Sacre québécois

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Les sacres (synonyme de jurons au Québec) font partie du lexique du français québécois parlé. Véritables témoignages de l'héritage religieux du Québec, ils sont pour la plupart tirés de termes ayant trait à la religion catholique. En effet, l'Église catholique a joui jusqu'à la Révolution tranquille d'une influence considérable dans la société québécoise. D'aucuns[Qui ?] estiment d'ailleurs que les sacres ont constitué, en partie du moins, un exutoire vis-à-vis du contrôle exercé dans toutes les sphères de la société québécoise par l'élite ecclésiastique de l'époque.

Par contre, l'hypothèse d'une influence protestante est aussi à considérer vu que beaucoup des sacres caractéristiques au Québec sont en rapport avec la communion et que les premiers colons en Nouvelle France venaient de régions où l'on contraignait les protestants à communier en public[1],[2].

La plupart du temps, les sacres sont utilisés comme interjections pour souligner l'intensité d'une émotion, généralement la colère ou la stupéfaction. Certains les utilisent également pour faire état d'une grande diversité d'émotions comme la peur, l'envie ou même la reconnaissance. Un ouvrier qui s'assène accidentellement un coup de marteau sur un doigt ou un programmeur qui efface par inadvertance une journée de travail d'un simple clic termineront généralement l'expression orale de leur douleur par un juron bien senti, du genre : « hostie de câlice ! »

Toutefois, le sacre n'est pas seulement composé d'interjections dans la langue populaire québécoise. Le sacre se fait aussi substantif (« p'tit crisse, le tabarnak »), qualificatif (« crisse que je t'aime » ; « Une viarge de belle fille » ; « une calvaire de grosse montagne » ; « un câlice de bon vin »), verbe (« j'ai crissé ma job là » ; « j'vais t'en crisser une ») ou même adverbe (« c'est crissement beau ! »). La nature polymorphique du sacre permet en outre de générer des suites de sacres qui ont un sens grammatical et syntaxique, comme on bâtirait une phrase normale.

On considère généralement les sacres comme une expression vulgaire de la langue, voire un défaut de langage. Pour atténuer leur impact, on a parfois recours à des euphémismes comme, par exemple, « tabarouette » en lieu et place de « tabarnak ». Les sacres sont aussi utilisés dans le français acadien, mais plus rarement et avec des variantes régionales.

Concrètement, plusieurs de ces jurons traduisent le caractère profanatoire d'une référence à des objets ou personnages sacrés dans un contexte non religieux, condamné par le Deuxième commandement du Décalogue -- « Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain » (Exode 20:7), ou quelque autre variante.

Notons aussi que la majorité des sacres québécois et ceux qui sont endémiques au Québec font référence à la cérémonie de la communion considérée comme sacrilège par les Huguenots Calvinistes. Pour la présence et le contexte de Huguenots (et Huguenots reconvertis suite aux guerres de religion en France) dans l'immigration française au Canada au temps de Champlain, voir «Le Rêve de Champlain» par David Hackett Fisher, 2008.

Au Québec, celui qui jurait de la sorte se mettait à l'écart de la communauté religieuse, son comportement impliquait apostasie et rejet de l'Église. Toutefois, il s'est répandu dans toutes les couches de la population, même les classes plus instruites et parfois même dans le clergé[réf. nécessaire].

Tous les sacres[modifier | modifier le code]

Pour simplifier, voici une liste de sacres les plus couramment entendus dans la société québécoise. Le lecteur désireux d'approfondir sa connaissance des sacres et de leurs variantes langagières et régionales se référera, entre autres, à l'auteur Jean-Pierre Pichette.

Baptême[modifier | modifier le code]

(Peu utilisé) Dérivé de « baptême », cérémonie religieuse par laquelle on témoigne être chrétien. Variantes douces : Batinsse, Batèche. Utilisé à l'époque, peu utilisé par la jeunesse

  • « Baptême, sont où mes clés ? » (Zut, où sont mes clés ?)

Bâtard[modifier | modifier le code]

Dérivé de « bâtard », enfant de naissance plus ou moins honteuse. Variantes douces : Batèche, Batince.

