Salpidae

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Icône de paronymie Cet article possède un paronyme ; voir : Salpé.

Les Salpidae sont des tuniciers pélagiques. Ils forment l'unique famille de l'ordre des Salpida ou salpes.

Ils se déplacent par contractions, pompant l’eau via leur corps gélatineux et filtrant ainsi le phytoplancton dont ils se nourrissent.

Exemple de « ruban colonial » formé par des Salpidae en train de filtrer l'eau pour se nourrir

Description[modifier | modifier le code]

Leur corps gélatineux a une taille variant d'1 à 10 cm.

Bien qu'ils ressemblent aux méduses de par leur consistance et leur mode de déplacement, ils sont plus proches des vertébrés simples, en effet ils possèdent ce qui semble être une forme primitive de système nerveux, qui leur vaut d'être étudiés comme modèles possibles de départ de l'évolution des vertébrés[1].

Distribution[modifier | modifier le code]

Les Salpidae sont largement répandus en eaux équatoriales, tempérées et froides, où ils peuvent être aperçus à la surface, individuellement ou en longues colonies filaires.

Les concentrations les plus importantes se trouvent dans l'océan Antarctique où ils forment parfois d'énormes nuées.

Durant le siècle dernier et alors que les populations de krill et de plancton déclinaient, les salpidae ont semblé se multiplier, ce qui laisse penser qu'ils peuvent se nourrir de particules plus fines et en particulier de bactéries[2].

On a constaté au début des années 2000 une tendance à l'augmentation significative de la densité de salpes dans l'océan austral alors que le krill y régresserait[3], ce qui peut priver les baleines (exemple : ) d'une partie de leur nourriture[4].

Alimentation[modifier | modifier le code]

On a longtemps cru que ces tuniciers pélagiques ne pouvaient piéger et ingérer que des particules planctonique de plus d’1,5 micromètre de diamètre. Mais, selon la Woods Hole Oceanographic Institution (WHOI), ils pourraient consommer des particules plus fines. Et effectivement, en laboratoire, les salpes à qui l'on propose des particules artificielles (de polystyrène) d'un diamètre de 0,5 µm (taille de nombreuses espèces de bactéries) et de 3 micromètres (taille moyenne du phytoplancton) dans des conditions proches de celles de leur milieu océanique retirent de l'eau des particules qui sont à 80 % de 0,5 µm [5]. Leur pullulation inhabituelle pourrait donc être un bioindicateur de recul du plancton au profit de bactéries, c'est-à-dire d'une dégradation écologique du milieu (comme pour les pullulations de méduses, mais pour des raisons différentes, ces dernières traduisant plutôt le recul des poissons qui consomment le plancton). Ces données renforcent l'idée que les salpes puissent jouer un rôle épurateur et « sanitaire » important. Ce sont en effet les organismes filtreurs connus les plus efficaces (en termes de taux de filtration)[5].

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Ils passent par deux phases : une « solitaire », sous forme d'oozoïde, à reproduction asexuée où il développe une chaîne de dix à plusieurs centaines de semblables par blastogenèse, cette chaîne constitue la phase « communautaire » du cycle de vie, liés les uns aux autres et adoptant des formes impressionnantes autant que variées (guirlande, spirale), chaque élément se reproduit cette fois de manière sexuée.

En effet les blastozooïdes sont des hermaphrodites séquentiels, d'abord femelles, ils sont fertilisés par les gamètes mâles de « maillons » plus âgés ; munis désormais d'un embryon, ils continuent de se nourrir en colonies jusqu'à ce que les oozoïdes soient libérés afin de débuter à leur tour la phase « solitaire » pré-mentionnée.

Importance écologique et océanographique[modifier | modifier le code]

Une des raisons du succès des salpidae dans leur écosystème est leur croissance exceptionnellement rapide dès lors qu'il y a expansion du phytoplancton ou des bactéries. Comme lorsque des méduses s'échouent par milliers, il arrive que des plages soient recouvertes d'un tapis gélatineux de salpidae.

Ce sont des animaux filtreurs, qui se nourrissent en se déplaçant. Ils jouent donc un rôle dans l'épuration des écosystèmes océaniques.

Leurs cadavres (nécromasse), ainsi que leurs déjections, contribuent en coulant à sédimenter le carbone ; ils jouent donc potentiellement un rôle non négligeable dans le cycle d'absorption du CO₂ par les eaux et fonds marins.

Pegea confederata sur un timbre postal d'Azerbaïdjan :1995

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) T. C. Lacalli, « The developing dorsal ganglion of the salp Thalia democratica, and the nature of the ancestral chordate brain », Phil. Trans. Royal Society B. Biological Sciences, vol. 353,‎ 1998, p. 1943–1967 (DOI 10.1098/rstb.1998.0347)
  2. (en) « Dive and Discover: Scientific Expedition 10: Antarctica » (consulté le 2008-09-03)
  3. Atkinson A, Siegel V, Pakhomov E & Rothery P (2004) Longterm decline in krill stock and increase in salps within the Southern Ocean. Nature. 432 : 100 - 103.
  4. Konishi K, Tamura T & Wallow L (2005). Yearly trend of blubber thickness in the Antarctic minke whale Balaenoptera bonaerensis in Areas IV and V (vol. 5). Paper JA.
  5. a et b [Filtration of submicrometer particles by pelagic tunicates]. Kelly R. Sutherland, Laurence P. Madina & Roman Stocker. PNAS, edited by Mimi A. R. Koehl, University of California, Berkeley, USA.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bone, Q. editor (1998) The Biology of Pelagic Tunicates. Oxford University Press, Oxford. 340 pp.

Pour la Science, Septembre 2012 (numéro 419) p 36 à 43 Les salpes, reines du plancton marin, J-C Braconnot http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-les-salpes-reines-du-plancton-marin-30283.php

Chroniques du Plancton (films de plancton dont les salpes) http://www.planktonchronicles.org

Liste d'espèces[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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