Salvelinus namaycush

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Le cristivomer, l'omble du Canada, la truite grise ou le touladi (Salvelinus namaycush) est un poisson d'eau douce de la famille des ombles habitant principalement les lacs importants d'Amérique du Nord.

Description[modifier | modifier le code]

Le touladi est un des plus grands salmonidés avec le saumon Chinook et le taimen. Le record mondial est de près de 46,3 kg. Une pêche commerciale existait dans les Grands Lacs mais elle fut décimée par l'introduction des lamproies marines, la surpêche et la pollution. Une pêche commerciale existe toujours au Canada notamment au Grand lac des Esclaves et le Grand lac de l'Ours.

La truite grise requiert une eau froide et bien oxygénée. Les truites grises sont pélagiques, surtout durant l'été où l'eau des lacs se stratifie et où on la retrouve à 20 ou 60 mètres de profondeur. Elle chasse alors dans la thermocline les ciscos de lac ou les éperlans de lac.

Le touladi est un poisson à croissance lente, typique des eaux oligotrophes. La maturité survient tard, particulièrement pour un omble et elle peut vivre 30 ans. Ces particularités le rend très vulnérable à la surexploitation. Beaucoup de populations de truites grises ont été sévèrement compromises.

Répartition[modifier | modifier le code]

Une truite grise dans les mains d'un pêcheur

Il est généralement admis qu'il existe deux types de populations de touladi. Certains lacs n'ont pas de poissons "fourrage" dans les zones pélagiques durant la période de stratification estivale. Dans ces lacs, le touladi n'a pas le comportement piscivore habituel il deviendra mature à une taille plus réduite mais sa population en nombre sera plus importante. Dans le cas où le lac contient des poissons "fourrages" pélagiques, le touladi est un poisson piscivore vorace qui grandira beaucoup plus vite. En revanche il sera moins abondant. La densité de biomasse semble être constante dans les lac à touladi piscivore ou planctonivore, moins de plus gros ou plus de petit.

Dans le Lac Supérieur, trois phénotypes distincts de truites grises existent. Ils sont communément connus sous le nom de "siscowet", "paperbelly" et maigre. Les trois variétés sont distinctes génétiquement et non définies, du moins en partie, par adaptation à leur environnement[1]. La population de Siscowet, spécifiquement, a beaucoup diminué à cause de la raréfaction de certains poissons des profondeurs (coregonine) et de leur surexploitation. Cette variété a tendance à atteindre une grande taille et être bien grasse, ce qui la rendait très intéressante pour les pêcheurs commerciaux du XXe siècle. La population de Siscowet s'est améliorée depuis les années 1970 avec une estimation de plus de 100 millions d'individus dans le Lac Supérieur[2].

D'un point de vue zoogéographique, la truite grise est relativement rare. Elle est originaire seulement des parties nordiques de l'Amérique du Nord, principalement du Canada et de l'Alaska. On la retrouve aussi au nord-est des États-Unis. La truite grise a été introduite dans beaucoup d'autres parties du monde, principalement en Europe mais aussi en Amérique du Sud et certaines régions de l'Asie. À titre d'exemple de sa relative rareté, l'Ontario possède 25 % des lacs habités par la truite grise. Malgré tout, seulement 1 % des lacs ontariens contiennent des truites grises.

Hybridation[modifier | modifier le code]

Il arrive que la truite grise s'hybride avec la truite mouchetée, ce que l'on appelle la truite moulac ou lacmou. Ces hybrides sont généralement stériles. Ces hybrides ont également été artificiellement créés pour ensemencer des lacs pour la pêche sportive.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'épithète spécifique namaycush provient vraisemblablement des Amérindiens, plus précisément un langage algonquin (cf. Ojibway : namegos = "truite grise" ; namegoshens = "truite arc-en-ciel").

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Basé sur la traduction de l'anglais, avec ajouts et modifications.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Burnham-Curtis, M.K. and G.R. Smith, 1994. Osteological evidence of genetic divergence of lake trout (Salvelinus namaycush) in Lake Superior. Copeia (4):845-850.
  2. (Siscowet Trout: A Plague of Riches, 2002)