Guénolé de Landévennec

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Guénolé de Landévennec
Image illustrative de l'article Guénolé de Landévennec
Vitrail de saint Guignolé abbé, église Saint-Guénolé de Batz-sur-Mer, 1886.
Saint
Naissance Ve siècle
Ploufragan ou Plouguin (Armorique)
Décès 532 
Landévennec (Armorique)
Fête 3 mars

Saint Guénolé est un personnage religieux qui aurait vécu à la fin du Ve et au début du VIe siècle en Bretagne et serait décédé en 532.

Il est réputé avoir fondé l'abbaye de Landévennec.

En breton, son nom s'orthographie Gwennole ou Gwenole. Ce prénom celte Uuinuual formé des termes uuin et uual, signifiant respectivement pur et valeureux. Il est également connu dans des textes en latin sous le nom de Winwaloeus[1] ou Winnoc ou encore Walloy (dans ce dernier cas à Montreuil dans le Pas-de-Calais).

Historique[modifier | modifier le code]

Saint Guénolé (d'après le buste en argent du reliquaire de Locquénolé).

On a parfois, à tort, confondu saint Guénolé avec saint Gwenaël[2] qui fut en réalité son successeur comme abbé de Landévennec.

Son père, saint Fragan, et sa mère, sainte Gwenn, auraient débarqué dans la baie de Saint-Brieuc, venant probablement du pays de Galles, pour se fixer à Ploufragan (Côtes-d'Armor). Guénolé est le troisième fils d'une famille dont les autres enfants sont Clervie, Jacut et Guéthénoc.

Il serait né, soit à Ploufragan, soit à Plouguin où est encore montré le lieu supposé de sa naissance (une motte féodale).

Encore enfant, il est confié, vers 470, à saint Budoc pour être formé dans l'ermitage de celui-ci, situé sur l'île Lavret, dans l'archipel de Bréhat.

Vers 485, il manifeste le désir de se rendre en Irlande pour vénérer les restes de saint Patrick qui vient de mourir ; l'apôtre lui apparaît en songe pour lui indiquer qu'il est préférable de rester en Armorique pour y fonder une abbaye.

Avec onze autres disciples de saint Budoc, il s'établit dans une autre île appelée Tibidy, qu'on a tenté d'interpréter comme l'île de la maison de prières, à l'Hôpital-Camfrout, dans la rivière du Faou. « Traversant vers l’ouest les régions de la Domnonée et parvenant donc aux confins des Cornouaillais, il découvrit enfin heureusement un gîte avec ses compagnons susdits dans l’île appelée Thopépigie [Tibidy] » écrit Gurdisten, abbé de Landévennec, dans sa « Vie de saint Guénolé ».

Au bout de trois ans, en 490, Guénolé, nouveau Moïse, ouvre miraculeusement un passage dans la mer pour aller fonder une nouvelle abbaye sur la rive opposée de l'estuaire, à Landévennec. En en ayant fait le centre religieux de la Bretagne de l'ouest, il y meurt en 532. La veille de sa mort, il aurait choisi son successeur, célébré une messe et reçu l'absolution[3].

Légendes[modifier | modifier le code]