  • « Hey, bâtard que je suis stressé... » amplifie la phrase

Câlice[modifier | modifier le code]

Un graffiti reprend "La loi spéciale, on s'en calisse", un slogan populaire entendu lors des manifestations contre la loi 78 dans le cadre de la grève étudiante québécoise de 2012.

Prononcé <Côlisse> Provient de calice. Souvent écrit « câlisse ». Variantes douces : câlique, câline, câline-de-bine, câlibine, calvasse, câliboire, colaye, câlache, caltar, colasse et calosse.

  • « Pas encore, câlice... »
  • « Câlice-moé patience avec ça ! » (Fous-moi la paix avec ça !)
  • « J'm'en câlice ! » (Je m'en fous)
  • « Câlice de char ! » (Putain de voiture)
  • « P'tit calice ! » (petit garnement)
  • « Esti de caliss ! » (amplification)

Calvaire[modifier | modifier le code]

Provient de calvaire. Variantes douces : calvince, calvâsse, calvette, calvinus, calvénus, calvinisse.

  • « Y'était en beau calvaire. » (Il était fâché)
  • « Quel calvaire... Calvaire ! » (Parole de chanson de Plume Latraverse)
  • « J'ai d'la misère, ô Calvaire ! » (Parole d'une chanson de la Chicane)
  • « Une calvaire de belle montagne ! » (Marc Laurendeau *in* «*** Le cours de sacre ***», Les Cyniques)

Ciboire[modifier | modifier le code]

Provient de ciboire, nom d'un gobelet dans lequel on met les hosties. Variantes douces : Cibouère, cibon, cibole, ciboulot, ciboulon, taboire, tabouère.

  • « Ciboire de char qui part pas ! »
  • « Un ciboire de ticket. » (Une putain de contravention)

Peut aussi être dit saint-ciboire

  • « Saint-ciboire, quessé tu fais là? » (Mais que fais-tu ?)
  • « Je m'en contre saint-ciboirise » (jJe m'en fous éperdument)

Crisse[modifier | modifier le code]

Provient de Christ. Variantes douces : Christophe, crime, criffe, cristi, crime-pof. Si le crisse est utilisé à certains endroits dans une phrase il peut devenir un nom, un verbe, un adjectif, un pronom et beaucoup d'autres.

  • « Crisse de cave ! » (Espèce d'imbécile !)
  • « Ça fait crissement mal ! » (Ça fait vraiment très mal !)
  • « Toé, mon p'tit crisse ! » (Toi, mon petit garnement !)
  • « J'm'en crisse ! » (Je m'en fous !)
  • « J'm'en contre crisse! » (Je m'en contre-fous !)
  • « Au plus crisse ! » ou « Au p.c.! » ou « Au plus sacrant ! » (Au plus vite !)
  • « J'vais t'en crisser une ! » (Je vais te frapper !)
  • « C'est une crisse de folie ! » (Tout ça est complètement fou !)
  • « C'est une crisse de folle ! » (Elle est vraiment folle !)
  • « Ça sent le crisse! » (Ça chlingue !)
  • « Quossé tu crisse? » (Mais que fabriques-tu ?)

Diable[modifier | modifier le code]

Provient du Diable (Démon, Enfer). Variantes douces : Démon. Se prononce (Yâble).

  • « Va au (ô) Yable » (Va en enfer)

Étole[modifier | modifier le code]

(Très peu utilisé en ville.) Provient de la bande ornée que le prêtre porte autour du cou[3].

  • « Mon étole ! » (Insignifiant !)
  • « C'est dull en étole ! » (dull = ennuyeux en anglais)

Maudit[modifier | modifier le code]

Provient de la malédiction en général. Variantes douces : maudine, mautadine, mautadit. Exemples :

  • « Toé mon p'tit maudit ! » (petit garnement)
  • « Maudit niaiseux ! » (espèce d'imbécile)
  • « Y en a en maudit ! » (il y en a beaucoup)
  • « Y'est en maudit ! » (il est faché) (Autres exemples: être a boute, être en criss, maudit tabarnak)

Aussi usité en France.

Mausus[modifier | modifier le code]

(Peu utilisé) Provient de Moïse prononcé à l'anglaise (Moses).

