Saint-Flovier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Saint-Flovier
Image illustrative de l'article Saint-Flovier
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Indre-et-Loire
Arrondissement Loches
Canton Le Grand-Pressigny
Intercommunalité Communauté de communes de la Touraine du Sud
Maire
Mandat
Francis Baisson
2014-2020
Code postal 37600
Code commune 37218
Démographie
Gentilé Floviens
Population
municipale
601 hab. (2011)
Densité 21 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 58′ 08″ N 1° 01′ 42″ E / 46.9688888889, 1.0283333333346° 58′ 08″ Nord 1° 01′ 42″ Est / 46.9688888889, 1.02833333333  
Altitude Min. 102 m – Max. 146 m
Superficie 29,22 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Indre-et-Loire

Voir sur la carte administrative d'Indre-et-Loire
City locator 14.svg
Saint-Flovier

Géolocalisation sur la carte : Indre-et-Loire

Voir sur la carte topographique d'Indre-et-Loire
City locator 14.svg
Saint-Flovier

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Saint-Flovier

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Saint-Flovier

Saint-Flovier est une commune française du département d'Indre-et-Loire, dans la région Centre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Flovier est une commune de la "Touraine du Sud" ou "Lochois du Sud". Situé à "la pointe méridionale de la feuille de vigne formée par l'Indre-et-Loire", ce bourg s'apparente plus à la "petite Touraine retirée, modeste et gaie" des vallées de l'Aigronne et de la Claise au sud, qu'au Val de Loire, à l'ampleur et à son éclat 60 km plus au nord. La commune n'est pas loin non plus des "mille étangs" du proche Berry (la limite du département de l'Indre est à moins de 3 km).

Le centre du bourg est implanté dans une petite dépression (environ 100 mètres d'altitude), au carrefour de quatre routes dont les directions correspondant à peu près aux quatre points cardinaux. Toutes montent pour sortir du village, les terres alentour s'élevant en moyenne à près de 140 mètres d'altitude.

La commune se trouve dans l'aire géographique et dans la zone de production du lait, de fabrication et d'affinage du fromage Valençay[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Saint-Flovier était déjà érigé en paroisse au XIIIe siècle, ainsi qu'en attestent une charte de 1225 de l'abbaye de Saint-Martin (Parochia Sancti Flodovei, la plus ancienne mention) et le cartulaire de 1290 de l'archevêché de Tours (citant la Parochia S. Flodovei). La charte de 1230 de l'abbaye de la Merci-Dieu à La Roche-Posay nomme, elle aussi, Saint-Flovier Sanctus Flodoveus. Cette étymologie latine incite à penser que le gentilé de Flodovéens serait plus approprié que celui de Floviens.

Le bourg était autrefois protégé par des murailles et des douves (peut-être là où coule le ru du Ruban) et comprenait un donjon élevé non loin de l'église. Il ne reste aucune trace de ces fortifications.

A 1 km au sud du bourg se dressait la forteresse du Roulet, dont ne subsistent aujourd'hui que pans de murs ruinés et douves à demi comblées. Elle avait probablement vocation, comme celle du Bridoré, à jouer un rôle défensif en arrière de la Creuse. Elle fut toujours la propriété des seigneurs de Saint-Flovier.

Hugues de Saint-Flovier (Hugo de sancto Flodoveo), chevalier, premier seigneur connu du Roulet et de Saint-Flovier, vivait en 1175. En 1240, le sceau du seigneur Airaud ou Ereaud de Saint-Flovier comportait un losange et l'inscription S. Ereadi de Sain Flover. Après lui, la châtellenie de Saint-Flovier et le fief du Roulet passèrent, on ne sait comment, dans la maison de Preuilly, première baronnie de Touraine.

La paroisse voisine de Sainte-Julitte a connu une communauté de destin avec Saint-Flovier. Châtellenie relevant de Preuilly, elle s'appelait au XIe siècle Luigniacus (Leugny). Vers 1320, Florie, fille de Godemar de Lignières, le seigneur de la châtellenie de Sainte-Julitte, fut mariée à Jean Ier le Mengre, dit Boucicaut, maréchal de France célèbre, seigneur de Chaumussay et du Breuil doré (aujourd'hui Bridoré).

En 1359, la forteresse du Roulet tomba aux mains des Anglais qui occupaient le Poitou. Le maréchal Boucicaut leva alors une contribution dans toute la châtellenie de Loches et put racheter la place aux Anglais en 1362.

Vers 1600, Daniel de Thianges, écuyer, devint propriétaire des terres du Roulet et de Saint-Flovier. Son fils Louis, qui lui succéda en 1640, fut mêlé aux troubles de la Fronde. Il s'installa dans le vieux château du Roulet, à partir duquel, en compagnie d'autres gentilshommes, il multiplia brigandages et vexations à l'égard des habitants de Saint-Flovier. La tradition affirme qu'il fut enfin atteint par la justice et jeté en prison. N'ayant pas de postérité, les terres passent à sa sœur Marie.

