Sadr City

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33° 23′ 20″ N 44° 27′ 30″ E / 33.3889, 44.4583 ()

La ville de Sadr City en décembre 2005.

Sadr City ou Madinat al-Sadr, anciennement Thawra, puis Madinat al-Saddam, est une ville d'Irak de la banlieue est de Bagdad. Sa population, 2 millions d'habitants, est essentiellement chiite.

Peuplement de 1959 à 2003[modifier | modifier le code]

La construction du quartier, alors connu sous le nom de district de Thawra (en arabe : حيّ الثورة - ħayy ath-Thawra) est décidée en 1959 par le Premier ministre Abdul Karim Qasim. Sous le régime de Saddam Hussein, il reçoit le nom de Madinat al-Saddam, en l'honneur du dictateur. Il est souvent désigné, sous l'influence des médias anglo-saxons, comme Saddam City.

Quartier populaire de peuplement en grande partie chiite, il voit sa population considérablement accrue en 1991 avec le déplacement forcé des Arabes des marais lors de la répression de l'insurrection chiite de 1991.

Une cité disputée entre forces américaines et milice chiite, 2003-2008[modifier | modifier le code]

En mars 2003, lors de l'invasion américaine, les forces de la coalition américaine occupent le quartier et installent un camp dans la fabrique de cigarettes Sumer, rebaptisée Camp Marlboro en référence à une marque américaine de cigarettes.

Cependant, la population civile est rapidement prise en main par les partisans du jeune imam Moqtada al-Sadr, issu d'une lignée religieuse chiite en l'honneur de laquelle la localité est rebaptisée Madinat al-Sadr ou Sadr City; autour de la mosquée al-Hilma, les jeunes militants sadristes organisent des comités de quartiers et imposent leur ordre islamique: voile obligatoire pour les femmes, fermeture des commerces d'alcool et de vidéos; ils rétablissent les services de santé, l'eau, l'électricité, mais commettent un certain nombre de violences[1].

En décembre 2003, un chef de quartier sadriste est tué lors d'une altercation avec des militaires américains. C'est le début d'une série d'affrontements, de 2004 à 2008, opposant l'Armée du Mahdi de Moqtada al-Sadr aux forces américaines et à celles du gouvernement irakien. Ils s'achèvent par l'Operation Peace en 2008 et le désarmement de l'Armée du Mahdi.

Article détaillé : Siège de Sadr City.

Lors des élections législatives du 15 décembre 2005, le Kutlat al-Sadr (Bloc de Sadr) s'allie avec les partis chiites gouvernementaux, Dawa et CSRII, dans la liste commune de l'Alliance irakienne unifiée qui obtient une large majorité malgré la présence d'une liste sadriste dissidente, les Risaliyyun[2].

Une paix troublée, 2008-2013[modifier | modifier le code]

Le 22 juin 2009, les forces américaines évacuent la ville et transfèrent leurs installations à la 44e Brigade irakienne[3].

Cependant, Madinat al-Sadr est plusieurs fois touchée par des attentats meurtriers visant la population civile chiite, notamment les 24 juin 2009, deux jours après le retrait américain[4], 5 janvier 2012 (10 morts et 37 blessés)[5], 18 mai 2012 (4 morts et 30 blessés)[6], etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Jean Luizard, "Les sadristes en Irak: un défi pour l'Amérique, la marja'iyya et l'Iran" in Sabrina Mervin (dir.), Les mondes chiites et l'Iran, Karthala, 2007, p.249-250.
  2. Pierre-Jean Luizard, "Les sadristes en Irak: un défi pour l'Amérique, la marja'iyya et l'Iran" in Sabrina Mervin (dir.), Les mondes chiites et l'Iran, Karthala, 2007, p.262.
  3. Flexibility key to U.S. withdrawal from Iraqi cities, Washington Examiner, 22/06/2009.
  4. L'ONU condamne l'attentat à la bombe de Sadr City et l'escalade de la violence en Iraq, Centre d'actualités de l'ONU, 25/06/2009.
  5. Irak: vague d'attentats anti-chiites, au moins 68 morts, RFI, 5 janvier 2012
  6. Irak: Attentat dans un quartier chiite de Sadr City (4 morts 30 blessés)

Liens externes[modifier | modifier le code]