  • « Mon p'tit mausus, reviens icitte tu'suite ! » (petit garnement, reviens ici tout de suite)

Ostie[modifier | modifier le code]

Provient de hostie, le pain eucharistique. Souvent prononcé « esti » ou « asti » et parfois « sti » pour faire plus court. Quelques variantes plus « douces » existent tel que « hostifi ». Exemples :

  • « Ostie qu'y fait chaud ! » (il fait vraiment chaud)
  • « Ostie qu'c'est plate ! » (c'est tellement ennuyeux)
  • « Ostie, mon char veut pas partir ! » (ma voiture ne veut pas démarrer)
  • « T'es bien mieux de m'écouter, mon ostie ! » (tu devrais m'écouter attentivement)

Sacrament[modifier | modifier le code]

Provient de sacrement. Il existe des variantes plus « douces » telles que « sacristie » et « sacrifice ». Il peut aussi ête combiné pour donner « saint-sacramant ». Exemples :

  • « Sacrament, y va-tu continuer longtemps ? »
  • «Sacrament que tu me tapes sur les nerfs ! »
  • « Ça va mal, saint-sacrament... »

Sacrant[modifier | modifier le code]

(Peu utilisé) Provient du mot sacre.

  • « Fais-moi ça au plus sacrant ! » (dans les plus brefs délais)
  • « C'est vraiment sacrant ! » (réellement navrant)

Saint-chrême[modifier | modifier le code]

(Très peu utilisé) Provient de l'huile sainte utilisé lors des sacrements du baptême, de la confirmation et de l'ordination.

  • « Saint-chrême, t'aurais pas dû faire ça ! »

Simonaque[modifier | modifier le code]

Graffiti utilisant le sacre québécois.

Provient peut-être de « simoniaque » ; commerce d'objets religieux.

  • « Simonaque de température ! »

Tabarnak[modifier | modifier le code]

Provient de tabernacle, aussi écrit tabarnac. Variantes douces : tabarnouche, tabarnik, tabarouette, tabaslak, barnak, tabeurn (à l'anglaise), tabarnache, tabarslak, tabeurslak (à l'anglaise), tabarnane, taboire/tabouar, tarnane, ta' (diminutif; il faut prolonger le a, voire avec un h prononcé).

  • « Tabarnak ! Encore une défaite ! »
  • « Viens icitte, mon tabarnak ! » (Viens me voir, petit con)
  • « Esti de tabarnak ! » (hyperbole de sacres provenant d'une émotion vive comme la colère, la surprise, l'humour...)
  • « Bin mon tabarnak ! » (Ah bien toi là !)
  • « Ostie de tabarnak ! » (Merde alors !)
  • « Y'en avait en tabarnak ! » (Il en avait beaucoup)

Torrieux[modifier | modifier le code]

Provient de Tort à dieu.

  • « Torrieux, j'comprends rien ! » (Merde, je ne comprends pas !)
  • « Hé, mon torrieux ! » (Emmerdeur !)

Viarge[modifier | modifier le code]

Provient de vierge. Variante douce : viande.

  • « Viarge qu'est belle ! » (Putain qu'elle est jolie !)

Degré des sacres[modifier | modifier le code]

En raison de l'héritage religieux québécois et des traditions religieuses d'avant la laïcisation, certains sacres sont considérés comme de réels blasphèmes alors que d'autres sont simplement considérés comme des jurons. Ainsi, les termes « hostie », « câlice », « crisse », « sacrament » et « tabarnak  » sont mal perçus et sont réellement considérés comme des blasphèmes.

L'utilisation de « maudit », « mausus », « viarge », « st-chrême » et « calvaire » est moins courant et ces termes sont peu utilisés par l'ensemble de la population. Ils sont surtout utilisés par les personnes plus âgées.

Il est à noter que ces tendances se sont inversées au cours des dernières années. Ainsi, « viarge », « mausus » et « torrieux » ne sont plus vraiment utilisés, tandis que « hostie », « câlice », « crisse » et « tabarnak » sont désormais les plus usités des sacres. Ils sont toujours considérés comme un niveau de langage assez bas et complètement informel. Règle non formelle, plus un sacre a de syllabes ou si elle est étirée, plus le degré du sacre est important. Ainsi, « être en crisse » est beaucoup moins fort qu'« être en tabarnak », considéré comme le summum, à moins d'y accoler d'autres sacres, comme ceci: « être en ostie de tabarnak de criss de câlisse ».

