Saint-Menges

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Saint-Menges
Église de Saint-Menges
Église de Saint-Menges
Blason de Saint-Menges
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Ardennes
Arrondissement Arrondissement de Sedan
Canton Canton de Sedan-Ouest
Intercommunalité Communauté d’agglomération de Charleville-Mézières / Sedan.
Maire
Mandat
Roger Watelet
2014-2020
Code postal 08200
Code commune 08391
Démographie
Population
municipale
1 059 hab. (2011)
Densité 87 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 44′ 26″ N 4° 55′ 33″ E / 49.7406, 4.9258 ()49° 44′ 26″ Nord 4° 55′ 33″ Est / 49.7406, 4.9258 ()  
Altitude Min. 150 m – Max. 416 m
Superficie 12,21 km2
Localisation

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Saint-Menges
Liens
Site web http://www.saint-menges.com/

Saint-Menges est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Champagne-Ardenne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située au nord-est du département, la commune est traversée par la RD5 ainsi que la RD6 et la RD29. Le territoire couvre une surface de 1221 hectares.

L'amplitude entre le point le plus haut (416 m) à la frontière belge et le point le plus bas (150 m), vallée de la Meuse, est de 266 mètres. Au-delà de 325 m, le territoire est couvert par la forêt.

Saint-Menges se situe sur un replat entre 175 et 215 m.

Carte de la commune.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Capella de Sancto Memmio en 1180, Saint Mange en 1291[1].

Son nom vient de saint Memmie[2], évêque de Châlons, au IIIe siècle. Saint Menges ou saint Memmie, en latin saint Memmius, est romain de naissance. Envoyé en Gaule, il prêche l’Évangile à Châlons, aujourd'hui Châlons-en-Champagne.

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom d'Union[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

En 526, Saint-Menges fait partie de la donation faite par saint Remy à Clodoald[4].

En 1259, Saint-Menges est cité au concordat de Francheval au nombre des villages indivis entre l’archevêque de Reims et l’évêque de Liége[4].

En 1573, une cour souveraine est installée à Saint-Menges, les princes souverains d’Arches et de Sedan étant convenus de se partager les droits seigneuriaux. Ce mini État de Saint-Menges adopte un sceau et une devise « Concordia ducum »[4].

Saint-Menges, implanté aux portes de la principauté souveraine de Sedan, est la cible de bandes armées, puis des guerres de religion (France) quand les Princes de Sedan deviennent calvinistes.[Quand ?]

L’église Saint-Memmie (XIIe - XVIIIe siècles) est une église fortifiée, refuge des habitants.

Saint-Menges souffre également de sa position à la frontière durant les trois conflits franco-allemands successifs.

Le premier septembre 1870, durant le siège de Sedan, les troupes allemandes attaquent le village et s'en emparent après un rude combat, parachevant l'encerclement des forces françaises[5].

En août 1914, un combat de quelques heures opposent des tirailleurs marocains installés dans la tour fortifiée du village à un escadron de uhlans arrivant de Sugny[4].

Le 12 mai 1940, lors de la bataille de France au cours de la Seconde Guerre mondiale, une maison forte de Saint-Menges, de la taille d'un pavillon, qui fait partie d'une vingtaine de constructions similaires implantées au cœur des bois et construites pour ralentir et jalonner l'avance allemande vers la ligne principale de résistance (la Meuse), est attaquée par les forces allemandes de la 1re Panzerdivision de Friedrich Kirchner. Ses cinq occupants sont les premiers morts recensés sur le sol français. Cette attaque est un des prémisses de la percée de Sedan[6]. La commune est alors prise par la division allemande[7]. Saint-Menges est le lendemain matin tenue sous le feu de l'artillerie française (principalement du 110e régiment d'artillerie lourde hippomobile) qui tire sur les concentrations de troupes allemandes[8], lesquelles se préparent à franchir la Meuse.

Le nom de la place de Saint-Menges évoque également un des premiers résistants ardennais, Robert Charlier[9].

