Saïd Mohamed Djohar

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Said Mohamed Djohar
Fonctions
Président par intérim
27 novembre 198920 mars 1990
(&&&&&&&&&&&&01133 mois et 23 jours)
Prédécesseur Haribon Chebani
Successeur lui-même
2e Président de la république fédérale islamique
20 mars 1990 25 mars 1996 – 25 mars 1996
(env. 1 an)
Prédécesseur lui-même
Successeur Combo Ayouba puis Caabi El-Yachroutu puis lui-même puis Mohamed Taki
Biographie
Nom de naissance Said Mohamed Djohar
Date de naissance 22 août 1918
Lieu de naissance Majunga
Date de décès 23 février 2005 (à 86 ans)
Lieu de décès Mitsamiouli
Nationalité comorienne
Saïd Mohamed Djohar
Présidents de la République islamique des Comores

Said Mohamed Djohar ou suivant la tradition arabe Djahwar al Cheikh ibn Bakr bin Salim al Alaoui al Housseini[1] (né le 22 août 1918 à Majunga[1] et décédé dans la nuit du 22 au 23 février 2005 à son domicile de Mitsamiouli), est un homme politique comorien. Ces parents sont tous les deux Grand Comoriens d'origine[1]. Président des Comores de 1992 au 28 septembre 1995.

Carrière[modifier | modifier le code]

Il est nommé instituteur en 1946 dans la ville de Sima et est élu au Conseil général. Il est dès lors un fidèle de Said Mohamed Cheikh et participera à plusieurs gouvernements que présidera ce dernier notamment comme ministre de la fonction publique. Il est réélu en 1952. De juin à octobre 1972, il est président de la Chambre des députés. De 1973 à l'indépendance (1975), il est représentant des Comores à Madagascar et il y reste jusqu'à l'indépendance.. Il ne fait reparler de lui qu'après le retour au pouvoir d'Ahmed Abdallah en 1978 et devient président de la Cour suprême. Il participe aux nombreuses réunions de discussions sur l'avenir institutionnel des Comores, et affirmait que Said Mohamed Cheikh s'est prononcé pour l'indépendance des Comores depuis 1948.

Discret sous le régime de son demi-frère Ali Soilih, il retrouve une certaine importance avec le retour au pouvoir d'Ahmed Abdallah. Il devient ensuite président de la Cour Suprême.

Le 27 novembre 1989, il devient président par intérim après le coup d'État de Bob Denard qui renverse Abdallah. Djohar essaie de s’appuyer sur les jeunes politiques exilés par Abdallah. Cela lui permet d'être élu le 11 mars 1990 président, mais les élections sont contestées par les partisans d'Mohamed Taki Abdulkarim, son opposant. En 1991, Le président de la Cour suprême le déclare inapte et cherche à le destituer. Il chasse néanmoins les mercenaires et il en emprisonne quelques-uns après un coup d'état raté en 1992[2].

Le 28 septembre 1995, 5 mois après le retour de la droite au pouvoir en France, Denard intervient une nouvelle fois aux Comores, alors qu'avec Jacques Chirac et les « Réseaux Foccart » sont de retour à l'Élysée. Un lien de cause à effet est souvent cité. Une semaine après le débarquement de Denard, suite aux vives protestations de la communauté internationale et de certaines autorités comoriennes notamment M. Said Ali Allaoui Ministre de l'intérieur du gouvernement Djohar qui était de passage à Paris[3], la France lance l'opération militaire Azalée. Denard et ses mercenaires sont prisonniers.

Djohar est exfiltré par les militaires français en septembre 1995, et en pyjama et muni de quelques effets personnels, "pour sa sécurité", à la Réunion. Les marsouins français s'installent plusieurs mois dans l'ex-hôtel Comotel[4], ce qui n'est pas au goût de tout le monde. Il ne peut retourné aux Comores, sur place Cambi el-Yachroutou s'est proclamé président par interim et ne souhaite pas laissé sa place à Saïd Ali Mohamed, régulièrement nommé premier ministre par Djohar[2]. Il faudra l'intervention sur place puis à Paris, début décembre 1995, d'un Français, Christian Azaïs, pour finalement faire libérer Djohar en février 1996. Christian Azaïs convainc les autorités comoriennes de s'adresser directement au Premier ministre français, Alain Juppé, afin que Djohar soit libéré, la détention, même "de luxe" d'un président régulièrement élu constituant un scandale; il remet lui-même la lettre rédigée à cet effet, dès le lendemain, à son destinataire. L'effet est presque immédiat : Djohar peut rentrer à temps pour les nouvelles élections[réf. nécessaire]. C. Azaïs remet alors à l'amiral Lacoste, ancien chef des services français de renseignement militaire, un rapport impliquant la conduite de l'ambassadeur de France aux Comores, Ferrand, lequel a envoyé des rapports entachés de partialité et d'erreurs grossières ; celui-ci sera immédiatement transféré à un autre poste[réf. nécessaire].

Son régime a été également marqué par les scandales financiers opérés par son gendre Mohamed Mchangama qui, après le coup d'État de 1995 s'est empressé de divorcer avec la fille du Président Djohar et a rejoint le Président Mohamed Taki Abdoulkarim.

Said Mohamed Djohar a été surnommé "Papa Djo", celui qui a organisé avant le Bénin les fameuses Conférences Nationales et celui qui a permis au peuple de participer à la vie politique qui jusque-là était réservée qu'aux notables.

honneur[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Said Mohamed Djohar, Mémoires du président des Comores: Quelques vérités qui ne sauraient mourir, Editions L'Harmattan,‎ décembre 2012 (ISBN 9782296511392), p. 350

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (Djohar, p. 11)
  2. a et b « La justice face aux mystères du putsch raté de Denard. Le juge Perdrix a entendu à la Réunion le président comorien chassé, Saïd Mohamed Djohar. », sur Libération.fr
  3. Ironiquement parti signé un accords de défense de 1978 entre les Comores et la France, afin d'assurer la défense extérieure des Comores
  4. Actuel "Le Moroni"
  5. a, b et c (Djohar, p. 344)