Samson Morpurgo

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Samson Morpurgo, ou Samson ben Joshua Moses Morpurgo, né en 1681 à Gradisca, mort en 1740, est un médecin, rabbin et liturgiste italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

À sept ans, le jeune Samson part à Venise, emmené par son père Josue-Moseh (Josué-Moïse) Morpurgo, pour y recevoir sa première éducation. Il étudie ensuite à l'Université de Padoue, et obtient le diplôme de docteur en médecine[1],[2].

Samson Morpurgo publie en 1704 à Venise son 'Eẓ ha-Da'at, un commentaire philosophique sur le livre de Jedaiah Bedersi Beḥinat ha-'Olam. Mais à la fin de cet ouvrage est imprimée une satire sur les cabalistes, ce qui vaut à Morpurgo d'être persécuté par les rabbins de Padoue[1].

À la même époque, il se consacre à l'étude du Talmud et des écrits rabbiniques. En 1709 il obtient le diplôme de rabbin, délivré par Leon Briel, grand rabbin de Mantoue, auteur de la préface au Shemesh Ẓedaḳah de Morpurgo[1].

Il est peu après appelé à Ancône auprès du rabbin Joseph Fiametta (ou Piamita) qui l'associe à son rabbinat. Il devient ensuite son gendre en épousant sa fille Tama. Après la mort de Fiametta en 1721, il est le seul rabbin d'Ancône et le reste pendant dix-neuf ans, jusqu'à sa mort[1],[2].

Samson Morpurgo est considéré comme un rabbin éminent ; ses objections à certains décrets rabbiniques se trouvent dans De Rossi, Bibliotheca Antichristiana, p. 63. Son approbation est insérée par Isaac Lampronti en 1716 dans son Pahad Yiẓaḳ, i. 35b, s.v. Il correspond avec Abraham Segre et Moïse Hagiz au sujet de Moïse Hayyim Luzzatto (voir Kerem Hemed, iii. 149)[1].

Comme médecin, Morpurgo s'avère particulièrement habile lors d'une épidémie de grippe à Ancône en 1730. En reconnaissance de ses services, il reçoit les témoignages de gratitude de l'archevêque d'Ancône, le futur pape Benoît XIV[1].

Il a laissé un certain nombre d'écrits sur les quatre parties de la Shulḥan 'Aruk. Ces écrits sont publiés avec une préface et des notes, par son fils Moïse Ḥayyim Schabbethaï Morpurgo en 1743. Il est également l'auteur de la prière commençant par « Anna ha-El ha-Gadol ha-Gibbor weha-Nora », à réciter par les personnes visitant un cimetière[1].

Morpurgo meurt subitement, en sortant de la synagogue, le premier jour de la Pâque 1740. Un grand nombre d'élégies lui sont alors dédiées, dont celle de Lampronti[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Les œuvres, souvent posthumes, sont indiquées ici par ordre de première publication connue.

  • (he) 'Eẓ ha-Da'at : daʻat ṭov ṿa-raʻ : ṿe-hu tosefet beʼur li-Veḥinat ʻolam she-ḥiber Yedaʻyah ha-Penini ha-Bederśi : uvi-śefat ha-yeriʻah meḳom maʼamaraṿ be-sifre ha-ḳadmonim (en collab.), 1704 - עץ הדעת : דעת טוב ורע : והוא תוספת ביאור לבחינת עולם שחיבר ידעיה הפניני הבדרשי : ובשפת היריעה מקום מאמריו בספרי הקדמונים
  • (he) Shemesh tsedaḳah : ...bi-sheʼelot u-teshuvot, Venise, 1743. - שמש צדקה : ... חדמה גנוז׳היתה באוצרו של
  • (he) Sefer Shemesh tsedaḳah, 1743 ; réédité, 1986. - ספר שמש צדקה
  • (he) 1743, שמשון בן יהושע משה מורפורגו
  • (he) 1743, שמש צדקה חלק ב

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Jewish Encyclopedia, 1906.
  2. a, b et c Carmoly 1844, p. 237.

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • (en) « Morpurgo, Samson ben Joshua Moses », dans Jewish Encyclopedia,‎ 1901-1906 (lire en ligne) ; – (en) « Morpurgo, Samson ben Joshua Moses », dans Jewish Encyclopedia,‎ 1971.
  • Eliakim Carmoly, Histoire des médecins juifs anciens et modernes, vol. 1, Société encyclographique des sciences médicales,‎ 1844 (lire en ligne), p. 236-237.
  • (he+en) M. Benayahu, « R. Samson Morpurgo : Some Information and Sources of His Life », Sinai, no 84,‎ 1978-1979, p. 129-144 (article en hébreu).
  • (en) « Kabbalah, Science, and Christian Polemics : The debate between Samson Morpurgo and Solomon Aviad Sar Shalom Basilea », dans David B. Ruderman, Jewish Thought and Scientific Discovery in Early modern Europe, Wayne State University Press,‎ 2001 (lire en ligne), p. 213-228.