Mine de sel de Turda

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La mine de sel (vue d'ensemble de la grande salle Rudolf).

La « mine de sel de Turda » (en roumain : Salina Turda) est une ancienne mine de sel de Roumanie transformée en centre de loisirs et de santé qui se trouve dans le lieu-dit Durgău-Valea Sărată de Turda en Transylvanie. L'entrée dans la mine se fait soit dans le quartier de Turda Nouă par la rue Salinelor 54A (par la galerie d'accès « Franz Josef » longue de près d'un km — celle-ci est l'entrée secondaire), soit dans le centre touristique Salina-Durgău où se trouve l'entrée principale (3, Alea Durgău).

Géologie[modifier | modifier le code]

Les gisements de sel de Transylvanie (exploitées systématiquement au cours de plusieurs siècles à Ocna Dejului, Cojocna, Turda, Ocna Mureș, Ocna Sibiului et à Praid) se sont formés il y a 13,5 millions d'années au fond d'une mer peu profonde et dans un climat tropical. La couche de sel s'étend partout dans le sous-sol du plateau de la Transylvanie, ayant une épaisseur moyenne de 400 mètres. Cependant, aux marges du plateau de la Transylvanie, la couche de sel peut atteindre plus de 1 000 mètres suite à la déformation de la couche de sel sous la pression des sédiments déposés au centre du plateau. Parfois, aux marges du plateau transylvain (comme c'est le cas dans les localités déjà mentionnées), le sel surgit à la surface. À Turda la couche de sel peut atteindre une épaisseur de 1 200 mètres.

Microclimat[modifier | modifier le code]

À l'intérieur de la saline la température est constante tout au longue de l'année et elle se situe entre 10 et 12 degrés Celsius. L'humidité est à 75-80 %.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'exploitation du sel à Durgău-Turda a commencé avant la conquête romaine de la Dacie, les archéologues ayant trouvé des preuves matérielles datant de 50 avant JC à 106 après JC. Les Romains (106-274 après J.-C.) ont exploité le sel à Durgău dans des chambres pyramidales profondes de 17-34 mètres et larges de 10-12 mètres. Ils ont exploité aussi le deuxième massif de sel de Turda, situé dans la zone de Băile Romane (les Bains Romaines) où se trouve actuellement le zoo de Turda ainsi que l'une des piscines publiques de la ville.

Dans la période médiévale, la première mention des gisements de sel de Turda est faite dans un document émis par la cour du roi de la Hongrie en 1075, où l'on fait mention de la douane des mines de sel de Turda (Torda), situées dans un lieu près de la rivière Arieș qui dicitur hungarice Aranas (Aranyos), latine autem Aureus (dans le lieu qui s'appelle Aranyos en hongrois, et Aureus en latin) [1].

Une autre mention des mines de sel de Durgău-Turda est faite le 1er mai 1271, quand le roi de Hongrie fait don de ces mines à la diocèse d'Alba Iulia (en hongrois : Gyulafehérvári Római Katolikus Érsekség)[2].

À l'époque de l'Autriche-Hongrie[modifier | modifier le code]

La partie en sel de la galerie Franz Josef

Du XVe au XVIIe siècle, il y avait quatre exploitations souterraines à Durgău : Mina Katalin, Mina Horizont [3], Mina Felsö-Akna [4] et Mina Joseph.

À la fin du XVIIe siècle, quand la Principauté de Transylvanie a rejoint la couronne des Habsbourgs, les mines de sel de Durgău-Turda sont entrées sous l'administration directe des Autrichiens. Par conséquent, toutes les exploitations souterraines de Salina Turda ont reçu des noms princiers autrichiens : Mina Tereza de Marie-Thérèse (1717-1780) ; Mina Iosif de Joseph II (1741-1790) ; Galeria Franz Josef de Franz-Joseph (1830-1916) ; Mina Rudolf de Prinz Rudolf (1858-1889) ; Mina Ghizela de Prinzessin Gisela (1856-1932).

