Saint-Germain-Village

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Saint-Germain-Village
L'église Saint-Germain.
L'église Saint-Germain.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Eure
Arrondissement Arrondissement de Bernay
Canton Canton de Pont-Audemer
Intercommunalité Communauté de communes de Pont-Audemer
Maire
Mandat
Philippe Lechevalier
2014-2020
Code postal 27500
Code commune 27549
Démographie
Population
municipale
1 649 hab. (2012)
Densité 311 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 21′ 00″ N 0° 30′ 18″ E / 49.35, 0.50549° 21′ 00″ Nord 0° 30′ 18″ Est / 49.35, 0.505  
Altitude Min. 4 m – Max. 126 m
Superficie 5,31 km2
Localisation

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Liens
Site web www.saint-germain-village.fr

Saint-Germain-Village est une commune française située dans le département de l'Eure en région Haute-Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Germain-Village est limitrophe de Pont-Audemer et forme avec celle-ci une seule et même agglomération. La commune s'étend sur 5,31 km²[1], un territoire partagé entre le plateau du Lieuvin, la vallée de la Risle, reliée par les rivières du Doult-Vitran, de la Tourville et de la Véronne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Sanctus Germanus en 1130.

Histoire[modifier | modifier le code]

Saint-Germain-Village reprend le nom de sa paroisse d'Ancien Régime, située à cheval entre la partie sud de la ville de Pont-Audemer et un territoire plus rural surplombant la vallée de la Risle.

Antiquité

Ces caractéristiques géographiques ont favorisé une implantation ancienne. Les premières occupations humaines attestées remontent à la fin de l'Âge du Bronze ou au premier Âge du fer, dans la zone de la côte Saint-Gilles où des fouilles ont retrouvé les traces d'un ensemble d'habitats et de fossés caractéristiques de petites activités agricoles[2].

À l'époque gallo-romaine, le territoire correspondant à la ville actuelle accueille une route particulièrement empruntée pour traverser la Risle, la ligne droite du chemin du Perrey (route départementale 87) est probablement un témoin de cette voie romaine.

Moyen Âge

Au début du Moyen Âge, le développement de la population et des activités humaines dans cette partie du royaume franc ou de l'empire carolingien participe de l'éclosion d'un bourg sur le passage de la Risle, certainement corrélé au développement de l'abbaye voisine Saint-Pierre de Préaux. Un pont sur la Risle est mentionné pour la première fois en 715[3], en 1025 une charte de Richard II mentionne le bourg du nom de Pontem Haldemari (Pont-Audemer).

Saint-Germain est alors une des quatre paroisses de Pont-Audemer. Elle appartient à l'abbaye de Préaux qui fait édifier une église romane dans le courant du XIe siècle. Surélevé, l'édifice religieux domine la paroisse qui constitue un faubourg de la ville de Pont-Audemer, présentant des habitations construites en dehors de l'enceinte médiévale. Saint-Germain est donc une paroisse de faubourg, identifiant géographiquement la banlieue de Pont-Audemer.

La fondation de la léproserie Saint-Gilles en 1135 à l'emplacement actuel du château éponyme marque l'extrême ouest de la paroisse[4]. Construite par Galéran de Meulan, l'établissement est pris en charge par les frères de la léproserie de Beaulieu, située dans le diocèse de Chartres[5]. La maladrerie est créée dans un lieu nettement à l'écart de la ville pour éviter les contagions. Un petit ensemble d'habitats se développent mêlant autour du monastère des maisons à pan de bois et torchis[6]. Pour faire vivre la communauté, Galéran de Meulan octroie à la léproserie le droit de tenir une foire chaque année le jour de la Saint-Gilles, le 1er septembre. À cette occasion, toutes les taxes perçues sur les ventes vont au profit de la communauté. Comme nous l'avons dit auparavant, l'emplacement stratégique de Saint-Germain sur une route entre Rouen, Lisieux et Caen associé à la période de la fin de l'été permet de d'appréhender le succès de cette fois qui sera organisé jusqu'au milieu du XIXe siècle dans un contexte commercial.

Époque moderne

Au milieu du XVIe siècle, le territoire de la paroisse de Saint-Germain est divisé par le tracé des limites de bourgeoisie qui agrandissent l'emprise de la ville de Pont-Audemer sur une partie de ses faubourgs, permettant à ses habitants d'être affranchis de la taille.

En 1709, un recensement[7] des habitants donne un état de la population de la paroisse. 260 foyers forment autant de familles composées de 4 à 5 individus en moyenne. La plupart des familles vivent dans une grande pauvreté, le nombre de mendiants est très important. Les autres sont artisans, ouvriers ou domestiques et travaillent en grande partie à Pont-Audemer.

