Liste des saints bretons
Les saints bretons désignent des personnes originaires de Bretagne ou dont la vie se passe en Bretagne, et réputées pour leur foi catholique et leur piété. Peu d'entre elles ont été reconnues saintes par la procédure de canonisation de l'Église catholique (mise en place plusieurs siècles après leur mort), la plupart ont été désignées par le peuple, leur existence même n'étant pas toujours historiquement attestée. Leur grand nombre justifie une liste particulière, au sein de laquelle il convient de distinguer les saints fondateurs, les saints par vox populi et les saints reconnus par l'église catholique romaine. Il existe donc un véritable sanctoral de la Basse-Bretagne, dont l’empreinte liturgique a marqué durablement et profondément l'ensemble du duché de Bretagne, surtout les diocèses de Tréguier, de Léon et de Quimper, et contribue fortement à l'identité bretonne.
Sommaire |
[modifier] Liste des saints bretons
[modifier] L'origine historique des saints fondateurs
Leur origine est semi-légendaire, mais s'appuie sur des faits historiques :
« C'est de Conan Meriadec que datent les invasions successives qui justifient le nom de Bretagne. Ce prince, qui jouissait en Grande-Bretagne d'un assez grand crédit, proposa, en 382 ou 383, à Maxime, gouverneur de l'île, de l'appuyer dans sa révolte contre l'empereur Gratien, et il lui fournit 10 000 hommes. Vainqueur et maître de plus de la moitié de l'empire d'Occident, Maxime accorda à son allié la souveraineté de la plus grande partie de l'Armorique, souveraineté que Conan sut faire reconnaître par Valentinien II et Théodose, et qu'il rendit complètement indépendante sous le faible Honorius. Dès lors affluèrent de la Grande-Bretagne et même de l'Irlande en Armorique, non seulement des soldats, des artisans, des cultivateurs, des familles entières, mais encore de saints personnages, évêques, ermites, missionnaires, qui vinrent y organiser l'administration ecclésiastique, y établir des monastères, y affirmer parmi les populations la foi chrétienne. Idunet de Châteaulin, Guénolé de Landévennec, Brieuc de Saint-Brieuc, Pol ou Paul Aurélien de Saint-Pol-de-Léon, Corentin de Quimper, Malo ou Maclou d'Aleth, Samson de Dol, Ronan de Locronan et Saint-Renan, Gunthiern de Quimperlé, Mélarie (vulgairement sainte Nonne) de Dirinon, etc..., avaient ainsi quiité leur patrie pour le continent, où leurs enseignements et leurs exemples portèrent tant de fruits que l'Armorique devint, comme la Blanche Albion et la verte Erin, une terre de saints[1]. »
[modifier] Les sept saints fondateurs
Les sept saints fondateurs, qui sont traditionnellement réputés avoir fondé les sept évêchés qui existaient au Haut Moyen Âge et ils semblent avoir joué un rôle éminent au moment de l'immigration d'une partie des Bretons d'outre-Manche, laquelle justifiera la nouvelle appellation, Britannia minor, appliquée à l'Ouest de l'Armorique gallo-romaine (saints non reconnus par l'Eglise au sens canonique du terme) :
- saint Samson : évêque de Dol
- saint Maclou ou MacLaw ou Malo : évêque de Saint-Malo
- saint Brieuc : évêque de Biduce, devenue Saint-Brieuc
- saint Tugdual : évêque de Tréguier
- saint Pol Aurélien : évêque d'Occismor, devenue Saint-Pol-de-Léon
- saint Corentin : évêque de Quimper
- saint Paterne ou Patern : évêque de Vannes
[modifier] Saints par la Vox Populi
Les autres saints bretons (saints par la vox populi c'est-à-dire élus saints par « la voix du peuple »), non reconnus comme tels par l'Église au sens canonique du terme. La tradition veut que le cimetière de Lanrivoaré abrite 7 847 saints (sept mille sept cent sept et sept vingt).
