Saint-Sylvestre (Haute-Vienne)

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Saint-Sylvestre
L'église
L'église
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Limousin
Département Haute-Vienne
Arrondissement Limoges
Canton Ambazac
Intercommunalité Communauté de communes des Monts d'Ambazac et Val de Taurion
Maire
Mandat
Béatrice Couloumy
2014-2020
Code postal 87240
Code commune 87183
Démographie
Population
municipale
917 hab. (2011)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 59′ 48″ N 1° 22′ 40″ E / 45.9967, 1.3778 ()45° 59′ 48″ Nord 1° 22′ 40″ Est / 45.9967, 1.3778 ()  
Altitude Min. 379 m – Max. 651 m
Superficie 30,91 km2
Localisation

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Saint-Sylvestre

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Saint-Sylvestre

Saint-Sylvestre (Sint Sauvéstre en occitan) est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne en région Limousin.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation de la commune de Saint-Sylvestre en Haute-Vienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

L’occupation néolithique du sol pour Saint-Sylvestre est peu connue. Il faut se tourner vers les environs. Le mégalithisme – 3500, –1800, a pu exister sur le territoire d’Ambazac ; de même la prospection a révélé des silex, ou fragments d'outils, qui paraissent appartenir à une vaste période comprise entre le Mésolithique et le Néolithique et qui pour certains se trouvent près de la commune sur le site de Montcocu (Montméry). Les alentours, Bersac, Saint-Sulpice-Laurière ont fourni des haches à talon.

C’est aussi près de Montcocu que quelques traces gallo-romaines ont été trouvées. Dans les ruines de l’abbaye de Grandmont, on a recueilli deux deniers gallo-romains ; en outre le bas relief en calcaire de l’oratoire Saint-Psalmet (Ambazac) est originaire du Puy-Firmigier (Saint-Sylvestre); il figure une femme portant une longue robe, probable mater topique. Saint-Sylvestre encore, aurait eu une tête colossale de Diane et des inscriptions funéraires. La toponymie rappelle les domaines : Ventillac (nom d’homme probable) ou Excideuil (lieu alternatif au Moyen Age entre Ambazac et Saint-Sylvestre rappel d’un nom gaulois), et un hypothétique fanum à Fanet ?

Le commencement du christianisme est en rapport avec la venue chez les Lemovices de Martial, vers l’an 300. La christianisation s’engage dans les campagnes. .Aredius (+591) fonde Attane/SaintYrieix : La Vie de saint Yrieix mentionne le couvent Saint-Antoine d’Ambazac (6e-8e s.). Des monnaies mérovingiennes proviennent des alentours de Saint-Sylvestre, de Razès et peut-être de Laurière, sans oublier les ateliers monétaires de Compreignac et d’Ambazac. Des microtoponymes indiquent l’installation humaine: les multiples boueiges, besges (autour de la paroisse, le lieu des Ardelliers (Fanet). Cependant, la toponymie ne permet pas de dater les installations : Fondaneiche (Fons Johannes), le Mas, Chabannes, la Borderie, (pour l’habitat) Grandimontis, les Sagnes, Brugères, Augères (pour la nature, lieu humide, brandes, mine), la Crouzille (voies de communication). Une partie du territoire de la commune est englobée dans la Marche qui se constitue dans le courant du Xe siècle. L’évêque possède la majeure partie de la paroisse de Saint-Sylvestre. Il y dote les seigneurs : les Razès, les Montcocu, les Montrocher, les de Verneuil, les de Saint-Sylvestre, les Bussière-Boffi. En 1124, les ermites qui suivent Etienne de Muret s’installent à Grandmont à la mort du fondateur de l’ordre de Grandmont. Il semble que la paroisse soit crée à la suite.

Grandmont intéresse le roi Henri II Plantagenêt. Il y séjourne, fait reconstruire le monastère. Une date marquante est la canonisation d’Etienne de Muret en 1189 : évêque, abbés et barons se pressent à Grandmont. Ses fils Henri le Jeune, Richard Cœur de Lion, et leurs sénéchaux s’y rendent. Parallèlement Grandmont fonde près de 160 dépendances (de la Champagne à la Navarre, de la Normandie, à l’Aquitaine et l’Angleterre) et en 1317 devient abbaye. En 1306, le pape Clément V et 7 cardinaux séjournent à Grandmont. Pendant les guerres de Cent Ans, Saint-Sylvestre, le bourg, le monastère sont ravagés et dépeuplés ; Français et Anglais occupent tour à tour l’abbaye en 1370. Ces derniers en sont chassés en 1381. En 1421-1422, Charles VII passe à Grandmont de même qu’Henri IV en 1529, le prince de Condé en 1619. Pendant les Guerres de religion, les compagnies contournent Grandmont. Les Ligueurs, actifs dans la Marche, s’installent à l’abbaye. Les hameaux subissent les exactions des garnisons. Saint Germain Beaupré prend et pille Grandmont en juin 1597 soutenu par Charles de Pierre-Buffière, gouverneur du Limousin. Ce dernier essaie de faire lever le siège de l’abbaye, occupée par les Huguenots et par le ligueur, Châteauneuf-d’Urfé, sa famille et ses soldats.

