Saccharine

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Saccharine
Saccharine
Identification
Nom IUPAC 1,1-dioxo-1,2-benzothiazol-3-one
Synonymes Sulfinide benzoïque
No CAS 81-07-2 (acide)

128-44-9 (Na)
6155-57-3 (Na, 2H2O)
6485-34-3Ca)
6381-91-5 (½Ca, ½H2O)

10332-51-1 (K)
No EINECS 201-321-0
204-886-1 (Na)
PubChem 5143
No E E954(i), E954(ii), E954(iii), E954(iv)
FEMA 2997
SMILES
InChI
Apparence Poudre blanche
Propriétés chimiques
Formule brute C7H5NO3S  [Isomères]
Masse molaire[1] 183,185 ± 0,012 g/mol
C 45,9 %, H 2,75 %, N 7,65 %, O 26,2 %, S 17,5 %,
Propriétés physiques
fusion 228 °C (décomposition)[2]
Solubilité 4 000 mg·l-1 (eau, 25 °C)[2]
Masse volumique 0,828
Cristallographie
Classe cristalline ou groupe d’espace P21/c [3]
Paramètres de maille a = 9,563 Å

b = 6,913 Å
c = 11,822 Å
α = 90,00 °
β = 103,85 °
γ = 90,00 °

Z = 4 [3]
Volume 758,82 Å3 [3]
Densité théorique 1,603 [3]
Précautions
Directive 67/548/EEC


Transport
-
   3077   
Écotoxicologie
DL50 17 000 mg·kg-1 (souris, oral)[2]
LogP 0,91 [2]
Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

La saccharine (ou saccarine en nouvelle orthographe) est le plus ancien des édulcorants artificiels ; elle est référencée sous le numéro E954[4].

Modèle moléculaire de la saccharine.

La saccharine a un pouvoir sucrant 300 à 400 fois plus élevé que le sucre, mais a un arrière goût métallique ou amer déplaisant, particulièrement à hautes concentrations. Elle est ainsi souvent mélangée avec d'autres édulcorants pour compenser cette faiblesse : une proportion de 10 pour 1 entre le cyclamate et la saccharine est utilisée dans les pays où ces deux substances sont autorisées.

La saccharine n'apporte aucune calorie et est éliminée du corps par le système digestif sans passer dans le sang.

Elle est stable face à la chaleur (contrairement à l'aspartame), même en milieu acide, ne réagit pas chimiquement avec les aliments et se conserve bien. La saccharine est souvent mélangée avec l'aspartame pour sucrer les boissons pour régimes, de sorte que le sirop de base reste sucré au-delà de la durée de vie relativement courte de l'aspartame.

Synthèse[modifier | modifier le code]

Sel de sodium de la saccharine.

La saccharine peut être produite de plusieurs manières. La voie de synthèse originale de Remsen et Fahlberg débute par du toluène, mais le rendement par cette voie est faible. En 1950, une synthèse améliorée a été développée par Maumee Chemical Company à Toledo (Ohio). Dans cette voie, l’acide anthranilique réagit successivement avec de l’acide nitreux, du dioxyde de soufre, du chlore et ensuite de l’ammoniaque pour obtenir de la saccharine. Une autre voie commence avec l’o-chlorotoluène (Bungard, 1967).

Sous sa forme acide (E954(i)), la saccharine n'est pas particulièrement hydrosoluble[5]. La forme utilisée comme édulcorant est habituellement le sel de sodium (E954(iv)[6]). Le sel de calcium est également utilisé (E954(ii)[7]) par les personnes limitant leur consommation de sodium. Les deux sels sont très hydrosolubles : 670 g par litre d'eau à température ambiante. Elle existe aussi sous forme de sel de potassium (E954(iii)[8]).

Histoire[modifier | modifier le code]

La saccharine a été découverte en 1879 par Ira Remsen et Constantin Fahlberg de l'université Johns-Hopkins.

La saveur sucrée de la saccharine fut découverte accidentellement par Fahlberg en allant dîner sans s'être correctement lavé les mains après avoir travaillé sur des dérivés de la houille avec Ramsen.