À l'image du Pays Sedanais, Saint-Menges disposa un temps d'une filature.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Mars 1971 mars 2001 Gédéon Maqua PCF  
Mars 2001 2005 Hervé de Decker SE  
Septembre 2005 mars 2008 Bernard Giboux SE  
Mars 2008 en cours
(au 3 avril 2014)
Roger Watelet[10] DVG Réélu pour le mandat 2014-2020[11]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 059 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 027 1 008 1 047 1 173 1 406 1 596 1 645 1 691 1 695
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
1 989 2 018 2 018 1 935 1 838 1 718 1 696 1 546 1 430
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
1 363 1 148 1 196 1 155 1 138 945 1 035 1 154 1 133
1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011 -
1 058 976 964 996 1 031 1 025 1 061 1 059 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Saint-Menges compte 1031 personnes au recensement de 2004. Depuis 1999, la population a augmenté de 35 personnes soit une progression de 3,5 %. Le taux de chômage est de 15,6 % et il y a 73,2 % de propriétaires. Majoritairement ouvrière la population de Saint-Menges a une longue tradition socialiste. Les résultats des élections présidentielles de 2007 et de 2012 ont confirmé cette orientation en donnant au deuxième tour 58,49 % pour Ségolène Royal contre 41,51 % pour Nicolas Sarkozy ; 65,31% à François Hollande contre 34,69% à son rival.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de Saint-Menges

Les armes de Saint-Menges se blasonnent ainsi :

de gueules à la foi de carnation vêtue de sable[14].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Site géologique : situé à proximité du Moulin (régulièrement visité par les étudiants de l'université de Reims Champagne-Ardenne)
  • Oratoire de Saint-Menges.
  • Vestiges du château de Saint-Menges.
  • Lavoir Saint-Menges et sa fontaine, lieudit Le Maupré.
  • Église Saint-Menges. Durant la dernière décennie du XIXe siècles et les premières du XXe siècles, un pèlerinage se tient à Saint-Menges[15].
  • Voie romaine : le territoire est traversé dans sa partie nord par une voie romaine appelée autrefois "chemin des Romains", maintenant voie de sugny; cette voie est presque recouverte suite à un affaissement de terrain.
  • Maison Forte de Saint-Menges : attaquée le 12 mai 1940[16].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Clément  : chansonnier et militant syndical, y a tenu un meeting. Saint-Menges est historiquement une commune socialiste (cf: L'Histoire du socialisme dans les Ardennes)
  • Mgr Guy Herbulot, évêque émérite d'Évry, y est né en 1925.
  • Robert Charlier : né le 15 avril 1924 à Saint-Menges. En octobre 1940, il tire sur une voiture allemande. Une quinzaine de jours après, le 23 octobre, il est sommairement abattu après une longue traque. C'est un des premiers résistants et un des plus jeunes[9].
  • Richard Bohringer : acteur, y a tourné une scène de C'est beau une ville la nuit.
  • Eric Frasiak : musicien [17].

Football[modifier | modifier le code]

Le village dispose d'un club de football baptisé Union Sportive de Saint-Menges (USSM) établi au bord de la Meuse au stade Jean Alaime. Évoluant en vert et rouge et ayant pour symbole une "bourrique", l'équipe fanion est promue en promotion de première division à la fin de la saison 2012-2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, t. 3, Librairie Droz,‎ 1990, 1870 p. (ISBN 978-2-600-02884-4, lire en ligne), p. 1565
  2. Antoine Philippe Houzé, Etude sur la signification des noms de lieux en France, Librairie Ve Hénaux,‎ 1864, 140 p. (lire en ligne), p. 127
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale - Saint-Menges », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté en 25 décembre 2012)
  4. a, b, c et d « Le village - Historique », Commune de Saint-Menges (consulté le 28 mai 2012)
  5. Wilhelm Rüstow, Guerre des frontières du Rhin 1870-1871, Volume 1, vol. 1, Librairie Dumaine,‎ 1871, 443 p. (lire en ligne), p. 324-332
  6. « Une maison contre les Panzer », Riches Heures,‎ 2010 (consulté le 28 mai 2012)
  7. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 203-204
  8. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 237
  9. a et b « Martyrologue de la résistance ardennaise », Ardennes tiens ferme, site consacré à la résistance ardennaise (consulté le 28 mai 2012)
  10. Conseil général des Ardennes consulté le 23 juin 2008 (fichier au format PDF)
  11. « Sans surprise, Roger Watelet a été réélu maire », La Semaine des Ardennes, no 238,‎ 3 avril 2014, p. 19 (ISSN 0753-3454)
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  14. Banque du Blason
  15. Christine Martin, Pèlerinages d'Ardenne méridionale, Pierre Mardaga éditions,‎ 1991, 169 p. (ISBN 2-87009-426-4, lire en ligne), p. 41
  16. « Saint-Menges 12 mai 1940 : ils se souviennent », Journal L'Union,‎ 16 mai 2011 (lire en ligne)
  17. Eric Frasiak Site d'Eric Frasiak

Lien externe[modifier | modifier le code]

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