Samo de Bohême

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Samo représenté sur les fresques de la rotonde Sainte-Catherine à Znojmo, XIIe siècle

Sámo, un Franc, fut roi de Bohême des environs de 623 à 658.

Le règne de Sámo est un moment identifié comme fondateur dans l'Histoire de la Bohème et dans l'Histoire de la Slovaquie. Il reste toutefois difficile de séparer le réel de la légende.

Discussion sur son origine[modifier | modifier le code]

Selon le pseudo Frédégaire, Sámo est un Franc né dans le « pago Senonago »[1]. La plupart des auteurs anciens ont voulu y voir Senonico (région de Sens, Yonne (France)). D'autres auteurs pensent autrement[2],[3],[4],[5]. Dom Martin Bousquet explique que les notes marginales faisant de Pago Senonago, pro senonico (le sénonais) sont erronées et qu'il faut voir en Pago Senonago, Sengaw (le territoire sur la Senne), c'est-à-dire, Soignies, Hainaut, (Belgique).

« Et plerique in margine habent senonico: quod fortè senones, Sens, celebrum in Gallia populum hic designari putarent. At alii malunt hunc locum interpretari de pago senonago, sengaw, in hanonia, ubi Sonegia, nostris Soignies, habetur. »

— Dom Martin Bousquet, Recueil des historiens de Gaules et de la France, Paris, 1739.

Son histoire[modifier | modifier le code]

Sámo commerçait avec les tribus slaves. C'est un chef d'escorte militaire des caravanes de marchands. Chaque année depuis la fin du Ve siècle, les Avars venaient dans le pays des Slaves pour les piller. Ils y séjournaient tout l'hiver, réduisant les Slaves en esclavage et prenaient leur épouses et leurs filles comme concubines. Les Tchèques organisent en 620 leur défense, prennent Sámo pour leur chef de guerre[6]. Lorsque les Avars reviennent l'année suivante, ils sont complètement vaincus.

Le règne de Sámo[modifier | modifier le code]

Le royaume de Samo à son expansion maximale

Sámo décide de rester, devient païen comme ses compagnons de combat. Avec eux il mène une vie de chef militaire au service des tribus slaves, chargé d'organiser leur défense. Les tribus qui le reconnaissent pour prince sont en Moravie et en Bohême, ayant peut-être comme extension géographique la Slovaquie, la Basse-Autriche et la Carinthie. Les limites territoriales de l'Empire de Sámo sont en réalité peu connues mais dépassaient sans doute les frontières actuelles de la République Tchèque.

Sans doute les tribus versent au prince et à ses compagnies des contributions, mais l'essentiel des ressources provient des pillages des pays environnants.

Refusant de dédommager les marchands francs qu'il avait dépouillés[7], Sámo est attaqué dans sa forteresse de Vogastisburg (la localisation exacte de cette fortification n'est pas connue). C'est finalement le roi Dagobert Ier qui est vaincu par Sámo en 631. Sámo aurait ainsi été à la tête d'une union des troupes des tribus pendant 35 ans, protégeant avec succès ces peuples des invasions étrangères.

Samo avait 12 épouses et il laissa à sa mort 22 fils et 15 filles. Son État disparut après lui sans laisser de trace.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (de) A.Kusterling Die vier Bücher der Chroniken des sogenannten Fredegar (Buch 2 Kapitel 53 bis Buche 4, unwesentlich gekürzt Darmstadt 1982 p. 208 note n°6, reprend diverses localisations qui ont été proposées, notamment Soignies (Hainaut Belgique) et Sens (Yonne)
  2. Dom Martin Bousquet, Recueil des historiens de Gaules et de la France contenant ce qui s'est passé dans les Gaules et ce que les François ont fait sous les rois de la première race, Paris, 1739.
  3. Mais la plupart des historiens de la France se sont obstinés à voir "Sens" dans l'expression de Fredegaire. S'il s'agissait de Sens, il y aurait civitas ou urbs et non pagus; il y aurait Senonia ou Senonum civitas et non Senonagus. Ce nom anciennement donné à Soignies aussi bien que 'Sonegiœ et Sogniacum dans le moyen âge, vient pourtant de Senones, parce que Soignies fut fondée à ce que l'on croit, au temps de Clovis, par des marchands de Sens, que le roi de Tournai y attira. Voyez Bruzen de la Martinière, etc. in "Fastes Militaires" cf infra.
  4. "Fastes militaires des Belges", T.1, Bruxelles, 1835.
  5. Théophile Lejeune, Histoire civile et ecclésiastique de la ville de Soignies in Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, Concours, 1868-1869
  6. Selon Frédégaire: Anno 623 p. 131 « La quarantième année du règne de Clotaire »
  7. Frédégaire Anno: 630 p. 161

Sources[modifier | modifier le code]

  • (la) & (fr) Frédégaire Chronique des temps mérovingiens. Traduction et introduction par Olivier Devillers et Jean Meyers. Éditeur Brepols (Turnout Belgium 2001) (ISBN 2-503-51151-1) C.f  : Anno 623 p.  131-133, Anno 630 p. 161-163 et Anno 632 p. 173-175.
  • Pavel Bělina, Petr Čornej et Jiří Pokorný Histoire des Pays tchèques Points Histoire U 191 Éditions du Seuil (Paris 1995) (ISBN 2020208105)

Liens externes[modifier | modifier le code]