Sabbat (christianisme)

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Le Sabbat est le jour de repos hebdomadaire dans le judaïsme, du vendredi soir au samedi soir. Il est consacré à Dieu, en souvenir de la création.

Les premiers chrétiens, dans la suite de l'Église de Jérusalem, continuaient d'observer les prescriptions de la Torah et en particulier le Shabbat juif. On parle alors de judéo-christianisme. La chrétienté, subdivisée en trois principales confessions (catholicisme, orthodoxie et protestantisme), a décalé ce jour de repos, souvent nommé « jour du Seigneur », vers le dimanche, jour du repos dominical.

Cependant, divers mouvements religieux chrétiens (adventisme, Église de Dieu (Septième Jour), Baptistes du Septième Jour) sabbatistes continuent de garder le samedi au lieu du dimanche comme « jour à part ».

Histoire du Sabbat dans le christianisme religieux[modifier | modifier le code]

Le sabbat, est dans la Torah le quatrième des dix commandements donnés par Dieu à Moïse dans le désert. Dans le judaïsme, le septième jour de la semaine (de la tombée de la nuit le vendredi à celle du samedi), est un jour de repos. Il renvoie à la création[1]. La Bible condamne le non-respect du sabbat[2].

Pour les millénaristes, comme Irénée de Lyon, il rappelle au croyant le Règne de Christ promis pour les justes lors de la première résurrection.[réf. nécessaire] C'est un point de vue également adopté par Papias.[réf. nécessaire]

Au tout début du christianisme, un courant rapidement minoritaire, le judéo-christianisme, garda cependant le samedi comme jour de repos[3].

Les Pères de l'Église jouèrent un rôle important dans l'adoption du dimanche en souvenir de la résurrection. Ainsi, au IIe siècle, Barnabé atteste dans son épître (apocryphe) de l'importance du sabbat, mais affirme également que « nous célébrons le huitième jour avec joie, car en celui-ci Jésus ressuscita des morts, et apparu, et monta aux cieux ».

L'empereur romain Constantin Ier, converti au christianisme, appréciait également le culte solaire[4]. Il imposa le dimanche comme jour de repos dans l'Empire romain par décret le 7 mars 321. Ainsi le jour du soleil chez les romains devient le jour du seigneur. Samuele Bacchiocchi montre l'importance du culte solaire dans le choix du dimanche[5].

En 364, le concile de Laodicée interdit aux chrétiens de « judaïser » en observant le sabbat sous peine d'anathème[6].

Dans l'Église d'Angleterre, les "sabbatarians" célèbrent le dimanche en s'appuyant sur le sabbat du quatrième commandement. C'est une tendance longtemps associée au puritanisme, mais qui serait une idée bien établie dans l'histoire du christianisme anglais[7]. Cependant on observe aussi quelques "saturday-sabbatarians", peu nombreux.

Les Églises observant le Sabbat[modifier | modifier le code]

Le Sabbat est d'abord respecté le samedi par le judaïsme. Après Jésus de Nazareth, il est observé par certains courants du christianisme, souvent dans la perspective d'une théologie unitaire, parfois binitarianiste ou trinitaire. Selon les églises et congrégations, certains observateurs du Sabbat respectent également les lois juives (dans le cas du Judaïsme messianique notamment) : Le principal argument en sa faveur est que le Décalogue, dont il est le quatrième commandement, et dans lequel il occupe une place centrale[8] s'applique nécessairement aux disciples de Jésus.

Il s'agit des courants suivants :

[9].

Les Églises observant le sabbat ont parfois d'autres points commun, relatif à l'observance de la Torah, et qui ont fait l'objet de disputes virulentes dans les premiers siècles du christianisme. Elles observent parfois les fêtes juives, en particulier la Pâque fêtée à la manière quartodécimaine et sont parfois unitaire, mais pas toujours[14], certaines croient en la Trinité[15], d'autres pourrait être qualifiés de binitaire.

