Sabina Von Steinbach

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Sabina von Steinbach est une sculptrice du XIIIe siècle qui fut responsable du groupe de statues des portes sud de la Cathédrale de Strasbourg.

Selon une histoire, dont la première mention écrite remonte à 1617 par Schadeus qui décrit la cathédrale de Strasbourg, l'édifice aurait été terminé en 1275, la tour commencée en 1277 par l'architecte et maître constructeur Erwin von Steinbach, avec l'aide de sa fille, Sabina, qui était une adroite sculptrice.

Les femmes étaient admises dans la majorité des guildes de métier au Moyen Âge, mais l'adhésion à une guilde ne donnait pas automatiquement le droit d'y être apprenti. Cela impliquait néanmoins que les femmes pouvaient en partager tous les avantages, religieux et financiers. Si un maître-artisan décédait, sa charge était transmise à son épouse qui pouvait reprendre le métier. Ceci était facilement fait avec l'aide d'un artisan, qui, souvent, acquérait la charge en épousant la veuve. Les tailleurs de pierre voyageaient souvent loin, pour des travaux de construction pouvant durer des décennies, et emmenaient naturellement leur famille avec eux.

L'emploi, par von Steinbach, de sa fille Sabina parmi les sculpteurs de Strasbourg était une irrégularité commise par une loge provinciale, laxiste dans l'observance des règles de la guilde. Jusqu'à l'annexion de la ville par la France en 1681, le siège de la guilde des sculpteurs allemands se trouvait à Strasbourg (et même, jusqu'en 1760, les loges allemandes rendaient encore hommage à la loge de Strasbourg). Albert Mackey, dans son "Encyclopédie de la Franc-maçonnerie", rapporte la théorie où l'on considère la construction de la cathédrale de Strasbourg, en 1275, comme l'événement fondateur de l'Ordre de la Franc-maçonnerie.

Selon certaines sources, Sabina poursuivit le travail de son père à Strasbourg, après la mort du maître, et le finalisa. D'autres stipulent qu'elle aurait simplement assisté son père. Il est communément admis, cependant, que Sabina fut l'auteur des statues personnifiant l'église et la synagogue (toutes deux du XIIIe siècle), qui sont situées aux portes sud de la cathédrale.

La statue de l'évangéliste Saint Jean tient un parchemin qui dit : « Merci à la grande piété de cette femme, Sabina, qui me donna forme dans cette pierre dure. »