Saint-Julien-d'Ance

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Saint-Julien-d'Ance
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Haute-Loire
Arrondissement Puy-en-Velay
Canton Craponne-sur-Arzon
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Craponne
Maire
Mandat
René Berthon
2014-2020
Code postal 43500
Code commune 43201
Démographie
Population
municipale
240 hab. (2011)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 18′ 17″ N 3° 54′ 48″ E / 45.3047222222, 3.9133333333345° 18′ 17″ Nord 3° 54′ 48″ Est / 45.3047222222, 3.91333333333  
Altitude Min. 653 m – Max. 954 m
Superficie 17,82 km2
Localisation

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Saint-Julien-d'Ance

Saint-Julien-d'Ance est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans le département de la Haute-Loire, la commune est traversée par l'Ance d'Ouest en Est. C'est une région de moyenne montagne, au climat continental avec des étés qui peuvent être très chauds, et des hivers extrêmement rigoureux.

Le territoire de la commune est très boisé, essentiellement par des essences de pins, hêtres et sapins. Une faune nombreuse les peuple : écureuils, renards, sangliers, chevreuils se rencontrent souvent au détour d'un sentier. C'est aussi un bon territoire pour l'observation ornithologique. Le héron cendré a été récemment réintroduit avec succès.

Le sol, d'origine essentiellement volcanique (le plateau d'Echaffois correspond à l'ancien cratère du volcan), est riche et productif. Si les parcelles de terre sont plutôt petites eu égard aux nombreuses déclivités, leur rendement est bon. Elles produisent de l'excellent froment et la culture de la lentille, au XIXème siècle, pouvait rivaliser en qualité avec celle pratiquée à St-Paulien ou Polignac.

Sur la rive gauche de l'Ance, le terrain est plus granitique. Mais les dépôts sédimentaires lui apportent une grande fécondité. On y récolte le seigle, l'orge, l'avoine, le colza, la rave et la pomme de terre. Jusqu'au XIXème siècle, le chanvre était également abondamment cultivé mais a été abandonné au profit d'autre textiles.

(sources : mélanges historiques, abbé J. B. PAYRARD)

Histoire[modifier | modifier le code]

Saint-Julien d'Ance est de très ancienne origine. Son territoire est traversé par une ancienne voie romaine importante dont on trouve des vestiges sur le plateau des Chaffois. Le lieu est cité dans des écrits dès 958. La paroisse était desservie par un prieur de l'ordre des Prémontrés nommé par l'abbé de Doue, près du Puy-en-Velay. Les curés-prieurs dépendirent directement de l'Abbaye de Doue jusqu'à la Révolution.

Saint-Julien d'Ance était rattaché à la Province du Forez jusqu'en 1789 pour la partie située sur la rive gauche de l'Ance, et au Velay pour la rive droite. C'est au XIVe siècle que la rivière l'Ance formera la frontière entre le Forez (Lyonnais) et le Velay (Languedoc).

Le 16 juin 1666 des paroissiens assassinèrent leur curé-prieur, Théofrède PLANTIN, dans l'église à l'issue de la messe parce que celui-ci avait rétabli la dîme. L'église resta fermée ("interdite") de longues années et les paroissiens répartis dans les paroisses voisines en fonction de leur lieu d'habitation. Elle ne fut "réconciliée" que le 27 février 1678 par Mgr de BETHUNE, évêque du Puy.

Pour le généalogiste, il n'est pas sans intérêt de savoir où trouver les actes d'état-civil relatifs à la paroisse de St-Julien durant cette période 1666-1678. Il devra chercher dans les registres de ST-PAL pour les "villages" du Bouchet-Pilhac, Peret, Voirac, Le Roure, Tauriac, Laprat. Dans ceux de ST ANDRE pour Giroux, Le Fieu, Triouleyre, Moulis, Pilhac et Vacherolles. A ST GEORGES pour le bourg de ST JULIEN, Le Rodier, Ancette, Burianne, Uffarges, Le Bès, Longefont, Louspis, Vacheresse.

La paroisse n'échappa pas à la tourmente révolutionnaire, même si un grand fond de piété lui évita les excès qui en caractérisèrent d'autres. Il se trouva néanmoins des exaltés pour rallier les idées nouvelles. L'église fut profanée, une de ses cloches envoyée à la fonte des canons et la flèche de son clocher abattue. Elle n'a jamais été relevée. Un de ses enfants, l'abbé Jean-Baptiste MOSNIER, fut guillotiné au Puy le 19 juin 1794 pour des motifs qui paraissent bien minces au regard d'une telle sentence. Sa plus grande faute, au regard du tribunal révolutionnaire, avait été de rétracter publiquement et solennellement son serment à la constitution civile du clergé, puis de poursuivre clandestinement son apostolat. Le curé de St-JULIEN, Antoine REYNIER avait fait de même le 1er juillet 1791 mais, plus prudent, se fit oublier jusqu'en 1797 où il retrouva sa paroisse. A noter que durant toute cette période troublée la majeure partie de la population de St-Julien, mais aussi de toute la région de Craponne, resta fidèle aux prêtres non jureurs et leur apporta une aide constante au mépris des risques encourus.

Essentiellement agricole, la population se composait aussi de forgerons, aubergistes, boulangers, tailleurs d'habit, sabotiers. La culture du chanvre (on n'ose penser aux déboires qui en résulteraient de nos jours pour le cultivateur...) occupait une place de choix. Il était essentiellement utilisé pour la confection des vêtements et du linge de maison. Peu confortable, rêche mais quasi inusable il fut remplacé peu à peu par des textiles plus doux et agréables à porter. C'est un fait connu que la culture de la pomme de terre (appelée dans la région "truffe" ou "trifola") était pratiquée sur le plateau craponnais avant Parmentier. Dès 1750 il en est fait mention à St-Julien dans des actes de partage ou des testaments.