Par les lettres patentes de 1769, Louis XVI autorise la suppression de l’ordre de Grandmont. Le pape l’approuve en 1772. L’ordre disparaît à la mort de son dernier abbé en 1787 en dépit des protestations des habitants, en particulier ceux de la paroisse de Saint-Sylvestre. L’abbaye est démolie après l’adjudication des matériaux au début du 19e siècle.

Depuis au moins le courant du 16e siècle, les hommes migrent pour faire face à la pauvreté : ils sont marchands, maçons, menuisiers. Ils se rendent dans le Lyonnais, le Nord, l’Ile de France, l’ouest… La fin du 19e siècle, voit l’ascension du socialisme rural. Un des premiers enterrements civils se place à Saint-Sylvestre en 1899. Si l’on ne peut passer sous silence les prisonniers et les morts de 1914-1918, la deuxième guerre mondiale marque la commune. Un maquis se forme en 1943 autour de Grandmont. Les Allemands attaquent et réduisent le maquis en août 1944. Prenant la relève des carrières de granit et leurs tailleurs de pierre, les minéraux et surtout l’uranium ont fait la réputation de Saint-Sylvestre : visite de Pierre et Marie Curie en 1900, ouverture du Puy Henriette en 1948. Depuis la fermeture des sites de la Cogema, Saint-Sylvestre bénéficie de la proximité de l’autoroute A20 et de sa position de commune dortoir.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
juin 1995 mars 2014 Maurice Couturier[1] PCF  
mars 2014 en cours Béatrice Couloumy PCF  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 917 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 553 1 345 1 378 1 436 1 395 1 510 1 519 1 622 1 672
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 543 1 549 1 657 1 663 1 718 1 679 1 704 1 630 1 607
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 742 1 714 1 642 1 289 1 206 1 079 991 862 841
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
746 696 648 660 668 715 776 790 904
2011 - - - - - - - -
917 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Buste reliquaire de saint Étienne de Muret dans l'église de Saint-Sylvestre
La chapelle de Grandmont
  • Abbaye de Grandmont. Détruite à la suite de la dissolution de l'ordre de Grandmont sous Louis XVI et de la Révolution.

L'Ordre de Grandmont, ordre religieux limousin issu de l’érémitisme, remarquable par sa règle et la diffusion de son modèle architectural, conforme à la réforme grégorienne.

  • Mines d'uranium Henriette (1949-1981) et de Fanay (1951-1992).
  • La roche Branlante prés de la Borderie vers la route de la Cogéma.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carte archéologique de la Haute-Vienne, direction J. PERRIER, Limoges, 1993, 11, 17, 77, 101, 27.
  • F. LAGRANGE, Histoire d’Ambazac, Limoges, 1991.
  • Arch. dep. Haute-Vienne, I sem 81 et 82
  • G. TENANT de la TOUR, L’homme et la terre, Paris, 1943.
  • E. NEGRE, Toponymie générale de la France, Genève, 1990.
  • Histoire de Limoges, direction L. PEROUAS, Toulouse, 1989.
  • Guide géologique de la Haute-Vienne, collectif, Musée Municipal, Limoges, 1967.
  • M. LARIGAUDERIE-BEIJEAUD, Recherche sur les prieurés grandmontains de Charente. Architecture et Histoire, 12e, 18e siècles. Mémoire de D.E.A, direction R. Favreau, Poitiers, 1994.
  • Martine LARIGAUDERIE-BEIJEAUD, Grandmont, de l’ermitage à la seigneurie ecclésiastique, XIIe-XVIIIe siècles, thèse de doctorat de l’université de Poitiers, dirigée par J. Péret, Poitiers, 2004. (Bibliographie détaillée et sources)
  • Martine LARIGAUDERIE-BEIJEAUD, « L’ordre de Grandmont de l’ermitage à la seigneurie (XIIe-XVIIIe siècles) », Université de Picardie, (Amiens), CAHMER, vol. n° 22, 2009.
  • P. VALLIN, Paysans rouges du Limousin, Paris, 1985.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]