Paulin de Nole

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Paulin de Nole
Image illustrative de l'article Paulin de Nole
Paulin de Nole d'après un vitrail de la cathédrale de Linz (Autriche)
consul suffect (379), évêque de Nole (409)
Naissance né vers 353,
Bordeaux (Aquitaine)
Décès 431(78 ans)
Rome
Nationalité citoyen romain
Vénéré par les catholiques et les orthodoxes
Fête 22 juin
Attributs Bâton pastoral et cloche
Saint patron des jardiniers

Paulin de Nole ou Saint Paulin (Meropius Pontius Paulinus), né à Bordeaux vers 353, mort à Rome en 431, est un poète et un ecclésiastique latin contemporain de saint Augustin et de Martin de Tours, qui l'encouragea dans sa vocation religieuse. Il a été évêque de Nole de 409 à sa mort.

Vie[modifier | modifier le code]

Né sous le nom de Pontius Meropius Anicius, il faisait partie d'une des plus riches familles de Bordeaux. Il eut pour précepteur le poète Ausone. Il fut consul suffect en 379.

Comme saint Ambroise de Milan, il passa de la carrière politique à la vocation ecclésiastique. Sous l'influence de ce dernier, de saint Martin de Tours et d'autres comme saint Amand de Bordeaux, il quitta le « monde » et se dirigea vers le monachisme. En accord avec son épouse et malgré l'opposition de toute l’aristocratie bordelaise, en particulier de son maître Ausone, il se sépara de ses biens et se retira près de la tombe de saint Félix à Nole, en Campanie, en 394. Il y avait déjà fondé un hôpital lorsqu'il était gouverneur de cette province. Il y fit désormais construire un complexe religieux dédié au culte du saint local. Vers 409, il devint évêque de Nole. Selon un écrit du prêtre Uranius, il reçut la veille de sa mort la vision de saint Janvier, évêque de Bénévent (Campanie) de 302 à 305, et de saint Martin de Tours, évêque de Tours, venus le conduire au ciel.

Paulin a su adapter la tradition poétique païenne reçue de son maître Ausone à des horizons chrétiens. Dans ce processus d'adaptation, il s'est inspiré de son contemporain le poète Prudence, qu'il a probablement rencontré.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Avec Prudence, saint Paulin de Nole est l'un des plus grands poètes latins chrétiens.

On a conservé de lui 35 poèmes, très élégants, la plupart en hexamètres dactyliques. Parmi ceux-ci, il y a des « Laudes » annuelles en l'honneur du saint patron de Nole, Félix, trois paraphrases de Psaumes (genre littéraire qui aura une grande postérité) et deux propemptica.

De Paulin est aussi conservé un ensemble de 49 lettres de forme très ornée, témoignant de sa piété et de sa sensibilité personnelle, ainsi que du goût littéraire de l'époque.

Dévotion[modifier | modifier le code]

La dévotion à saint Paulin est très répandue dans la France du Grand Siècle. De nombreuses confréries se créent autour des années 1665-1670 ; pour accélérer le recrutement, on fait entrevoir aux fidèles la possibilité d’obtenir des reliques du saint. Elles se font longtemps attendre et arrivent en France en 1685. L’arrivée en France des reliques du saint des coliques et des fruits et légumes a éveillé un certain écho dans le milieu de l’humanisme dévot et dans celui des amateurs de jardins (...)

Paulin de Nole vu par saint Augustin et Montaigne[modifier | modifier le code]

L’évêque de Nole, ce riche qui a échangé ses richesses contre la pauvreté volontaire […] adressait en son cœur cette prière à Dieu : ‘Seigneur, ne me laisse pas livrer aux tortures pour de l’or, pour de l’argent ; car où est tout mon bien, tu le sais.

Quand la ville de Nole fut ruinée par les Barbares, Paulinus qui en estoit Evesque, y ayant tout perdu, et leur prisonnier, prioit ainsi Dieu ; Seigneur garde moy de sentir cette perte : car tu sçais qu'ils n'ont encore rien touché de ce qui est à moy. Les richesses qui le faisoient riche, et les biens qui le faisoient bon, estoyent encore en leur entier.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rémy de Gourmont, Le Latin mystique. Les poètes de l'antiphonaire et la symbolique au Moyen Âge, Mercure de France, 1892.
  • Joseph T. Lienhard, Paulinus of Nola and Early Western Monasticism, with a study of the Chronology of His Work and an Annotated Bibliography, 1879-1976 (Theophaneia 28), Köln-Bonn 1977, p. 192-204
  • Cesare Magazzù, Dieci anni di studi su Paolino di Nola (1977-1987), in Bollettino di studi latini 18 (1988), p. 84-103.
  • Carmine Iannicelli, Rassegna di studi paoliniani (1980-1997), in Impegno e Dialogo 11 (1994-1996) [public.1997], p. 279-321. Lire en ligne
Saint Paulin est précédé d'une longue épître-dédicace à Bossuet. Perrault répond par avance aux objections que le lecteur serait tenté de lui faire (...). Mais on distingue vite, à travers l'exposé érudit, la véritable pensée de l'académicien. Son but est de se poser en doctrinaire de l'art moral. Saint Paulin est pour lui l'occasion d'expliquer et de mettre en pratique une idée qu'il considère comme essentielle : la nécessité pour la France d'élaborer un art de type nouveau, un art chrétien qui sera nécessairement supérieur à l'art barbare de la civilisation païenne.
  • Dennis E. Trout, Paulinus of Nola - Life, Letters, and Poems, University of California Press 1999 recension par Robert Kirstein, Bryn Mawr Classical Review, 16 octobre 2001
  • David Amherdt, Ausone et Paulin de Nole : Correspondance. Introduction, texte latin, traduction et notes. Peter Lang, 2004 (Sapheneia, Beiträge zur Klassischen Philologie ; 9). VII, 247 p. ISBN 3-03910-247-8. Note : Étude excellente pour la compréhension des questions relatives au style littéraire de cette correspondance. L'étude est remarquable, car elle permet au lecteur français de se faire une idée des types psychologiques d'Ausone et de son élève Paulin, par le biais de l'échange épistolaire.).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

De Johan von Müller : Histoire Universelle (XI, 10). Au moment de l'invasion des Vandales venus d'Afrique : " Il avait déjà, pour le rachat des prisonniers, dépensé tous les trésors de l'église, ses ressources, celles de ses amis : à ce moment, il voit une veuve qui se désespérait, parce qu'on amenait son fils unique; il s'offre à sa place pour aller en esclavage. Car alors tout ce qui était d'un âge raisonnable et qui n'avait pas succombé par l'épée, était pris et emmené à Carthage." (Schopenhauer, "Les fondements de la morale" p. 213, classiques de poche)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

TAISNE, Anne-Marie (éd. et trad.), La lettre au service du Verbe : correspondance de Paulin de Nole avec Ausone, Jérome, Augustin et Sulpice Sévère (391-404), Collection « Les pères dans la foi » 102, éd. J.-P. Migne, Paris, 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]