Samaël Aun Weor

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Samaël Aun Weor

Samaël Aun Weor (de son vrai nom Víctor Manuel Gómez Rodríguez), né le 6 mars 1917 à Bogota et décédé le 24 décembre 1977 à Mexico, est un occultiste, un ésotériste et un écrivain.

Il a écrit plusieurs livres sur la Gnose et fondé le "Mouvement Gnostique" contemporain[1]. Depuis diverses organisations existent, affirmant pour certaines avoir été créées directement par lui.

Il affirme être « l'Avatar de l'Ère du Verseau, comme Jésus l'avait été pour l'Ère des Poissons[1] », celui qui est venu pour unifier les traditions ésotériques et religieuses de l'orient et de l'occident[2]. Certains éléments de sa doctrine, ainsi que leur application qui diffère au sein des nombreux groupes gnostiques, ne manquent pas jusqu'aujourd'hui de générer la controverse. En France, un de ces groupes est considéré comme une secte par le rapport parlementaire de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes de 1995[3].

L'œuvre de Samaël Aun Weor compte environ 80 livres et un certain nombre de conférences retranscrites (d'une centaine[2] à plus de trois cent[4], suivant les sources), originalement en espagnol des traductions ont été réalisées dans plusieurs langues. Le nombre d'adeptes dans les différents groupes gnostiques se compte en milliers[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Víctor Manuel Gómez Rodríguez est né à Bogota en Colombie. Après avoir commencé ses études chez les Jésuites, insatisfait, il les quitte à l'âge de 12 ans pour se vouer à l'étude du spiritisme d'Allan Kardec. À 16 ans, il rejoint la Société théosophique pour être finalement admis, à l’âge de 18 ans, à la Fraternitas Rosicruciana Antiqua d'Arnold Krumm-Heller, où il prétend y avoir donné des conférences[5],[6],[7]. C’est là aussi qu’il aurait étudié la totalité de la bibliothèque rosicrucienne et qu’il aurait appris le secret du « Grand Arcane » ou de la sexualité sacrée, la clé qui, selon lui, sous-tend l’enseignement de toutes les grandes religions du monde[5].

Déçu de ses expériences passées, après avoir étudié les œuvres d'Éliphas Lévi, Rudolf Steiner, Helena Blavatsky, Max Heindel, il quitte les rosicruciens pour se plonger dans la méditation où il cherche son maître intérieur[7]. C’est à cette période qu’il dit avoir connu l’éveil spirituel et que son nom lui aurait été révélé (de l'hébreu סמאל : samayel, le venin de Dieu ou la médecine de Dieu), composé comme le sont le nom des anges, et Aun Weor désignant l'énergie sexuelle et la lumière[8].

Il rencontra Arnolda Garro Mora (dite « Maîtresse Litelantes ») au début des années 1940 avec qui il vécut pendant 35 ans.

En 1948, il commença à enseigner à un petit groupe d’étudiants. Il publie son livre Le mariage parfait[9],[10],[11], qui fut rejeté par les spiritistes et ésotéristes de l'époque. Peu après, en 1952, il fut emprisonné pour une courte période car ce livre était considéré comme "immoral" et contre les "bonnes mœurs", et pour avoir exercé illégalement la médecine (« committing the crime of healing the sick »)[5],[4].

Il fonda ensuite plusieurs institutions gnostiques et centres au Panama, El Salvador, Costa Rica, et finalement à Mexico où il s'installe définitivement pour y diriger le Mouvement Gnostique et pour y rédiger la grande partie de son œuvre. Les principes qu’il décrit dans ses livres, inspirés de la théosophie, ainsi que des auteurs mentionnés plus haut, visent à unifier toutes les grandes traditions et philosophies connues. Il aurait aussi beaucoup emprunté à Ouspensky et à Gurdjieff[7].

