Saint-Jans-Cappel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Saint-Jans-Cappel
Image illustrative de l'article Saint-Jans-Cappel
Blason de Saint-Jans-Cappel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Arrondissement Dunkerque
Canton Bailleul-Nord-Est
Intercommunalité Communauté de communes de Flandre intérieure
Maire
Mandat
César Storet
2014-2020
Code postal 59270
Code commune 59535
Démographie
Gentilé Cappellois
Population
municipale
1 707 hab. (2011)
Densité 214 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 45′ 50″ N 2° 43′ 21″ E / 50.763889, 2.7225 ()50° 45′ 50″ Nord 2° 43′ 21″ Est / 50.763889, 2.7225 ()  
Altitude Min. 26 m – Max. 152 m
Superficie 7,96 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Nord

Voir sur la carte administrative du Nord
City locator 14.svg
Saint-Jans-Cappel

Géolocalisation sur la carte : Nord

Voir sur la carte topographique du Nord
City locator 14.svg
Saint-Jans-Cappel

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Saint-Jans-Cappel

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Saint-Jans-Cappel

Saint-Jans-Cappel est une commune française, située dans le département du Nord en région Nord-Pas-de-Calais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Jans-Cappel dans son canton et son arrondissement

Saint-Jans-Cappel est situé au cœur des monts des Flandres.

La commune est traversée par les routes départementales 10, 18 et 223

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Saint-Jans-Cappel
Berthen Boeschepe
Saint-Jans-Cappel
Méteren Bailleul

La commune est composée de plusieurs hameaux et lieux-dits : Le Mont Noir, ancienne seigneurie de Noirmont, appelée aussi Van Borbe et Swartenberg, 1857 - Schakje - croix de Poperineghe - meulehouck. - Hoghenacker. - La Manche. - La Tombe, ancienne seigneurie.

Environnement[modifier | modifier le code]

La commune est exposée au risque d'inondation, contre lequel un Plan de gestion globale et équilibrée des écoulements et des crues de la Grande Becque est en cours [1] avec le Syndicat mixte pour le schéma d'aménagement et de gestion des eaux de la Lys (SYMSAGEL). Le projet de nouveau schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (application de la Directive-cadre sur l'eau) a proposé en 2008/2009 un délai dérogatoire supplémentaire pour l'atteinte de l'objectif de bon état des eaux de ce cours d'eau, en raison de la teneur anormale en mercure[2] de la Grande Becque (Meteren Becque) (affluent de la Lys qui s'étend sur environ 25 km entre le versant sud des Monts des Flandres et sa confluence avec la Lys, sur la commune de Steenwerck.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Sint-Jans Kapel en flamand[3]. Littéralement: Chapelle de Saint Jean.

Histoire[4][modifier | modifier le code]

On pense qu'il y a existé un monastère dont la tradition fait remonter la démolition au XIIIe siècle. La dîme de ce village appartenait en grande partie au chapitre de Térouane. Au XVIe siècle, le nom de Sancti Joannis Capella était celui d'une division ecclésiastique du diocèse de Térouane (1560).

La création de la commune de Saint-Jans-Cappel est relativement récente et remonte à l’époque de la Révolution française. Faisant partie de l’ambacht – ou châtellenie – de Bailleul, elle demeura très longtemps une paroisse indépendante sur laquelle l’ambacht exerça relativement peu d’influence. Le 8 août 1788, le roi Louis XVI décide de convoquer à Versailles les États Généraux pour le 1er mai 1789. Comme cela avait été le cas en 1614, il est demandé aux Français de rédiger des cahiers de doléances.

Le 26 mars 1789, les habitants de Saint-Jans-Cappel se réunissent et rédigent les cahiers de la paroisse. 46 foyers sur les 110 que comptait alors le village participent aux débats présidés par Pierre de Lacroix, bailli de la paroisse. C’est vraisemblablement lui qui mit en forme le cahier qui sera porté par Pierre Billiau et Benoît Hausselle à l’assemblée bailliagère de Bailleul du 30 mars 1789. Dans leurs doléances, les habitants de Saint-Jans-Cappel réclament notamment :

  • la construction d’une route pavée passant par Bailleul, Saint-Jans-Cappel, Berthen et Boeschèpe
  • davantage d’argent pour l’entretien des pauvres très nombreux dans la paroisse
  • une répartition des terres agricoles entre ceux qui la cultivent alors qu’ils n’en sont pas propriétaires.
  • l’érection du village en véritable municipalité indépendante

Un an plus tard, la paroisse de Saint-Jans-Cappel obtient officiellement le statut de commune.

