Saintoise (bateau)

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La saintoise (Sentwaz en créole) ou canot saintois est une barque de pêche non pontée, manœuvrable traditionnellement à voile ou à rame, originaire de l'archipel des Saintes qui s'est répandue dans l'ensemble des Petites Antilles[1]. Une des composantes principales du patrimoine et de l'identité culturelle des îles des Saintes, sa pratique se développe rapidement dans le nautisme guadeloupéen depuis une dizaine d'années où elle est devenue une nouvelle discipline sportive, la voile traditionnelle[2].

Origine[modifier | modifier le code]

La saintoise traditionnelle est l'œuvre du savoir-faire des charpentiers de marine d'origine bretonne, installés aux Saintes vers le XVIIIe siècle, qui l'ont conçue pour pratiquer la pêche. Elle est parfaitement étudiée pour tenir la mer des Antilles, sa forme creuse et fuselée ajoutée au foc et à la grand-voile servaient à naviguer au près.

À l'arrivée du moteur hors-bord dans les années 1960, Alain Foy un charpentier de marine saintois, adapte le bateau à la technologie et crée la saintoise à moteur qui fera l'unanimité des pêcheurs des îles des petites Antilles, principalement à la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique, la Désirade, Marie-Galante, Saint-Barthélemy et Saint-Martin où elle a remplacé le gommier traditionnel trop instable. La carène devient plus stable et adaptée au poids du moteur dès lors.

De nos jours, la coque en bois laisse place à des matériaux composites[2].

Description[modifier | modifier le code]

La saintoise traditionnelle est constituée de plusieurs bois pour sa coque (le bois du nord pour la quille, l'acajou pour les bordées et le plancher, le poirier pays pour les membrures et la proue). Les voiles (foc et grand voile) sont raccordées au mât et à la bôme (en bambou) par des lianes appelées ailes de ravèt. La bôme est plus longue que le mât. L’embarcation est lestée par des roches et est manœuvrée par un équipage d'au moins cinq individus, maintenant l'allure au trapèze[2].

De nombreux chantiers navals foisonnent de nos jours aux Saintes, en Guadeloupe et à la Désirade.

Nautisme[modifier | modifier le code]

Longtemps le loisir des régatiers dans la rade des Saintes, la saintoise traditionnelle est devenue une activité sportive très prisée en Guadeloupe et se démocratise rapidement depuis la création du tour de la Guadeloupe à la voile traditionnelle (T.G.V.T.) en juillet 2001. Elle connait un succès grandissant d'années en années[3].

Elle fait l'unanimité aussi à Saint-Barthélemy et aux Saintes où elle fait l'objet d'une régate lors des fêtes patronales de ces îles[4],[5],[6].

Vocabulaire de la voile traditionnelle saintoise[modifier | modifier le code]

À dieu vat = paré à virer de bord (à la grâce de dieu) ; cier = avancer à contre sens ; border = raidir la voile ; choquer = lâcher la voile.

Notes et références[modifier | modifier le code]