Saint Cuthbert (Donjons & Dragons)

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Dans certaines version du jeu de rôle Donjons et Dragons, Saint Cuthbert du Gourdin est la divinité combattante de la Sagesse, du Dévouement et de la Ferveur. Créé à l'origine pour le décor de campagne de Faucongris, il devint plus tard membre du panthéon générique pour la 3e édition de Donjons & Dragons.

Création[modifier | modifier le code]

En 1972, lorsque Gary Gygax commença à tester le nouveau "jeu d'heroic-fantasy" dont lui et Dave Arneson finiraient par faire Donjons & Dragons, en utilisant les souterrains situés sous Castel Gryffalc, il ne disposait pas d'une religion organisée. Comme sa campane était largement bâtie autour des besoins de personnages de bas niveau, il n'avait pas pensé que des divinités spécifiques fussent nécessaires, car les interactions directes entre un dieu et un personnage de bas niveau étaient hautement improbable. Cependant, certains joueurs voulaient une divinité précise, de sorte que les personnages clercs puissent recevoir leurs pouvoirs de quelqu'un d'un peu moins ambigu que "les dieux". Gygax, en plaisantant, crea deux dieux: Saint Cuthbert (qui amenait les incrédules à son point de vue à grands coups de gourdin)[1] et Pholtus, dont les adorateurs fanatiques refusaient de croire à l'existence des autres dieux.

Histoire éditoriale[modifier | modifier le code]

La première mention officielle de Saint Cuthbert (orthographié "St. Cuthburt") se trouve dans le second numéro de Dragon, au Chapitre 2 de la nouvelle de Gary Gygax publiée en feuilleton The Gnome Cache[2].

Le nom de Saint Cuthbert fut inspiré par le véritable Saint Cuthbert de Lindisfarne (634-687). Il y a des subtiles allusions dans d'autres publications (dont une nouvelle dans Dragon n° 100) que Saint Cuthbert de Faucongris et Saint Cuthbert de Lindisfarne étaient conçus comme étant la même personne, ou du moins que le premier avait connaissance du second.

Règles Avancées de Donjons & Dragons 1ère édition (1977-1988)[modifier | modifier le code]

Les premières caractéristiques formelles de Saint Cuthbert pour le jeu de rôle Donjons & Dragons furent livrées dans "The Deities and Demigods of the World of Greyhawk" de Gary Gygax dans le n°67 de Dragon (1982), où son alignement était alors indiqué comme bon loyal (tendance neutre loyal)[3]. Saint Cuthbert fut par la suite détaillé dans le World of Greyhawk Fantasy Game Setting (1983)[4] et dans Greyhawk Adventures (1988)[5].

Un scénario paru dans Dragon n°100 (1985) impliquait la récupération de la "Masse de Cuthbert" dans le "monde réel" de la Terre, dans un musée de Londres. Selon ce scénario, Saint Cuthbert avait caché son arme favorite là de manière à la conserver en sécurité dans un monde où la magie n'existait pas et où, par conséquent, personne n'avait la moindre raison de soupçonner que cette arme médiévale puisse avoir quoi que ce soit de spécial[6].

Règles Avancées de Donjons & Dragons 2e édition (1989-1999)[modifier | modifier le code]

Saint Cuthbert est l'une des divinités décrites dans le supplément From the Ashes (1992), du monde de Faucongris[7], et apparaît également dans Greyhawk: L'aventure commence (1998)[8].

Son rôle dans la cosmologie du décor de campagne Planescape est précisé dans le supplément On Hallowed Ground (1996)[9]; dans le supplément Warriors of Heaven (1999), il est décrit comme l'une des déités bonnes que les célestes peuvent servir[10].

Donjons & Dragons, édition 3.0 (2000-2002)[modifier | modifier le code]

Saint Cuthbert est l'une des divinités décrites dans le Manuel des joueurs de cette nouvelle édition[11]. Le rôle de Saint Cuthbert dans le monde de Faucongris de la 3e édition est défini dans l'Atlas de Greyhawk[12]. Il y est décrit comme une divinité neutre loyale (bien que toujours intolérante envers le Mal) qui porte une attention particulière au châtiment et à la punition des péchés. Le châtiment était auparavant la sphère d'influence première du dieu Trithéréon, qui n'apparaît pas dans ce livre.