Paisible village aux chemins défoncés rendant toute communication difficile, Saint-Jans-Cappel semblait devoir échapper à la tourmente révolutionnaire. Pourtant, la Révolution y exerça, ici comme ailleurs, son influence. L’église fut fermée et le mobilier vendu à l’encan. Le maître-autel fut acheté par un paroissien qui le restitua après la tourmente. Le 25 floréal an VII (14 mai 1794), l’église est adjugée pour la somme de 42 500 francs à des habitants de la commune qui ne voulaient pas qu’elle soit utilisée à des usages profanes. Les prêtres de la paroisse refusèrent de prêter serment à la constitution civile du clergé et furent condamnés à la déportation. Des curés constitutionnels furent nommés, mais aucun ne fut réellement accepté par la population.

En 1802, à la signature du concordat entre Bonaparte et le pape Pie VII, le calme revient, et l’ancien vicaire reprend l’exercice public du culte.

À la fin du XIXe siècle, les passions se déchaîneront, comme partout en France, lors de l’instauration par Jules Ferry de l’enseignement public, laïc, gratuit et obligatoire. Elles atteindront leur paroxysme en 1905 lorsque sera votée la loi de séparation de l’Église et de l’État. Dans la Flandre très catholique, l’épisode des inventaires a laissé des traces assez profondes dans les esprits (affaire du Capitaine Maniez).

Avec la Grande Guerre, la commune devait connaître les heures les plus sombres de son histoire. D’octobre 1914 à avril 1918, Saint-Jans-Cappel fut transformée en camp militaire. Des soldats de toutes armes et de toutes nationalités y séjournèrent : Français, Anglais, Écossais, Irlandais et Indiens venaient s’y reposer quelques jours en arrière du front avant de repartir dans les tranchées.

En mars 1918, les Allemands lancent une vaste offensive sur le front Armentières – La Bassée. De violents combats ont lieu autour de Bailleul. Dans les premiers jours d’avril, l’autorité militaire donne l’ordre d’évacuer le village. Celui-ci subit alors un bombardement terrible qui détruit et incendie la plupart des habitations. A la mi-août, Foch, généralissime des armées alliées, lance la contre-offensive et fait reculer les Allemands qui finiront par capituler le 11 novembre 1918.

Le bilan de la guerre dans le nord de la France est terrible. Partout, ce ne sont que ruines et désolation. Saint-Jans-Cappel dénombre 51 de ses enfants tombés à l’ennemi, ainsi que 3 victimes civiles. Il faudra dix ans pour reconstruire le village. Cela valut à la commune l’attribution de la Croix de Guerre.

De septembre 1939 à mai 1940, durant la drôle de guerre, de nombreux soldats français ainsi que des troupes venues d’Afrique du Nord séjourneront dans les fermes du village. Le 10 mai 1940, Hitler lance son armée contre les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Quelques jours plus tard, le 23 mai 1940, des troupes allemandes pénètrent à Saint-Jans-Cappel. Pendant quatre ans, le village vivra à l’heure allemande. La Kommandantur s’installe chez le secrétaire de mairie, Joseph Degroote. L’occupation est marquée par les privations, les cartes et les tickets de rationnement.

Le 6 juin 1944, les troupes alliées débarquent en Normandie. Trois mois plus tard, le 6 septembre au matin, des colonnes allemandes battant en retraite, traversent le village en direction du Mont-Noir. Vers 10 heures, des blindés polonais arrivent au Schaexhen, en provenance de Saint-Omer. Quelques instants plus tard, des jeunes se précipitent vers l’église et font sonner les cloches pour annoncer la libération, alors qu’un motard canadien s’arrête sur la place du village aussitôt entouré par la population.

