Saint-Agrève

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Saint-Agrève est une commune française, située dans le département de l'Ardèche en région Rhône-Alpes.

La commune de Saint-Agrève est située au nord-ouest du département de l'Ardèche, dans sa partie la plus élevée en altitude, non-loin de la frontière avec le département de la Haute-Loire, à environ 60 kilomètres à l'ouest de Valence.

église Sainte Marie du Pouzat
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Géographie[modifier | modifier le code]

Borne de limite départementale entre Saint-Agrève (Ardèche) et Le Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire)
Mairie
Temple
Pont sur l'Eyrieux
Art au rond-point
Saint-Agrève et le mont Chiniac
Paysage

Situation[modifier | modifier le code]

La commune de Saint-Agrève est située au nord-ouest du département de l'Ardèche, dans sa partie la plus élevée en altitude, non-loin de la frontière avec le département de la Haute-Loire, à environ 60 kilomètres à l'ouest de Valence.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Saint-Agrève est limitrophe de neuf communes[1], dont huit sont situées dans le département de l'Ardèche et une placée dans le département de la Haute-Loire. Ces municipalités sont réparties géographiquement de la manière suivante :

Rose des vents Le Chambon-sur-Lignon Devesset Saint-Jeure-d'Andaure Rose des vents
Mars N Désaignes
O    Saint-Agrève    E
S
Intres Saint-Jean-Roure Saint-Prix
Nonières

Contexte paysager[modifier | modifier le code]

S'élevant à plus de 1 000 mètres d'altitude, le plateau de Saint-Agrève offre le paysage caractéristique d'un milieu rural de moyenne montagne, doucement vallonné. Au rythme des saisons, les paysages naturels du plateau surprennent toujours. Sur le plateau, l'élevage des vaches, des chevaux ou des moutons est le plus courant. Dans leurs pâtures, ces animaux agrémentent le paysage naturel.

Au niveau géologique, le plateau de Saint-Agrève est une pénéplaine qui a été soulevée et érodée. Le socle est granitique : c'est le granite du Velay mélangé à diverses autres roches métamorphiques. Le plateau saint-agrèvois correspond à un morceau de vieille table cristalline qui constitue l'ossature du Massif central. En quelques endroits on peut observer des orgues basaltiques d'origine volcanique. Le relief crée un climat très contrasté selon la pente et l'exposition. En général, l'hiver est long avec des chutes de neige, pendant lesquelles souffle la burle.

La courte période de végétation (avril à août) témoigne de la rudesse climatique du plateau. Pourtant, au fil des mois du printemps et de l'été, on trouve de nombreuses fleurs aux couleurs attrayantes : la jonquille, le bleuet, le genêt, le pissenlit ou encore la digitale pourpre. La végétation se compose de hêtres, de sapins et de pins sylvestres. Ces derniers s'étendent sur l'ensemble du plateau notamment dans ses parties les plus sèches et les plus ensoleillées. Les hêtres et les sapins occupent les endroits les plus frais et humides.

La faune est riche en petits mammifères : renards, chevreuils, hermines, blaireaux, écureuils, lièvres, sangliers... ainsi qu'en oiseaux et en insectes : la bergeronnette printanière, le gazé, le traquet tarier... La faune de Saint-Agrève est caractéristique d'un milieu rural de moyenne montagne.

Saint-Agrève possède une enclave au sud-est, autour du village du Pouzat, ancienne commune ayant fusionné avec Saint-Agrève en 1973.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Antiquité[modifier | modifier le code]

Saint-Agrève est née sur le mont Chiniac. Au seuil de l'histoire, ce n'est encore qu'un pauvre village, à peine quelques masures accrochées au flanc de la colline. On raconte qu'à cette époque, le pays était peuplé et exploité par les Segovellaunes, une tribu de Gaulois apparentés au peuple helvien et qu'une immense forêt recouvrait le plateau. La colline, elle-même, se serait appelée le mont Ursin, la montagne aux ours.

Le Chiniac[modifier | modifier le code]

Arrive l'emprise du pays par les Romains. Séduits par la forte position stratégique du mont Chiniac, ils y bâtissent un fort. Le mont Ursin devient alors Cinnacum, la ville de Cinna. Ce nom, par corruption, serait devenu Chinacum. Ainsi protégée, la cité se développe et voit le plateau se garnir de petites exploitations agricoles. Des grands ports de la vallée du Rhône, plusieurs routes convergent vers Saint-Agrève pour se diriger ensuite sur le Puy et le pays vellave. Ce premier réseau routier orientera, pendant des siècles, la vie militaire et économique du village.