Doctrine[modifier | modifier le code]

La doctrine de Samael Aun Weor est proche de la théosophie d'Helena Blavatsky, mais en plus éclectique[1]. À ce titre, il considère qu'il existe un enseignement commun à toutes les grandes religions et cultures du passé, qu’il décrit en utilisant le terme Gnose (du grec Gnosis, ou connaissance). Il prétend que la Gnose, telle qu’il l’enseigne, est la source de tous les courants spirituels, ésotériques et religieux, et qu’elle renferme les clés de la rédemption du genre humain, ou « Autoréalisation intime de l’Être », par l’éveil de la conscience et des facultés latentes en chaque individu. Cet état de perfection, qui selon lui est le but de l’existence, apporterait la félicité authentique et l’immortalité de l’âme[2].

Il considère que l’homme actuel n'est qu'une machine ou un animal intellectuel à la conscience endormie, asservi par ses pulsions intérieures, et au service de la Nature[12]. Selon lui, l'être humain actuel est dominé et contrôlé par ses égos, une multitude d'agrégats psychiques, les défauts (colère, envie, luxure, gourmandise, paresse, orgueil, convoitise, peur)[1]. L'« Autoréalisation intime de l’Être » le libèrerait de cet état. Elle pourrait être réalisée par la mise en œuvre de ce qu'il appelle « les 3 facteurs de la Révolution de la Conscience[1],[2],[7] » :

  1. « La mort Mystique », qui consiste, selon lui, en la découverte, la compréhension et l'annihilation des défauts psychologiques.
  2. « La naissance » qu'il explique comme le fait d'éveiller la Kundalini, une énergie très puissante à la base de la colonne vertébrale. Ceci se réalise par la pratique de la magie sexuelle : des relations sexuelles entre époux et épouse, sans orgasme[13], qui visent à la transmutation alchimique des énergies créatrices afin de cristaliser les corps internes (astral, mental, causal).
  3. « Le sacrifice », qu'il désigne comme "le don de soi à l'humanité", par des œuvres de charité et en retransmettant "les clés de la sagesse éternelle" de la doctrine[2],[4].

La dispersion de l'énergie sexuelle en dehors des pratiques édictées dans la doctrine (la magie sexuelle) est vue comme la véritable cause de la perte de toute faculté, des maladies, du vieillissement et la dégénérescence des fonctions vitales du corps, de la perte de la mémoire, et, enfin, de la mort elle-même[2].

Samael Aun Weor appelle aussi l'Autoréalisation la « Christification », c'est-à-dire l'incarnation du Christ, qui amènerait l'immortalité de l'âme (à ne pas confondre avec la figure historique de Jésus)[2]. Cette « Christification » serait, selon lui, à la base de toutes les grandes religions et non pas uniquement du christianisme primitif.

Pour asseoir ses théories, Samael Aun Weor nie la véracité d'une certaine partie du discours de la science moderne. À titre d'exemple il nie avec insistance l'Évolution[14] qu'il appelle un dogme. Il estime que la vie n'a pu apparaître sans l'influence d'une intelligence supérieure, et que le singe n'est pas l'ancêtre direct de l'Homme.

Le Mouvement Gnostique[modifier | modifier le code]

Samaël et Litelantes devant leur association d'origine, l'A.G.E.A.C.A.C.

Après avoir quitté la Colombie, Samaël Aun Weor finit par s'établir au Mexique, où il forme en 1950 le Mouvement Gnostique[15] à Mexico, sous la forme de diverses associations dont l'A.G.E.A.C.A.C. (Association Gnostica de Estudios Anthopologicos y Culturales A.C.) qu'il fonde avec son épouse. Il fonde aussi l'I.C.U., Instituto de Caridad Universal (ou Institut de Charité Universelle)[4].

