Saint-Remy-du-Nord

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Saint-Remy-du-Nord
mairie-école
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Blason de Saint-Remy-du-Nord
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Arrondissement Avesnes-sur-Helpe
Canton Hautmont
Intercommunalité Agglomération Maubeuge Val de Sambre
Maire
Mandat
Lucien Serpillon
2014-2020
Code postal 59330
Code commune 59543
Démographie
Population
municipale
1 176 hab. (2011)
Densité 199 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 13′ 59″ N 3° 54′ 23″ E / 50.2330555556, 3.9063888888950° 13′ 59″ Nord 3° 54′ 23″ Est / 50.2330555556, 3.90638888889  
Altitude Max. 174 m
Superficie 5,91 km2
Localisation

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Saint-Remy-du-Nord

Saint-Remy-du-Nord est une commune française, située dans le département du Nord en région Nord-Pas-de-Calais.

Bien qu'étant totalement intégrée dans l'unité urbaine de Maubeuge qui forme la cinquième agglomération du Nord, la commune de Saint-Rémy-du-Nord adhère à la Communauté de communes Sambre - Avesnois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans la région du Nord-Pas-de-Calais, la commune de Saint-Rémy-du-Nord est le centre de plusieurs villes telles que Maubeuge, Hautmont ou encore Aulnoyes-Aymeries.

La rivière des Cligneux coule jusqu'à la Sambre.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Saint-Remy-du-Nord
Boussières-sur-Sambre Hautmont
Pont-sur-Sambre Saint-Remy-du-Nord
Bachant Limont-Fontaine

Toponymie[1][modifier | modifier le code]

La localisation de la bataille de la Sabis, qui opposa les légionnaires romains de César aux Gaulois nerviens, atrébates et viromandues en 57 avant J.-C, a donné lieu à plusieurs hypothèses articulées autour de l’Escaut, de la Sambre, de la Satis (ancien fleuve devenu la Sensée), de l’Écaillon, ou de la Selle. La thèse de la Sambre s’appuie, entre autres arguments, sur l’ancien nom de Saint-Rémy-du-Nord : ce village se dénommait jadis Saint-Rémi le Malbatus, interprété « Saint-Rémy le mal battu » et désigné dès lors comme le lieu de la bataille[2].

La lecture des textes anciens concernant ce toponyme fournit les graphies suivantes[3]: - Saint-Rémi Li Malbatus, 1181, acte de l’évêché de Cambrai, cartulaire de l’abbaye d’Haumont : Sanctus Remigium Limalbatus (nous n’avons pas trouvé de document antérieur à 1181) ; - Saint-Rémi le Malbatuth, 1188, confirmation par le comte de Flandre et de Hainaut d’un don fait à l’abbaye d’Haumont par le seigneur de Saint-Rémy : in territorio Sancti Remigii le mal batuth (copie du XIIIe siècle publiée par Ch. Duvivier, Recherches sur le Hainaut ancien, 1865) ; - Saint-Rémi le Maubatut, 1219, acte de l’abbaye de Saint-Aubert de Cambrai (la consonne /l/ s’est vocalisée en /u/ de la même façon que cheval alterne avec chevaux. Mais le /l/ est restitué quand l’expression est écrite en deux mots) ; - Saint-Rémi le Mal Batu, 1383, document relatif à la vente d’un bois au seigneur de Guise ; - Saint-Rémi le Mal Bâti, 1740. À l’époque de la Révolution française, le toponyme est orthographié Saint-Rémy-de-la-Bâti (1793). Il devient Saint-Rémy-Mal-Bâti sous la plume du préfet Dieudonné dans sa Statistique du Département du Nord, en 1804 (t. III, p. 414). Une loi de novembre 1911 fixe le nom de Saint-Rémy-du-Nord.

Dans une analyse comme celle-ci, qui consiste à étudier l’origine et le sens premier d’un toponyme, il est impérieux de consulter les documents d’archives et de relever les graphies les plus anciennes, afin de faire abstraction des évolutions et déformations subies par les noms de lieux au cours de l’histoire. Ainsi, pour Saint-Rémy-du-Nord, les interprétations en –Mal batu / –Mal battu et –Mal bâti relèvent d’une mauvaise compréhension du nom éponyme, qui a fait que Malbatut ou Mal Batut a été rapproché de termes voisins (battu, bâti) qui n’ont rien à voir ni avec un saint, ni avec une commune[4].

Il faut, au contraire, repartir de la graphie la plus anciennement attestée, Saint-Rémi le Malbatut, et considérer que l’ajout Le Malbatut s’applique à la personnalité de saint Rémi et non au village auquel il a donné son nom. En effet, « Malbatut » ou « Mal batut » (avec la finale –t, –th, ou –s) provient du substantif germanique Banstu- qui désignait un mariage avec une seconde femme de rang inférieur. Le préfixe mal- (latin malus) ajoute la notion de liaison illégale, peut-être parce que le père et la mère de l’enfant adultérin étaient déjà mariés chacun de leur côté. Dans banstu-, la nasale /n/ est tombée devant la fricative /s/ et a laissé bastu-, de la même manière que le latin monstrare a été réduit en ancien français à mostrer, aujourd’hui : montrer. Puis le /s/ intérieur devant consonne s’est effacé comme dans de très nombreux vocables (par exemple, testa a donné : tête, avec un accent circonflexe dans l’écriture du mot). L’adjonction du suffixe –art / –ard s’est produite plus tard : bastart est attesté au XIIe siècle, en latin médiéval bastardus, sans connotation nécessairement négative, le bâtard (effacement du /s/ remplacé dans l’orthographe par un accent circonflexe) étant l’enfant né en dehors du mariage de ses parents (cf. « le bâtard d’Orléans » pour Dunois, compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, ou « Guillaume le Bâtard » pour Guillaume le Conquérant, duc de Normandie et roi d’Angleterre).

