Saint-Thibault (Côte-d'Or)

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Saint-Thibault
L'église Saint-Thibault.
L'église Saint-Thibault.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Côte-d'Or
Arrondissement Arrondissement de Montbard
Canton Canton de Vitteaux
Intercommunalité Communauté de communes du Canton de Vitteaux
Maire
Mandat
Raymond Léchenault
2014-2020
Code postal 21350
Code commune 21576
Démographie
Population
municipale
164 hab. (2011)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 22′ 26″ N 4° 28′ 23″ E / 47.3738888889, 4.4730555555647° 22′ 26″ Nord 4° 28′ 23″ Est / 47.3738888889, 4.47305555556  
Altitude Min. 328 m – Max. 450 m
Superficie 12,35 km2
Localisation

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Saint-Thibault

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Saint-Thibault

Saint-Thibault est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne. Les habitants sont appelés les Théobaldiens.

Géographie[modifier | modifier le code]

Petit village de la Côte-d'Or dans la région de Bourgogne, Saint-Thibault fait partie du canton de Vitteaux.

Située à 366 mètres d'altitude et voisine des communes de Beurizot et de Normier, 153 habitants résident sur la commune de Saint-Thibault sur une superficie de 12,4 km² (soit 12,0 hab./km²).

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Clamerey Velogny Marcilly-et-Dracy Rose des vents
N Vitteaux
O    Saint-Thibault    E
S
Normier Thorey-sous-Charny Beurizot

Accès (routes, transports en commun)[modifier | modifier le code]

Saint-Thibault se trouve à peu près à mi-chemin entre Semur-en-Auxois et Pouilly-en-Auxois. L'autoroute A6, qui passe juste à côté de Pouilly, et l'A38, barreau reliant Dijon à l'A6, font que Saint-Thibault est facilement accessible par la route. La plus grande ville à proximité de Saint-Thibault est la ville de Dijon située à 50 km au sud-est. La rivière l'Armançon est le principal cours d'eau qui traverse le village de Saint-Thibault, que traverse aussi le canal de Bourgogne (se balader sur la Véloroute du canal de Bourgogne est très agréable). Saint-Thibault est également proche du Parc naturel régional du Morvan (environ 12 km) et du récent MuséoParc Alésia.

Le village est desservi quotidiennement (5 allers et retours) par la ligne de bus départementale Transco n°73 Montbard - Pouilly-en-Auxois ( Transports en commun du Conseil général de Côte d'Or  : http://www.transdevpaysdor.fr/paysdor/uploads/File/Horaire%20rentr%C3%A9%202014%20LR%2070%20%2071%20%2073/LR73%20%20%20A%20partir%20du%2006%20Juillet2014.pdf ) en correspondance avec les horaires TGV Paris - Montbard (Saint-Thibault se trouve ainsi à guère plus de 2 h de Paris) et les TER Bourgogne pour se rendre à Dijon.

Histoire[modifier | modifier le code]

Créé à la fin du XIe siècle et dédié à Notre Dame, le prieuré de Saint-Thibault naît de l'abbaye bénédictine Saint-Rigaud, de type érémitique, sise dans le Brionnais. Celle-ci, par la médiation de l'évêque d'Autun, Aganon de Mont Saint Jean, venait d'être fondée, en 1071, sur un ermitage déjà existant, par une bulle du cardinal Pierre Damien au nom du pape Alexandre II, deux partisans actifs de la réforme grégorienne. Les partenaires laïcs en furent les seigneurs locaux de la famille des Bosonides, très présents dans la région (abbaye de Charlieu). Fondation confirmée quelques années plus tard par Grégoire VII, le grand réformateur de l’Église du XIe siècle. En 1251 Innocent IV assouplit la règle de l'abbaye érémitique.

Le plus ancien texte conservé concernant le prieuré de l'Auxois date de 1249. On ne sait rien de précis sur la translation dans cet Auxois giboyeux du XIIIe siècle, des reliques de Thibaut de Provins, jeune saint de Haute-Bourgogne Champenoise, ni à quelle date exacte elles arrivèrent là (deux côtes) ni par qui elles furent apportées pour honorer le petit prieuré de Fontaine, près Saint-Beury, et faire démarrer un pèlerinage d'envergure par l'intermédiaire de ce guérisseur thaumaturge d'origine champenoise, très célèbre à l'époque, à l'instar des Blaise de Sébaste, Gilles l'Ermite et Beury le Saint, chantés par les trouvères et ménestrels. Ce sont les éléments du décor de l’extraordinaire église prieurale Notre-Dame de Saint-Thibault qui permettent de supposer que la dédicace de celle-ci fut adressée à ce damoiseau de la famille de Champagne, pèlerin de Compostelle, ermite, jeune prêtre, jeune moine camaldule la dernière année de sa vie (1066), canonisé en 1073 par le pape Alexandre II à la demande du cardinal Pierre Damien et le peuple, ces deux hommes contemporains de Thibaut, dont ils connaissaient l'apostolat à l'ermitage de Vicence (Italie). Et, au même moment, le bourguignon Hugues de Semur-en-Brionnais, l'abbé de Cluny, pouvait jeter un regard amusé sur cette jeune abbaye Saint-Rigaud, sa voisine toute fraîche émoulue, comme sur ce minuscule prieuré de Fontaine près Saint-Beury, chez les comtes de Thil, qui venait de naître au-delà d'Autun, en Auxois, et dont il ne pouvait prévoir, ni même se figurer, le singulier destin qui allait être le sien.