L'A.G.E.A.C.A.C. devint, à la mort de Samaël Aun Weor, l'enjeu de conflits de pouvoir entre certains de ses disciples directs. Sa veuve, Arnolda Garro Mora, finit par quitter cette association à la suite de certains désaccords en lien avec l'application de la doctrine, la succession et la gestion des droits d'auteur de Samaël Aun Weor[2],[16]. Elle fonde alors l'I.G.A. (Instituto Gnóstico de Antropologia), avec ses filiales aujourd'hui présentes dans de nombreux pays[16]. Avant de décéder le 5 février 1998, Garro Mora nomma officiellement l'un de ses fils, Osiris Gomez de Garro, comme président du siège mondial de l'I.G.A. et de ses filiales, toujours à ce poste aujourd'hui (2012). La question des droits d’auteur est jusqu’aujourd’hui une source de litige entre : d’une part les successeurs qui continuent d’affirmer que ces droits leurs appartiennent et les autres qui affirment que Samaël y aurait renoncé publiquement en 1976[17].[réf. insuffisante]

De nos jours, le Mouvement Gnostique est composé de nombreux regroupements apparus notamment à la suite des désaccords entre certains disciples, présidents, coordinateurs nationaux ou instructeurs de différents pays. La liste suivante, non exhaustive, recense quelques-uns des principaux regroupements internationaux se réclamant de Samaël Aun Weor :

  • Association Culturelle Gnostique Samaël Aun Weor (ACGSAW)
  • Association Gnostique d'Études Anthropologiques (AGEA)
  • Association Gnostique d'Études Anthropologiques et Culturelles (AGEAC)
  • Association Gnostique Internationale de Recherche Anthropologique (AGIRA)
  • Centre Gnostique Anaël (CGA)
  • Cercle d'Investigation de l'Anthropologie Gnostique (CIAG)
  • Instituto Gnóstico de Antropologia (IGA)
  • Mouvement Gnostique Chrétien Universel (MGCU)
  • Mouvement Gnostique International (MGI)

Ouvrages de Samaël Aun Weor[modifier | modifier le code]

