Saleignes

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Saleignes
L'église du village.
L'église du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Poitou-Charentes
Département Charente-Maritime
Arrondissement Saint-Jean-d'Angély
Canton Aulnay
Intercommunalité Communauté de communes du canton d'Aulnay-de-Saintonge
Maire
Mandat
Hélène Chaunux
2014-2020
Code postal 17510
Code commune 17416
Démographie
Gentilé Saleignois
Population
municipale
63 hab. (2011)
Densité 8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 00′ 37″ N 0° 11′ 12″ O / 46.0103, -0.186746° 00′ 37″ Nord 0° 11′ 12″ Ouest / 46.0103, -0.1867  
Altitude Min. 111 m – Max. 149 m
Superficie 7,89 km2
Localisation

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Liens
Site web www.saleignes.fr

Saleignes est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Poitou-Charentes).

Ses habitants sont appelés les Saleignois et Saleignoises[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le cadre géographique[modifier | modifier le code]

La commune de Saleignes appartient à la partie la plus élevée du département, faisant partie de la bordure méridionale du Seuil du Poitou où tout son territoire est supérieur à 100 mètres d'altitude. Avec une altimétrie moyenne de 130 mètres, Saleignes est en fait la troisième commune la plus haute du département de la Charente-Maritime, se situant après Les Éduts (131 mètres) et Vinax (145 mètres).

Le coteau le plus haut s'élève à 149 mètres, en bordure de la forêt de Chef-Boutonne, près de Bois-Giffart, sur la limite départementale.

Situés sur un plateau karstifié aux allures de causse, les terrains sont secs en été et remplis d'eau chaque hiver dès les premières pluies d'automne. Cependant, ces sols calcaires superficiels conviennent bien aux chênes qui constituent la principale essence de la forêt d'Aulnay où celle-ci se prolonge dans celle de Chef-Boutonne au sud-est.

Dès le début du XIXe siècle, la roche calcaire a été extraite dans des carrières à ciel ouvert favorisant l'implantation d'un four à chaux et d'une tuilerie dans la commune, activités industrielles que facilitait l'apport du bois des forêts alentour. Ces activités ont totalement disparu aujourd'hui[2].

Le sol argilo-calcaire, qui donne une terre de groie facile à travailler et qui bien amendée est d'une grande fertilité, est particulièrement propice à la céréaliculture intensive. Déjà, dans le courant du XIXe siècle, deux moulins à vent fonctionnaient dans la commune, grâce à une importante production locale de blé, d'orge et d'avoine[2]. Cette activité agricole, dominante aujourd'hui dans la commune, a permis de fixer sur place un important silo de stockage de céréales.

Au sud et à l'ouest, la couverture forestière s'est considérablement amenuisée et a laissé place aujourd'hui à de grandes étendues de terres à céréales, aux champs ouverts, rappelant les grands terroirs céréaliers de la plaine de l'Aunis et de la Saintonge du nord. Ce paysage agricole d'openfield se prolonge vers les plateaux du Ruffécois dans le département de la Charente.

Une commune fortement boisée[modifier | modifier le code]

Saleignes est encore une commune fortement boisée où la forêt est située essentiellement au nord-est et à l'est du village, sur la limite départementale des Deux-Sèvres et sur les terres les plus hautes du finage communal. Aujourd'hui, 45 % de son finage communal est recouvert de bois et forêts, ce qui en fait l'une des communes les plus boisées de la Charente-Maritime[2].

Ces bois qui constituent une fraction de la forêt de Chef-Boutonne où cette dernière s'étend sur 800 hectares[3] des deux côtés de la limite départementale prolongent au sud-est la Forêt d'Aulnay. Ces deux forêts domaniales sont gérées par l'ONF qui entretient et exploite des peuplements représentés essentiellement par le chêne pédonculé, le chêne rouvre, le chêne pubescent et le hêtre commun, cette dernière essence étant devenue aujourd'hui très rare en forêt d'Aulnay[3].

Localisation[modifier | modifier le code]

Saleignes en Charente-Maritime.
Saleignes
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Saleignes en Charente-Maritime.

Saleignes se trouve à 16 km à l'est d'Aulnay-de-Saintonge, chef-lieu du canton le plus étendu de la Charente-Maritime, et à 36 km à l'est de Saint-Jean-d'Angély, chef-lieu d'arrondissement de la Charente-Maritime et principale ville de la Saintonge du Nord. Le bourg le plus proche et le plus important par son équipement en services de première nécessité est celui de Néré. Cet ancien chef-lieu de canton auquel appartenait Saleignes est situé à seulement 5,5 km au sud-ouest, sur la D131, route départementale qui relie Néré à Chef-Boutonne via Saleignes.

