Samuel Bochart

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Samuel Bochart

Description de l'image  SamuelBochart.jpg.
Naissance
Rouen
Décès (à 68 ans)
Caen
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Profession Ministre

Samuel Bochart, né à Rouen le et mort à Caen le , est un érudit français, ministre de la religion réformée.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Fils d’un ministre protestant, ce brillant érudit a soutenu trois thèses en théologie à Sedan, Saumur et Leyde. Il séjourne à Oxford après 1621 avant de s’installer à Caen en 1628.

Ce polyglotte accompli ne possédait pas moins de dix-sept langues étrangères : grec, hébreu, italien, espagnol, anglais, allemand, néerlandais, celtique[réf. nécessaire], arabe, copte, égyptien[réf. nécessaire], éthiopien, phénicien[réf. nécessaire], chaldéen[réf. nécessaire], syriaque, persan. Il est l’auteur d’un dictionnaire en arabe de 30 000 mots. Il a représenté les protestants au Synode de Loudun de 1659. Sa réputation lui vaudra une invitation de la reine Christine de Suède à sa cour en 1652. Fait d’autant plus notable que Samuel Bochart et René Descartes, l’auteur du Discours de la Méthode, furent les seules personnalités françaises à faire l’objet d’une telle initiative.

Il se livre également à des disputations publiques avec les théologiens catholiques, comme en 1628 avec le jésuite Véron, mais la dernière à laquelle il se livrera, contre son collègue de l’Académie de Caen, Pierre-Daniel Huet, lui sera fatale : débattant avec ce dernier qui l’avait accusé de traduction défectueuse d’un manuscrit d’Origène sur la transsubstantiation, Samuel Bochart succomba à une apoplexie le 16 mai 1667 en pleine séance de l’Académie de Caen. Ses contemporains semblèrent, à cette triste occasion, prendre le parti du défunt contre l’esprit d’intransigeance et de chicane de Huet réputé être « de ces gens contre lesquels il n’est pas possible d’avoir raison ».

Ce savant, comme tous les érudits qui s’enthousiasment pour l’objet de leurs études, ne voyait que phénicien partout et donnait à la plupart des mots des autres langues les étymologies phéniciennes les plus chimériques. Mais auprès de ses contemporains et jusqu’au début du XIXe siècle, Samuel Bochart a joui d’une immense réputation de théologien, géographe, naturaliste et philologue.

Citations récentes à son sujet[modifier | modifier le code]

« Si ses écrits peuvent sembler plus vieillis que le Discours de la Méthode, on doit lui reconnaître le mérite d’avoir fait sortir le monde phénicien du milieu des mythologistes amateurs de fables pour l’avoir projeté, avec éclat, sur la scène de l’Histoire. »
Michel Gras, Pierre Rouillard et Javier Teixidor, L’Univers phénicien, 1989 (1re éd.)
« Aujourd’hui encore, les meilleurs historiens s’accordent à saluer Samuel Bochart comme le premier au monde à avoir fait un exposé cohérent et organisé sur la langue et les colonies phéniciennes »
Jean-Pierre Thiollet, Je m’appelle Byblos, 2005

Son œuvre[modifier | modifier le code]

  • Geographia Sacra, sur les premiers âges du monde, Cadomi, typis Petri Cardonelli, 1646 ;
  • De consiliandis in religionis negotio protestantibus, 1662 ;
  • Hiérozoïcon, 1663, histoire de tous les animaux cités dans la Bible ;
  • Traité des minéraux, des plantes,des pierreries dont la Bible fait mention ;
  • Traité du paradis terrestre.

Ses ouvrages ont été réimprimés à Leyde en 1712, 3 vol., in-fol.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Edward-Herbert Smith, Samuel Bochart : recherches sur la vie et les ouvrages de cet auteur illustre, Caen, Chalopin, 1833.
  • L. D. Paumier, Éloge historique de Samuel Bochart, avec des notes supplémentaires sur sa vie et ses ouvrages, Rouen, Nicétas Périaux, 1840.