Saint Cuthbert est également détaillé dans le supplément Dieux et Demi-dieux[13].

Donjons & Dragons, édition 3.5 (2003-2007)[modifier | modifier le code]

Saint Cuthbert est présent dans l'édition révisée du Manuel des joueurs (2003)[14]. Son clergé est détaillé pour cette édition dans le Codex Divin (2004)[15].

Dans le n° 358 de Dragon(2007), l'article de Sean K Reynolds intitulé "Core Beliefs" a officiellement rendu à Saint Cuthbert son alignement bon loyal (tendance neutre loyal)[16].

Histoire fictive de Saint Cuthbert[modifier | modifier le code]

Saint Cuthbert qui, selon les rumeurs a autrefois été un homme mortel, est une divinité intermédiaire. Son alignement a parfois été interprété comme neutre loyal (tendances bon loyal), parfois comme bon loyal (tendances neutre loyal). Saint Cuthbert déteste le Mal, mais il se préoccupe surtout de la Loi et de l'Ordre, de la conversion des non-informés et d’empêcher l'apostat des croyants.

Relations[modifier | modifier le code]

Saint Cuthbert est l'ennemi de nombreuses divinités maléfiques, dont Iuz et Vecna. Il est également dans une intense rivalité avec Pholtus, dieu tout aussi intolérant quoique tendant vers le Bien. Saint Cuthbert est un allié indéfectible de Rao et, dans une moindre mesure, de Delleb, Héronéus et Pélor. Ses adorateur s'entendent bien avec ceux de Lendys.

Royaume[modifier | modifier le code]

Lorsqu'ils se débarrassent de leurs dépouilles mortelles, ceux qui au cours de leur vie ont vénéré Saint Cuthbert vont dans son royaume divin, qui a pour nom la Basilique de Saint Cuthbert ou le Bastion de la Loi. Ce royaume se trouve en Arcadie. Là, les âmes se comportent comme des observateurs silencieux, tandis que le saint prononce ses jugements depuis son Trône de Vérité. Saint Cuthbert quitte rarement son plan à moins d'y être appelé par quelque devoir impératif.

Écrits religieux[modifier | modifier le code]

  • Saint Cuthbert et le Bon Sens. Ce petit livre, d'environ trente pages, utilise un langage simple pour expliquer les principes de la foi de Saint Cuthbert. Une certaine interprétation personnelle est admise, mais l'essentiel (obéir à la loi, faire preuve de bonté et de bon sens) reste le même. On conseille à ceux qui n'arrivent pas à se montrer à la hauteur des vertus cardinales de se tourner vers leur communauté pour y trouver conseil et soutien, et pour prier Saint Cuthbert de dissiper leur confusion. Des copies de Saint Cuthbert et le Bon Sens sont généralement transcrites à la main dans des caractères faciles à lire, parfois accompagnés de dessins simples; des enluminures dorées et une calligraphie sophistiquée ne seraient pas en harmonie avec l'esthétique cuthbertienne[16].
  • Contes d'un vulgaire idiot. Ce livre est une infâme hérésie aux yeux des Cuthbertiens, en particulier ceux de l’Ordre des Étoiles, qui tentent d'en détruire jusqu'au dernier exemplaire. L'ouvrage prend la parabole cuthbertienne traditionnelle du Sage Fou et la déforme de telle sorte qu'au lieu de venir à bout de ses problèmes grâce au bon sens, ce personnage se vautre dans le larcin et la luxure. Les non-cuthbertiens n'y voient qu'une parodie humoristique des sermons collé-monté des Cuthbertiens, mais l’Église désapprouve. Une petite minorité de fidèles prennent à la lettre les Contes d'un vulgaire idiot et incorporent ses "conseils" à leur façon de vire et c'est précisément le genre de comportement que l'Ordre des Étoiles tente d'éradiquer[16].

Culte[modifier | modifier le code]

Les Cuthbertiens (c'est-à-dire les adorateurs de Saint Cuthbert) sont très répandus dans la Flannesse centrale. Le Saint a des temples à Dyves, en Furyondie, dans la Grande-Marche, la Cité-Franche de Faucongris, en Kéolande, en Pérennelande, en Pavoisie, à Taine, dans la Principauté d'Ulek, le Comté d'Urnst, le Duché d'Urnst, à Véluna et à Verbobonc. Il arrive parfois que ces temples soient de grandes cathédrales, mais le plus souvent ce sont des autels au bord des routes ou de petites chapelles rustiques.