La ville des Deux-Sèvres la plus proche est Chef-Boutonne qui est également un chef-lieu de canton, lequel est situé à 22 km au nord-est directement par la D 131. Cette petite ville était encore accessible par chemin de fer jusqu'en 1950 depuis la petite gare ferroviaire de Saleignes-Romazières.

La ville la plus proche en Charente est Ruffec qui se situe à 30 km à l'ouest du village de Saleignes.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Au nord de Saleignes, le Bois de Chef-Boutonne qui s'étend sur 800 hectares[4] occupe un plateau élevé et karstique et sépare la commune des villages forestiers et agricoles de Vinax au nord, des Éduts au sud-ouest et de Romazières au sud-est, ce dernier étant limitrophe également du département des Deux-Sèvres. À l'ouest, le Bois de Chantemerlière sépare Saleignes de la commune et de Contré qui abrite le point culminant de la Charente-Maritime avec le site du Bois de Chantermerlière haut de 173 mètres.

Au-delà de la limite départementale, dans les Deux-Sèvres, la commune d'Aubigné, située dans le canton de Chef-Boutonne, jouxte la petite commune de Saleignes que sépare le massif forestier de Chef-Boutonne.

Communes limitrophes de Saleignes[5]
Vinax Aubigné
(Deux-Sèvres)
Saleignes[5]
Les Éduts Romazières

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Aucun cours d'eau référencé par le Sandre ne traverse la commune.

Démographie[modifier | modifier le code]


En 2011, la commune comptait 63 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
246 205 222 226 267 271 279 257 245
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
235 252 242 222 240 248 220 207 230
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
210 195 188 183 182 189 206 203 183
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
170 138 134 117 97 77 68 68 64
2011 - - - - - - - -
63 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


La commune de Saleignes fait partie des communes les moins peuplées du canton d'Aulnay auxquelles s'ajoutent Les Éduts, Romazières et Vinax qui ont toutes le trait commun de compter moins de 100 habitants.

Cette petite commune rurale, comme beaucoup dans cette partie du nord-est de la Charente-Maritime, appartient à ces zones rurales en voie de désertification où le problème démographique est particulièrement préoccupant. Lors du recensement de 2007, Saleignes comptait 67 habitants. A son apogée vers le milieu du XIXe siècle, pendant la Monarchie de Juillet, elle en comptait le quadruple, 279 en 1841. Mais l'accélération de la dépopulation de la commune a été impressionnante depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale où Saleignes a perdu plus de la moitié de sa population en moins d'un demi siècle seulement passant de 203 habitants ne 1946 à 97 habitants en 1990.

Aujourd’hui la densité est nettement inférieure à 10 hab/km² (9 hab/km² en 2007), ce qui en fait une des communes les moins densément peuplées de la Charente-Maritime.

Toponyme[modifier | modifier le code]

Le nom du village de Saleignes proviendrait d'un toponyme d'origine latine Villa Salenia[Informations douteuses], c'est-à-dire le domaine d'un riche propriétaire terrien de l'époque gallo-romaine[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

Une paroisse du Poitou au Moyen Age[modifier | modifier le code]

Dès le Moyen Âge, Saleignes relève de la province du Poitou dont la paroisse et l'église appartiennent au monastère de Saint-Cyprien de Poitiers[9]. Elle se dénommait alors Saint-Didier-de-Saleignes et, ce, jusqu'à la Révolution française[9].

Une paroisse poitevine rattachée à la Charente-Inférieure en 1790[modifier | modifier le code]

Pendant le XVIIIe siècle, la paroisse de Saleignes est située dans la Généralité de Poitiers, dépend de l'Élection de Niort et appartient au marquisat de Chef-Boutonne[9].

Lors de la création du département de la Charente-Inférieure, Saleignes est détachée du Poitou et forme une commune incorporée dans le canton de Néré. Ce dernier qui comprenait onze communes a subsisté de 1790 à 1800 avant de fusionner dans le nouveau canton d'Aulnay, devenu dès lors le plus vaste canton de la Charente-Maritime.

La prospérité au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Pendant la Monarchie de Juillet, la commune connaît une certaine prospérité et atteint même son apogée sur le plan démographique où elle enregistre son chiffre de population record avec 271 habitants recensés en 1841. À cette époque, la commune comptait deux moulins à vent en activité ainsi qu'un four à chaux et une tuilerie qui étaient avantageusement approvisionnés par les bois de la forêt alentour pour actionner les fours[10].

En 1880, la commune fait aménager dans une belle maison bourgeoise du bourg le local pour la mairie, puis plus tard y fera installer l'école et le logement de l'instituteur en 1925[11].

