Samuel-Jacques Bernard (1686-1753)

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Samuel-Jacques Bernard

Naissance 19 mai 1686
Décès 22 juillet 1753 (à 67 ans)

Samuel-Jacques Bernard, comte de Coubert (1739), né le 19 mai 1686 et mort le 22 juillet 1753, est une personnalité française du XVIIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils aîné du richissime financier Samuel Bernard et de Anne-Magdeleine Clergeau. Son père le marie à Louise Olive Frotier de La Coste de La Messelière, issue d'une vieille famille du Poitou. Il a un fils, Oliver-Samuel-Jacques, qui fut avocat général aux requêtes de l'hôtel.

Comme son père, il abjure sa foi calviniste, le 29 septembre 1715 à l'Église Saint-Sulpice[1]. Il achète le 4 mars 1718 à Christian Louis de Montmorency-Luxembourg, dernier fils du maréchal de Luxembourg et à sa femme, Louise Madeleine de Harlay-Beaumont, le château de Grosbois, dans lequel il fait réaliser de dispendieux embellissements. Il crée notamment la superbe ferme du château et réaménage les décors intérieurs. En 1731, il est contraint de se séparer de ce domaine, vendu à Germain Louis Chauvelin.

Il est maître des requêtes, surintendant des Maison, Domaines et Finances de la Reine Marie Leszczyńska (à compter de mai 1725), puis grand doyen des maîtres des requêtes de l'hôtel et conseiller d'État ordinaire. Il est prévôt des maîtres des cérémonies et grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis (juin 1728)[2].

À la mort de son père, en 1739, Samuel-Jacques Bernard hérite d'une fortune estimée à 33 000 000 de livres[3]. Il passe l'essentiel de son existence à dilapider la fortune paternelle.

Hôtel particulier[modifier | modifier le code]

Entre 1741 et 1745, il fait réaménager et agrandir un hôtel particulier se trouvant au 46, rue du Bac à Paris. Il a été édifié en 1697-1699 pour Jean-Baptiste Voille par un des Bruand, (voir Libéral Bruand) et il a été profondément modifié par Germain Boffrand. Seule le bâtiment se trouvant sur la rue du Bac existe de nos jours. Le corps de logis a été démoli lors de l'extension du Boulevard Saint-Germain[4]. Il le meuble d’œuvres d'art. La salle à manger est décorée de panneaux en chêne dans leur couleur naturelle à la capucine, sur lesquels Jean-Baptiste Oudry peint en 1742 deux grandes toiles représentant des chiens de chasse, considérées comme étant parmi les chefs-d’œuvre de l'artiste[5] Les boiseries blanches et or du grand salon, avec leurs dessus-de-porte représentant les Quatre continents peints par quatre peintres et servant de modèle aux tapisserie d'Aubusson: Jacques Dumont le Romain, Charles-Joseph Natoire, Charles Restout et Carle Van Loo[6], aujourd'hui exposées au Musée d'Israël de Jérusalem[7]. Les livres et manuscrits de son importante bibliothèque, vendus aux enchères en 1754 et 1756[8], sont reconnaissables aux armes entourées du collier de l'Ordre de Saint-Louis et de la devise Bellicae vitutis praemium imprimées sur leur couverture[9].

Banqueroute[modifier | modifier le code]

Fastueux, amateur d’art, il fait banqueroute en 1751 emportant 80 000 livres, soit 8 000 livres de rentes, dues à Voltaire, dont il gérait la fortune[10]. Ce dernier y fait allusion dans le Dictionnaire philosophique à l'article « Banqueroute » :

« Un homme de lettres de ma connaissance perdit quatre-vingt mille francs à la banqueroute d’un magistrat important, qui avait eu plusieurs millions nets en partage de la succession de monsieur son père, et qui, outre l’importance de sa charge et de sa personne, possédait encore une dignité assez importante à la cour. Il mourut malgré tout cela; et monsieur son fils, qui avait acheté aussi une charge importante, s’empara des meilleurs effets. L’homme de lettres lui écrivit, ne doutant pas de sa loyauté, attendu que cet homme avait une dignité d’homme de loi. L’important lui manda qu’il protégerait toujours les gens de lettres, s’enfuit, et ne paya rien. »

De la même manière, il ne peut payer le magnifique surtout de table en argent massif qu'il avait commandé à Thomas Germain en 1729-1731, que les descendants de l'orfèvre finirent par vendre en 1757 au duc d'Aveiro qui lui a laissé son nom.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason de la famille Bernard.svg d'azur à l'ancre d'argent, senestrée en chef d'une étoile du même, rayonnante d'or[11],[12],[13].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Auguste Jal, Dictionnaire critique de biographie et d'histoire: errata et supplément, 1867, s.v. "Bernard", p. 203
  2. La Chenaye, Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse, 1873.
  3. F. J. B. Watson, "A French Eighteenth-Century Room for Jerusalem", The Burlington Magazine 111 no 801, décembre 1969, p. 758-761.
  4. (Pierre Verlet , The Eighteenth century in France: society, decoration, furniture,, 1967, p. 14); Voir également Bruno Pons, "Hôtel de Samuel Jacques Bernard," dans Le faubourg Saint- Germain: la rue du Bac, catalogue de l'exposition, Paris 1991; et Charles Duplomb, La rue du Bac, 1894, p. 39-42
  5. Selon Hal N. Opperman, J.-B. Oudry, 1686-1755, 1983, p. 174.
  6. Pour les tapisseries d'Aubusson voire George Leland Hunter, Tapestries; Their Origin, History And Renaissance, "French Looms, The Gobelins: Beauvais: Aubusson. Part 6" (texte en ligne).
  7. L'hôtel de la rue du Bac est démoli en 1887 pour le prolongement du Boulevard Saint-Germain, 1893, p. 297; la boiserie est un cadeau du baron Edmond de Rothschild, Watson, 1969, p. 758-761.
  8. François Moureau, "Encore ces maessieurs de Rieu," in La lettre clandestine no. 3, Paris, Sorbonne, 1999; p. 296 et note 2.
  9. Ernest Coyecque, "Manuscrits du Tribunal de Commerce de la Seine", in Revue des bibliothèques 3, 1893, p. 98 et notes,
  10. Victor de Swarte, "Samuel Bernard" in Réunion des sociétés des beaux-arts des départements 17, 1893, p. 293-300. Comprend des extrait de la correspondance entre Voltaire et Bernard.
  11. La bibliothèque de l'Institut, Notice de la marque n° 173.
  12. Histoire générale illustrée des départements.... , Seine-et-Marne : histoire des communes, guerres, seigneuries, anciens monuments, églises, châteaux..., Maurice Pignard-Péguet, Gallica/BNF, page 179.
  13. Essais historiques et statistiques sur le département de Seine et Marne, Volume 2, Louis Michelin, page 349.