Saint-Louis (Sénégal)

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Saint-Louis
Image illustrative de l'article Saint-Louis (Sénégal)
Administration
Pays Sénégal Sénégal
Région Saint-Louis
Département Saint-Louis
Maire
Mandat
Cheikh Bamba Dièye
2009-2014
Démographie
Gentilé Saint-Louisiens
Population 171 263 hab. (estim. 2007)
Géographie
Coordonnées 16° 02′ 00″ N 16° 30′ 00″ O / 16.03333, -16.5 ()16° 02′ 00″ Nord 16° 30′ 00″ Ouest / 16.03333, -16.5 ()  
Altitude 22 m
Localisation

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Saint-Louis

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Saint-Louis

Saint-Louis, Ndar en wolof, est l'une des plus grandes villes du Sénégal et, historiquement, l'une des plus importantes, comme en témoigne son inscription sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle est souvent appelée « Saint-Louis-du-Sénégal ».

Localisation[modifier | modifier le code]

Saint-Louis se situe à l'embouchure du fleuve Sénégal, à 264 km[1] au nord de la capitale du pays, Dakar, près de la frontière avec la Mauritanie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Saint-Louis aurait selon certaines sources existé bien avant l'arrivée des Européens, fondée quelques siècles auparavant par des caravaniers marocains, elle était à l'époque un centre de transit pour les caravanes qui y faisaient halte. Officiellement, elle fut fondée en 1659, sur l'île homonyme du fleuve Sénégal, longue de 2 km et large de 300 m, par des marins de Dieppe (Normandie) et fut baptisée ainsi en l'honneur du roi de France régnant Louis XIV, au travers de son ancêtre et homonyme Saint Louis.

Saint-Louis vue de la mer en 1814
La route de Sor et la gare primitive vers 1902

En 1689, le religieux français Jean-Baptiste Gaby dans un récit de voyage en Nigritie présente l'île et les rives du fleuve « Senega » comme encore en partie couverte de mangroves à palétuviers[2] ; Il décrit « les berges du fleuve comme abritant quelques poignées de cazes de nègres qui composent par-ci par-là des villages. Une continuelle bordure d'arbres aquatiques, sans fruit, mais toujours verts, luy tiennent lieu de part& d'autre de tout ce que je viens de dire ; & cét ornement s'y entretient d'autant plus facilement que les arbres s'y plantent & s'y cultivent d'eux-mesmes ; ce sont des arbres extrêmement moêlleux & de peu de durée (ils s'appellent palesuviers, & ne croissent que proches des rivières) ; de leurs branches qui sont fort hautes, descendent certains filets fort déliez, qui venant à toucher la terre y prennent racine, & tiennent ainsi à l'arbre & à la terre. Et lors qu'ils se sont élevez à une hauteur médiocre se panchent encore en bas jusque sur le sable, y prennent racine, & ainsi se multiplient presque à l'infiny ; si bien que luy seul peut faire une forêt où l'on ne peut entrer. le grand bout de notre Isle en est tout couvert, & il n'entretient aucun arbre fruitier qui se trouve dans ce Païs comme le Tamarin qui est assez commun en France pour les usages de la médecine...) » [2]. Selon Gaby, les grands animaux sont encore abondants dans les « belles & grandes forests, qui bien qu'elles soient la retraitte des bestes féroces, comme des Elephants (« Gnié »), des Lyons, des Onces &tc. ne laisent pas d'abonder en gibier, comme, cerfs, sangliers, lapins, perdrix, pintades, tourterlles, Cercelles, Oyes, canars(...). Ces animaux qui ne s'estonnent pas à l'approche des nègres, parce qu'ils ne les tuent point, fuyent devant les François, d'une grande vitesse : néanmoins, les Chasseurs qu'on y envoye, ne s'en reviennent jamais sans avoir quelque chose. Et cela leur est d'autant plus facile que nous qui n'estions allés dans cette isle qu'ils nomment l'Isle au Bois que pour nous promener nous apportamment suffisamment du gibier pour soupper (...) ». JB. Gaby évoque aussi une abondance oiseux, aquatiques notamment, mais aussi rapaces et petites oiseaux terrestres[2]. Il cite un village qu'il nomme Bieurk, et qu'il situe « distant du Senegal de 3 lieuës, & est situé à l'embouchure de la mer », d'où des femmes lui amènent de la nourriture, dont des boissons fermentées (à base de fruit du tamarin, et uniquement dans la bonne saison ; de juin à octobre, précise-t-il[2]). L'auteur précise qu'il habite « dans l'Isle de Senega, Saint Loüis, à quainz dégrés & demy, depuis la ligne Equinoctiale, faisant face sur la mer Atlantique, qui est à l'Ouëst », en aval du « grand royaume de Tombut », et que l’île de Saint Louis « est accompagnée de deux autres : l'une se nomme l'Isle aux Bois (...), l'autre l'Isle aux Anglois, parce qu'autrefois ils y avoient une habitation qu'ils ont abandonnée par force(...) »[2].