Ont été conservés des legs faits au prieuré. En 1257, Hugues de Quincy, vicomte de Tonnerre, fait un legs de 40 sous, en 1263, Jean de La Roche-en-Brenil promet 100 sous, puis un autre membre de sa famille fait un don de 5 sous par an. En 1298, c'est le duc de Bourgogne, Robert II, qui prévoit un legs de 100 livres. Guillaume de Bourgogne-Montagu lègue 60 sous viennois en 1299. Puis en 1323, la duchesse Agnès de France prévoit de donner 100 sous dijonnais.

La seigneurie de Fontaine-Saint Thibault appartenait à une branche de la maison de Thil, mais en 1270, Hugues de Thil l'engage pour 1000 livres au duc de Bourgogne alors régnant Hugues IV (1218-1272), sûrement l'initiateur du mouvement pèlerin à saint Thibault avec son épouse Béatrice de Champagne, fille de Thibaut le Chansonnier, comte de Champagne et roi de Navarre. Les ducs en resteront les seigneurs jusqu'en 1310. C'est surtout la noblesse locale qui participa à sa construction après les ducs de Bourgogne. On a d'autres documents mentionnant des dons de la famille ducale en 1345, 1372, 1375.

Le prieuré bénéficie donc à l'origine du soutien des puissants seigneurs de Thil et connaît, à partir du XIIIe siècle, une réelle importance avec l'arrivée de reliques de saint Thibaut de Provins, qui en font le lieu d'un pèlerinage réputé, remarquablement enjolivé et développé par l'architecture, la sculpture et la peinture de l'église prieurale à partir de 1272 par le duc de Bourgogne Robert II (1272-1306), fils d'Hugues IV, son épouse Agnès fille de Saint Louis et leur descendance directe.

Ces différentes dates permettent de préciser les campagnes de construction du bâtiment tel qu'il subsiste :

  • bras nord du transept, vers 1200,
  • portail nord, vers 1260,
  • chapelle Saint-Gilles sur le bras nord du transept, vers 1290,
  • chœur, au début du XIVe siècle,
  • prolongement d'une travée droite de la chapelle Saint-Gilles vers le transept et les voûtes du chœur, au XVe siècle,
  • reconstruction de la nef et du clocher au XVIIIe siècle.

Son essor décline au XIVe siècle, du fait des difficultés financières de l'abbaye mère et des troubles de la guerre de Cent Ans. Au XVe siècle, il n'y a aucune trace de donation. Puis, à partir de 1540, le prieuré est déserté et l'église sert pour le service paroissial.

La décadence s'accélère avec l'instauration de la commende au XVIe siècle. En 1616, des réparations sont nécessaires. Des réparations sont faites en 1682. Puis un orage détruit la charpente et les vitraux du chœur en 1701. En 1712, une partie de la nef s'écroule ne laissant couverts que le chœur et le sanctuaire. En 1723, on commence à entreprendre la restauration de l'église sous la direction de Charles Élie Le Jolivet, architecte et voyer de Dijon, grâce aux résultats d'une loterie. Un incendie se déclare en 1728, l'effondrement d'une autre partie de la nef en 1734. Finalement, en 1736, le clocher s'effondre. Jolivet propose alors de démolir le prieuré et d'en reconstruire un nouveau. C'est le prieur de l'époque, Charles-François Piget, qui refuse de démolir et souhaite garder les anciennes parties subsistantes. Un autre architecte est alors choisi : Jean-Baptiste Caristie, de Saulieu. Le devis des travaux est présenté en 1748 à l'intendant de Bourgogne qui l'accepte en 1750. Le premier acompte est payé en 1752. Il conserve le chœur, la chapelle Saint-Gilles sur le bras nord du transept, le portail et reconstruit la nef et le clocher.

Entre 1790 et 1794, la commune a absorbé celle voisine de Maisons-aux-Moines[1]La commune porta, au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), le nom de Fontaine-sur-Armançon[1] tandis que celle de Maisons-aux-Moines porta celui de Maison-Montagne[2].

Remarqué par Prosper Mérimée, le prieuré fait l'objet d'une restauration en 1844 par Eugène Viollet-le-Duc. Les travaux sont faits entre 1848 et 1850.

Une nouvelle restauration de l'église est en cours depuis 2010 sur l'extérieur du chœur. La toiture est également refaite et les murs sont nettoyés.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1959 1971 Louis Dornand   retraité
1971 1983 Henri Léchenault   retraité
1983 1995 Marcel Herblot   retraité
1995 2008 Michelle Laibe   retraitée
2008 En cours Raymond Léchenault   retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 164 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1846 1851 1856
483 477 520 573 517 483 501 534 477
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
403 440 420 411 395 404 428 407 412
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
414 385 312 295 292 252 236 209 188
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011
181 161 144 142 138 143 141 159 164
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Prieuré de Saint-Thibault, dont il subsiste l'église classée Monument historique en 1840[5].
  • Retable d'autel sculpté en pierre polychromée (encadrement en bois juxtaposé au dessus de la scène de Crucifixion), chef-d’œuvre du XIVe, représentant les principales étapes de la vie très brève du jeune guérisseur Thibault.

Galerie[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Saint-Thibault », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 1er août 2012)
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Maisons-aux-Moines », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 1er août 2012)
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  5. « L'église Saint-Thibault », base Mérimée, ministère français de la Culture


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]