  • 1950 La Révolution de Bel
  • 1951 Cours Zodiacal
  • 1952 Catéchisme gnostique (Conscience Christ - Le pouvoir est dans la croix)
  • 1952 Le Livre de la Vierge du Carmel
  • 1953 Les Sept Paroles
  • 1954 Manuel de Magie Pratique
  • 1954 Traité d'Alchimie Sexuelle
  • 1954 Rose ignée
  • 1955 Les Mystères du Feu
  • 1955 Les Soucoupes Volantes
  • 1956 Les Mystères Majeurs
  • 1958 Le Magnus Opus
  • 1959 La Montagne de la Juratena
  • 1959 Notions fondamentales d'endocrinologie et de criminologie
  • 1959 Volonté Christ
  • 1959 Traité Ésotérique de Théurgie
  • 1959 Logos, Mantras, Théurgie
  • 1959 Le Livre Jaune
  • 1960 Message du Verseau (Don & C.)
  • 1961 Introduction à la Gnose
  • 1961 Le Mariage Parfait
  • 1962 Les mystères de la vie et de la mort
  • 1963 Mariage, divorce et tantrisme
  • 1963 La Gnose au XXe siècle
  • 1964 La Dissolution du Moi
  • 1964 Les vaisseaux cosmiques
  • 1965 La Science de la Musique
  • 1965 Le Livre des Morts
  • 1967 Le Collier du Bouddha
  • 1968 Les Corps Solaires
  • 1969 Cours ésotérique de Kabbale
  • 1969 Cours Ésotérique de Magie Runique
  • 1969 Mon retour au Tibet
  • 1970 L'Éducation Fondamentale
  • 1970 Au-delà de la mort
  • 1970 Le Parsifal dévoilé (Don et Compassion)
  • 1971 Le Mystère de la Fleuraison d'Or
  • 1972 En regardant le mystère
  • 1972 Les Trois Montagnes
  • 1973 Magie christique aztèque
  • 1973 Oui il y a l'Enfer, oui il y a le Diable, oui il y a le Karma
  • 1974 Les planètes métalliques de l'Alchimie
  • 1974 La Doctrine Secrète de l'Anahuac
  • 1975 La grande rébellion
  • 1975 Psychologie Révolutionnaire
  • 1977 Les réponses d'un Lama
  • 1978 Anthropologie gnostique
  • 1978 Tarot et Kabbale
  • 1980 Pour le Petit Nombre
  • 1983 La Pistis Sophia dévoilée
  • 1985 La révolution de la dialectique
  • 1985 Les Écoles Ésotériques
  • 1990 La Transformation Radicale (ou Exercices de Lamaserie)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e D'après Jean-François Mayer dans son livre Les nouvelles voies spirituelles, page 125.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i PierLuigi Zoccatelli, Note sul movimento gnostico di Samael Aun Weor (Article paru dans La Critica Sociologica et repris par CESNUR), La Critica Sociologica, n° 135, automne 2000 (octobre-décembre), pp. 33-49
  3. (fr) « Rapport de la Commissions d'enquête parlementaires sur les sectes », Assemblée nationale,‎ 22 décembre 1995 (consulté le 19 août 2009)
  4. a, b, c et d (en) Andrew Dawson, New Era - New Religions, Aldershot, Ashgate Pub Co,‎ 2007, relié (ISBN 978-0-7546-5433-9, LCCN 2006035445) ISBN 978-0-7546-5433-9, sur Google livres
  5. a, b et c Samael Aun Weor (2003) [1972]. The Three Mountains. Glorian Publishing
  6. Fraternitas Rosicruciana Antiqua
  7. a, b, c et d PierLuigi Zoccatelli, Note a margine dell’influsso di G. I. Gurdjieff su Samael Aun Weor (Conférence à un colloque du CESNUR), Aries. Journal for the Study of Western Esotericism, Brill Academic Publishers, vol. 5, n. 2 (2005), pp. 255-275
  8. Le nom Samael Aun Weor
  9. Andrew Dawson New Era, New Religions, p. 56, Ashgate Publishing Co., 2007 ISBN 978-0-7546-5433-9
  10. Le Livre en français
  11. À ne pas confondre avec le livre de Theodoor Hendrik van de Velde, ouvrage qui fut célèbre pour avoir eu les honneurs de l'Index
  12. Voir “La transformation radicale”, Chap. 9, par Samaël Aun Weor.
  13. Voir la section "Cultural views" de cette étude universitaire
  14. Anthropologie gnostique, 96 pages, fichier pdf
  15. D'après J. Gordon Melton & Martin Baumann Religions of the World, p. 553, ABC-Clio, 2002 ISBN 1-57607-223-1
  16. a et b Voir “Les nouvelles voies spirituelles”, page 126, par Jean-François Mayer ISBN 978-2-8251-0412-5, Editions l'Age d'Homme
  17. Claudio Scabuzzo, La secta del no sexo en Rosario, Journal internet La Terminal, Ida y vuelta a la realidad, 25 mai 2009

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Mayer, Les nouvelles voies spirituelles : enquête sur la religiosité parallèle en Suisse, éd. l'Âge de l'Homme, 1993, pp. 125-126 en ligne
  • (es) J.L. Guernica Urrutia PLURALISMO RELIGIOSO II: Sectas y Nuevos Movimientos Religiosos in revue El ojo escéptico, éd. Centro Argentino para la Investigación y Refutación de la Pseudociencia, 1995 article en espagnol et traduction française
  • (it) PierLuigi Zoccatelli, Note sul movimento gnostico di Samael Aun Weor (Article paru dans La Critica Sociologica et repris par CESNUR), La Critica Sociologica, n° 135, automne 2000 (octobre-décembre), pp. 33-49
  • (en) PierLuigi Zoccatelli, Note a margine dell’influsso di G. I. Gurdjieff su Samael Aun Weor (Conférence à un colloque du CESNUR), Aries. Journal for the Study of Western Esotericism, Brill Academic Publishers, vol. 5, n. 2 (2005), pp. 255-275
  • (en) Andrew Dawson, New Era - New Religions, Ashgate Pub Co, 2007. Sur Google livres