Salammbô

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Salammbô
Image illustrative de l'article Salammbô
Édition définitive de 1883.

Auteur Gustave Flaubert
Genre Roman historique
Pays d'origine Drapeau de la France France
Lieu de parution Paris
Éditeur Michel Lévy
Date de parution 1862

Salammbô est un roman historique de Gustave Flaubert, paru en 1862 chez Michel Lévy.

Il prend pour sujet la Guerre des Mercenaires, IIIe siècle av. J.-C., qui opposa la ville de Carthage aux Mercenaires barbares qu’elle avait employés pendant la première Guerre punique, et qui se révoltèrent, furieux de ne pas avoir reçu la solde convenue. Flaubert chercha à respecter l’Histoire connue, mais profita du peu d’informations disponibles pour décrire un Orient à l’exotisme sensuel et violent.

Résumé[modifier | modifier le code]

  • Le Festin : Les mercenaires fêtent à Carthage la fin de la guerre dans les jardins d’Hamilcar, leur général. Échauffés par son absence et par le souvenir des injustices qu’ils ont subies de la part de Carthage, ils ravagent sa propriété ; Salammbô, sa fille, descend alors du palais pour les calmer. Mathô et Narr’havas, tous deux chefs dans le camp des mercenaires, en tombent amoureux. Spendius, un esclave libéré lors du saccage, se met au service de Mathô et lui conseille de prendre Carthage afin d’obtenir Salammbô.
  • À Sicca : Carthage persuade les mercenaires de quitter la ville en attendant leur solde. Ils marchent jusqu’à Sicca. Le Suffète Hannon vient leur annoncer un délai dans le paiement de leur récompense, mais Spendius profite de la nouvelle de l’assassinat de 300 mercenaires restés en ville pour monter les soldats barbares contre Carthage.
  • Salammbô : Salammbô prie Tanit, déesse de la lune, et est instruite par Schahabarim, son grand prêtre.
  • Sous les murs de Carthage : Les Barbares reviennent faire le siège de la ville. Mâtho et Spendius y pénètrent la nuit par l’aqueduc.
  • Tanit : Ils volent le « zaïmph », voile sacré de la déesse Tanit, dans le temple. Mâtho est découvert alors qu’il entre par effraction dans la chambre de Salammbô. On la suspecte alors d’avoir fauté avec le Barbare. Mâtho s’enfuit sans difficulté, immunisé par le port du zaïmph.
  • Hannon : Un groupe de Barbares commandés par Spendius et Autharite vont faire le siège d’Utique et d’Hippo-Zaryte pour bloquer les approvisionnements de Carthage. Hannon et son armée surprennent Spendius et reprennent Utique, mais sont mis en déroute par le retour de Mâtho.
  • Hamilcar Barca : Hamilcar, héros de la guerre contre Rome en Sicile, revient à Carthage. On le blâme pour la défaite, il se défend devant le Conseil et défend la cause des mercenaires qu’il a commandés jadis. Mais quand il voit les dégâts causés à sa propriété lors du festin, il accepte la proposition des Anciens de faire la guerre contre les Mercenaires.
  • La bataille du Macar : Hamilcar bat Spendius au pont de Macar, près d’Utique.
  • En campagne : les troupes d’Hamilcar sont encerclées par les mercenaires, elles construisent un fort pour se défendre.
  • Le serpent : Carthage est affamée par le siège et démotivée par la perte du zaïmph. Schahabarim persuade Salammbô d’aller le reprendre à Mathô, en usant de tous ses charmes s’il le faut.
  • Sous la tente : Elle atteint sa tente sans se faire remarquer, d’un geste de main elle réclame le zaîmph, Mâtho reste subjugué par sa beauté et s’humilie devant elle et s’endort dans ses bras. Elle s’enfuit avec le zaïmph, alors que les troupes d’Hamilcar attaquent le campement. En la retrouvant, son père offre sa main à Narr’Havas, chef des numides qui a fini par trahir le camp barbare, à condition qu’il l’aide à obtenir la victoire.
  • L’aqueduc : Les Carthaginois, poursuivis par les Mercenaires, parviennent à rentrer à Carthage. Spendius coupe l’approvisionnent en eau de la ville, en perçant l’aqueduc.
  • Moloch : En désespoir de cause, les Carthaginois assoiffés offrent leurs enfants en sacrifice à Moloch. Hamilcar déguise l’enfant d’un esclave et l’envoie mourir à la place de son fils Hannibal. Le soir même, un orage éclate et remplit les citernes d’eau.
  • Le défilé de la Hache : Hamilcar fait tomber une partie des mercenaires dans le piège du défilé de la Hache. Ils y restent bloqués et meurent de faim peu à peu et se livrent au cannibalisme. Les généraux prisonniers dans chaque camp (dont Hannon et Spendius) sont crucifiés. Certains barbares arrivent à sortir mais sont écrasés par une charge d'éléphants. Hamilcar force les derniers mercenaires survivants à s'entretuer pour amuser ses troupes. Les Carthaginois et la dernière armée barbare s’affrontent lors d’une ultime bataille rangée. Mâtho, seul survivant, est capturé.
  • Mâtho : La victoire est célébrée à Carthage, c’est le jour des noces de Salammbô et Narr’Havas. Mâtho est offert en torture à la foule. Il succombe au crépuscule, le cœur arraché par un prêtre, devant Salammbô et celle-ci succombe au poison versé dans sa coupe alors que son mariage est célébré. C'est là, sa punition pour avoir touché le voile sacré de Tanit.