À la signature de l’Armistice du 8 mai 1945, le bilan pour la commune n’est pas aussi tragique qu’en 1918. Si les cinq années d’occupation ont été marquées par le rationnement et les privations, on déplore néanmoins huit morts dont trois victimes civiles. Les cinquante-neuf prisonniers de guerre rentrèrent pratiquement tous, les premiers après quelques mois de captivité, les derniers en 1945. Un Cappelois dut subir les brutalités et les tortures de la Gestapo et fut déporté politique au camp de Mauthausen[5].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Saint-Jans-Cappel (Nord).svg

Les armes de Saint-Jans-Cappel se blasonnent ainsi : D’or à la croix de vair, les cloches de vair adossées au centre de la croix, cantonnées à dextre en chef d’un agneau pascal.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 mars 2008 Dominique Hallynck UDF Conseiller général du Canton de Bailleul-Sud-Ouest
mars 2008 mars 2014 Dominique Hallynck MoDem Président de la CCFI (communauté de communes de Flandre intérieure) du 01 janvier 2014 au 18 avril 2014
mars 2014 en cours César Storet SE Société civile
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 707 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
910 695 972 939 982 994 1 044 1 099 1 100
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 089 1 070 1 041 1 070 1 128 1 179 1 223 1 282 1 317
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 384 1 408 1 362 1 108 1 167 1 096 1 189 1 264 1 173
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
1 072 1 060 1 145 1 105 1 351 1 472 1 465 1 707 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Saint-Jans-Cappel en 2007 en pourcentage[8].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,1 
90 ans ou +
0,4 
5,5 
75 à 89 ans
7,5 
11,9 
60 à 74 ans
13,1 
24,5 
45 à 59 ans
23,0 
19,1 
30 à 44 ans
21,1 
20,3 
15 à 29 ans
16,8 
18,7 
0 à 14 ans
18,1 
Pyramide des âges du département du Nord en 2007 en pourcentage[9].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,2 
90 ans ou +
0,7 
4,6 
75 à 89 ans
8,2 
10,4 
60 à 74 ans
11,9 
19,8 
45 à 59 ans
19,5 
21,0 
30 à 44 ans
19,9 
22,5 
15 à 29 ans
20,9 
21,5 
0 à 14 ans
18,9 

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Saint Jans Cappel - La tour St Jean Baptiste - 1557

Depuis 2009, Saint-Jans-Cappel fait partie du réseau Village Patrimoine, coordonné par les Pays de Flandre.

Chemin de randonnée[modifier | modifier le code]

Balade à partir de la commune : le sentier du Mont Noir (9,5 km).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Rosalie Doise : en 1862, elle est condamnée pour parricide avant d'être innocentée six mois plus tard[11],[12],[13]
  • Alfred Parens (1888-1918)[14]
  • Maurice Flauw (1908-2009)[16]

Sports et activités[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Carte ancienne deSandérus des environs de St Jans Cappel (1645) où figure notamment l'emplacement des moulins
  2. Carte de Cassini (1756). On remarquera la présence d'un moulin à St Jans Cappel
  3. Cadastre Napoléonien

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Plan de gestion globale et équilibrée des écoulements et des crues de la Grande Becque de Saint Jans Cappel ; Synthèse non technique, Décembre 2004
  2. Projet d'additif aux projets de SDAGE et de programme de mesure, Bassin Artois Picardie, Document de travail, 5 Décembre 2008, page 9/33
  3. Centre de Recherche généalogique Flandre-Artois
  4. Site de la commune, sous licence CC-BY-SA
  5. Liste des victimes des deux guerres figurant sur le monument aux morts de St Jans Cappel
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  8. « Évolution et structure de la population à Saint-Jans-Cappel en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010)
  9. « Résultats du recensement de la population du Nord en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 1er août 2010)
  10. L'Orgue sur le site du ministère de la culture
  11. « Rosalie DOISE - 1861 », sur le blog des innocents injustement accusés.
  12. Jean-Claude Farcy, Les sources judiciaires de l'époque contemporaine : XIXe ‑ XXe siècle, Rosny-sous-Bois, Bréal, coll. « Sources d'histoire »,‎ 2007, 21 cm, 287 p. (ISBN 978-2-7495-0730-9, ISSN 1773-5572, lien notice BnF?, lire en ligne).
  13. « Affaire Doise - 1862 », Actes et Paroles II – Pendant l'exil, sur Lettres - académie de Rouen.
  14. « Histoire du clairon Alfred Parens du 59e Régiment d’Infanterie », sur Histoire et Patrimoine de l'Ariège.
  15. Archives Départementales du Nord : recensement de 1906. Les habitants du château 33, route du Mt Noir
  16. « Maurice Flauw, maire honoraire de Saint-Jans-Cappel, est mort », sur la Voix du Nord,‎ 24 janvier 2009.