Samuel Baud-Bovy

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Samuel Baud-Bovy

Naissance 27 novembre 1906
à Genève, Suisse
Décès 2 novembre 1986 (à 80 ans)
à Genève, Suisse
Nationalité Flag of Switzerland.svg Suisse
Pays de résidence Suisse
Diplôme
Profession Chef d'orchestre
Activité principale musicien
Autres activités
Conjoint
Lyvia Angst
Descendants
Manuel, Françoise

Samuel Baud-Bovy, né le 27 novembre 1906 à Genève et décédé le 2 novembre 1986 à Genève, est un musicien, ethnomusicologue, néohelléniste, professeur universitaire et homme politique suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Samuel Baud-Bovy est le fils de Daniel Baud-Bovy, historien d'art et écrivain, et le petit-fils du peintre Auguste Baud-Bovy. En 1934 il épouse Lyvia Angst (1912-1984), fille du sculpteur, dessinateur et peintre Carl Angst, avec laquelle il aura deux enfants, Manuel et Françoise.

Études[modifier | modifier le code]

Parallèlement à des études de lettres classiques, il étudie le violon et le piano à Genève, puis la composition et la musicologie à Vienne (hiver 1926-1927) et Paris (1928-1929), avec Guido Adler, Paul Dukas et André Pirro. Il travaille la direction d'orchestre avec Felix Weingartner à Bâle et Hermann Scherchen à Genève. Ayant suivi à Paris les cours de grec moderne d'Hubert Pernot à la Sorbonne, il part en Grèce en 1929 comme boursier de la fondation Lambrakis-Maunoir, qui créait à la Faculté des lettres de l'Université de Genève un enseignement de grec moderne. Il rencontre à Athènes écrivains et artistes grecs et y étudie la musique byzantine.

L'ethnomusicologue[modifier | modifier le code]

De 1930 à 1931, il se consacre à la recherche musicologique sur le terrain, dans le Dodécanèse, alors sous mandat italien, où il note paroles et musique de nombreuses chansons populaires. Il effectuera en 1954 une nouvelle campagne musicologique, en Crète cette fois. On peut entendre les enregistrements et voir des photos de cette campagne au Musée des instruments anciens de musique d'Athènes, aux pieds de l'Acropole.

Le néohelléniste[modifier | modifier le code]

En 1931, de retour à Genève, il est nommé chargé de cours, puis, en 1942, professeur de langue et de littérature grecques modernes à l'Université de Genève (1942-1958). En 1938, il consacre un article prémonitoire à Georges Séféris, en 1940 il est le premier à présenter au public occidental et à traduire Odysseas Elytis. Ces deux poètes, alors inconnus en dehors d'un cercle d'initiés, même en Grèce, allaient voir leur œuvre couronnée par le prix Nobel de littérature, en 1963 et 1979. En 1946, il présente Andreas Calvos, Dionýsios Solomós, Kostís Palamás, Constantin Cavafy et Ángelos Sikelianós, avec des traductions d'extraits de leurs poèmes. Suivent des travaux qui ont valeur de référence sur des sujets aussi variés que l'hymnographie de l'Église d'Orient, la ballade médiévale et sa tradition orale, l'existence d'un théâtre religieux à Byzance, la genèse de la première traduction néogrecque du Nouveau Testament, l'aspect verbal en grec moderne.

L'homme politique[modifier | modifier le code]

Membre du parti démocratique (libéral), il est élu au Conseil administratif de la Ville de Genève (1943-1947), il est délégué à la culture et aux Beaux Arts: engagement à l'année des musiciens de l'Orchestre de la Suisse romande, rénovation du Grand Théâtre et du Victoria Hall, création avec Constantin Brăiloiu des Archives Internationales de Musique Populaire, construction du Muséum d'Histoire Naturelle, création en 1947 d'un "Prix de la Ville de Genève", attribué tous les quatre ans (et qui lui sera remis en 1975)[1], initiateur de la "maturité artistique", introduite en 1969.

Le musicien[modifier | modifier le code]

Mais c'est à la musique, et en particulier à la direction d'orchestre, que Samuel Baud-Bovy a consacré l'essentiel de son activité. Dès 1933 il prend en mains la classe d'orchestre du Conservatoire de musique de Genève; en 1942 il y ouvre un cours de direction d'orchestre, que suivront, parmi d'autres élèves, Michel Tabachnik et Charles Dutoit.