Quatre personnalités ecclésiastiques portent le nom de saint Rémi ou Rémy : un évêque de Reims au VIe siècle, qui baptisa Clovis ; un archevêque de Lyon au IXe siècle ; un évêque de Strasbourg au VIIIe siècle ; un évêque de Rouen au VIIIe siècle également. Ce dernier (Remigius), évêque de 755 à 771, était le fils illégitime de Charles Martel, maire du palais et souverain du royaume des Francs, et d’une concubine inconnue. Le roi Pépin le Bref, son demi-frère, le fit placer sur le trône de l’évêché de Rouen. Ce serait donc ce Rémi (ou Rémy) de Rouen, bâtard de sang royal, qui aurait donné son nom au village, et non Rémy l’évêque de Reims comme il est dit le plus souvent, la précision toponymique Mal batut permettant le distinguo. Rouen n’est d’ailleurs pas étranger à l’abbaye d’Haumont de laquelle dépendait le village de Saint-Rémy : l’histoire raconte que cette abbaye abrita vers 690 le séjour de saint Ansbert, évêque de Rouen, dont les abbés d’Haumont ne cessèrent de célébrer la mémoire et à qui ils élevèrent une chapelle, lieu constant de pèlerinages. Certains historiens font même mourir Ansbert à Haumont.

Redisons encore que l’appellation Mal batut n’est pas du tout péjorative, elle s’applique simplement à un enfant né en dehors du mariage de ses parents, cette circonstance n’a d’ailleurs pas empêché Rémi de devenir évêque et d’être vénéré. Bien qu’il soit moins cité, dans les dictionnaires et hagiographies, que ses homonymes de Reims ou de Lyon.

Le toponyme Saint-Rémi le Malbatut n’aurait donc rien à voir avec l’expression « mal bâti » évoquant un mauvais plan d’urbanisme, ni avec la formule « mal battu » qui rappellerait le souvenir d’une bataille sanglante ou d’une défaite injuste, qu’elle soit très ancienne ou plus récente. La Sabis n’est pas la Sambre, la bataille narrée par César n’a pas eu lieu dans les parages d’Haumont[5]

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Au Moyen Âge, la petite agglomération de Saint-Remy fait partie de la commune de Boussières, le plus ancien document où l'on fait mention de la commune est une confirmation de donation à l'abbaye d'Hautmont par Bauduin, comte de Flandre et de Hainaut en 1188.
  • 1790, elle fait partie du département du Nord.
  • 1912, la commune change de nom et devient Saint-Remy-du-Nord.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Saint-Rémy-du-Nord (Nord).svg

Les armes de Saint-Remy-du-Nord se blasonnent ainsi : D’or à trois chevrons de sable.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Lucien Serpillon    
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 176 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
230 227 285 291 347 399 420 417 407
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
480 535 598 653 715 811 789 772 796
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
881 864 978 958 1 122 1 251 1 254 1 176 1 230
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 402 1 360 1 306 1 351 1 390 1 265 455 1 176 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Saint-Remy-du-Nord en 2007 en pourcentage[9].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,0 
90 ans ou +
0,8 
5,6 
75 à 89 ans
8,3 
11,1 
60 à 74 ans
11,2 
25,4 
45 à 59 ans
22,6 
17,6 
30 à 44 ans
19,3 
22,4 
15 à 29 ans
18,7 
17,9 
0 à 14 ans
19,0 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage [10].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Rémy de 1771 avec pierre tombale d' Ignace Fauveau de 1792
  • Colombier du XVIIIe siècle
  • Monument du Poilu
  • Chapelles
  • Au cimetière, quatre tombes de guerre de la Commonwealth War Graves Commission

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. D’après André Bigotte, Histoire d’Haspres > Le forum > La bataille de la Sabis > Les ouvrages sur le sujet
  2. Z. Piérart, Recherches historiques sur Maubeuge, son canton et les communes limitrophes, 1851, pp. 106-114)
  3. Eugène Mannier, Études étymologiques sur les noms de villes, bourgs et villages du département du Nord, 1861, p. 383 ; Statistique archéologique du département du Nord, vol. II, 1867, p. 776 ; etc
  4. c’est aussi l’opinion de Denise Poulet, Noms de lieux du Nord–Pas-de-Calais, 1997, p. 126
  5. voir le site : Histoire d’Haspres > Forum de discussion > La bataille de la Sabis > L’hypothèse de la Sambre relancée
  6. Source:Cassini
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  9. « Évolution et structure de la population à Saint-Remy-du-Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010)
  10. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010)