Saïga

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Le saïga, seule antilope eurasiatique, occupait autrefois les mêmes régions montagneuses que les chamois. On ne le trouve plus guère que dans les steppes sèches et les déserts semi-arides de l'Asie centrale. Cet animal est reconnaissable à son nez très arqué descendant sur la bouche et donnant l'aspect d'une trompe. Saïga est un mot russe qui veut dire « antilope ».

Sommaire

Principales caractéristiques[modifier]

  • longueur du corps : 108 à 146 cm
  • longueur des cornes : environ 30 cm
  • hauteur au garrot : 60 à 80 cm
  • poids adulte : 21 à 51 kg

Les cornes, relativement droites en vue latérale, dessinent un léger S en vue frontale ; elles sont annelées. Seul le mâle en est pourvu. Leurs poils est court et fin et de couleur blond roux à miel durant la belle saison, elles ont une fourrure blanche en hiver. Elles muent aux printemps.

Physiologie[modifier]

  • maturité sexuelle : 8 mois pour les femelles, 20 mois pour les mâles
  • la durée de la période d'accouplement est très courte : 2 semaines tout juste
  • gestation : 140 jours
  • nombre de jeunes / portée : 2 petits naissant au mois de mai environ
  • nombre de portées / an : 1
  • longévité : on détermine l'âge d'un mâle à la taille de ses cornes, 7 à 10 cm à 1 an, puis la courbe commence vers 2 ans
  • vitesse : extrêmement rapide, cette petite antilope ancestrale fait partie des plus rapides, elle peut courir à 40 km/h en endurance sur plusieurs kilomètres et foncer à 80 km/h[1] en vitesse moyenne sur 800 mètres avec des pointes à plus de 100 km/h sur de très courtes distances.
  • sens: elle peut voir un danger à 600 mètres à la ronde, cependant la Saïga est sourde, elle compte donc sur son odorat, sa vue ainsi que sa vitesse pour se mettre à l'abri des prédateurs.

Localisation[modifier]

Originaire de d'Asie Centrale et de l'Europe (Pologne, Allemagne, France, Espagne), le saïga est un survivant de l'ère glaciaire, pendant laquelle il a dû traverser le détroit de Béring pour se rendre en Amérique. Depuis environ 10 000 ans, il a disparu de l'Amérique et il vit dans les steppes arides d'Asie centrale (Russie, Kazakhstan, Mongolie, etc.).

Populations[modifier]

Il existe deux sous-espèces[2] :

  • La sous-espèce la plus abondante, encore qu'en très forte régression, est Saiga tatarica tatarica. Elle compte environ 50 000 individus, vivant dans 4 régions : la Kalmoukie, une république de la Fédération de Russie, ainsi que trois isolats du Kazakhstan[réf. nécessaire].
  • La sous-espèce la plus menacée est la Saiga tatarica mongolica, dont 750 individus vivent encore dans deux petites régions de Mongolie[réf. nécessaire].

La population, du saïga est passée en danger critique d'extinction par IUCN en 2002[2]. La population de saïga est en effondrement rapide du fait du braconnage et de la destruction de son habitat. Elle comptait près de 2 millions d'individus dans les années 1950, avant de se réduire aux quelque 50 000 animaux actuels[2].

Régime alimentaire[modifier]

Le saïga est un herbivore se nourrissant principalement d'herbes salifères. Il lui arrive de manger quelques espèces de graminées (ou Poacées) que l'on retrouve dans les steppes d'Asie Centrale, des euphorbes, des alyssum, des plantes de la famille de la rhubarbe, etc. Les saïgas consomment aussi des armoises dont la principale vertu est antiparasitaire. L'absence de cette plante dans les zoos est néfaste aux saïgas[réf. nécessaire] qui ne s'y reproduisent pas ou peu et survivent difficilement.

Prédateurs[modifier]

Ses principaux prédateurs sont l'homme, qui le chasse pour les cornes des mâles aux vertus « identiques à celles de la corne de rhinocéros », ces dernières se vendant près de 100 €/kg au marché noir chinois, et plusieurs autres carnivores des steppes arides d'Asie Centrale, notamment les loups capables de tuer un saïga adulte. Les saïgas en bonne santé sont trop rapides en vitesse et en endurance pour craindre les prédateurs, se sont surtout les plus faibles d'entre elles ; à savoir les jeunes, âgés, blessés, malades, femelles en gestation qui sont victimes des loups.