On peut estimer que les seuls saints « nationaux », c’est-à-dire ceux dont le culte était célébré dans la Bretagne entière, sont au nombre d’une douzaine : saint Gildas, saint Guénolé, saint Yves, saint Turiau (écrit aussi saint Thuriau ou saint Thurien), saint Samson, saint Guillaume, saint Armel, saint Pol Aurélien, saint Magloire, saint Melaine, saint Malo et saint Corentin ; soit deux novi sancti (saints qui ont fait l’objet d’une canonisation officielle), trois abbés et sept évêques dont trois pour le seul siège de Dol. Sans entrer à nouveau dans le débat, sinon même la polémique relative au fameux Tro Breizh et au culte médiéval des sept saints fondateurs de Bretagne, ajoutons d’emblée à cette courte liste saint Brieuc et saint Tugdual, dont les cultes probablement l’un et l’autre d’origine cornouaillaise, furent acclimatés dans le nord de la Bretagne, comme l’a montré M. Bernard Tanguy, et peut-être seulement à l’époque tardive de l’érection des évêchés de Saint-Brieuc et de Tréguier ; mentionnons également saint Patern et même saint Clair, dont la renommée avait effectivement atteint le diocèse de Tréguier au XVe siècle. Et enfin, pour faire bonne mesure, finissons d’étoffer cette liste avec les noms de saint Méen et de saint Maudez. Au total, c’est moins d’une vingtaine de saints bretons véritablement « nationaux » qu’il faut compter, sur un total de plusieurs centaines[2].
[modifier] Évêques bretons
- saint Alain, 4e évêque de Quimper
- saint Budoc, troisième évêque de Dol
- saint Enogat, évêque de Saint-Malo
- saint Gaud, évêque d'Évreux
- saint Goulven ou saint Golven, évêque de Léon, puis ermite à Saint-Didier (Ille-et-Vilaine)
- saint Ténénan ou saint Thénénan ou saint Ternoc, évêque de Léon
- saint Meriadec : évêque de Vannes au viie siècle
- saint Gobrien : évêque de Vannes au viiie siècle
- saint Ruelin ou saint Rivelin, compagnon de saint Tugdual, fut évêque de Tréguier au VIe siècle.
- saint Pergat ou saint Pergad ou saint Pergobat ou saint Bergat fut quelques jours évêque de Tréguier concurremment avec saint Ruelin.
[modifier] Autres saints bretons
De nombreux saints bretons ont un culte à l’échelon local seulement, même s'il y est profondément enraciné, sans diffusion ou presque hors de leur diocèse d’origine, et dont les noms sont confinés au calendrier de leur Église : citons, à Quimper, deux supposés évêques du lieu, saint Alor, dont le nom est peut-être une cacographie pour Florus, et saint Alain, dont la vita, conservée notamment dans le recueil connu sous le nom d’Obituaire de Saint-Méen, constitue un démarquage impudent de celle de saint Amand ; à Tréguier, saint Efflam, saint Briac ; à Saint-Malo, saint Enogat, saint Aaron et saint Ideuc, etc[2].
Religieux non béatifiés :
- Salaün Ar Fol
- Michel Le Nobletz
- Mère Marie-Salomé : Originaire de Plouguerneau et fondatrice des Sœurs Blanches avec le cardinal Lavigerie.
Dominicains bretons célèbres de l'ordre des Frères Prêcheurs :
- Alain de la Roche O.P. de Sizun (?)
- Albert Le Grand O.P. de Morlaix
- Marie-Joseph Le Guillou O.P. de Servel
Autres personnes considérées comme saintes par la ferveur populaire :
[modifier] Bienheureux
- Marcel Callo
- Pierre-René Rogue
- Charles de Blois, prétendant au duché
- Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne
- Julien Maunoir, prédicateur
[modifier] Saints reconnus par l'Église
Les sept saints bretons reconnus saints par l'Église au sens canonique du terme :
- saint Guillaume Pinchon, né à Saint-Alban (Côtes-d'Armor), 1184/1234 : évêque de Saint-Brieuc (1220/1234), canonisé le 15 avril 1247 par le pape Innocent IV.
- saint Yves ou sant Erwan (dans le Trégor, en breton), né vers 1250 à Minihy-Tréguier (Côtes-d'Armor), décédé en 1303 : prêtre du diocèse de Tréguier, canonisé le 19 mai 1347 par le pape Clément VI. Saint patron de la Bretagne.
- saint Louis-Marie Grignion de Montfort, né à Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine), 1673/1716 : canonisé le 20 juillet 1947 par le Pape Pie XII.
- sainte Jeanne Marie Guerguin (sœur Marie de sainte Nathalie), née à Belle-Isle-en-Terre (Côtes-d'Armor), 1864/1900 : canonisée le 1er octobre 2000 par le pape Jean-Paul II.
