Saint-Germain-sur-Meuse

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Saint-Germain-sur-Meuse
Le pont du chemin de fer sur la Meuse
Le pont du chemin de fer sur la Meuse
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meuse
Arrondissement Commercy
Canton Vaucouleurs
Intercommunalité Communauté de communes du Val des Couleurs
Maire
Mandat
Patrick André
2014-2020
Code postal 55140
Code commune 55456
Démographie
Population
municipale
268 hab. (2011)
Densité 35 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 39′ 02″ N 5° 41′ 26″ E / 48.6505555556, 5.6905555555648° 39′ 02″ Nord 5° 41′ 26″ Est / 48.6505555556, 5.69055555556  
Altitude Min. 240 m – Max. 395 m
Superficie 7,67 km2
Localisation

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Saint-Germain-sur-Meuse est une commune française située dans le département de la Meuse en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Saint-Germain est situé sur un axe de communication nord-sud conduisant à Neufchâteau, en longeant la vallée de la Meuse : route départementale 36 et ligne de chemin de fer de Bologne à Pagny-sur-Meuse. Il se trouvait également sur la voie romaine Nasium-Toul.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

La voie romaine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Voie romaine Reims-Metz.

La voie romaine reliant Nasium (Naix-aux-Forges) à Toul suivait la vallée de la Barboure, via Boviolles, Marson, Reffroy puis passait au sud de Bovée-sur-Barboure, au nord de Broussey-en-Blois et Sauvoy et se dirigeait vers Saint-Germain-sur-Meuse (Travia) où elle franchissait la Meuse sur un pont de pierre dont on voyait encore les ruines à côté du pont moderne au XIXe siècle[1]. (Depuis, le pont a été reconstruit, et les vestiges du pont antique ont disparu). De là elle rejoignait Toul en traversant le bois de Saint-Germain, passait par la ferme de SavonnièresFoug) et par Ménilot. Cette voie romaine est citée à la fois dans "la Table de Peutinger" et dans "l'Itinéraire d'Antonin"[2]. Au lieu-dit Chemin des Romains, on trouve des substructions gallo-romaines : tuiles, briques, poteries.

La partie du chemin à l'ouest de Saint-Germain porte encore le nom de "chemin de la Pucelle"[3] car selon la tradition, Jeanne d'Arc aurait suivi cette route pour se rendre à Chinon y offrir ses services à Charles VII. La suite du chemin à l'est dans les bois de Saint-Germain porte le nom de Hordal, descendant du troisième frère de Jeanne, Pierre d'Arc. Il subsiste encore des parties très bien conservées de cette voie romaine, en particulier sur les hauteurs boisées.

Bornes d'Empire[modifier | modifier le code]

La "Borne d'Empire" de Tusey.

À Saint-Germain, cette voie romaine croisait une autre voie, d'importance secondaire, allant de Tusey (Tucinum ou Tussium) au sud au camp de Sorcy au nord, et non loin de l'intersection, au sud de la voie Nasium-Toul, se dressait une borne colossale, carrée, en pierre taillée, sans aucune inscription, dite dans le pays Borne d'Empire, qui fut débitée en moellons vers l'année 1820[4]. Une pierre semblable se trouve encore à Tusey, devant le mur du haut-fourneau, situé derrière le château de la Fonderie (localisation 48° 37' 2.86" N, 5° 40' 11.5" E)[5]. Cette pierre a une forme cubique d'environ 1 mètre de côté, et présente une petite cavité au centre d'une des faces, dans laquelle est emboîtée une pièce métallique (voir photo).

Ces bornes feraient partie de celles qui ont été plantées à la suite de la rencontre de Quatre-Vaux en 1299, entre Philippe IV le Bel et l'empereur Albert Ier de Habsbourg, pour fixer la frontière entre les deux empires, laquelle suivait la vallée de la Meuse. Selon plusieurs témoignages, ces pierres étaient surmontées de bornes en bronze[6] qui ont été ensuite démontées par Henry II[7], ne laissant sur place que les supports en pierre.

Sculpture en bois polychrome représentant saint Germain l'Auxerrois, datée du XVe siècle.

Saint-Germain l’Auxerrois[modifier | modifier le code]

À l'époque gallo-romaine, Saint-Germain-sur-Meuse s'appelait Travia (du latin traviare, traverser). On retrouve une trace de ce nom dans la rue principale du village, la rue Traverse, là où passait la voie romaine, et où elle traversait la Meuse. Ce village a pris le nom de Saint-Germain lors du passage de Saint-Germain évêque d'Auxerre en 429 et 447. Lors de son passage en 447, un miracle se serait produit : son bâton planté en terre s'est transformé en un grand arbre verdoyant, comme cela s'était produit dans la Bible pour le bâton d'Aaron (Nombre 17,23). On rapporte également un miracle semblable à propos de Saint-Christophe. On bâtit une abbaye royale à l'endroit du miracle, laquelle est mentionnée pour la dernière fois dans un acte de 878 et qui a ensuite disparu[8]. Ce village a alors pris le nom de Saint-Germain, devenu Saint-Germain-sur-Meuse en 1919. Une église romane a été construite à l'emplacement de l'ancienne abbaye bénédictine, dont il subsiste une tour de la 2e moitié du XIIe siècle. Saint-Germain dépendait autrefois de Savonnières (qui doit son nom à une fabrique de savon), une ville importante où se sont tenus plusieurs conciles en 856 et en 862. Cette ville de Savonnières qui était la mère église de Saint-Germain a totalement disparu.

