Saint-Nazaire-le-Désert

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Saint-Nazaire-le-Désert
Vue sur le village
Vue sur le village
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Die
Canton La Motte-Chalancon
Intercommunalité Communauté de communes du Diois
Maire
Mandat
Daniel Fernandez
2008-2014
Code postal 26340
Code commune 26321
Démographie
Population
municipale
143 hab. (2011)
Densité 3,1 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 34′ 15″ N 5° 16′ 36″ E / 44.5708333333, 5.27666666667 ()44° 34′ 15″ Nord 5° 16′ 36″ Est / 44.5708333333, 5.27666666667 ()  
Altitude Min. 527 m – Max. 1 447 m
Superficie 46,62 km2
Localisation

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Saint-Nazaire-le-Désert

Saint-Nazaire-le-Désert est une commune française, située dans le département de la Drôme en région Rhône-Alpes. Sa population est de 144 habitants.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Nazaire-le-désert est situé à 20 km au nord-ouest de La Motte-Chalancon (chef-lieu du canton). Les communes limitrophes sont Brette, Rochefourchat, Pradelle, Gumiane et Volvent. Le village est traversé par la Roanne, ainsi que par l'un de ses affluents, la Brette.

Histoire[modifier | modifier le code]

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Époque préhistorique[modifier | modifier le code]

Après les pasteurs du Cardial, connus à Arnayon vers 6 000 ans av. J.-C., les Chasséens ont laissé d'abondantes traces de leurs activités dans les grottes des Sadoux, de Reychas et du Trou~Arnaud dont les porches servirent d'habitat, de bergerie ou de lieu d'offrande. Vers 4 000 ans av. J.-C., ces premiers agriculteurs cultivaient des pois et diverses variétés de blé. Ils élevaient des moutons, des chèvres et chassaient le chamois et le cerf. Plusieurs haches en pierre polie, trouvées à Brette, à Chalancon, à Volvent, remontent à cette même époque néolithique. Des poteries carnpaniformes et du bronze final à Reychas, des sépultures chalcolithiques au Trou-Arnaud, un fer de javelot à Gumiane attestent la persistance du peuplement au cours de l'âge des métaux.

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

À l'époque gallo-romaine, La Roanne, présentant peu de terroirs plats développés, à l‘écart des voies de circulation, se prêtait mal à la mise en valeur intensive que connurent les autres vallées dioises. Cependant la présence de fragments de tuiles à rebords dans pratiquement toutes les communes, montre une occupation effective mais dispersée. Les découvertes significatives restent rares.

Un seul site de villa est aujourd'hui localisé, au quartier des Gros d'Aucelon, d'où proviennent des débris de tegulae, de doua, de céramique commune grise et de sigillée. Une monnaie du IIIe siècle ap. J.-C. a été retrouvée à la Haute Gumiane.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, les communautés d’habitants se regroupent autour de petites places fortes, perchées sur des hauteurs stratégiques (Auribel, Betton, Brette Vieille, Saint-Philibert, Petit-Paris, Merlet), reliés entre elles. Point de chemin au fond des vallées aux gorges infranchissables, mais tout un réseau de sentiers muletiers qui utilisent au mieux les replats, les pas, et les cols. Ces points hauts subsistent jusqu’au XIIIe siècle ou au XIVe siècle.

Les premiers textes, dès 1231, font découvrir le nom de la région appelée « le Désert ». Les évêques de Die, seigneurs importants de l’époque, qui subsistèrent jusqu’à la Révolution, avaient créé « L’archiprêtré du Désert » qui s’étendait beaucoup plus au sud. Cette appellation très ancienne n’est pas formellement expliquée aujourd’hui, mais recouvre probablement les deux notions, d’isolement et d’aridité. Le réseau ecclésiastique est serré avec six curés relevant de l’évêque de Die, et cinq prieurs dépendant souvent de Sièges congréganistes éloignés, Cruas pour Brette, Aurillac pour Saint-Nazaire, Saint-Ruf pour Volvent. Les frères hospitaliers se sont installés à Rochefourchat. Les seigneurs locaux sont du Diois comme les Isoard ou les Artaud, du Sud comme les Sahune. Ils hommagent à l’évêque de Die.