Au cours du IIe siècle[modifier | modifier le code]

La religion chrétienne se répand peu à peu en Ardèche. Les campagnes restent longtemps rebelles à la foi nouvelle et ce n'est qu'au début du VIIe siècle qu'un évêque du Puy, nommé Agrève, évangélise le plateau de Saint-Agrève où il meurt le 1er février de l'an 602. En souvenir de lui, les habitants débaptisèrent Chinacum pour en faire Sanctus Agrippa, Saint-Agrève.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Dès le XIIIe siècle, plusieurs villes du Vivarais négocient, souvent à l'amiable, avec le seigneur local ruiné par les guerres, le rachat de leurs libertés. En 1289, le vicomte de Polignac accorde aux habitants de Saint-Agrève leurs premières libertés et franchises. C'est l'origine de la communauté libre de Saint-Agrève.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Agrève

Les armes de Saint-Agrève se blasonnent ainsi :
De gueules à la tour d'argent, ouverte, ajourée et maçonnée de sable, surmontée d'une couronne murale de trois tours d'or.

Le XVe siècle[modifier | modifier le code]

En 1446, Saint-Agrève connaît un regain d'activité. À la limite du plateau, cette bourgade commerçante est avant tout une ville de foires, un important marché où se rencontrent deux mondes bien différents (le plateau et le pays de pentes) aux ressources complémentaires. Les unes arrivent du Midi, chargées de sel, de vin. Les autres, venant du Velay ou du Forez, portent les produits de la montagne : planches, grains, fromages. Cet accroissement de l'activité va de pair avec une augmentation de la population, et en 1464, lors de la rédaction des "Estimes du Vivarais", le bourg compte cent deux feux, ce qui fait une des plus importantes agglomérations du Vivarais.

Les guerres de religions[modifier | modifier le code]

L'événement marquant de ce XVIe siècle est le développement des guerres religieuses. Introduite en 1538, le "religion prétendue réformée" comme disent les catholiques de l'époque, se répand rapidement à travers le Vivarais. En 1562, la Réforme gagne Saint-Agrève. La ville devient le théâtre de sièges successifs où tour à tour, catholiques et protestants se disputent la place. Ainsi, le mois de mars 1563 voit la prise de Saint-Agrève par le comte de Tournon auquel le succès coûta la vie. Quelques années plus tard, son fils Just et Saint Vidal, gouverneur du Velay, marchent sur Saint-Agrève à la tête de six cents chevaux, cinquante à soixante enseignes de gens de pied et douze canons. Le siège débute le 15 septembre 1580. Le 25 septembre, la ville est prise et rasée. En 1585, l'édit de Nemours interdit le culte réformé et rallume les guerres civiles. Jacques de Chambaud, chef des protestants, prévoyant une attaque, fortifie la ville et la déclare imprenable. Le comte de Tournon, sénéchal du Puy, et Saint-Vidal assiègent Saint-Agrève avec une armée d'environ douze mille hommes et quatre canons. Le 8 octobre 1588, après une résistance de huit semaines, Chambaud capitule. Saint-Agrève est rasée pour la seconde fois.

L’époque contemporaine[modifier | modifier le code]

À partir du XVIIe siècle, Saint-Agrève descend de sa colline. Le long d'une rue animée, entre deux places où murmure l'eau des fontaines, le bourg concentre l'essentiel de son activité commerciale. L'amélioration du réseau routier stimule le trafic. Avec ses nombreuses auberges aux vastes remises, Saint-Agrève, ville de foire, est un relais et un entrepôt connu des muletiers et des charretiers dont les convois de lourdes voitures portent le sel, les vins, les huiles...

En 1903, le chemin de fer fait son apparition. L'arrivée du C.F.D (chemin de fer départementaux), aura pour principale conséquence le développement touristique de la ville. Aujourd'hui, il s'agit d'un chemin de fer touristique (de Dunières à Saint-Agrève, dit "la galoche"), remis en service à l'été 2002 et exploité par les voies ferrées du Velay. Il évoque les déplacements des habitants des plateaux vers la ville, induits par la révolution industrielle.

Inversement, le développement touristique se trouve lié aux besoins des citadins de venir respirer l'air des campagnes. Pendant la dernière guerre, Saint-Agrève est, à l'instar d'autres communes du plateau, un lieu de repli et d'accueil pour la communauté juive.

Texte tiré du livre "Saint Agrève, chemins de nature, chemins de mémoire" d'Henri Bariol.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 Réélu mars 2014 Maurice Weiss[2] PRG Conseiller général
mars 2001 mars 2008 Michel Pierrot PRG  
mars 1995 1997 Jacques Dondoux PRG  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 546 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 574 2 537 2 585 2 209 2 494 2 489 2 485 2 496 2 498
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
2 491 3 133 3 278 3 326 3 308 3 273 3 328 3 217 3 187
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 261 3 454 2 978 2 714 2 612 2 602 2 596 2 506 2 363
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 -
2 349 2 434 2 718 2 723 2 762 2 688 2 588 2 546 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4])
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par le chemin de fer touristique du Velay.

