Salim Chishti

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Miniature moghole : un ascète vêtu d'un seul pagne est entouré par un musicien, une jeune homme lisant et un vieillard richement vêtu. Tous quatre sont assis sous un arbre dans un cimetière
Shaikh Salim Chishti dans un cimetière. Œuvre sur papier, British Museum

Shaikh Salim Chishti (ourdou : شيخ سلیم چشتی), né à Delhi en 1480 et mort à Fatehpur-Sikri en 1572, est un saint soufi indien. Après un long séjour au Moyen-Orient et en Arabie, il revient s'installer à Sikri en Inde, où sa sainteté attire de nombreux visiteurs. Parmi eux, l'empereur Akbar qui fait édifier sa nouvelle capitale, Fatehpur-Sikri, sur le lieu de son ermitage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une éminente famille de Delhi en 1480[1]'[2], Salim Chishti voyage pendant plus de vingt ans en Arabie et au Moyen-Orient. Il fait plusieurs fois le pèlerinage à La Mecque et à Médine, villes saintes dans lesquelles il réside huit ans. Il suit les enseignements de nombreux docteurs de l'Islam mais s'en éloigne progressivement pour la philosophie soufie[3]. En 1564, auréolé d'une grande réputation de sagesse et de sainteté, et âgé de plus de 80 ans, il revient s'installer en Inde dans une région aride et rocailleuse à 40 km d'Agra, Sikri. Il y vit en ascète, circulant nus pied et simplement vêtu d'un pagne de coton, ce qui contribue à son prestige et attire des foules de visiteurs, aussi bien modestes qu'aristocratiques[3].

L'empereur Akbar, esprit curieux et inquiet de ne pas avoir de descendance tous ses enfants étant morts en bas-âge, lui rend également visite à partir de 1568. Le saint homme lui prédit la naissance de trois fils, et lorsque que naît le futur Jahangir le 30 août 1569, il l’honore en le prénommant Salim[4]. Considérant que le site lui est favorable et désireux de s'éloigner de la cour et des religieux d'Agra, le souverain décide de construire une nouvelle capitale à Sikri[5]. Les travaux commencent en 1571 et en attendant l'achèvement de son palais, le monarque séjourne dans la demeure, considérablement agrandie, de Salim Chishti. Celui-ci meurt l'année suivante, le 13 février 1572, âgé de 92 ans.

Tombeau[modifier | modifier le code]

Vue de la façade du bâtiment
Tombeau de Shaikh Salim Chishti

Akbar ordonne la construction du tombeau de Salim Chishti dans la cour de la mosquée. Conçu par l'architecte persan Nawab Qutb ud-Din Khan, c'est un bâtiment qui contraste avec les autres édifices de l'ensemble palatial par sa taille modeste, il mesure 7 mètres de côté sur un seul niveau, son matériaux de marbre blanc, alors que les autres bâtisses sont en grès rouge, et la finesse de son ornementation[6].

Orienté au sud, il s'élève sur une plateforme d'environ un mètre de haut dont les côtés sont parés d'une mosaïque géométrique de marbre noir et jaune[7]. Un porche en saillie, porté par des colonnes et des consoles délicatement sculptées, permet de pénétrer dans la galerie qui ceinture le monument et s'ouvre sur l'extérieur par des jalis, écrans de marbre délicatement perforés[8]. Reposant au centre d'une chambre de 5 mètres de côté, le cénotaphe de marbre blanc est surmonté d'un dais en ébène incrusté de nacre et recouvert d'un tissus vert sur lequel les fidèles déposent leurs offrandes[7]. La construction est achevée en 1580-1581 mais ce n'est que sous le règne de Jahangir que les jalis sont posées et que le dôme est recouvert de marbre[9].

Les dévots y viennent nombreux implorer l'intersession du saint homme pour la réalisation de leurs vœux : ils accrochent des rubans de couleur aux découpes des jalis, la croyance voulant que ceux-ci ne se détachent que quand le souhait est exaucé[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

Sites[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]