Époque Moderne[modifier | modifier le code]

À partir du XIVe siècle, les habitants quittent les sites perchés et s’établissent plus près des rivières, ou des sources, mis à part Aucelon. C’est la création des villages actuels, un changement radical. Les familles de seigneurs locaux se succèdent jusqu’à la Révolution. L’évêque de Die qui a le titre de comte, maintient son emprise, grâce aux réseaux des paroisses, et aux visites épiscopales. Mais en 1644, toute la partie orientale, la plus proche du Diois réformé, est passée au protestantisme, les huguenots comptent environ 200 familles contre 340 catholiques. Aucelon en est le principal siège, qui, par la Servelle essaime sur Brette et Volvent. Les redevances payées au milieu du XVIe siècle en froment, en avoine, en seigle, en orge, en poules ou en fromages, donnent une idée des activités pratiquées, elles épuisent les habitants.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Malgré son isolement, la Révolution n’est pas sans conséquences sur le pays. Les petits seigneurs disparaissent. Les réponses au questionnaire de 1789 mettent l'accent sur les charges qui pèsent sur les communautés : l'étroitesse du terroir cultivé, le manque de bois, les difficultés de la circulation. Elles indiquent aussi un élargissement des cultures, avec les vignobles dans la basse vallée et les pommes de terre partout. Les arbres fruitiers sont souvent cités, en particulier les noyers. L'élevage du mouton est largement prédominant, devant les chèvres et les mulets. La population du bassin atteint son sommet en 1811 avec 3540 habitants mais ne fera plus que décroître jusqu’à 340 en 1999. Les catholiques ont repris presque partout le dessus ils sont 2 165 contre 533 protestants en 1866, mais à Aucelon en 1830, le pasteur Jean-Frédéric Vernier, provoque le Réveil du Protestantisme, fait construire le temple, et installe une bibliothèque de la religion réformée. En 1848, Brette et Pradelle connaissent des apparitions mariales qui rappellent celles de la Salette mais ne sont pas reconnues par la hiérarchie catholique.

Malgré le rôle de véritable centre tenu par Saint-Nazaire, ses commerces, ses artisans et ses foires, l'impression d'écartèlement entre la vallée de la Drôme, le Diois et le Pays de Bourdeaux, persiste. En témoigne le découpage sur 3 cantons. Les circulations se font partout par des sentiers muletiers, qui passent les cols avec de fortes pentes. Pour le sud du pays, les liaisons économiques les plus importantes, sont orientées sur Bourdeaux, Dieulefit, et Nyons.

Vers 1860 on commence à construire des routes, la 1re fut donc ouverte vers le sud, vers Bouvières. Puis vers 1890, arriva le chemin de fer dans la vallée de la Drôme. L’appel du chemin de fer entraîne alors la construction de la route vers le nord, c’est-à-dire vers la gare de Vercheny. Construite lentement par tronçons et en partant des deux extrémités, souvent taillée dans les rochers, franchissant plusieurs fois la Roanne sur de beaux ouvrages en pierres, la route départementale 135 (ex I.C.35 ) terminée en 1895, longue de 20 km a deux conséquences : elle réoriente les circuits économiques vers le nord et forge concrètement l'unité du Pays, bien que persiste le découpage irrationnel organisé par les services publics, Équipement, EDF, Télécoms, Poste, etc. La vallée a déjà perdu une bonne partie de sa population : 2100 habitants en 1895 au moment de l'inauguration du CD 135. Le désenclavement et la Grande Guerre vont encore accentuer la dépopulation. En 1920, la Roanne ne compte plus que 1400 habitants. Peu à peu, l'État rachète les terres laissées en friche pour les reboiser et y interdire le parcage des moutons. « Partout on a l'impression que la mort vient à grand pas » écrit Raoul Blanchard en 1911.

Aujourd'hui, la Roanne est toujours vivante. La poursuite du déclin démographique a réduit la population à 439 habitants permanents en 1999. La plupart des services publics et la quasi-totalité des commerces a disparu. L'agriculture de montagne connaît de sérieuses difficultés, malgré la courageuse obstination de quelques familles. Les exploitations survivantes se consacrent presque exclusivement à l'élevage des chèvres et des moutons ainsi qu'à la culture de la lavande. Mais aujourd’hui, un phénomène vient bouleverser le paysage : l’engouement des citadins pour l’espace rural, qui entraîne le développement rapide des résidences dites « secondaires » ou principales de personnes qui ont une activité dans la Vallée de la Drôme. Les espaces naturels, l’écologie sont l’objet de toutes les aspirations. Au début, c’était les vacances du mois d’août, et maintenant les gens résident souvent plus qu’un mi-temps, ce sont les doubles résidents. Il y a même des résidents permanents qui ont un pied à terre à la ville ! Et puis il y a les randonneurs, en voiture, à vélo, à cheval, à pied, les pécheurs, les chasseurs. Et l’on voit que le Désert n’est pas vide.

Si donc autrefois, l’isolement entraînait l’autarcie, la nouvelle vie entraîne une évidente interdépendance entre le rural et l’urbain, et les lignes de vie sont la route et la ligne SNCF.

Administration[modifier | modifier le code]

La mairie-école de Saint-Nazaire-le-Désert
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 2008 Claude Brès [DVD] Conseiller général
2008 en cours Daniel Fernandez Indépendant
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 143 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 031 1 142 1 169 1 118 1 100 1 077 1 000 989 883
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
882 881 893 870 836 775 719 685 685
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
677 664 580 487 440 427 391 348 289
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
283 257 205 197 168 183 144 143 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2])
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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