Membre du Conseil International de la Musique de l'UNESCO, il préside de 1955 à 1960 l'Association des Musiciens Suisses. En 1947, il est nommé directeur adjoint du Conservatoire, puis directeur de 1957 à 1970. Il y introduit les assurances sociales pour les professeurs, de grands cours d'interprétation musicale (avec, entre autres, Arthur Grumiaux, Vlado Perlemuter, Pierre Fournier, Nikita Magaloff, Graziella Sciutti, Gérard Souzay) et d'art dramatique (Béatrix Dussane), une section professionnelle de niveau universitaire, et il œuvre à la création dans les collèges genevois d'un baccalauréat artistique et à une réforme du statut des écoles genevoises de musique (Conservatoire, Conservatoire populaire et Institut Jaques-Dalcroze). Il organise de nombreux spectacles avec les élèves du Conservatoire, tant musiciens que danseurs et acteurs. Il traduit en français et crée en Suisse «Let's Make an Opera» de Benjamin Britten.

Il dirige, le plus souvent avec l'Orchestre de la Suisse romande, des centaines de concerts, avec de grands solistes, parmi lesquels David Oistrakh, Clara Haskil et Dinu Lipatti. De 1938 à 1977 il est à la tête, à Genève, de la Société de Chant Sacré, faisant alterner les grandes œuvres classiques de la musique sacrée, des œuvre méconnues de compositeurs comme Bach, Mozart ou Schumann et des créations et premières auditions de compositeurs suisses (entre autres, Ernest Bloch et Arthur Honegger). Il dirige en particulier la création mondiale en 1950 du «Golgotha» de Frank Martin à Genève, puis Zurich et Paris. Dès 1938, il dirige de nombreux opéras, entre autres de Bizet, Gounod, Donizetti, GluckOrphée» et les «Iphigénie»), Mozart (tous les grands opéras, entre autres un «Idoménée», avec Luciano Pavarotti dans le rôle titre, et la création en concert de «Thamos roi d'Égypte»). Il faut encore mentionner la 2e audition mondiale et la création en français du «Rakes' Progress» en présence de Stravinski (mai 1952) et pour le 20e anniversaire du Concours international d'exécution musicale de Genève un «Così fan tutte» avec d'anciens lauréats, en octobre 1959). En 1957 il dirige «Les Muses Galantes» de Jean-Jacques Rousseau, dont il avait reconstitué la partition sur la base des parties séparées déposées au musée de l'Abbaye de Chaalis.

Rousseau a d'ailleurs été pour Samuel Baud-Bovy un sujet d'intérêt constant. De 1960 à 1986 il lui a consacré neuf études, réunies et présentées après sa mort par J.-J. Eigeldinger (sur les diverses raisons de la polémique entre Rameau et Rousseau ; sur le débat entre musique française et musique italienne ; sur les origines de la présentation du Ranz des vaches dans le Dictionnaire de musique ; sur le récitatif à la française). Ses commentaires sur la musique antique dans le Dictionnaire de musique de Rousseau, parus en 1995 à Paris dans la Bibliothèque de la Pléiade[2],apportent des conclusions nouvelles sur Rousseau exégète de la musique antique.

Comme tous les lauréats du "Prix de la Ville de Genève", Samuel Baud-Bovy est enseveli au Cimetière des Rois à Plainpalais.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lauréats du "Prix de la Ville de Genève" 1975[1])
  2. Jean-Jacques Rousseau, Œuvres complètes, V, Écrits sur la musique, la langue et le théâtre, édition publiée sous la direction de Bernard Gagnebin et Marcel Raymond, Paris, NRF Gallimard, 1995, p. 613-1191.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • B. Bouvier, "A la mémoire de Samuel Baud Bovy (1906-1986), Samuel Baud-Bovy et la chanson populaire grecque", in: Bulletin Annuel du Musée d'Ethnographie de la Ville de Genève, 1987, no 28, p. 111-113.
  • Divers auteurs, "Hommage à Samuel Baud-Bovy", Revue musicale de Suisse romande, (1987), xl/1, p. 13–28
  • J.-J. Eigeldinger, "Travaux de Samuel Baud-Bovy: essai de bibliographie" , Revue musicale de Suisse romande, xl/1,1987, p. 31–35
  • L. Liavas, Fonds ethnomusicologique Samuel Baud-Bovy, 1989.
  • G. Rouget, "Nécrologie de Samuel Baud-Bovy (1906-1986)", in: Revue de musicologie, 1986, Tome 72/2.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]