931, on ne comptait plus que 1019 habitants

L’entre deux guerres[modifier | modifier le code]

Cette période marque une profonde évolution avec l’avènement du fascisme. De grands travaux virent le jour : mise en place de pavés sur la Piazza Marconi, un mur de pierre en aval de la Piazza Croce, une fontaine de pierre dans le bourg, un mur autour du cimetière, une école publique, et enfin une centrale hydroélectrique.

La population en 1936 s’élevait à 1.127 habitants.

La seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Mais l’ombre de la seconde guerre et la proximité de Cassino amena le général Kesserling à créer la ligne Gustav qui partageait le pays.

De nombreux jeunes furent enrôlés dans l’armée et payèrent de leur personne. D’autres durent participer au STO (Service du travail obligatoire, non rémunéré), ils se retrouvèrent au front pour construire des fortifications.

SBS fut occupé par le 85e régiment autrichien et le 10e des chasseurs alpins, le rapport entre les habitants et les occupants germanophones fut assez paisible, car la commune bénéficiait des services d’un habitant bilingue .

Le territoire fut le lieu de nombreux combats, des milliers de soldats venus du monde entier (Amérique, Afrique, Europe) se sont affrontés sur les collines et les monts environnants. Toute la région fut bombardée. La population civile dut être évacuée par camions vers la province de Cremone à 5 jours de distance.

Le 12 janvier 1944 à 5 h30, le 18e régiment marocain et le 7e algérien attaquèrent dans le but de pénétrer à Sant’Elia Fiumerapido. Ce fut un massacre.

Au Mont Santa Croce, le 27 mai 1944 à 21 h, les derniers allemands furent délogés par la 41e compagnie de parachutistes du 184e régiment.

Le village était totalement détruit. On estime à plus de 5000 morts dans la région. 1946 marque la fin de la dictature, la fin de la guerre et la fin de la monarchie de Savoie.

L’Après guerre[modifier | modifier le code]

Les déplacés retrouvèrent leur village en ruines. Tout devait être reconstruit.

Petit à petit, SBS naquit de ses cendres, se repeupla, si bien qu’en 1961, on comptait presque le même nombre d’âmes qu’en 1921.

Mais les difficultés économiques et financières amenèrent une émigration très massive : la moitié de la population alla s’installer à l’étranger.

Aujourd’hui, bien que la population soit faible, de nombreuses maisons se construisent chaque année pour et par les enfants et petits-enfants de ces émigrés.

Économie[modifier | modifier le code]

L’agriculture et l’élevage sont historiquement les deux ressources de la commune.

Toutefois, aujourd’hui avec le Lac, le tourisme semble apporter un afflux estival. D’ailleurs, à cet effet, la mairie a impulsé la création d’un centre de loisirs, d’une Ostello, d’un restaurant- café et la remise en état des refuges de montagne pour des randonnées pédestres ou en VTT.

Culture[modifier | modifier le code]

Dialecte[modifier | modifier le code]

Suite aux nombreuses invasions et occupations, les habitants de SBS perpétuent le dialecte appris depuis des générations, c’est un mélange de latin, d’italien, de français (occupation napoléonienne), d’espagnol.

En voici quelques exemples : Italien andiamo dialecte jame Latin eamus; Italien scatola, dialecte buatta, Français ; Italien : fazzoletto, dialecte: maccature, Catalan : moquero

En dialecte, les consonnes sont redoublées, la consonne v se prononce w, la voyelle o est ouverte, l’article il se prononce glie comme medaglie, le c suivi de la voyelle e o ou i se prononce sce comme dans le mot pesce.

Pèlerinage[modifier | modifier le code]

Le 3 février, les habitants fêtent Saint Blaise.

De plus, chaque année, le premier dimanche de septembre, les habitants célèbrent Saint Blaise pour la fin miraculeuse d'une grande sécheresse.

Enfin, le 21 aout une procession accompagnée de musiciens quitte l'église de San Biaggio à 4 heures du matin pour se rendre jusqu’à la Chapelle de la Vierge à Monte Canneto. Le retour a lieu le lendemain et l'arrivée est prévue autour de midi.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

En aout, au centre historique, se déroule la Sagra del Frattaccio, avec dégustation de la Frattaccio, avec des danses et musiques folkloriques, et qui se clôt par un feu d’artifice. En 2010, on a accueilli 2150 visiteurs.

Monuments et patrimoine

Le musée (en cours) présente la nécropole.

Administration[modifier | modifier le code]

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
    Francesco Iaconelli    
2002 2007 Giuseppe Paollilo    
29 mai 2007 en cours Dario Giustino Iaconelli    
Les données manquantes sont à compléter.

La mairie se situe 18 via D.D. Iaconelli, Pour tout renseignement vous pouvez : tél : (0039) : 0776-67018. La secrétaire parle français. Ou e-mail: comunesbiagios@libero.it

Hameaux[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Castel San Vincenzo, Picinisco, Pizzone, Rocchetta a Volturno, Sant'Elia Fiumerapido, Vallerotonda. Voir aussi MonteCassino.

Notes et références[modifier | modifier le code]

San Biagio Vescovo e Martire : Storia del Santo e del Paese, édité par le conseil régional du Latium. San Biagio Saracinosco de Gianfranco Iaconelli, éditions albatros, 1994.