Saguinus mystax

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Tamarin à moustaches

Le Tamarin à moustaches [1] (Saguinus mystax) est une espèce de primate de la famille des Cebidae.

Autres noms[modifier | modifier le code]

Tamarin à moustaches de Lonnberg (S. m. pluto). Mustached tamarin. Pichico de barba blanca, pichico de bigote (Pérou).

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Controversée. La forme pluto est considérée comme une sous-espèce de S. mystax (par Groves[2]) ou comme une espèce (par Mittermeier). La forme pileatus est considérée comme une espèce par Groves (nous le suivons ici), comme une sous-espèce de S. mystax par d’autres.

Distribution[modifier | modifier le code]

Est du Pérou, ouest du Brésil (États d’Amazonas et d’Acre) et peut-être extrême nord de la Bolivie.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Le nombre de sous-espèces est incertain (de 2 à 5 selon les auteurs) :

  • Tamarin à moustaches de Spix (S. m. mystax) : Est du Pérou et ouest du Brésil. À l’ouest jusqu’au Río Tapiche puis au moyen Río Ucayali, au sud jusqu’à la confluence des Ríos Urubamba et Ucayali, au nord jusqu’au Río Marañón, à l’est jusqu’au Rio Juruá et même la rive gauche du Rio Tefé ;
  • Tamarin à croupe blanche (S. m. pluto) : Ouest du Brésil, dans l’État d'Amazonas. Zone restreinte, grignotée par l’avancée de S. pileatus. Au nord jusque près de l’Amazone, au sud jusqu’au nord du Rio Tapauá (igarapé Pauapixuna), à l’ouest jusqu’au Rio Coarí et à l’est jusqu’au Rio Purús.

Deux populations isolées ont été observées par Izawa et Bejarano en 1981 au nord de la Bolivie (au sud du Rio Acre et au nord du Rio Tahuamanú) qui pourraient former un nouveau taxon apparenté à S. mystax ou à S. labiatus, voire être un hybride.

Enfin, certains considèrent encore que S. pileatus et S. pluto sont des sous-espèces de S. mystax.

Habitat[modifier | modifier le code]

Forêt pluviale primaire mature. Vieille forêt secondaire où ont repoussé de grands arbres. Forêt inondée. Forêt marécageuse. Jusqu’à 610 m d’altitude.

Sympatrie et association[modifier | modifier le code]

Le Tamarin à moustaches de Spix (S. m. mystax) est sympatrique du Tamarin à selle de Spix (S. f. fuscicollis). Le Tamarin à moustaches à croupe blanche (S. m. pluto) est sympatrique du Tamarin à selle d’Aviala-Pires (S. f. avilapiresi) sur toute sa distribution : ils évoluent en troupe mixte, le premier détectant les attaques aériennes et arboricoles, les seconds les attaques terrestres et des animaux grimpeurs.

Description[modifier | modifier le code]

Tamarin à moustaches de Spix (S. m. mystax) : presque tout son corps est brun noirâtre avec quelques poils gris ou chamois sombre sur le dos et les pattes arrière. Les seules zones blanches se situent au museau, autour des yeux (cercles fins), devant l’oreille et parfois autour des parties génitales.

Tamarin à croupe blanche (S. m. pluto) : identique au précédent mais le dessous de la base de la queue est blanc alors qu’il est noir chez S. m. mystax.

Les spécimens observés par Izawa et Bejarano ont le dos gris foncé, un ventre roux et une grande moustache.

Mensurations[modifier | modifier le code]

Corps 26 cm (de 25 à 27 cm). Queue 39 cm (de 37 à 42 cm). Poids de 491 à 643 g (M) et de 508 à 640 g (F). Rapport longueur bras/jambes (x100) : 76. Caryotype : 2n = 46.

Domaine[modifier | modifier le code]

25 à 47 5 ha. Territorialité incertaine.

Densité[modifier | modifier le code]

25/ km² (Río Manití, Pérou, d’après Soini et Cóppula). 26/km² (île de Padre, Pérou, d’après Garber).

Locomotion[modifier | modifier le code]

Quadrupède. Évolue à 15-20 m au-dessus du sol en courant le long des branches et utilise rarement le mode de locomotion par sauts et accrochages plus typique du Tamarin à selle. Au repos, il peut enrouler sa queue devant lui.

Comportements basiques[modifier | modifier le code]

Diurne. Arboricole.