L'industrie de la dentelle occupa les femmes de l'ancien régime jusqu'au milieu du XXe siècle. Bien que peu rémunératrice, elle apportait un salaire d'appoint non négligeable dans les ménages.

À côté de grands propriétaires aristocrates (de Drossanges du Fieu, de Pradier d'Agrain, Torrilhon de Vacherolles) résidant souvent en dehors de la commune, les familles "notables" étaient essentiellement représentées par les meuniers nombreux au bord de l'Ance, du Lembron ou de l'Andrable. Certains jouissaient d'une véritable aisance (Salanon à Ancette depuis des temps immémoriaux, Jouve puis Cathaud au Rodier dont le moulin était entouré d'un domaine foncier considérable, Monier à Giroux depuis la fin du Moyen Âge).

Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), la commune a porté le nom de Mont-d'Ance[1].

La commune a compté jusqu'à 1 200 habitants au XIXe siècle. La saignée de la Grande guerre et l'exode rural ont divisé ce chiffre par six ! Depuis l'an 2000, la courbe remonte légèrement.

De nombreux documents ont été conservés par la famille Lagnier qui habita le village de la fin du Moyen Âge jusqu'au XXe siècle dont la postérité se poursuit dans la famille Salanon.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

1789 - 1792 André FOUCHERAND (de Laprat) 1792 - 1795 Jean-Baptiste SALANON (Ancette) 1795 - 1797 André MOSNIER (Laprat) 1797 - 1802 Jean-Baptiste SALANON (Ancette) 1802 - 1816 André LAGNIER (Le bourg) 1815 - 1821 Jean-Pierre JOUVE (Le Rodier) 1821 - 1830 Jean CHOULAS (Le bourg) 1830 - 1832 Jacques BERNARD (Le bourg) 1832 - 1837 Pierre TRIOULEYRE (Uffarges) 1837 - 1840 Jean CHOULAS (Le bourg) 1840 - 1858 Claude MONIER (Uffarges) 1858 - 1870 Jean-Pierre CATHAUD (Le Rodier) 1870 - 1871 Claude-Paul MONIER (Giroux) 1871 - 1876 Jean-Baptiste MONIER (Le bourg) 1876 - 1883 Claude-Paul MONIER (Giroux) 1883 - 1892 Jean MOSNIER (Voirac) 1892 - 1896 Jean-Marie SALANON (Ancette) 1896 - 1904 Jean-Baptiste OLLIER (Longefont) 1904 - 1908 Claude MOSNIER (Voirac) 1908 - 1909 Charles LAGNIER (Le bourg) 1909 - 1925 Jean-Paul MONIER (Giroux) 1925 - 1928 Antoine BRUAIRE (Peret) 1928 - 1935 Jean-Claude GARRIER (Triolaire) 1935 - 1938 Vital PETIT (Laprat) 1938 - 1947 André BOST (Le bourg) 1947 - 1952 Louis BUFFERNE (Triolaire) 1952 - 1953 Jean-Marie OLLIER (Longefont) 1953 - 1989 Jean-Claude BUFFERNE (Triolaire)
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 mars 2008 Paul Ramousse    
mars 2008 en cours
(au 28 août 2014)
René Berthon[2]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 240 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 283 960 1 065 1 140 1 264 1 236 1 217 1 221 1 184
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 166 1 159 1 175 1 065 978 1 034 1 004 967 879
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
808 860 817 706 663 602 618 545 486
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
408 348 263 251 224 213 234 240 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue supérieure de la coulée de lave de la Bourianne
Coulée de lave de la Bourianne
  • Le barrage de Passouira
  • L'église du XVIe siècle avec des réemplois romans du XIIe siècle et sa crypte classée.
  • Croix, dont une monumentale à Uffarges, fin XVIe siècle, inscrite (1701 est une date de ré-érection).
  • La coulée de lave de la Bourianne [5]

Une éruption volcanique a laissé des gros blocs de pierre. Un sentier balisé, vous conduira au sommet où une table d'orientation qui permet d'admirer un panorama exceptionnel.

  • Le moulin d'Ancette du XIVe siècle.
  • La rivière l'Ance qui serpente jusqu'à la Loire.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

L'abbé Jean-Baptiste PAYRARD, né en 1839 à TIRANGES, décédé curé-doyen de CAYRES le 13 mai 1892 fut curé de St-Julien d'Ance de 1881 à 1888. Érudit et historien vellave reconnu, il consacra ses loisirs aux études de paléographie et d'archéologie locale. Chercheur infatigable, il fouillera dans chaque paroisse où il sera nommé registres paroissiaux, minutes de notaires, terriers, chartes, papiers de famille. Ses nombreuses publications dans les Tablettes du Velay ou l'Écho du Velay sous le nom de "Mélanges historiques" lui vaudront une grande notoriété jusqu'au-delà les frontières du Velay. On lui doit, entre autres, la publication des "cartulaires de Pébrac, de St-Julien, de St-Chaffre, le cérémonial de l'église angélique (N. D. du Puy), et de nombreux articles d'histoire locale plus passionnants et documentés les uns que les autres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Saint-Julien-d'Ance sur le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui de l'EHESS, consulté le 20 juillet 2012.
  2. Liste des maires de la Haute-Loire sur le site de la préfecture (consulté le 28 août 2014).
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  5. http://www.stjuliendance.com/p_coulee.htm


Liens externes[modifier | modifier le code]

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