- sainte Anne-Françoise Moreau (sœur Marie de saint Just), née à Rouans (Loire-Atlantique), 1866/1900 : canonisée le 1er octobre 2000 par le pape Jean-Paul II.
- sainte Anne-Thérèse Guérin (sœur mère Théodore), née à Étables-sur-Mer (Côtes-d'Armor), 1798/1856 : canonisée le 15 octobre 2006 par le pape Benoît XVI.
- sainte Jeanne Jugan, née à Cancale (Ille-et-Vilaine), 1792/1879, fondatrice des Petites sœurs des pauvres : canonisée le 11 octobre 2009 par le pape Benoît XVI.
On peut rajouter à cette liste saint Vincent Ferrier, dominicain espagnol, prédicateur en Bretagne et dont les reliques reposent dans la cathédrale de Vannes (canonisé le 29 juin 1455 par le pape Calixte III) ainsi que saint Gohard (évêque de Nantes né à Angers) canonisé par le Vatican en 1095 avant le décret de Rome.
[modifier] Articles connexes
[modifier] Bibliographie
- Jacques Baudouin, Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident, Art, 2006
- Bernard Tanguy Les Noms de lieux bretons. Toponymie descriptive. Rennes, 1975
- Bernard Tanguy Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère, Douarnenez, 1990
- Bernard Tanguy Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor, Douarnenez,1992
- (fr) Albert Le Grand, Les Vies des saints de la Bretagne Armorique, éd Pierre Doriou, Nantes, 1637. Rééditions Guy Autret-Ferré, Rennes, 1659 ; J. Salaün, Quimper, 1901
- (fr) M. de Garaby, Vie des bienheureux et des saints de Bretagne, éd. J.-M. Williamson, Nantes, 1839. Réédition 1991.
- (fr) Florian Le Roy, Bretagne des Saints, éd. André Bonne, 1959
- (fr) Louis Pape, Les Saints bretons, coll. Ouest France, 1981
- (fr) Bernard Merdrignac, Les Vies de saints bretons durant le haut Moyen Âge, éd. Ouest-France Université, Rennes, 1993.
- (fr) René Largillière, Les Saints et l'organisation bretonne primitive dans l'Armorique bretonne, éd. Armeline, Crozon, 1995. ISBN 2-910878-00-7. Nouvelle présentation d'une thèse parue en 1925. La version originale est disponible sur Gallica.
- (fr) Le Livre d'or des saints de Bretagne, éd. Coop Breizh, Spézet, 1995. ISBN 2-909924-35-1.
- (br) Chanoine Morvan, Buez ar Zent (la Vie des Saints), édition révisée par le recteur Nicolas, Quimper, 1894
- Les Noms des saints bretons, Joseph Loth, Paris, Honoré Champion, 1910.
- Memento des sources hagiographiques de l´histoire de Bretagne, François Duine, Rennes, Bahon-Rault, 1918.
- Inventaire liturgique de l'hagiographie bretonne, François Duine, Paris, Honoré Champion, 1922.
- Catalogue des sources hagiographiques pour l'histoire de Bretagne jusqu'à la fin du XIIe siècle, François Duine, Paris : Honoré Champion, 1922.
- Les Saints et l´organisation chrétienne primitive dans l´Armorique bretonne, René Largillière, Rennes, Plihon, 1925.
- Le Livre d'or des saints de Bretagne Joseph Chardronnet, Armor éditeur, 1977, réédition Coop Breizh, 1995.
- La Bretagne des saints et des rois, Ve-Xe siècle, André Chédeville & Hubert Guillotel, éditions Ouest-France, 1984.
- Vies de saints bretons et règles monastiques, Mélanie Hamon, Hor Yezh, coll. " Hagiographie bretonne - Sent Kozh Hor Bro ", Rennes, 1998.
St Herlé
[modifier] Liens internes
[modifier] Liens externes
[modifier] Notes et références
- Adolphe Joanne, " Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies. 1, A-B", 1890-1905, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73389j/f635.image.r=Dirinon.langFR
- André-Yves Bourges, Hagio-historiographie médiévale, intervention faite au colloque annuel du CIRDoMoC en juillet 2007, consultable http://andreyvesbourges.blogspot.com/2007/07/en-tournant-les-pages-du-brviaire.html