Activités[modifier | modifier le code]

Parcourt chaque jour 1 7 à 2 km. Se repose une grande partie de la journée et passe la nuit bien caché.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Frugivore-insectivore-exsudativore. Fruits, graines, exsudats, insectes, plus rarement œufs et petits vertébrés. Avale d’un coup les graines qui ressortent intactes dans ses excréments. Cette stratégie aurait pour effet de le rendre moins vulnérable aux rapaces et pour but de favoriser l’expulsion des parasites du système digestif. La consommation d’exsudats augmente entre septembre et décembre, lorsque les femelles sont enceintes. Capture les grenouilles arboricoles dans les strates moyenne et haute alors que le sympatrique Tamarin à selle capture les reptiles dans la basse strate et au sol. De même, le Tamarin à moustaches de Spix (S. m. mystax) consomme des tettigonies (grandes sauterelles) capturées dans la basse et moyenne strates alors que le sympatrique Tamarin à selle de Geoffroy (S. f. nigrifrons) consomme des tettigonies capturées entre 0 et 4 m, avec seulement trois espèces d’orthoptères communes aux deux singes. Comportement de géophagie observé au Pérou (Río Blanco).

Taille du groupe[modifier | modifier le code]

5-6 (de 1 à 16), d’après Soini. 7 (de 4 à 11), sur l’île de Padre (Pérou, d’après Garber). 8 (de 6 à 11), dans les Sierras de Contamana, Pérou (d’après Aquino et al.). Rylands a observé des groupes avec 3 mâles adultes et jusqu’à 4 femelles adultes. Parfois, deux groupes s’assemblent temporairement.

Structure sociale et système de reproduction[modifier | modifier le code]

Groupe multimâle-multifemelle. Principalement polyandrie, parfois polygynie ou monogamie. Sex-ratio : 1. On connaît ainsi des cas où deux femelles du même groupe ont mis bas, preuve que chez cette espèce (et chez le Tamarin à selle), la femelle inférieure n’est pas inhibée par l’odeur dégagée par la dominante. Mais la plupart du temps, une seule femelle se reproduit à la fois, avec une corrélation positive en fonction de l’âge.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La femelle met bas tous les 11 à 20 mois. Des faux jumeaux naissent après 140 à 150 jours de gestation, à longueur d’année mais avec un pic de naissances entre novembre et mars (d’après Snowdon et Soini) et entre juin et octobre (île de Padre). Développement : Il semblerait que, contrairement à ce qu’on observe chez les autres tamarins et ouistitis, la femelle transporte beaucoup les jeunes. Maturité sexuelle à 15-17 mois (F) et 17-18 mois (M).

Longévité[modifier | modifier le code]

Jusqu’à 20 ans.

Communication[modifier | modifier le code]

Communication orale[modifier | modifier le code]

Gazouillements, sifflements et trilles modulés par la langue vibrante.

Communication visuelle[modifier | modifier le code]

Menace les intrus en érigeant sa crinière, en montrant les dents et poussant des cris perçants.

Communication olfactive[modifier | modifier le code]

Laisse des sécrétions odorantes sur les arbres nourriciers, davantage pour renseigner les autres membres (communication intersexuelle) que pour avertir les étrangers qu’ils transgressent un domaine réservé (le marquage ne semblerait pas avoir de fonction territoriale). Urine dans ses mains puis répand le liquide sur les branches en se déplaçant. Frotte ses joues dans l’urine de son partenaire sexuel.

Communication tactile[modifier | modifier le code]

Allogrooming et autogrooming méticuleux. Dans deux petits groupes polygynes étudiés à Quebrada Branco, l’un des deux mâles adultes effectuait 70 % du grooming et toilettait équitablement tous les membres.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Petits félins. Rapaces (notamment faucon forestier Micrastur sp.). L’anaconda l’étouffe puis le gobe entier. On a observé un groupe parvenant à sauver un de leurs membres capturé par un boa constrictor.

Menaces[modifier | modifier le code]

Du fait de son poids (jusqu’à 700 g), l’homme le chasse pour sa chair. Cette espèce semble s’adapter assez mal aux transformations de l’habitat liées aux activités humaines.

Conservation[modifier | modifier le code]

Tamarin à moustaches de Spix (S. m. mystax) : Station écologique de Quebrada Branco (Pérou). PN de la Serra do Divisor et RE de Jutaí-Solimões (Brésil).

Tamarin à croupe blanche (S. m. pluto) : RB d’Abufarí, A. de protection d’Ayapuá, R. d’Uwasu et R. de Piagaçu-Purús (Brésil). Cette dernière sous-espèce est étudiée dans lé région du lac Uauaçú.

Statuts[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Murray Wrobel, Elsevier's Dictionary of Mammals : in Latin, English, German, French and Italian, Amsterdam, Elsevier,‎ 2007, 857 p. (ISBN 978-0-444-51877-4, lire en ligne), entrée N°6187
  2. Groves, C., 2001. Primate taxonomy. Smithsonian (ed.). 350 pp. ISBN 156098872X; ISBN 978-1560988724.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]