Du XVIIe au XIXe siècle, il y a eu 5 exploitations souterraines à Durgău : Mina Maria Tereza, Mina Anton (nommée probablement d'après Saint Antoine), Mina Clujeana/Kolozser, Mina Rudolf (renommée Mina Nicolae en 1889, après le suicide du Prinz Rudolf ; l'exploitation a repris le nom de Rudolph au XXe siècle) et Mina Ghizela.

En 1690, ont commencé les travaux à l'exploitation Mina Tereza, creusée en forme de cloche[5]. Deux autres exploitations en forme de cloche s'ensuivirent (Anton et Clujeana/Kolozser), puis 2 exploitations à profil trapézoïdal (Rudolf et Ghizela).

Les premiers 780 mètres de la galerie d'accès Franz Josef ont été creusés de 1853 à 1870 (afin de faciliter le transport du sel à la surface par rails), puis, jusqu'à la fin du XIXe siècle, les travaux ont été poursuivis sur 317 mètres supplémentaires. La longueur finale de la galerie est de 917 mètres, dont 526 m creusés en roches stériles et 391 m en sel. Seulement 850 m de galerie sont ouverts au public (67 m étant inaccessibles).

À l'époque moderne[modifier | modifier le code]

L'exploitation du sel a été arrêtée en 1932.

Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, Salina Turda servit en tant qu'abri aux habitants de la ville. Pendant le régime communiste, la partie en roches stériles de la galerie d'accès Franz Josef a été brièvement utilisée en tant que cave d'affinage pour les fromages locaux. En 1992, Salina Turda a été ouverte au public dans un but touristique et curatif. Elle est ouverte tout au long de l'année, mais seulement les mines Iosif, Maria Tereza et Rudolf ainsi que la galerie Franz Josef sont accessibles au public. À l'intérieur l'on trouve encore quelques-uns des outillages originaux, datant du XVIe au XIXe siècle, ainsi que d'autres ouvrages, tels un autel en sel, des ouvrages de menuiserie etc.

L'ensemble a été rénové en 2009. À présent il y a des salles de traitement, un amphithéâtre, des salles de sport, etc. La principale attraction est le lac de la Mina Maria Tereza. Salina Turda figure sur la liste des monuments historiques du Ministère de la Culture.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Minero-logia Magni Principatus Transilvaniae seu metalla, semi-metalla, sulphura, salia, lapides, et aquae conscripta, Joanne (János) Fridwaldszky, Claudiopoli (Cluj), 1767.
  • (de)Beitrag zur Mineralgeschichte von Siebenbürgen, Johann Fichtel, Nürnberg, 1780.
  • (de)Studien aus Salinagebiete Siebenbürgens, Frantisek Posepny, Wien (Viena), 1871.
  • (hu)Torda város és környéke (Orașul Turda și împrejurimile sale), Orban Balazs, Budapesta, 1889 (manuscrisul traducerii în limba română se găsește la Muzeul de Istorie din Turda).
  • Turda, date istorice, Violeta Nicula, Editura Triade, ISBN 973-9196-72-1, pag. 55-58

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aranyos = Arieș
  2. Les mines de sel de Durgău-Turda se sont trouvées pour la plupart du temps en la possession de la couronne hongroise ou de la couronne d'Autriche-Hongrie ; elles n'ont fait partie des possessions de l'Église que pour une courte période au Moyen Âge.
  3. nommée aussi Nagydörgö = Durgăul Mare
  4. nommée aussi, par ordre chronologique : Obere Grube = Ocna de Sus et Karoline = Carolina
  5. On ne connaît pas le nom initial de l'exploitation, puisque Marie-Thérèse est née en 1717. Il y a une possibilité qu'au début (de 1690 vers 1750) l'exploitation ait reçu le nom Theresa d'après Sainte Thérèse d'Ávila (1515-1582).