Musée de l'ancienne abbaye de Landévennec : cinq statues de saint Guénolé.
  • Guénolé accomplit un miracle sur la personne de sa petite sœur lorsqu'elle était très jeune. Un jour, une oie s'empare des yeux de Clervie et les mange tous les deux. La fillette rentre chez elle en criant de douleur. Guénolé arrive à la maison familiale et trouve ses parents et sa sœur dans la détresse, il décide d'aller récupérer les yeux de Clervie. Il se rend à l'endroit où sont gardées les oies, repère un jars au centre du groupe. Il l'éventre et reprend les yeux de sa sœur pour les lui rendre. Il la signe de la croix et celle-ci recouvre la vue. C'est ainsi que Guénolé est devenu saint Guénolé et le patron des oculistes[4].
  • Il représentait l'un des saints phalliques réputés pour venir en aide aux femmes désespérées par la stérilité, vécue au Moyen Âge et même après, comme une catastrophe : pour les travaux des champs, les paysans avaient besoin de bras. Alors, les femmes dont le ventre ne s'arrondissait pas récitaient leur chapelet et allumaient un cierge devant sa statue. Elles allaient même jusqu'à s'y frotter dévotement le ventre et le jour de sa fête se rendaient en pèlerinage aux sources miraculeuses des chapelles Saint-Guénolé. Sa réputation priapique provient certainement de la confusion de son nom avec le latin gignere signifiant engendrer.
  • Lorsque Fragan emmena ses trois fils en bateau sur l'île Lavret pour les confier à saint Budoc, les voyageurs furent pris par une brutale tempête. Guénolé la calma par un signe de croix. Depuis, le saint est invoqué pour la quiétude des marins et fait de saint Guénolé le patron des femmes de marins-pêcheurs[5].

À savoir[modifier | modifier le code]

Statue dans l'église de Pleyben (Finistère).
  • Les sources historiques sont constituées par les Vies rédigées par l'abbé Gurdisten (Uurdisten) et le moine Clément. La plus ancienne est un hymne biographique composé par le moine Clément en 24 strophes dans le deuxième tiers du IXe siècle, donc plus de quatre siècles après sa mort. À son tour, l'abbé Gurdisten compose dans le dernier quart de ce même siècle une grande Vita Sancti Winwaloei Cornugallensis en trois livres et qui fut copiée, avec d'autres documents sur l'abbé fondateur du cartulaire de Landévennec, compilé au milieu du XIe siècle et parvenu jusqu'à nous.
  • Un autre texte, plus court et qualifié de Vie brève, que l'on connaît par un manuscrit du XIIIe siècle conservé au British Museum, a longtemps été tenue pour la source de Gurdisten qui se serait contenté de l'amplifier, mais de nombreux chercheurs tiennent à présent ce texte pour un simple abrégé de Gurdisten, réalisé entre le Xe et le XIIe siècle dans le nord de la France ou en Grande-Bretagne.
  • Les textes suivent les règles de l'hagiographie médiévale et s'attardent sur les nombreux miracles attribués à Guénolé (il ressuscite, guérit, convertit, console, fait jaillir une source, etc.). Gurdisten se livre également à de nombreuses digressions pour l'édification de ses moines et de ses lecteurs. Finalement, un ange apparaît au saint pour lui dire que « les habitants du ciel réclament sa présence » et Guénolé meurt, comme saint Benoît de Nursie (et à son exemple) au milieu de ses moines en prières. Justement, Gurdisten trouve le moyen d'insérer le diplôme que l'empereur Louis le Pieux a fait remettre en 818 à un des lointains successeurs du fondateur, l'abbé Matmonoc, pour lui donner l'ordre d'abandonner les usages monastiques celtiques au profit de la règle de saint Benoît.
  • Au Xe siècle, les moines de Landévennec fuient les invasions normandes avec les saintes reliques de Guénolé. Désirant passer en Angleterre, ils s'arrêtent à Montreuil, où le comte Helgaud de Montreuil les convainc de rester ; ils fondent alors, en 926, dans cette ville, un monastère qui devient l'abbaye Saint-Walloy[6] (le "Guénolé" des Montreuillois) et les reliques de saint Guénolé (saint Walloy) resteront à Montreuil jusqu'en 1793, date à laquelle, elles sont brûlées lors d'un autodafé révolutionnaire[7].