Saint-Louis fut la première ville fondée par les Européens en Afrique occidentale et fut un très important centre du commerce de l'or, de la gomme arabique, de l'ivoire et des esclaves.
Selon Gaby toujours (en 1689), « l'endroit où habitent les François, avant sa découverte appartenaoit au Roy Brak, dont le païs ne s'apelle pas Senega, mais Ouhalle. Ce Roy a pour voisin d'un côté Damel Roy de Cahior, & de l'autre le Roy Syratique. Celuy-cy touche au Royaume de Galaam, & celuy-là au Royaume de Thim ; tout cela tient bien de l'espace & s'étend bien avant dans les Terres, où l'on n'a jamais oüy dire qu'il y eust de Royaume appelé Senega (...) »[2]

Ses habitants eurent un statut de citoyenneté devenant citoyens français dès la Révolution Française et le statut des quatre communes leur accorde des droits spécifiques en 1916. Elle devint la capitale politique de la colonie française et de l'Afrique-Occidentale française, jusqu'en 1902, puis capitale du Sénégal et de la Mauritanie. Elle resta un comptoir de commerce français important jusqu'en 1957.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Le 2 juillet 1816, La Méduse, frégate de trois mâts transportant à Saint-Louis le nouveau gouverneur du Sénégal Julien Schmaltz, avec 400 personnes à bord, fit naufrage sur les côtes de Mauritanie, s'échouant dans les sables du banc d'Arguin, au nord de Saint-Louis. Cet épisode fut immortalisé par le peintre Théodore Géricault dans le radeau de la Méduse (Musée du Louvre).

Pierre Loti habita au « 32 rue Marge » où il y écrivit Roman d'un spahi.

Le 12 mai 1930, l'aviateur français Jean Mermoz partit de Saint-Louis-du-Sénégal afin de réaliser la première liaison postale transatlantique sans escale qui le mena jusqu'à Natal au Brésil. Le succès de ce vol permit à l'aéropostale d'établir de manière définitive une liaison aérienne régulière entre Toulouse et Santiago du Chili.

Culture[modifier | modifier le code]

La Grande Mosquée
Le minaret atypique
Maisons coloniales
A Damalice Foubine : la danse des Wolofs à Saint-Louis (1890)

Saint-Louis, qu'on surnommait la « Venise africaine » est classée au répertoire du patrimoine mondial par l'Unesco depuis l'an 2000. Elle s'est lancée dans un ambitieux programme de rénovation de ses anciens bâtiments et a commencé à transformer les entrepôts en restaurants et en hôtels.

La ville conserve de très nombreuses maisons, typiques de l'époque coloniale, avec leur façade de chaux, leur double toiture en tuile, leur balcon en bois et leur balustrade en fer forgé. La Grande Mosquée est la seule au monde[réf. nécessaire] à disposer d'une cloche et d'un cadran d'horloge.

La musique jazz, amenée par les soldats américains, au moment de la Seconde Guerre mondiale, a fait éclore toute une génération de jazzmen africains. Le Festival international de Jazz de Saint-Louis a été créé en 1992 et a connu début mai 2004, sa douzième édition.

Lors du défilé du Fanal, les habitants défilent au son des tam-tam, en portant des lampions qu'ils ont confectionnés et qui ressemblent à ceux que les esclaves du XVIIe siècle portaient pour éclairer les Signares jusqu'à la messe de minuit.

Depuis 2003 se déroule le Festival RAPANDAR d'abord ouvert au mouvement Hip-hop sénégalais et ouvert aujourd'hui aux musiciens et groupes de Rap africains ou internationaux, témoignant ainsi du message " Citoyens Africains, Citoyens du monde, un échange culturel dynamique".