Les influences étrangères et les variantes régionales[modifier | modifier le code]

L'utilisation de sacres là où il y a des communautés allophones ou anglophones est souvent enrichi et influencé par les expressions étrangères. Cela explique pourquoi en Outaouais (région qui inclut des secteurs urbains et ruraux, des secteurs ontariens et québécois, des secteurs anglophones, francophones et bilingues et la capitale canadienne où il y a des ambassades et des universités, tous facteurs déterminants de la diversité culturelle et ethnique) il n'est pas rare d'entendre des sacres québécois, des jurons anglophones et, parfois aussi, des jurons d'ailleurs (ex.: sharmota).

Les déformations[modifier | modifier le code]

Noms[modifier | modifier le code]

Les sacres peuvent aussi être utilisés à titre de noms.

  • Être en [beau] câlice/crisse/maudit/sacrament/tabarnak: être en colère
  • Le p'tit tabarnak a volé mon portefeuille.

Verbes[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs formes de verbes dérivés des sacres, chacun peut avoir de multiples significations selon la situation, et il est même possible d'utiliser un sacre sous forme de verbe pour remplacer presque tous les autres verbes. Par exemple : « M'a' tout' câlicer ça là avant qu'on crisse le camp dans l'clos. » Les verbes mettre, laisser ou donner sont les verbes les plus facilement remplaçables par un sacre.

Les sacres-verbes les plus connus sont:

Crisser et décrisser[modifier | modifier le code]

  • Crisser une volée : donner une raclée
  • Crisser la paix : laisser tranquille
  • Crisser patience : foutre la paix
  • Crisser ça là : abandonner
  • Crisser son camp : s'en aller, partir
  • Crisser au bout de ses bras : lancer de toutes ses forces
  • Crisser quelque chose dans/sur quelque chose : mettre sur, ajouter à (crisser du ketchup dans la poutine)
  • Crisser dans' marde : faire des misères, créer des ennuis
  • Crisser dans bouette : pousser dans la boue
  • Crisser l'feu à cabane : incendier la cabane / mettre de l'ambiance
  • Décrisser : s'en aller, partir
  • Décrisser quelque chose : démolir
  • Se faire crisser dehors : se faire licencier
  • Se faire crisser là : se faire larguer
  • S'en crisser : s'en foutre complètement
  • S'en faire crisser toute une : se faire battre à plates coutures (dans un sport)
  • Crisser un poing sur la gueule : frapper quelqu'un au visage

Câlicer et décâlicer[modifier | modifier le code]

  • Câlicer une volée : donner une raclée
  • Câlicer la paix : laisser tranquille
  • Câlicer patience : foutre la paix
  • Câlicer ça là : abandonner
  • Câlicer son camp : s'en aller, partir
  • Câlicer au bout de ses bras : lancer de toutes ses forces
  • Décâlicer : s'en aller, partir
  • Décâlicer quelque chose : démolir
  • Se faire câlicer dehors : se faire renvoyer
  • S'en [contre-]câlicer : s'en foutre complètement
  • S'en faire câlicer toute une : se faire battre à plates coutures (dans un sport)
  • Être tout décâlicé : brisé, amoché (en parlant d'une chose ou même du moral ou de l'état d'esprit d'une personne)
  • Être décâlicé de la vie : être déprimé / être malade

Adverbes[modifier | modifier le code]

Plusieurs sacres se transforment en adverbes, utilisés pour amplifier un adjectif.

Crissement[modifier | modifier le code]

  • « C'est crissement bon comme film »

Câlicement[modifier | modifier le code]

  • « C'est câlicement beau ! »

Mauditement[modifier | modifier le code]

Très rare, voire inexistant dans certaines régions.

  • « C'est mauditement beau ! » (C'est très beau !) On dit plutôt, C'est beau en maudit

Tabarnaquement[modifier | modifier le code]

Très rare, voire inexistant dans certaines régions.