Sur les autres plans, Saint Cuthbert est le dieu préféré de la faction Harmonium, qui apprécie sa nature sans compromis. Le chef actuel de cette faction, Foi, est un clerc de Saint Cuthbert.

Clergé[modifier | modifier le code]

Le clergé de Saint Cuthbert est divisé en trois ordres majeurs.

  • Les Bérets, dont le symbole est un béret froissé, cherchent à convertir les autres à leur foi. Il y a parmi eux autant de personnes bonnes loyales que neutres loyales. Les paladins de Saint Cuthbert, appelés Fervents ou Communiants, occupent une position honoraire au sein de l'Ordre des Bérets. Leur rôle ne se borne pas à convertir les autres, but mais à combattre concrètement les ennemis du culte.
  • Les Étoiles, dont le symbole est une étoile radiante, cherchent à faire respecter la pureté doctrinale parmi ceux qui sont déjà dévoués au Saint. La plupart d'entre eux sont neutres loyaux et ils n'hésitent pas à utiliser la magie pour lire dans les esprits afin de s'assurer que même les pensées intimes de leurs ouailles sont pures.
  • Les Gourdins sont les plus nombreux des clercs de Saint Cuthbert. La plupart sont bons loyaux et leur symbole est un gourdin de bois. Ils cherchent à pourvoir aux besoins des fidèles et à les protéger, et sont bien aimés du petit peuple. Les Bérets entrent souvent en conflit avec les Gourdins, parce que les premiers cherchent à convertir de nouveaux croyants, tandis que les seconds se concentrent sur les besoins des convertis qu'ils ont déjà.

Ordres mineurs[modifier | modifier le code]

Il existe également quelques ordres mineurs de Saint Cuthbert, moins connus.

  • L'Ordre de la Croix-Rose Veritas, ou Ordre de la Croix Rose de la Vérité, fut fondé en 587 (AC), après la Grande Guerre. Il fut créé par Ormus, un ancien prêtre de Rao qui venait juste de se convertir à la foi cuthbertienne. Lorsqu'Ormus découvrit qu'un seigneur de guerre maléfique avait été corrompu par un diable déguisé, il fonda le nouvel ordre dans le but de pourchasser les autres fiélons vivants dissimulés parmi les mortels. l'Ordre compte trois branches: La Croix Verte, La Croix Blanche et La Croix Bleue.
  • La Confrérie de l'Esprit Sacré se consacre à délivrer le monde des psioniques maléfiques. Il fut fondé en 561 AC par un clerc de Saint Cuthbert nommé Sire Jérémie Costineux, après que son village natal fut réduit en esclavage par les illithids. Cette confrérie est plutôt un ordre de chevalerie qu'un ordre religieux à strictement parler et les personnages de presque toutes les classes peuvent en faire partie.

Temples[modifier | modifier le code]

Les temples de Saint Cuthbert sont parfois de grandes cathédrales, mais le plus souvent ce sont des autels au bord des routes ou de petites chapelles rustiques.

Le monastère fortifié de Saint Cuthbert dans le canton de Clatspurgen, Pérennelande fut le centre de la résistance à la tyrannie d'Iggwilv entre 481 et 491 AC et protège la vallée par laquelle la Velverdyve quitte le pays[12].

Jours saints[modifier | modifier le code]

  • Jour de la Saint Cuthbert. Célébré le 4 Regain, le jour de la Saint Cuthbert est la fête liturgique principale de l’Église de Saint Cuthbert. Il comprend le rassemblement des locaux et des pèlerins aux portes de la cité à l'aube et un défilé accompagné de cantiques le long d'une artère majeure jusqu'au temple ou à l'autel local. Les enfants essayent de frapper tous ceux qu'ils peuvent toucher avec des badines, une coutume connue sous le nom de "nettoyage". Arrivés à destination, un clerc expose une réplique de la Masse de Cuthbert et les participants s'attablent pour un grand festin qui dure de midi à la tombée de la nuit, puis se rassemblent autour d'un feu de joie du crépuscule à minuit ce qui, pensent les fidèles, éloigne les malédictions et la mauvaise fortune[16].
  • Jour de l'Aumône du Pain. Il s'agit là d'une coutume récente qui a vu le jour après la Grande Guerre et qui était à l'origine un acte de charité destiné aux réfugiés. Par la suite, c'est devenu un jour dédié à la nourriture des pauvres en général. Les Cuthbertiens saisissent cette occasion pour prêcher et convertir de nouveaux fidèles, tout en assurant la sécurité des opérations. Les cultes de Pélor et Rao y participent également[16].