Remsen et Fahlberg publièrent conjointement leur découverte en 1880[9]. Cependant, en 1884, Constantin Fahlberg breveta et produisit en masse la saccharine sans jamais mentionner Remsen. Fahlberg devint riche pendant que Remsen devint simplement furieux. Lorsqu'on l'interrogeait sur cette affaire, Remsen répondait : « Fahlberg est une canaille. Cela me fait vomir d'entendre prononcer mon nom dans la même phrase que le sien. »

La saccharine fut commercialisée peu de temps après sa découverte, mais c’est seulement pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque le sucre fut rationné, que son usage commença à se répandre. Sa popularité ne cessa de croître pendant les années 1960 et 1970 parmi les personnes faisant un régime.

Controverse[modifier | modifier le code]

Depuis son introduction, beaucoup d’inquiétudes circulent quant à l’innocuité de la saccharine.

Le sel sodique de saccharine.

Lorsque certains interrogèrent Theodore Roosevelt, alors président des États-Unis, sur les problèmes de santé liés à la saccharine, il aurait répondu : « Celui qui pense que la saccharine est dangereuse est un idiot. »

Néanmoins, les premières études poussent le Japon à interdire la saccharine et le cyclamate et à se lancer dans la culture massive dès le début des années 1970 de la Stevia rebaudiana, une plante originaire d'Amérique centrale, au fort pouvoir édulcorant naturel. Cette plante était déjà utilisée traditionnellement par les amérindiens Guaraní.

Depuis les années 1960, plusieurs études suggèrent qu'elle pourrait être cancérigène chez l’animal. Les craintes culminèrent en 1977, après la publication d’une étude indiquant une augmentation des cancers de la vessie chez les rats soumis à de fortes doses de saccharine.

Cette année-là, le Canada interdit la saccharine. La FDA (Food and Drug Administration, l'office américain chargé des aliments et médicaments) proposa également de l’interdire, mais comme c’était, à l’époque, le seul édulcorant artificiel disponible aux États-Unis, l’interdiction rencontra une forte opposition de la part du public, notamment chez les diabétiques.

Par la suite, le congrès américain plaça un moratoire sur l’interdiction, proposant, à la place, l’obligation de faire figurer sur les denrées contenant de la saccharine, une mention indiquant qu'elle pourrait être cancérigène.

Depuis beaucoup d’études ont été réalisées sur la saccharine, certaines montrant une corrélation entre la consommation de saccharine et l’augmentation de certains cancers, en particulier celui de la vessie, et d’autres ne démontrant pas cette corrélation.

Le sérieux des études publiées en 1977 a été critiqué à cause des doses ridiculement élevées qui ont été administrées aux rats sujets du test. Ces doses étaient plusieurs centaines de fois supérieures à celles ingérées normalement par un consommateur. De plus, il a été montré[réf. nécessaire] que c'était le métabolisme hépatique spécifique du rat qui rendait la saccharine cancérigène et les études[Lesquelles ?] réalisées chez le chien n'ont montré aucune apparition de cancer.[réf. nécessaire]

Aucune étude n’a jamais démontré un risque pour la santé à des doses normales.

En 1991, après 14 ans, la FDA a formellement retiré la proposition d’interdiction de la saccharine, et en 2000, le Congrès américain a abrogé la loi obligeant les produits contenant de la saccharine à porter une mise en garde pour la santé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  2. a, b, c et d (en) « Saccharin » sur ChemIDplus, consulté le 22 août 2009
  3. a, b, c et d « Saccharin », sur www.reciprocalnet.org (consulté le 12 décembre 2009)
  4. Parlement européen et Conseil de l'europe, « Directive 94/35/CE », Journal Officiel, no L 237,‎ 10.9.1994 (lire en ligne). [PDF]
  5. (en) [PDF] JECFA, FAO, « SACCHARIN », Jecfa Monogragh, sur www.fao.org, FAO,‎ 2006 (consulté le ), p. 2
  6. (en) [PDF] JECFA, FAO, « SODIUM SACCHARIN », Jecfa Monogragh, sur www.fao.org, FAO,‎ 2006 (consulté le ), p. 2
  7. (en) [PDF] JECFA, FAO, « CALCIUM SACCHARIN », Jecfa Monogragh, sur www.fao.org, FAO,‎ 2006 (consulté le ), p. 2
  8. (en) [PDF] JECFA, FAO, « POTASSIUM SACCHARIN », Jecfa Monogragh, sur www.fao.org, FAO,‎ 2006 (consulté le ), p. 2
  9. (de) Fahlberg, C. ; Ira Remsen, I. Über die Oxydation des Orthotoluolsulfamids. Chem. Ber. 1879, 12, 469-473

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]