La Langue de Barbarie
Mosquée et barques de pêcheurs sur la Langue de Barbarie

Économie[modifier | modifier le code]

Saint-Louis a perdu toute son importance au moment de l'indépendance au profit de la nouvelle capitale Dakar qui de plus a attiré à elle tous ses intellectuels et tous ses fonctionnaires. La ville est alors tombée en léthargie.

La communauté des pêcheurs de Saint-Louis est l'une des plus importantes de l'Afrique de l'Ouest et comprend plus de 4 000 équipages. Guet Ndar est le quartier des pêcheurs, où vivent plus de 25 000 personnes, sur une étroite langue de sable. C'est aujourd'hui la plus importante activité économique de la ville.

De 1996 à 2004, le nombre de chambres d'hôtels a doublé, selon le syndicat d'initiative.

Monuments et hauts-lieux touristiques[modifier | modifier le code]

La Maison Rose
Une autre mosquée
  • Le quartier historique (l'île Saint Louis), relié par un pont métallique à sept arches, le pont Faidherbe, aux quartiers de l'île de Sor. Les plans de ce pont sont attribués à tort à Gustave Eiffel. C'est l'entreprise Nouguier, Kessler & Cie, ancienne maison Joly, d’Argenteuil, qui en assura la réalisation.
  • Le siège de la gouvernance est construit sur l'emplacement d'un ancien fort colonial dont quelques murs subsistent.
  • Les réserves ornithologiques du Parc national de la Langue de Barbarie et du Parc national des oiseaux du Djoud.
  • La « Maison Rose » est une maison d'hôtes ouverte en 2003 dans le cadre des projets de rénovation.

Évêché[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités nées à Saint-Louis[modifier | modifier le code]

(ordre alphabétique du patronyme)

Pr Djibril FALL (1930-1992) Doyen de la faculté des sciences de l'UCAD- Directeur de l'enseignement supérieur- Directeur du CERER .

  • Khayar Mbengue (1876-1941) Commerçant et notable

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dakar et ses environs, carte 1/16 000, édition 2007-2008.
  2. a, b, c, d, e et f Jean-Baptiste Gaby, supérieur du couvent de l'observance de Saint-François de Loches (1689), « Relation de la Nigritie, contenant une exacte description de ses Royaumes & de leurs Gouvernements, la Religion, les Moeurs, Coustumes & raretez de ce Païs. Avec la découverte de la Rivière du Senega, dont on a fait une Carte particulière » ; Ed: E. Couterot, 92 pages (livre numérisé par Google)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Michael David Marcson, European-African interaction in the Precolonial Period: Saint-Louis-Senegal 1758-1854, PhD, Princeton University, 1976, IX-311 p.
  • (en) Karen Amanda Sackur, The development of creole society and culture in Saint Louis and Goree, 1719-1817, PhD, University of London, 1999, 351 p. (thèse disponible, gratuitement, sur inscription, auprès du service EThOS de la British Library : http://ethos.bl.uk/OrderDetails.do?did=21&uin=uk.bl.ethos.391945).
  • (fr) Abdoul Hadir Aïdara, Saint-Louis du Sénégal d'hier à aujourd'hui, Grandvaux, 2004, 143 p. (ISBN 2-909550-43-5)
  • (fr) Camille Camara, Saint-Louis du Sénégal. Évolution d’une ville en milieu africain, Dakar, IFAN, 1968, 292 p. (édition d'une thèse soutenue en 1965 à Paris, 322 p.)
  • (en) Lucy Ann Gallistel Colvin, Kajor and its diplomatic relations with Saint-Louis-du-Sénégal, 1763-1861, PhD, University of Columbia, 1972, 460 p.
  • (fr) J. Joire, « Amas de coquillages du littoral sénégalais dans la banlieue de Saint-Louis », Bulletin de l'IFAN, Paris, Larose, 1947, p. 170-340
  • (en) Jones (Hilary), The Métis of Senegal. Urban life and politics in French West Africa, Bloomington and Indianapolis, Indiana University Press, 2013, XI + 276 p.
  • Serigne Matar Ka Devenir d'un patrimoine architectural et urbain d'une ville en mutation : Saint-Louis du Sénégal, thèse, Université d'Aix Marseille, 2012, 361p.
  • (fr) Nathalie Reyss, Saint-Louis du Sénégal à l’époque précoloniale. L’émergence d’une société métisse originale 1658-1854, thèse de 3e cycle, Université de Paris I, 1983, 2 t., VII + 270 p. et IV + 127 p.
  • (fr) Alain Sinou, Comptoirs et villes coloniales du Sénégal : Saint-Louis, Gorée, Dakar, Paris, Karthala, 1999, 344 p. (ISBN 2865373932)
  • (fr) Abdoul Sow, L'île de Saint-Louis du Sénégal, formes spatiales et formes sociales : destinées d'une ville, thèse, Université Paris X-Nanterre, 2008, 345 p.
  • (fr) Mamadou Wade, Croissance urbaine de Saint-Louis du Sénégal de 1789 à 1902, thèse de 3e cycle, Université de Bordeaux III, 1982
  • (fr) François Zuccarelli, « Les maires de Saint-Louis et de Gorée de 1816 à 1872 », in Bulletin de l'IFAN, série B, n° 3, 1973, p. 551-573