Amblainville[modifier | modifier le code]

Saint-Gorgon sur le blason de Varangéville.

Sur le ban de Saint-Germain-sur-Meuse, au milieu des bois, non loin des ruines de Gombervaux, se trouve l'emplacement d'un village détruit au XIVe siècle : Saint Gorgon, autrefois Amblainville, dont le site est marqué dans une petite clairière par une intarissable fontaine de Saint Gorgon. On y trouvait un ermitage et une chapelle dédiée à Saint Gorgon, laquelle est présentement à l'état de ruines. Ce saint, qui était le patron du village disparu, est un martyr romain du début du IVe siècle, qui fit l'objet d'une vénération particulière en Lorraine jusqu'à la fin du XIXe siècle, et dont les reliques se trouvent à l'Abbaye de Gorze, près de Metz. Il existe plusieurs églises Saint Gorgon dans la région, dont une à Vertuzey, Woël, Saint-Gorgon (Vosges) ou Moyeuvre-Grande et un prieuré bénédictin Saint-Gorgon à Varangéville. On trouve dans l'église de Saint-Germain un vitrail où le saint est représenté guérissant un enfant malade[9].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Marcel Conreux    
mars 2008 en cours Patrick André    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 268 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
500 488 510 444 482 490 497 474 481
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
447 430 438 454 408 401 402 375 377
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
364 376 377 309 293 303 260 262 283
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
303 281 216 192 220 241 253 248 263
2011 - - - - - - - -
268 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église paroissiale du XIIe siècle ; vitrail de Saint-Gorgon bénissant un enfant malade.
  • Une carrière de calcaire, exploitée par l'usine Solvay de Dombasle-sur-Meurthe, située à une soixantaine de kilomètres.
  • Le Moulin de Chanteraine, ancien moulin à eau.
  • Le château transformé en ferme avec ses quatre tours d'angle.
  • Monument commémoratif de Louis Curel, entrepreneur de travaux publics de Toul, bienfaiteur de la commune, 1894, statue en pied, fonte peinte monochrome. Il existe aussi une fontaine Louis Curel à Toul.
  • Statuette de saint Jean-Baptiste XVIe siècle, pierre, maison privée, 20, Grande Rue. Sur une autre maison au 34 de la même rue, une statuette en pierre également du XVIe siècle représentant Sainte Anne, la mère de la Vierge Marie.
  • Ruines de l'ermitage et de la Chapelle et fontaine Saint-Gorgon (vers Gombervaux).
  • Chapelle Notre Dame de Massey.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les Mémoires de la Société nationale des antiquaires de France, Volume 10 sur Google Books, page 81,
  2. Les agglomérations secondaires de la Lorraine romaine sur Google Books, page 239, paragraphe 3.3.1. Le réseau routier régional
  3. carte IGN 3215 E
  4. Mémoires et procès-verbaux, Volume 13 sur Google Books, page 347
  5. Titre Archéologie de la Meuse: Partie centrale du département et Atlas Publication de la Société philomatique de Verdun Volume 2 of Archéologie de la Meuse: Description des voies anciennes et des monuments aux époques celtique et gallo-romaine ..., Félix Liénard Auteur Félix Liénard Éditeur impr. de Ch. Laurent, 1884 , Page 158
  6. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le-Duc sur Google Books page 175
  7. Notice de la Lorraine - Augustin Calmet sur Google Books page 424

    « On convint de mettre les bornes des deux empires à la Meuse, et [que] l'on planta même par les ordres des deux princes, des bornes d'airain [...] sur l'un des côtés de ces bornes était gravée l'aigle impériale, et sur l'autre les fleurs de lys [...] Henry II, roi de France fit arracher plusieurs de ces bornes, et [qu'il] les faisait payer à poids d'or à ceux qui lui en apportaient »

  8. Histoire de Lorraine, Augustin Calmet, t. 1 p. 313,314 Histoire de Lorraine Par Augustin Calmet sur Google Books Histoire de Lorraine Par Augustin Calmet sur Google Books

    « Louis-te-Bègue confirme à Arnalde, évêque de Toul, les abbayes de Saint-Evre, de Saint-Germain et de Saint-Martin. An 878. »

  9. Le patrimoine des communes de la Meuse, Volume 2 sur Google Books page 1048
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  12. La mémoire des Lorrains, Claude Gerard, Nancy, 1984, p.307 selon un ancien texte : "Après avoir traversé la Meuse en la ville d'Ugney (Ugny), estoit partie de pié avec et la compagnie de plusieurs dames d'estat du dit Vaucouleurs pour aller en pèlerinage à Notre-Dame de Marcey près du dit lieu de Vaucouleurs"