Révolution française

Lors de la Révolution, la paroisse de Saint-Germain est menacée de suppression et d'une fusion avec la paroisse de Saint-Ouen située à Pont-Audemer. La nouvelle commune créée de facto à partir de la paroisse serait ainsi tuée dans l’œuf. La résistance des habitants de Saint-Germain qui garde cachée la matrice des impôts fonciers permet en 1792 d'avoir gain de cause et entraîne la confirmation du statut d'une commune indépendante de Pont-Audemer, nommée pour la première fois en 1793 Saint-Germain-Village[8].

Époque contemporaine

Au XIXe siècle, Saint-Germain-Village se dote de nombreux équipements à destination de l'éducation des enfants. En 1861, la congrégation des sœurs de notre Dame fonde un orphelinat et une école réservée aux filles[9] (une école pour garçon ayant été créée à Pont-Audemer dans l'actuelle rue Jules Ferry). En 1883, la première école publique de Saint-Germain-Village est ouverte dans une maison louée pour l'occasion.

L'activité artisanale et proto-industrielle est particulièrement présente sur le territoire de la commune à la faveur des nombreuses rivières qui irriguent le territoire. On dénombre une briqueterie, une menuiserie, une maçonnerie, une scierie et une meunerie.

Le XXe siècle est tout d'abord marqué par l'arrivée de l'électricité qui se déploie à partir des années 1930 dans le village[10] puis après Guerre sur le reste du territoire.

Les années 1950-1960 font place à la période de la Reconstruction et aux projets d'urbanisme particulièrement nombreux du côté de Pont-Audemer. Saint-Germain-Village procède à plusieurs échanges de terrains avec la ville voisine[11] qui permettent l'aménagement de lotissements tels que le Doult-Vitran. En échange, la commune de Saint-Germain-Village est rattachée aux réseaux de l'éclairage public, du tout à l’égout et du ramassage des ordures.

À partir des années 1960, Saint-Germain-Village se développe particulièrement. Sa population augmente au rythme des constructions de lotissements concertés (7 ensembles) ou d'habitations individuelles.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1919 1929 Charles Loriot Républicain Avocat puis juge d'instruction.
Député (1889-1902 / 1911-1919)
Maire de Pont-Audemer (1914-1919)
1971 1983 Bernard Restout   Président de la Fédération française de boxe (1966-1995)
mars 2001 février 2012 Jean Beuzeboc    
avril 2012 en cours Philippe Lechevalier    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 1 649 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
530 434 518 546 560 577 516 666 647
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
648 689 683 662 686 804 804 789 766
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
819 846 790 759 794 905 816 912 1 004
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 016 1 042 1 114 1 235 1 481 1 528 1 487 1 481 1 649
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2004[13].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument historique[modifier | modifier le code]

La commune compte un monument historique : l'église Saint-Germain, classée par arrêté du 12 juillet 1886[14].

Autres sites et monuments[modifier | modifier le code]

  • Le château de Saint-Gilles, route d'Honfleur.

Élevé sur l'emplacement de l'ancien prieuré du même nom, fondé en 1135 par Waleran de Meulan, pour y recevoir les lépreux des environs. Il fut appelé communément la léproserie, jusqu'à sa destruction. On y reconstruit ce château typiquement normand au XIXe siècle.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. MEDAILLE Marie-Noëlle, Pont-Audemer, Rouen, Région Haute-Normandie, coll. « Cahier du patrimoine »,‎
  2. INRAP, Rapport de diagnostic archéologique, Saint-Germain-Village, route de Honfleur, côte Saint-Gilles, Laurence Jego. INRAP, Rapport de diagnostic archéologique, Saint-Germain-Village, « Les jardins du château », route de Honfleur VC 519, juillet 2008.
  3. CANEL, Alfred, Essai sur l’arrondissement de Pont-Audemer, Paris, 1833, 1er volume, 454 p.
  4. Archives municipales de Rouen, Cartulaire de l’abbaye de Préaux, H711,ms.lat. 1929 f°25 v°
  5. BAUDOT Marcel, Les églises du canton de Pont-Audemer, Nouvelles de l’Eure, n°61.
  6. INRAP, Rapport de diagnostic archéologique, Saint-Germain-Village, « Les jardins du château », route de Honfleur VC 519, juillet 2008.
  7. Archives départementales de l’Eure, 2F2095
  8. MOLKHOU Pierre, Saint-Germain-Village, l’invention d’un territoire, 2009
  9. Archives départementales de l’Eure, 2F2999
  10. AD 27, Edt549
  11. Archives municipales de Pont-Audemer, série D, 3D
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2012.
  14. « Notice no PA00099554 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]