Principaux personnages[modifier | modifier le code]

Carthaginois

  • Hamilcar Barca, l’un des 2 Suffètes de Carthage. Il revient de Sicile pour reprendre le contrôle sur l’armée.
  • Salammbô, fille d’Hamilcar, dédiée à la déesse Tanit. Son nom a été inspiré à Flaubert par un des noms de la déesse Astarté : Salambo (grécisation du phénicien Shalambaal « image de Baal »[1])
  • Hannibal, fils secret d’Hamilcar, caché par l’esclave Abdalonim.
  • Giscon, général et diplomate.
  • Hannon, l’autre Suffète de Carthage, atteint par une maladie de peau.
  • Schahabarim, prêtre de Tanit et instructeur de Salammbô.

Mercenaires

  • Mâtho, chef des mercenaires libyens.
  • Narr’Havas, chef des mercenaires numides, à qui Salammbô est promise en cas de victoire.
  • Spendius, esclave grec qui se met au service de Mâtho
  • Autharite, chef d’une partie des mercenaires

Commentaire[modifier | modifier le code]

Gustave Flaubert

Salammbô vient après Madame Bovary. Flaubert en commence les premières rédactions en septembre 1857. Quelques mois plus tôt, après avoir gagné le procès qui avait été intenté contre Madame Bovary, il avait fait part dans sa correspondance (lettre à Mlle Leroyer de Chantepie) de son désir de s’extirper littérairement du monde contemporain, et de travailler à un roman dont l’action se situe trois siècles avant Jésus-Christ. En avril-juin 1858, il séjourne à Tunis pour s’imprégner du cadre de son histoire. Si l’intrigue est une fiction, il se nourrit des textes de Polybe, Appien, Pline, Xénophon, Plutarque, et Hippocrate pour peindre le monde antique et bâtir la couleur locale. Dès sa parution en 1862, le roman connaît un succès immédiat, en dépit de quelques critiques réservées (Charles-Augustin Sainte-Beuve) mais avec d’appréciables encouragements (Victor Hugo, Jules Michelet, Hector Berlioz).

Adaptations[modifier | modifier le code]

Peinture & Sculpture[modifier | modifier le code]

Salammbô, peinture par Gaston Bussière, 1907

Musique classique[modifier | modifier le code]

Florent Schmitt, qui avait orchestré le film Salammbô de Pierre Marodon en 1925, en tira Trois suites d'orchestres, opus 76, créées en 1927, 1928 et 1931.

Opéra[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

Philippe Druillet a librement adapté le roman en bande dessinée, dans laquelle son personnage fétiche « Lone Sloane » s’incarne en Mâtho. Cette série qui relève autant de l’histoire antique que de la science-fiction, est initialement parue dans Métal hurlant puis dans Pilote à partir de 1980. Les aventures ont été réunies par les éditions Dargaud en trois albums : Salammbô, Carthage et Mâtho, conjointement signés Gustave Flaubert et Philippe Druillet.

Jeu vidéo[modifier | modifier le code]

En 2003, Cryo Interactive réalise un jeu vidéo Salammbô, adapté à la fois du roman et de la bande dessinée de Philippe Druillet ; ce dernier participe au développement du jeu et en conçoit les graphismes.