Saïga et Préhistoire[modifier]

Chronologie[3][modifier]

Le saïga a fréquenté l'Europe occidentale lors de deux courtes périodes durant le Paléolithique :

  • La première se situe aux alentours de 150 000 ans BP, lors d'une phase climatique froide et sèche, où elle apparaît discrètement, en Charente et en Dordogne notamment.
  • La seconde, mieux documentée, se situe de 19 000 ans BP à 11 000 ans BP, avec un optimum entre 15 000 et 14 000 ans BP, c'est-à-dire durant la fin du Solutréen et la période magdalénienne[4],[5]. Cette période, riche en restes osseux de l'animal, est connue sous le nom d'« épisode à saïga » (Lacorre, 1939)[réf. incomplète].

Paléoécologie et répartition géographique[6],[7][modifier]

Cet animal est un indicateur de climat sec avec des hivers très froids et des étés chauds. Les études paléoécologiques ont montré que cet animal semblait inféodé aux paysages aux reliefs doux et peu accidentés (petites collines)[4]. On le retrouve dans les sites des départements de la Gironde, de la Charente et une partie de la Dordogne. En périphérie de cette zone densément peuplée, on le retrouve en moindres quantités dans le Quercy, dans les Pyrénées, et même dans le Massif central. Elle est connue également à Solutré en Saône-et-Loire, sur la côte cantabrique en Espagne et dans le Sud-Est de la France.

Une ressource alimentaire[6][modifier]

L'antilope saïga fut un gibier pour les chasseurs magdaléniens au même titre que le renne ou le bouquetin. Certains sites préhistoriques attestent même, par la quantité de restes osseux de saïga, de pratiques de chasses orientées vers cet animal (Roc-de-Marcamps et Moulin Neuf en Gironde, la Chaire-à-Calvin en Charente).

Saïga et art préhistorique[3],[8][modifier]

L'antilope saïga est présente, quoique extrêmement rare, dans le bestiaire de l'art préhistorique magdalénien. Pour l'art pariétal, les figurations connues de saïga sont celles de la grotte de Combarelles II, la grotte de Rouffignac (douteuse), de l'abri de la Souquette, tous les trois en Dordogne, et à la grotte Cosquer à Marseille. Pour l'art mobilier, des images sont connues à la grotte de l'Éléphant à Gourdan (Haute-Garonne), au Peyrat (Dordogne), à Montastruc à Bruniquel (Tarn-et-Garonne), à la grotte de Bize dans l'Aude, à la grotte d'Enlène à Montesquieu-Avantès, à la grotte de La Vache en Ariège et à Gönnersdorf en Allemagne. Toutes ces représentations sont des gravures.

Photographie[modifier]

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Notes et références[modifier]

  1. Ultimate Ungulate: Saiga antelope
  2. a, b et c IUCN Liste Rouge Saiga tatarica
  3. a et b Site de Véronique Dujardin, archéologue : datations radiocarbones sur os de saïgas, liste de sites à saïga en France et liste d'œuvres d'art représentant des saïgas pageperso.aol.fr
  4. a et b Delpech F., 2000. « L'environnement animal des Européens au Paléolithique supérieur », Actes du 125e congrès national des sociétés historiques et scientifiques, Lille, 2000. Ed. du CTHS, 2003, pp. 271-289 ISBN 2 7355 0526 X
  5. Dujardin V., Tymula S., 2005. « Relecture chronologique de sites paléolithiques et épipaléolithiques anciennement fouillés en Poitou-Charentes », Le temps, Actes du 129e Congrès des Travaux historiques et scientifiques, Besançon, Bulletin et Mémoires de la SPF, t. 102, n 4, p. 771-788.
  6. a et b Sonneville-Bordes D. de, 1965. « L'abri de la Chaire-à-Calvin, Mouthiers (Charente) », Bulletin de l'Association Française pour l'Étude du Quaternaire, n°3-4, pp. 193-197
  7. Delpech F., 1989. « L'environnement animal des Magdaléniens », in J.-P. Rigaud (dir.) Le Magdalénien en Europe, Actes du colloque de Mayence, 1987, ERAUL., n°38, pp. 5-30.
  8. site du Pôle International de Préhistoire

Références externes[modifier]

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