Mémoires universitaires non publiés[modifier | modifier le code]

  • (fr) Corinne L. Benveniste, Les relations Dakar - Saint-Louis. Le rail et la route, Dakar, Université de Dakar, 1967, 119 p. (diplôme d’études supérieures)
  • (fr) Saliou Diop, Les traitants Saint-Louisiens : genèse et évolution d’un groupe social, XVIIIe et XIXe siècles, Dakar, Université de Dakar, 1979, 110 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) El Hadj Dioum, Les élections municipales de 1925 à Saint-Louis, Université de Dakar, 1978, 93 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Adbulaay Soxna Joop, La colonie française de N’Dar - Saint-Louis, de la fondation de l’habitation fixe à la faillite de la Compagnie du Sénégal (1659, fin du XVIIe siècle). L’impact global du mercantilisme colonial dans la concession du Sénégal, Université de Dakar, 1971, 323 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Ibrahima Ka, L’évolution sociale à Saint-Louis du Sénégal du XIXe au début du XXe siècle, Université de Dakar, 1981, 135 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Serigne Matar Ka, Dégradations et tentatives de réhabilitation du patrimoine architectural de Saint-Louis du Sénégal, Université d'Aix-Marseille 1, 2005, 102 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Mamadou Kane, L’esclavage à Saint-Louis et à Gorée à travers les Archives notariées : 1817-1848, Université de Dakar, 1984, 109 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Mamadou Kane, L’histoire économique de Saint-Louis à travers les archives notariées : 1817/1848. Enquête préliminaire, Université de Dakar, 1985, 29 p. (diplôme d’études approfondies)
  • (fr) Ngouda Kane, L’évolution sociale à Saint-Louis à travers les archives de police de 1900 à 1930, Université de Dakar, 1988, 120 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Nathalie Reyss, La santé à Saint-Louis du Sénégal à l’époque précoloniale d’après les récits de voyages et romans : alimentation, hygiène et santé ou le métissage comme moyen de survie, Université Paris I, 1981, 42 p. (diplôme d’études approfondies).
  • (fr) Sylvain Sankalé, Une ancienne coutume matrimoniale à Saint-Louis du Sénégal. Le mariage « à la mode du pays », Université de Dakar, 1982, 78 p. (diplôme d’études approfondies en histoire du droit)
  • (fr) Seck Ndiaye, Ahmed Ndiaye Sarr, le cadi de Saint-Louis, Université de Dakar, 1986 (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Abdoul Aziz Traoré, Les compagnies et le commerce à Saint-Louis à la fin du XVIIIe siècle, Université Paris I, 1979, 99-VI p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Sylvaine Trioullier, Saint-Louis et la question maure (1895-1905), Université Paris I, 1972 (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Guillaume Vial, Les signares à Saint-Louis du Sénégal au XIXe siècle : étude critique d'une identité métisse, Université de Reims, 2 vol., 1997, 407 p. (mémoire de maîtrise)
  • (fr) Oumar Amadou Wane, Monographie climatique d’une station synoptique : Saint-Louis (1946-1975), Université de Dakar : 1977, 127 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Samkat (Le dernier berger de Saint-Louis), court métrage documentaire réalisé par Oumar Ndiaye et le Club des Jeunes de Saint-Louis, 1999, 13'
  • (fr) Patchwork (Njakhass), de Oumy Ndour, 2007, 26'
  • (fr) La Brèche, de Abdoul Aziz Cissé, 2007, 40'
  • (fr) Thiam B.B., de Adams Sié, 2007, 26'

Liens externes[modifier | modifier le code]

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