Arts visuels[modifier | modifier le code]

Le 9 août 1980, au Musée des beaux-arts du Canada, pour célébrer le centenaire de la mort de l’écrivain, l’artiste québécois Rober Racine lisait en public, seul et sans arrêt, le roman Salammbô de Gustave Flaubert pour une durée de 14 heures sur un escalier construit d’après les données propres du roman (nombre de chapitres = nombre de marches, nombre de mots, de phrases, de paragraphes…).

Musique populaire[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gisèle Séginger Salammbô, Flammarion "GF", 2001 : "Salammbô", le nom d’Astarté [1]
  2. Salammbô chez Mâtho, Je t’aime ! Je t’aime, conservé au Musée d'Orsay
  3. Article de jetsetmagazine.net sur la traduction de Salammbô en arabe par l'écrivain Taïeb Triki

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Adert, « Salammbô ou le roman barbare », Poétiques barbares, Ravenna, Longo, 1998, p. 47-64.
  • Jean-Louis Backès, « Le Divin dans Salammbô », La Revue des Lettres Modernes, 1994, no 1165-1172, p. 115-34.
  • B. F. Bart, « Flaubert et le légendaire », Revue d’Histoire Littéraire de la France, 1981, no 81 (4-5), p. 609-20.
  • Christa Bevernis, « Historicité et actualité dans le roman de Flaubert Salammbô », Flaubert et Maupassant : écrivains normands, Paris, PUF, 1981, p. 255-63.
  • Arthur Bieler, « La Couleur dans Salammbô », French Review, février 1960, no 33 (4), p. 359-70.
  • Marc Bizer, « Salammbô, Polybe et la rhétorique de la violence », Revue d’Histoire Littéraire de la France, Nov-décembre 1995, no 95 (6), p. 974-88.
  • Lionel Bottineau, « La Représentation de l’espace dans Salammbô », La Revue des Lettres Modernes, 1984, no 703-706, p. 79-104.
  • Michel Butor, « Demeures et dieux à Carthage », Corps Écrit, février 1984, no 9, p. 127-47.
  • Raymonde Debray-Genette, « Génétique et poétique : Le Cas Flaubert », Essais de critique génétique, Paris, Flammarion, 1979, p. 21-67.
  • Janine Delort, « Le Motif de Salammbô », Cahiers Jean Giraudoux, 1979, no 8, p. 84-6.
  • Mireille Dobrzynski, « Le Zaïmph métamorphique: Objet et réification dans Salammbô, de Flaubert », Cincinnati Romance Review, 2004, no 23, p. 47-59.
  • Raymond Dugan, « La Couleur et le faux dynamisme dans Salammbo, de Gustave Flaubert », Essais sur Flaubert : en l’honneur du professeur Don Demorest, Paris, Nizet, 1979, p. 331-44.
  • Claude Foucart, « Reflexion sur une page de Flaubert (Salammbo). », Literatur in Wissenschaft und Unterricht, 1971, no 4, p. 237-50.
  • Bernard Gagnebin, « Salammbô: La Tache aveugle du caléidoscope », Revue d’Esthétique, 1989, no 16, p. 61-5.
  • Suzanne Hélein-Koss, « Discours ironique et ironie romantique dans Salammbô de Gustave Flaubert », Symposium, Spring 1986, no 40 (1), p. 16-40.
  • Suzanne Hélein-Koss, « Le Discours textuel du rire dans Salammbô de Flaubert », Symposium, Fall 1985, no 39 (3), p. 177-194.
  • Aouicha Elosmani Hilliard, « Le Retour au préœdipien : Salammbô et le rejet du patriarcat », Mosaic, Winter 1993, no 26 (1), p. 35-52.
  • Francis Lacoste, « L’Orient de Flaubert », Romantisme, 2003, no 119, p. 73-84.
  • François Laforge, « Salammbô: Les Mythes et la Révolution », Revue d’Histoire Littéraire de la France, 1985, no 85 (1), p. 26-40.
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  • Heidi Suhner-Schluep, L’imagination du feu ou la dialectique du soleil et de la lune dans Salammbô de Gustave Flaubert, Zurich, Juris-Verlag, 1972.
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  • P. M. Wetherill, « Une Version manuscrite du premier chapitre de Salammbô », Les Lettres Romanes, 1978, no 32, p. 291-331.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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