  • « C'est tabarnaquement bon! » La tournure plus populaire serait : « C'est bon en tabarnak! »

Sacre adverbe ayant comme fonction syntaxique attribut.[modifier | modifier le code]

Un sacre adverbe peut également qualifier le sujet de la phrase en accompagnant un verbe attributif. Dans ce cas, il est attribut du sujet.

  • « Il est calissement laid. » (Il est d'une hideuse laideur).

Le sacre adverbe accompagne un verbe attributif (être). Il caractérise donc le sujet de la phrase (c'est il qui est calissement laid). La même procédure se répète avec les autres sacres employés comme adverbe.

L'orthographe[modifier | modifier le code]

Il importe de remarquer que les sacres apparaissent sous diverses formes écrites. Sur Internet, où est le mieux représenté le langage écrit-parlé, l'on peut trouver également « tabarnak », « tabarnaque » et « tabarnac ». Il en est ainsi pour tous les sacres.

Effet intensifiant[modifier | modifier le code]

Utiliser un sacre a pour effet d'amplifier le sens de la phrase ou du mot. Dire : « Tu m'énarves, tabarnak » marque un niveau d'émotion plus important que : « Tu m'énerves ». « Y fait frette, câlice » marque un énervement par rapport au froid plus grand que : « Il fait froid ». Un crisse de gros rat est plus gros qu'un gros rat. Un hostie de cave est plus idiot qu'un cave. Un câlice de bon film est meilleur qu'un bon film. Dans cet esprit, Un « crisse de tabarnak de saint-ciboire de saint-sacrament de câlice d'ostie de colon » marque un très fort niveau d'énervement par rapport à l'auteur d'une idiotie perçue ou avérée.

Combinaisons de sacres[modifier | modifier le code]

Utiliser plusieurs sacres les uns avec les autres peut amplifier leur effet, ou leur faire prendre un nouveau sens. Exemple : « Câlisse de crisse ou saint-ciboire de tabarnak ! » ou « Ostie de câlice de saint-sacrament ! » ou, plus défoulant et avec plus d'impact : « Câlice d'esti de calvaire de tabarnak d'ostie d'ciboire de sainte-viarge ! » Il en existe encore beaucoup d'autres, par exemple, des plus courts tel que : « Câlice de crisse de tabarnak » et « Ostie de câlice de tabarnak » (qui est très fréquent). Les combinaisons de sacres peuvent aussi contenir des insultes et des grossièretés.

Combiner les sacres est un art, et, à moins d'avoir passé beaucoup de temps en compagnie de Québécois et de bien connaître la culture québécoise, il n'est pas conseillé pour un nouvel arrivant d'utiliser ces termes ; il ne faut pas oublier qu'il s'agit de jurons. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il y a des combinaisons qui ne sont pas utilisables et qui sont risibles aux oreilles des locaux. Une mauvaise utilisation des sacres ou une combinaison boiteuse peut rapidement faire perdre toute crédibilité au locuteur. Par exemple, un « tabarnak de sacrament » ne se dit jamais, ni un « con de sacrament ». Un « tabarnak d'hostie », non (à moins qu'on parle de l'objet, ce qui est plus que rare — dans ce cas par contre, on dira une tabarnak d'hostie), un « tabarnak d'hostie de con », oui, un « con de tabarnak », seulement avec un très fort accent tonique et syllabique sur la finale. Les sacres sont davantage réservés aux discussions familières, amicales ou grossières lors de circonstances privées, dans certains milieux de travail ou lors de colères. Ils peuvent créer un fort sentiment chez certaines personnes, ce sont des mots chargés fortement, à réserver aux personnes familières ou aux situations de colère.

Les jurons québécois dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Faisant partie intégrante du langage québécois, les sacres et jurons apparaissent régulièrement dans les œuvres littéraires (pièces de théâtre de Michel Tremblay), télévisuelles ou cinématographiques réalisées au Québec. Une scène typique apparaît dans le film de comédie Bon Cop, Bad Cop, où un personnage francophone québécois interprété par Patrick Huard explique les subtilités des déclinaisons des sacres au Québec en noms, verbes et adjectifs à un personnage anglo-ontarien interprété par Colm Feore[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]