En 1893, la Compagnie de chemins de fer départementaux décide de relier Saint-Jean-d'Angély à Saint-Saviol en passant par Aulnay-de-Saintonge et Chef-Boutonne. En 1896, la commune est équipée d'une gare au lieu-dit la Borne sur la nouvelle ligne ferroviaire qui traversait le canton d'Aulnay et est dénommée gare de Saleignes-Romazières. Cette voie ferrée métrique de la ligne Saint-Jean-d'Angély - Saint-Saviol a fonctionné pendant plus d'un demi-siècle mais a dû cesser toutes ses activités fin décembre 1950, ce qui a été un coup très dur pour le canton d'Aulnay et en particulier pour les petites communes rurales[12].

Saleignes au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Dès le début du XXe siècle, la commune est touchée par le mouvement de l'exode rural entamé depuis la seconde moitié du XIXe siècle; ce phénomène ne s'est pas estompé malgré quelques réalisations importantes (construction d'une voie ferrée et de la gare ferroviaire, installation de l'école et de la mairie en 1925 dans de nouveaux locaux).

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la commune connaît une très forte déprise agricole et rurale, aggravée par la fermeture définitive de la gare ferroviaire. Si l'économie locale dépend en grande partie de l'exploitation forestière qui est gérée par l'ONF, la céréaliculture intensive est devenue dominante. Celle-ci est introduite dès les années 1960 après les opérations de remembrement agricole qui touchent l'ensemble de la Saintonge du Nord. Un paysage d'openfield apparaît maintenant au sud de Saleignes sur les terres de groie bien amendées où les grands champs ouverts ont succédé au semi-bocage qui caractérisait le terroir agricole de Saleignes encore au lendemain de l'après-guerre.

Au début des années 1980, suite à la fermeture de l'école et au déplacement du local de la mairie, le bel immeuble style Troisième république construit en 1880 est transformé en gîtes communaux. Ces derniers sont inaugurés en 1983 et sont le premier gîte d'étape réalisé en Charente-Maritime[9].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Didier fut construite au Moyen Age, pendant le XIVe siècle[13], mais a subi une restauration quasi complète au XIXe siècle, probablement pendant le Second Empire, selon le modèle des églises romanes dont l'abside avec une copie de cul-de-four et l'architecture néo-gothique représentée par son clocher carré à flèche d'ardoise.

Le GR 36 qui va de Ouistreham (Calvados) à Bourg-Madame (Pyrénées-Orientales) traverse la commune.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2001 2008 Christian Dupont    
2008 en cours Hélène Chaunux    
Les données manquantes sont à compléter.

Canton[modifier | modifier le code]

La commune de Saleignes est l'une des 24 communes qui forment le canton d'Aulnay qui est l'un des moins peuplés de la Charente-Maritime mais le plus étendu de tout le département.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

La commune adhère à la communauté de communes du canton d'Aulnay-de-Saintonge dont le siège administratif est situé à Aulnay-de-Saintonge[14].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Orientation bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Flohic (ouvrage collectif sous la direction de), Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic - Collection Le Patrimoine des communes de France. (Monographie sur la commune de Saleignes, Tome 1, p.p. 142/143).
  • M.A. Gautier, Le dictionnaire des communes de la Charente-Maritime - Notices communales (réédition de la Statistique du département de la Charente-Inférieure de 1839), éditions Les Chemins de la Mémoire, Saintes. (Notice communale sur Saleignes, p.138).
  • Michel de la Torre, Charente-Maritime - L'art et la nature de ses 472 communes, éditions Nathan, Paris, 1985. (Notice sur Saleignes)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les gentilés de Charente-Maritime
  2. a, b et c Jean-Luc Flohic, Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, p.143
  3. a et b Jean-Louis Neveu, Forêts charentaises, éditions Le Croît vif, 2001, p.383
  4. Jean-Louis Neveu, Forêts charentaises, Le Croît vif édition, 2001, p.383
  5. Carte IGN sous Géoportail
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  8. Jean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms des villes et villages de la Charente-Maritime, éditions Bordessoules, Saint-Jean-d'Angély, 2002, p.301
  9. a, b, c et d Jean-Yves Flohic (ouvrage collectif sous la direction de), Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, 2002, p.142
  10. M.A. Gautier, Dictionnaire des communes de la Charente-Maritime (Ré-édition de la Statistique de la Charente-Inférieure publiée en 1839), éditions Les Chemins de la Mémoire, Saintes, p.138
  11. Jean-Yves Flohic (ouvrage collectif sous la direction de), Le patrimoine des communes de la Charente-Maritime, éditions Flohic, 2002, p.143
  12. Yves Le Dret, Le train en Poitou-Charentes, les Chemins de la Mémoire éditeur, Saintes, tome 4 : La Compagnie des Chemins de fer départementaux des Charentes et des Deux-Sèvres, p.39
  13. Michel de la Torre, Charente-Maritime - L'art et la nature de ses 472 communes, éditions Nathan, Paris, 1985
  14. Site officiel de la Communauté de communes du canton d'Aulnay