Lieux de culte et iconographie[modifier | modifier le code]

Il est honoré comme patron dans les paroisses où étaient situées des dépendances (souvent des prieurés) de l'abbaye de Landévennec (monastère qu'il bâtit[3]) : Concarneau, Île-de-Sein, Landrévarzec, Batz-sur-Mer, Trévou-Tréguignec, Locunolé, Locquénolé, Saint-Guénolé (en Penmarc'h), les trois derniers noms étant présents dans de nombreux lieux en Bretagne. À Plourac'h, une statue le représente en compagnie de sainte Barbe, dans la chapelle Saint Gwénolé, et le grand vitrail est consacré au saint et à Landévennec. Il est généralement représenté soit en simple moine, soit en abbé, mitré ou non, portant le livre de la règle monastique. À Collorec par exemple, une chapelle lui est consacrée, qui contient deux statues le représentant, l'une en abbé avec sa chape, sa couronne monastique, sa crosse et un livre ouvert[8], l'autre en simple moine sans sa crosse et avec un livre fermé.

L'exode des moines de l'abbaye de Landévennec lors des invasions normandes explique qu'il soit honoré ailleurs qu'en Bretagne occidentale. Il est également honoré à Prigny (la plus méridionale de la Bretagne historique, Les Moutiers-en-Retz) et Pierric, où la chapelle contient une statue du saint, mais aussi à Château-du-Loir (Sarthe), Auville-sur-le-Vey (Manche) ou Montreuil (Pas-de-Calais).

En Angleterre, on le retrouve à Exeter, Winchester et trois paroisses de Cornouailles britannique portent son nom : Landewednak, To Wednack, Gunwalloe. Sous le nom de "saint Winwaloe", il est honoré dans la Church Cove de Gunwalloe, village de la péninsule du Cap Lizard[9].

En iconographie, son attribut est généralement une oie (comme sur la statue de l'abbaye de Landévennec et celle de la fontaine de Saint-Frégant)[10]. Saint Guénolé se voit attribuer par la dévotion populaire des vertus de thaumaturge : il aide à la fécondité des femmes, il donne de la force aux enfants et les aide à marcher, il guérit les verrues, les maux de tête et les névralgies[11], mais était aussi invoqué si un temps pluvieux menaçait les récoltes[8].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Fête liturgique[modifier | modifier le code]

Guénolé est fêté le 3 mars, jour de sa mort, et le 28 avril, jour du transfert de ses reliques.

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

  • Gwenole apparaît dans la légende de la ville d'Ys (ou Is), et la littérature produite autour de cette légende ;
  • C'est le personnage central du Mister sant Gwenole ;
  • Il intervient dans le roman "Ar gêr villiget", de Yeun ar Gow.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Auguste Longnon, Noms de lieu de la France, leur origine, leur signification, leurs transformations, Paris, E. Champion,‎ 1923 (lire en ligne)
  2. F. Morvannou, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, vol. 81,‎ 1974 (lire en ligne), chap. 81-1, p. 25-42
  3. a et b Jacques Chabannes, Tous les Saints du calendrier, Librairie académique Perrin,‎ 1970
  4. « Histoires et légendes plouguinoises - Saint Guénolé - Histoire de Clervie », sur jean-jacques.lelez.pogesperso-orenge.fr
  5. Tad Marc Simon, Saint Guénolé et l’abbaye de Landevennec, Éditions J-P. Gisserot,‎ 1997
  6. Jacques Baudoin, Grand livre des saints : culte et iconographie en Occident, Éditions Créer,‎ 2006 (ISBN 978-2-84819-041-9, lire en ligne)
  7. R. Rodière, Les corps Saints de Montreuil,‎ 1901
  8. a et b « Saint Guénolé - Collorec », sur topic-topos.com
  9. « Saint Guénolé de Landevennec (saint Winwaloe) », sur stmaterne.blogspot.fr
  10. Jacques Baudoin 2006
  11. « Étymologie et histoire de Collorec », sur infobretagne.com

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Le Guillou, Guénolé ou le silence de l'Aulne, Éditions Dialogues,‎ 2013 ;
  • Michel Le Bourhis, Le Trésor de l'église de Locquénolé, Édition du Dossen,‎ 1988, 32 p. (ISBN 2 906 256 09 9).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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