Artefacts et reliques[modifier | modifier le code]

Saint Cuthbert porte un puissant artefact nommé la "Masse de Cuthbert". Les autres objets magiques associés à Saint Cuthbert sont le gourdin qui n'oublie jamais et le tabard de la grande croisade.

Mythes et légendes[modifier | modifier le code]

  • Le Saint parmi nous. C'est l'une des histoires sur les origines de Saint Cuthbert comme berger mortel vivait il y a longtemps un vie simple, irréprochable et charitable. Il fut récompensé par les Dieux en étant amené sur Tærre où il parcourut le monde comme un saint homme qui enseignait aux méchants la vanité de leurs façon de vivre. Il finit par devenir un dieu; la légende a pour ambition de guider les autres par la vertu de l'exemple[16].
  • Paraboles du Sage Fou. Les histoires orthodoxes dont les Contes d'un vulgaire idiot ne sont qu'une parodie, parlent d'agriculture, d'élevage, d'artisanat, des bêtes sauvages qu'il faut repousser, de combat et autres activités triviales. Le protagoniste, le Sage Fou, est habituellement dépeint comme un portrait de Saint Cuthbert, un homme jeune ou dans la force de l'âge avec un béret froissé, qui vient à bout d'antagonistes bien intentionnés mais suffisants à l'aide du simple bon sens. Nombres des proverbes courants en usage chez les Cuthbertiens sont attribués au Sage Fou. Ces livres sont souvent illustrés et des peintures simples représentants le Sage Fou sont fréquentes dans les chapelles rurales[16].
  • Le garçon qui criait au loup. Ce conte, peut-être importée par Saint Cuthbert lui-même d'un autre monde, raconte l'histoire d'un berger qui raconte des mensonges à propos d'attaques de loup et que par conséquent, on ne croit pas lorsqu'un loup attaque réellement. Une variation de cette histoire s'appelle "Le garçon qui criait à l'orque"[16].

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gygax: "St. Cuthbert était plus une plaisanterie qu'autre chose. Imaginez un prêche qui consisterait à marteler du bon sens jusqu'à le faire rentrer dans la tête de quelqu'un à coup de gourdin."(en) « Gary Gygax: Q & A (Part XII, Page 4) », EN World,‎ 2006-08-23 (consulté le 2009-03-15)
  2. Gary Gygax, « The Gnome Cache », The Dragon, no 2,‎ August 1976, p. 6–7
  3. Gygax, Gary. "The Deities and Demigods of the World of Greyhawk." Dragon #67 (TSR, 1982)
  4. Gary Gygax - World of Greyhawk Fantasy Game Setting (TSR, 1983)
  5. Ward, James M.- Greyhawk Adventures (TSR)
  6. Schroeck, Robert - "The City Beyond the Gate", in Dragon n°100 (TSR, 1985)
  7. Sargent, Carl - From the Ashes (TSR, 1992)
  8. Moore, Roger E - Greyhawk: L'aventure commence (TSR, 1998)
  9. McComb, Colin - On Hallowed Ground (TSR, 1996)
  10. Perkins, Christopher - Warriors of Heaven (TSR, 1999)
  11. Tweet, Jonathan, Cook, Monte, Williams, Skip. Manuel des joueurs (Wizards of the Coast, 2000)
  12. a et b Holian, Gary, Erik Mona, Sean K Reynolds et Frederick Weining - Atlas de Greyhawk (Wizards of the Coast, 2000; Spellbooks, 2002)
  13. Redman, Rich, Skip Williams et James Wyatt. Deities and Demigods (Wizards of the Coast, 2002; Spellbooks pour la traduction française)
  14. Tweet, Jonathan, Cook, Monte, Williams, Skip. Manuel des joueurs (Spellbooks, 2003)
  15. Noonan, David. Codex Divin (Spellbooks, 2004)
  16. a, b, c, d, e, f, g et h Reynolds, Sean K. "Core Beliefs: Saint Cuthbert". Dragon #358. (Paizo Publishing, 2007)