Les Baptistes du Septième Jour[modifier | modifier le code]

Les Baptistes du Septième Jour sont la plus vieille confession chrétienne à pratiquer le Sabbat littéral sans discontinuer, la plus vieille de leurs Églises étant celle de Londres (l'Église Millyard, fondée en 1617 et toujours en activité). C'est une Baptiste du Septième Jour, Rachel Oakes Preston, qui a convaincu les pionniers de l'Église adventiste du septième jour d'observer le Sabbat. Toutefois, les Églises "B7J" se sont peu développées jusqu'à présent et ne comptent aujourd'hui que 50 000 fidèles, principalement, en Inde, au Brésil, au Malawi et aux États-Unis. Les Baptistes du Septième Jour considèrent que le quatrième Commandement du Décalogue, relatif au Sabbat, est un Commandement comme les autres, qu'à ce titre il doit être observé comme les autres dans la marche et l'obéissance chrétienne mais ils ne font pas de cette observance une condition du Salut.

L’Église de Dieu (Septième Jour)[modifier | modifier le code]

L’Église de Dieu (Septième Jour) est l'héritière de congrégations sabbatariennes venues d’Europe (Angleterre, Hollande, Moravie, Hongrie). L’Église retrace son histoire en remontant aux apôtres, en passant par divers congrégations médiévales gardant le Sabbat, comme les vaudois, apparu avec les disciples de Pierre Valdo, et le paulicianisme[16].

Adventisme[modifier | modifier le code]

Les adventistes affirment que le Sabbat est le sceau de Dieu[17]. Dans l'énoncé du quatrième commandement figure ce qu'ils appellent le sceau de Dieu, c’est-à-dire son titre, son nom et l'espace dans lequel il est valable[18]. Ils opposent ce sceau à la marque de la bête[19].

Ils se fondent sur Matthieu 5:17-18 (Je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir) pour soutenir l'idée de la continuité du jour de sabbat. Ils affirment également que le sabbat sera toujours en vigueur aux jours de la fin, se référant au chapitre 24 de Matthieu.

Dans les textes[modifier | modifier le code]

Codex Bezae[modifier | modifier le code]

Le Codex Bezae présente un passage supplémentaire du chapitre 6 de Luc, relatif au sabbat [20]:

  • 1. Il arriva, un jour de sabbat appelé second-premier, que Jésus traversait des champs de blé. Ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains.
  • 2. Quelques pharisiens leur dirent : Pourquoi faites-vous ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat ?
  • 3. Jésus leur répondit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui;
  • 4. comment il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de proposition, en mangea, et en donna à ceux qui étaient avec lui, bien qu'il ne soit permis qu'aux sacrificateurs de les manger ?
  • 5. Et il leur dit : Le Fils de l'homme est maître même du sabbat.
  • 5b -le même jour, regardant quelqu'un travaillant le sabbat, il lui dit: " humain, si vraiment tu sais ce que tu fais, tu es heureux. Par contre si tu ne le sais pas,tu es maudit et transgresseur de la loi ! "

Références bibliques au Sabbat[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sabbat et dimanche dans l'Église ancienne, Willy Rordorf
  • Du sabbat au dimanche : une recherche historique sur les origines du dimanche chrétien, Samuele Bacchiocchi, 1984
  • Dimanche et fêtes chrétiennes : histoire de leurs origines, Anne Maillard
  • La controverse sur le sabbat dans l'Eglise éthiopienne, Robert Beylot
  • Le quatrième commandement est-il aboli ? ou devons-nous encore nous reposer un jour sur sept et sanctifier ce jour-là?, F. Prunier.
  • The Sabbath in scripture and history, by Kenneth A. Strand

Sabbat Anglo-saxon[modifier | modifier le code]

  • Racines puritaines de la doctrine du Sabbat adventiste du Septième jour, Sergio Becerra ; sous la dir.de Marc Lienhard
  • Sabbath and sectarianism in seventeenth-century England, David S. Katz
  • The English sabbath : a study of doctrine and discipline from the Reformation to the Civil war, Kenneth L. Parker
  • The seventh-day men : Sabbatarians and Sabbatarianism in England and Wales, 1600-1800, Bryan W. Ball

Aspects théologiques[modifier | modifier le code]

  • Les sens du shabbat, échanges juifs et chrétiens autour du 7e jour, colloque organisé par la Communauté des Béatitudes, 20-23 janvier 2004
  • Le juif Jésus et le shabbat [Texte imprimé] : une lecture de l'Évangile à la lumière de la Torah, Marie Vidal
  • Le Sabbat dans la Bible, André Wénin
  • Jesus of Nazareth and the sabbath commandment, by Sven-Olav Back
  • Jesus and the Sabbath in Matthew's Gospel, Yong-Eui Yang

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Appelés à la liberté, Roland Meynet, Lethielleux, