Saint-chinian (AOC)

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Saint-chinian
Saint-Chinian-Vue ensemble-01.jpg
Le vignoble de Saint-Chinian.
Désignation(s) Saint-chinian
Appellation(s) principale(s) saint-chinian
Type d'appellation(s) AOC-AOP
Reconnue depuis 1982
Pays Drapeau de la France France
Région parente Languedoc-Roussillon
Sous-région(s) coteaux du Languedoc
Localisation Hérault
Climat tempéré méditerranéen
Sol schistes et cailloux calcaires
Superficie plantée 3 261 hectares en 2009[1]
Cépages dominants grenache N, syrah N, mourvèdre N et carignan N[2]
Vins produits 99 % rouges et rosés, 1 % blancs
Production 138 218 hectolitres en 2009[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 pieds par hectare
Rendement moyen à l'hectare maximum 45 à 54 hectolitres par hectare en rouge et blanc,
40 à 50 hectolitres par hectare pour les dénominations Berlou et Roquebrun,
50 à 60 hectolitres par hectare en rosé[3]

Le saint-chinian[4] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit autour de Saint-Chinian, dans l'Hérault. Il s'agit d'une des appellations du vignoble du Languedoc-Roussillon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

On considère que le vignoble languedocien est l'un des plus anciens de France après celui de la Provence car la vigne y est cultivée depuis l'Antiquité. Le vignoble se développe lors de la présence romaine, notamment lors de l'aménagement de la via Domitia. Les vins produits alors sont exportés, dans des amphores, dans tout le bassin méditerranéen et sont très appréciés à Rome. Ils sont mentionnés par Cicéron ou Pline le Jeune dans leurs récits.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Durant le Moyen Âge, ce sont les moines qui sauvent une partie du vignoble. Le vin est alors produit par des abbayes ou des monastères. Vers le VIIIe siècle, des moines bénédictins développent la vigne dans la vallée du Vernazobres, un affluent de l'Orb, à proximité de Saint-Chinian.

Période moderne[modifier | modifier le code]

Le vignoble languedocien connaît un nouvel essor lors de l'ouverture du canal du Midi à la fin du XVIIe siècle. Le vin commence ainsi à être exporté vers le nord de la France et le reste de l'Europe. Dans la région de Saint-Chinian, le déclin des petites industries textiles va favoriser la viticulture. Les capitaux sont transférés sur cette activité, la main d'œuvre aussi.

Au XIXe siècle, c'est l'apogée du vignoble du Languedoc, appelé alors « vignoble du Midi ». Grâce au développement du transport ferroviaire et la construction de la gare de Béziers en 1857, le vin de l'Hérault est rapidement expédié en gros volume (en wagon-foudre) vers le nord de la France et le reste de l'Europe, où la consommation de vin se généralise. De grands domaines « pinardiers », souvent agrémentés de superbes châteaux viticoles appelés « folies », se constituent dans la plaine, produisant avec de très importants rendements du vin rouge de basse qualité (le « kil de rouge », vendu au poids[5]). Béziers se targue d'être la « capitale mondiale du vin ». On prête de nombreuses vertus hygiéniques au vin, notamment Louis Pasteur : « le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ».

Cette production de masse concerne principalement la plaine, les vignobles des coteaux sont peu à peu abandonnés car moins rentables (la plaine est fertile, facile à irriguer, proche des moyens de transport) ; l'arrivée de l'oïdium, du phylloxera et du mildiou achève ce processus, car on ne replante que les parcelles rentables.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, et surtout à partir des années 1970, le vignoble du Languedoc est régulièrement marqué par des crises de surproduction, causées par la baisse de la consommation du vin en France. Il faut donc changer de politique viticole : la qualité doit être améliorée et la quantité diminuée. On baisse les rendements, on commence à replanter sur les coteaux et on introduit des cépages « améliorateurs » empruntés aux autres vignobles français, notamment la syrah.

En 1951 : le vignoble de Saint-Chinian devient vin délimité de qualité supérieure (VDQS).

En 1982 : le vignoble est classé en appellation d'origine contrôlée, l'AOC saint-chinian, par le décret du . La candidature à l'appellation a été soutenue par Raoul Bayou, député de l'Hérault, ancien maire de Cessenon. Au tournant des années 2000, le vignoble languedocien traverse encore une fois une grave crise viticole : surproduction, mévente, concurrence avec les vins du Nouveau Monde et de l'hémisphère Sud sur le marché international. De nombreux viticulteurs coopérateurs se retrouvent en grande difficulté financière et réclament des aides de l'État ou de l'Union européenne. Nombreuses manifestations (parfois violentes) dans la région, avec le soutien plus ou moins affiché des élus locaux, souvent issus de communes viticoles. Certains vignerons sont contraints à l'arrachage de leurs vignes.

En 2004, l'INAO reconnaît l'existence de deux dénominations géographiques : le saint-chinian Berlou et le saint-chinian Roquebrun. C'est aussi l'année de la reconnaissance au sein de l'appellation du saint-chinian blanc.

Étymologie[modifier | modifier le code]

La forme la plus ancienne est monasterium S. Aniani, attestée dès 826. Elle dérive ensuite en occitan en Sanch Inhan puis avec mécoupure en San Chinian. Ce toponyme reprend le nom de Anianus, évêque d'Orléans au Ve siècle. À la mi-juin 451, les Huns ayant assiégé Orléans, l’évêque Anianus (Aignan), originaire de la vallée du Rhône, leur opposa une farouche résistance. Sa tactique était de faire passer une procession sur le chemin de ronde des fortifications. Au troisième assaut, le 23 juin, Ætius et ses légions arrivèrent et firent déguerpir les assaillants. En souvenir de cet exploit trente-deux communes françaises prirent le nom de Saint-Aignan[6].

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le vignoble de Saint-Chinian est situé au pied des confins du Massif central, le massif de l'Espinouse, dans l'ouest du département de l'Hérault, entre Béziers et Saint-Pons-de-Thomières. Il est exposé vers la mer Méditerranée. Au nord, il est limité par la garrigue. Au sud, il se prolonge par la plaine viticole biterroise.

Il est traversé par l'Orb, fleuve héraultais, et deux affluents, le Vernazobres, qui arrose Saint-Chinian, et le Lirou, qui arrose Puisserguier.

Géologie et orographie[modifier | modifier le code]

Le terroir de l'AOC saint-chinian est scindé en deux parties distinctes. Au nord de l'appellation, le sol est composé de schistes, comme dans le vignoble de Faugères. Les vins produits sur les schistes sont de robe profonde, très expressifs en bouche, fruités et peu acides. Ce sont des vins qui rappellent les parfums de la garrigue. Ils sont de conservation assez longue. Au sud de l'appellation, au-delà du village de Saint-Chinian, les sols sont argilo-calcaires. Le terroir est plus calcaire encore vers les villages d'Assignan et Villespassans, tandis que les marnes argilo-calcaires dominent vers Cazedarnes, Puisserguier, Creissan et Quarante. Les vins produits sur ce type de sol sont moins corsés, plus légers.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Le climat de ce terroir viticole est typiquement méditerranéen. Il se caractérise par des hivers doux, des étés chauds et secs et des précipitations rares et concentrées notamment en automne de septembre à décembre (les précipitations annuelles sont proches de 800 mm). Au contraire, l'été est souvent très sec, voire aride dans l'arrière pays des garrigues, avec seulement quelques précipitations en août liées aux orages. Les vents dominants sont la tramontane, vent sec et froid qui chasse les nuages, et le marin, vent humide qui au contraire amène les nuages. Il peut parfois être très violent.

Le taux d'ensoleillement journalier moyen est de 7 h 22, largement supérieur à la moyenne française de 4 h 46[7]. En outre, relativement "protégée" du Mistral et de la Tramontane par l'avancée des reliefs cévenols, Montpellier est la ville la moins ventée du golfe du Lion. De plus, la proximité de la mer favorise l'installation de la brise marine qui tempère les excès thermiques en été.

La température annuelle moyenne est de 14,2 °C, supérieure à la moyenne nationale de 12,2 °C[8].

Le tableau ci-dessous indique les températures et les précipitations pour l'année 2007 :

Mois J F M A M J J A S O N D Année
Températures moyennes maximales (°C) 11 11 14 16 20 25 26 26 23 19 14 12 17,6
Températures moyennes minimales (°C) 7 7 10 11 14 19 20 21 18 15 10 8 13,3
Températures moyennes (°C) 9 9 12 13,5 17 22 23 23,5 21,5 17 12 10 15,6
Précipitations (hauteur moyenne en mm) 60 105 10 15 90 0 3 10 29 144 21 72 659
Source: MSN météo[9]

Vignoble[modifier | modifier le code]

Le vignoble est situé dans le département de l'Hérault, à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Béziers.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le vignoble s'étend sur les communes de : Assignan, Babeau-Bouldoux Berlou, Causses-et-Veyran, Cazedarnes, Cébazan, Cessenon-sur-Orb, Creissan, Cruzy, Ferrières-Poussarou, Murviel-lès-Béziers, Pierrerue, Prades-sur-Vernazobre, Puisserguier, Quarante, Roquebrun, Saint-Chinian, Saint-Nazaire-de-Ladarez, Vieussan et Villespassans.

Encépagement[modifier | modifier le code]

Les cépages du Saint-Chinian : carignan, cinsault, grenache, lledoner pelut, mourvèdre et syrah. La syrah (cépage dit améliorateur), mourvèdre et grenache représentent approximativement 70 % de l'encépagement du terroir.

Le carignan rentre dans la composition de vins rouges, alors que le cinsault est plus adapté à la confection de vins rosés fruités. Certains vignerons proposent des vins 100 % carignan, mais en « vins de table » car ces produits, non assemblés, ne peuvent être commercialisés sous l'appellation AOC saint-chinian.

Méthodes culturales[modifier | modifier le code]

Les vignes ont été « montées sur fil de fer » et palissées surtout dans la partie méridionale du vignoble alors que les « vignes en gobelets » sont majoritaires sur les coteaux de la partie septentrionale du vignoble.

Vinification et élevage[modifier | modifier le code]

Foudre du château Coujan à Murviel-les-Béziers

Terroir et vins[modifier | modifier le code]

Structure des exploitations[modifier | modifier le code]

Producteurs[modifier | modifier le code]

Caves coopératives 
(les caves coopératives représentent 70 % du volume de vin produit)
  • Berlou : les Coteaux du Rieu Berlou.
  • Cazedarnes : SCA les Vignerons du Pays d'Ensérune.
  • Cébazan : Union des Caves Coopératives du Secteur de Saint-Chinian.
  • Cessenon : cave coopérative.
  • Creissan : cave de Creissan-Quarante.
  • Cruzy : Les Vignerons de Cruzy.
  • Murviel-lès-Béziers : Les Coteaux du Rieutort.
  • Puisserguier : SCA les Vignerons du Pays d'Ensérune.
  • Quarante : cave coopérative (associée à celle de Creissan)
  • Roquebrun : cave coopérative de Roquebrun.
  • Saint-Chinian : cave des vignerons de Saint-Chinian.
Vignerons indépendants 
Cave du château Coujan

• Domaine de la Femme Allongée,Jean-Paul GRACIA à Villespassans

  • Domaine Grasset-Rives, Vincent Grasset, Elvos, Prades-sur-Vernazobre.
  • Domaine des Pradels, Château Quartironi de Sars, chez Roger Quartironi, Le Priou, Combejean, à Pierrerue.
  • Domaine du Tabatau, Bruno Gracia, à Assignan.
  • Domaine Rimbert, Jean-Marie Rimbert, cuvées Mas au Schistes, Carignator 1er, à Berlou.
  • Fontaine-Marcousse, Luc Robert, cuvées Capelou, Vitorey, Quercus, à Puisserguier.
  • Milhau-Lacugue, cuvée des Truffières, à Puisserguier.
  • Château Creissan, Bernard Réveillas à Creissan.
  • Michel et Pompilia Guiraud, Boissezon, commune de Roquebrun.
  • Domaine La Madura à Saint-Chinian.
  • Domaine Deslines, de Line Cauquil, à Babeau-Bouldoux.
  • Château Viranel, Gérard Bergasse, à Cessenon-sur-Orb.
  • Domaine du Gabélas, Pierrette Cravero, à Cruzy.
  • Château Coujan, Florence Guy, Murviel-lès-Béziers.
  • Domaine Siméoni, Franck Siméoni, Prades-sur-Vernazobres.
  • Domaine des Quat'Z'Arts, Philippe Delhaye, Quarante.
  • Domaine des Bordes, de Philippe Bordes, à Tudéry, commune de Saint-Chinian.
  • Domaine La Linquière, Robert Salvestre et Fils, à Saint-Chinian.
  • Domaine Canet-Valette, Sophie et Marc Valette, à Cessenon-sur-Orb.
  • Château Maurel Fonsalade, Philippe et Thérèse Maurel, à Causses et Veyran.
  • Domaine des Tourterelles, Roseline et Jean Claude Petit, à Prades sur Vernazobre
  • Domaine des Jougla, Alain Jougla, à Prades-sur-Vernazobres.
  • Domaine Pech de Lune, Kevan Russell, à Villespassans.

(liste à compléter)

Type de vins et gastronomie[modifier | modifier le code]

Commercialisation[modifier | modifier le code]

En volume, le vignoble de Saint-Chinian est le quatrième du Languedoc (derrière les appellations corbières, languedoc et minervois).

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le Guide Hachette des vins 2011, éditions Hachette, Paris, 2010. (ISBN 978-2-01-237681-6)
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. Décret du 28 octobre 2009.
  4. Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  5. Le Petit Larousse 2008, éd. Larousse, Paris (ISBN 978-2-03-582503-2), p. 569.
  6. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, p. 1902.
  7. La population et la géographie de Montpellier - Portail Ville de Montpellier
  8. La population et la géographie de Montpellier - Portail Ville de Montpellier
  9. MSN météo Température mensuelle moyenne à Béziers (Languedoc).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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