  • Le château Lacour : Selon une inscription située en haut de la porte du donjon, le château aurait été construit en 1592 par Phélise d'Asseyne, héritière de la famille Sahune représentée par un écusson aux armes des Maisonseule.
  • Le château de Clavières : Petit manoir qui a pris sa forme définitive au XVIIe siècle. Il appartenait à la famille de Clavières jusqu'en 1775, année de la mort d'Albertine de Clavières. Ensuite le fief passa aux mains de la famille Bollon, originaire de Saint-Agrève où plusieurs de ses membres exercèrent les fonctions de juges et de consuls.
  • Le temple protestant, inauguré en octobre 1822.
  • La chapelle de Saint-Agrève : Construite en 1946 à l'initiative du Père Belin. À proximité, dans un petit bassin dallé, coule la fontaine de Saint-Agrève dont l'eau avait, dit-on, pouvoir de guérir les maux des yeux, du nez et des oreilles. C'est à la fin du XIXe siècle que M. de Clavières fit couvrir le bassin avec de belles pierres de taille provenant de l'ancien fort de Saint Agrève. Elle se situe en bordure de l'ancienne voie romaine.
  • La fontaine du Diable : Non loin de Saint-Agrève, sur la route en direction de Désaignes, coule la fontaine du Diable. Une nuit, il y a de cela très longtemps, au retour d'une veillée, à cet endroit, alors qu'un groupe de danseurs "piquaient" la bourrée, le diable apparut sous la forme d'un élégant jeune homme vêtu de noir. Grand, les yeux de braise, il portait au chapeau une plume de coq. "Vous dansez bien. Cela te regardes, face de Satan ? Hé bien, vous danserez toute la nuit". Et le diable enlaça une jeune fille et l'entraîna dans une danse folle. Et les autres couples de tourner, de valser, jusqu'à l'aube, sans pouvoir s'arrêter. Au petit matin, l'étranger avait disparu et la jeune fille avec, dont on ne retrouva que les petits sabots, posés sur la margelle de la fontaine.
  • L'habitat du plateau de Saint-Agrève se caractérise traditionnellement par des maisons isolées ou regroupées en petits hameaux. La maison rurale est construite en fonction du climat rigoureux et à partir des matériaux issus de l'histoire géologique du plateau. Le toit traditionnel est en lauze (phonolite, roche volcanique des sucs du Mézenc qui se débitent en plaques sonores). Ce matériau se débite en plaques de différentes épaisseurs comme des ardoises. Les lauzes ainsi obtenues sont maintenues par des clous ou chevilles. Une couche d'argile ou de mousse assure étanchéité et isolation. Les charpentes sont en bois dur (châtaignier) ou en sapin. Elles sont montées avec des troncs équarris pour former les fermes dites "en vaisseau" placées tous les mètres et reliées par des planches "lattis" sur lesquelles reposaient la couverture. Les assemblages sont faits par entailles et chevilles.
  • Le patrimoine bâti pour le canton de Saint-Agrève est très divers et assez dense avec des fours à pain, des linteaux gravés, des cimetières de famille...
  • Les fermes d'antan : les fermes d'antan se composaient d'une grange immense qui, à elle seule, se réserve les deux tiers du cube total de la ferme. Elle est accessible de l'extérieur aux chars et aux bêtes, soit de plain-pied lorsque la maison est adossée à la pente soit par une sorte de plan incliné. Cette maison de forme rectangulaire a, en général, de 12 à 15 mètres de long sur 7 à 8 mètres de large pour une hauteur moyenne de 5 à 6 mètres au-dessus du sol. L'étable est vaste et sombre. Prévue pour une trentaine de bêtes et la bergerie, elle est peu éclairée et peu aérée. les ouvertures sont encore rares, les fenêtres petites mais plus nombreuses. Le logis ou carré, est séparé de l'étable chacun ayant son entrée indépendante, ce qui facilite la propreté.
  • Sur le mont Chiniac vous pouvez apercevoir un élément remarquable du patrimoine bâti : le rempart d'une ancienne forteresse et des maisons anciennes. Les murs en pierres de granite sont épais, les ouvertures rares et les fenêtres petites.

Évènements[modifier | modifier le code]

  • Festival de musique classique : Festival International des Arts à la grange de Clavières
  • Equiblues
  • Festival de Musiques en Vivarais Lignon
  • Printemps des Poètes
  • Rencontres Nord-Sud
  • Conférences et concerts en saison estivale
  • Passage du Rallye Monte-Carlo historique

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Direction départementale de l'équipement (DDE), « Carte en relief de l'Ardèche avec limites communales », sur http://www.ardeche.equipement.gouv.fr,‎ 2007 (consulté en 27/09/2011)
  2. Préfecture de l'Ardèche fichier au format PDF daté du 1er juillet 2008
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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