Les extraits ci-dessous d'une lettre de Marie de Thianges, épouse de Regnault Dallonneau, seigneur du Roulet et de Saint-Flovier (parti guerroyer dans le nord), à l'adresse du baron de Preuilly en 1672, nous éclairent sur ce que pouvait être l'organisation seigneuriale de Saint-Flovier (et de l'orthographe) au XVIIe siècle :

" En la quelle chatellenye il y a bourg composé de quatre vingt feus dhabitans ou denviron qui nous doibvent plusieurs menus droitz et debvoirs. Nous y avons notre justice chastellenye de St Flovier qui est rendue par nostre bailli de quinzaine en quinzaine suivant la coustume et les ordonnances et décrets requis. Dans le dict bourg de St Flovier, il y a eglise paroissialle, en la quelle nous sommes fondateurs seuls (...). Dans le quel bourg nous avons four banal avec tous droits de la ditte coustume. Y avons aussi tous droictz de mesures à vin et bled et aultres droictz mesme du boisseau plus grand que du vostre d'un seiziesme, comme nos predecesseurs ont accoustumé jouyr. Avons nostre moulin bancquier, appelé le moulin Premier avec tout droictz de la ditte coustume. En nostre dit bourg nous avons quatre foires par chacun an, savoyr : la première le jour de St Vincent le 22 janvier, la seconde le jour de Ste Croix 3 may, la troisiesme le jour de l'Invention de la Ste Croix, la quatriesme le 14 septembre; et tous les lundys de la semaine les marchez qui nous ont este accordez ou a nos predecesseurs par les Roys, avec les droictz des dittes foires et marchez. Avons aussy de nostre dit bourg droict de bouchery comme nos predecesseurs ont accoustume jouyr. Avons en la ditte paroisse de St Flovier droict de dixme de bled de treize gerbes (...)".

Quant aux rapports du Roulet, qui était aussi un fief, ils consistaient surtout dans une dîme de 1/13ème sur les blés, chanvres, pois, fèves, etc., à laquelle étaient soumis 400 arpents de terre dépendant de Saint-Flovier.

Vers 1690, Saint-Flovier fut acquis par Jacques Chaspoux, seigneur de Verneuil. En 1708, le domaine de Sainte-Julitte fut vendu à Claire Renaudot, veuve de Jacques Chaspoux. Leur fils, Eusèbe-Jacques, obtint que la terre de Verneuil fusse érigée en marquisat, englobant ainsi celles de Sainte-Julitte, du Roulet, de Saint-Flovier, de Chaumussay et autres domaines adjacents.

René de Menou, seigneur de la châtellenie voisine de Charnizay, épousa en 1769 une Chaspoux de Verneuil, qui, de par sa dot, fit de lui le dernier seigneur du Roulet et de Saint-Flovier. Il fit alors bâtir, à l'écart de la vieille forteresse, un nouveau château, dont il ne reste plus rien, car il fut démonté et vendu pierre par pierre. Vers 1880, un troisième château va être édifié au même emplacement. Ce sera le plus important des trois (il en existe des photos) : il coûta 1,5 million de francs-or et comportait autant de portes et fenêtres qu'il y a de jours dans l'année. En 1950, cette magnifique demeure avait définitivement disparu, "victime du vandalisme d'un marchand de pierres, en même temps que le parc qui l'entourait a été exploité". Seuls subsistent au lieu-dit "La Basse-Cour" de beaux bâtiments qui devaient être les communs de ce château.

Saint-Flovier fut chef-lieu de canton de 1790 jusqu'en 1802, date à laquelle il fut rattaché au canton du Grand-Pressigny. Le plan cadastral de Delaunay, terminé le 15 juillet 1813, annonçait 2 614 hectares. En 1826, après avoir été administrée par quatre maires successifs, la commune de Sainte-Julitte est alors rattachée à celle de Saint-Flovier, ce qui ajouta à la superficie de cette dernière un peu plus de 300 hectares.

L'année était rythmée par quatre foires qui avaient lieu les 8 janvier, 9 avril, 8 juin et 8 octobre. Elles se tenaient sur l'actuel terrain de football (parfois encore appelé "champ de foire", environné de l'ancienne laiterie, du château d'eau de 1900, du lavoir municipal et de l'alambic communal). Le 3ème dimanche de mai avait lieu une assemblée pour location de domestiques.

Ces évènements ont décliné après la tourmente de la Grande Guerre, celle dont plus de cinquante hommes de la commune ne revinrent jamais.

En juin 1940, le tracé de la ligne de démarcation laissa une petite partie au sud-est de l'Indre-et-Loire en zone libre, dans laquelle se trouvait précisément Saint-Flovier. Cette "frontière" passait à une quinzaine de kilomètres en direction de Ligueil.

