Sam Bockarie

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Sam Bockarie, né en 1963 dans l'est de la Sierra Leone et décédé officiellement le 6 mai 2003 au Libéria, a été l'un des principaux responsables du Revolutionary United Front (RUF) avec Foday Sankoh, durant la guerre civile de Sierra Leone. Il fut inculpé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) pour de nombreux crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la guerre civile[modifier | modifier le code]

Il eut un parcours assez éclectique. Il commence par travailler pour l'industrie diamantifère sierra-léonaise, comme beaucoup de sierra-léonais de l'est.

Il quitte sa région natale pour gagner la capitale du pays, Freetown. Là bas, il devient danseur dans des discothèques et obtient même une certaine notoriété en gagnant un championnat.

Il part ensuite pour la capitale du Libéria, Monrovia, de manière à gagner assez d'argent pour partir vivre en Europe. Il devient tour à tour, serveur, coiffeur et suit même des études d'électricien.

C'est très certainement à Monrovia qu'il fit la connaissance pour la première fois avec le RUF et le rejoint.

Durant la guerre civile[modifier | modifier le code]

Il devint rapidement un des principaux responsables du RUF, avec Foday Sankoh. Il était surnommé par ses hommes mosquito (moustique), en raison de sa minceur et son appétit pour le sang humain.

Il est considéré comme le maître d'œuvre de la campagne de terreur du RUF, « manches longues ou manches courtes », qui consistait à couper les mains ou les bras des personnes pour les empêcher de voter librement.

En 1997, il prend la tête du RUF, suite à l'arrestation de Foday Sankoh.

Il prend la capitale sierra-léonaise à la fin décembre 1998. Durant 3 semaines au mois de janvier 1999, il lance l'opération « No Living thing » (en français, « plus rien de vivant »). Freetown est mise à feu et à sang, le bilan est dramatique, plus de 6000 morts et des dizaines de milliers de personnes qui quittent la ville comme ils peuvent.

Après les Accords de Lomé, le 7 juillet 1999, il refuse, contre l'avis de Foday Sankoh, de déposer les armes. Le chef historique du RUF le remplace alors par Issa Sesay. Il semblerait qu'il lui donne également l'ordre d'éliminer Sam Bockarie. Ce dernier accepte alors l'invitation de Charles Taylor, alors président du Libéria, en décembre 1999.

Après la guerre civile[modifier | modifier le code]

Après la guerre civile, il préfère rester au Libéria, où il devint homme d'affaires. Il traita notamment avec Charles Taylor, l'un des principaux allié du RUF durant la guerre civile.

Après son inculpation par le TSSL et la demande d'extradition vers la Sierra Leone, il préfère quitter le Libéria pour aller en Côte d'Ivoire. À partir de ce moment, avec un groupe d'hommes surnommé le Comité spécial, composé d'anciens membres du RUF, d'autre groupes rebelles et même d'hommes appartenant à la garde présidentielle de Charles Taylor, il prête main forte à des rebelles ivoiriens.

Il est accusé d'avoir tué vers la fin avril Félix Doh, le chef du Mouvement Populaire ivoirien du Grand Ouest (MPIGO), pour prendre le contrôle de son territoire.

Il meurt lors d'un échange de coups de feu avec les troupes gouvernementales libériennes le 6 mai 2003, alors qu'il tentait de rejoindre le Libéria avec un groupe d'hommes armés.

Les ciconstances de sa mort restent mystérieuses. Alan White, l'un des enquêteurs du TSSL, a déclaré que selon ses informations, Sam Bockarie se trouvait depuis le 27 avril au Libéria, dans ces conditions, comment a-t-il pu être tué alors qu'il pénétrait au Libéria? Il accuse donc ouvertement le président du Libéria, Charles Taylor, d'avoir donné l'ordre d'éliminer Sam Bockarie pour l'empêcher de comparaître devant le TSSL. Ce qui aurait pu mettre à jour les liens entre lui et le RUF.