De nos jours, deux fêtes communales se déroulent chaque année, l'une le 3ème dimanche de mai, l'autre le 1er dimanche d'août, cette dernière étant appelée "Fête des Bûchettes", du nom d'un quartier de Saint-Flovier.

Un mystère local n'a jamais été vraiment résolu : la présence de scories (improprement baptisées "mâchefer") que l'on retrouve partout dans la contrée en abondance, notamment sur les chemins (c'est moins évident maintenant que tout est goudronné). Ces gisements de "ferrières" sont très importants autour de Saint-Flovier. Ces scories ont pu être importées des environs ou du minerai apporté là pour y être fondu grâce à la grande quantité de charbon de bois fourni par les forêts locales. Mais quand et dans quel but ? Diverses hypothèses, parfois romantiques, mais très improbables, ont été formulées : "les scories remontent à l'âge de bronze"; "elles sont issues des forges gauloises"; "Charles Martel a reconstitué là son armée avant la bataille de 732 et forgé des armes"; "il s'agit finalement d'activités de fonderies assez récentes..." Il faut tenir compte de la proximité de Ferrière-Larçon (12 km) en tant qu'origine ou modèle d'activité métallurgique. Saint-Flovier a peut-être possédé des forges similaires ou, plus simplement, a fait venir ces scories de fer proches, qui constituaient un engrais réputé et servaient également à assainir les chemins.

Les années en ont effacé les traces, comme elles ont, avec l'aide des hommes, détruit des châteaux. Les scories de forges préhistoriques, gauloises, carolingiennes ou autres, comme les pierres de demeures seigneuriales, n'auront finalement servi qu'à "ferrer" et empierrer des chemins.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le collège public (Joliot-Curie) de secteur[2] se trouve à Châtillon-sur-Indre. Les lycées publics de secteur[2] se trouvent au Blanc (lycée polyvalent Pasteur) et à Châteauroux (lycée polyvalent Blaise Pascal).

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1801   Assailly    
1804 décembre 1807 Jean Galland    
décembre 1812 janvier 1826 Jean Galland    
janvier 1831   Jean-Jacques Théodore Drouin    
décembre 1834 démission 1835 Assailly    
octobre 1835 juin 1837 Jean-Jacques Théodore Drouin    
1843   Galland    
août 1846   Octave, comte de Menou    
1862 mai 1871 Joseph Berthelot    
fév 1874 janvier 1878 Jean Richer    
mars 2001 réélu en 2008 Francis Baisson DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

La commune de Saint-Flovier comptait 603 habitants (population légale INSEE) au 1er janvier 2009. La densité de population est de 20,6 hab./km2.

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 601 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
795 828 774 993 1 129 1 206 1 229 1 385 1 325
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 356 1 379 1 374 1 306 1 316 1 234 1 290 1 245 1 216
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 200 1 213 1 174 1 019 1 113 1 030 1 011 1 018 1 031
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
954 856 750 696 636 605 605 604 603
2011 - - - - - - - -
601 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Pyramide des âges à Saint-Flovier en 2007 en pourcentage[5].
Hommes Classe d’âge Femmes
90 ans ou +
1,3 
13,5 
75 à 89 ans
12,6 
19,1 
60 à 74 ans
22,4 
24 
45 à 59 ans
23,3 
15,3 
30 à 44 ans
12,9 
13,9 
15 à 29 ans
14,8 
13,2 
0 à 14 ans
12,6 
Pyramide des âges en Indre-et-Loire en 2007 en pourcentage[6].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
90 ans ou +
1,4 
6,8 
75 à 89 ans
9,8 
13,1 
60 à 74 ans
13,9 
20,7 
45 à 59 ans
20,1 
20,4 
30 à 44 ans
19,3 
19,6 
15 à 29 ans
19,1 
18,8 
0 à 14 ans
16,4 

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Musées[modifier | modifier le code]

  • Musée préhistorique.

Architecture civile[modifier | modifier le code]

Architecture sacrée[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Flovier, néo-gothique, reconstruite en 1886, excepté le clocher datant de 1747.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site de l'Institut national de l'origine et de la qualité : Valençay, consulté le 15 août 2014.
  2. a et b Site de l'académie d'Orléans-Tours, Tableau des secteurs de recrutement collèges et lycées lire (consulté le 20 août 2012).
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  5. Pyramide des âges à Saint-Flovier en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 20/07/2010.
  6. Pyramide des âges de l'Indre-et-Loire en 2007 sur le site de l'Insee. Consulté le 25/07/2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • X.-J. CARRE de BUSSEROLLE: Dictionnaire géographique, historique, biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine, Tomes II et III. Publié par la Société archéologique de Touraine, Tomes XXVII et XXVIII. Tours - Imprimerie Rouillé-Ladevèze, 1878-1879.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • X.-J. CARRE de BUSSEROLLE : L'ancien château du Roulet et ses seigneurs, Mémoires de la Société archéologique de Touraine, Tome VIII, p. 151 et infra - 1856. Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]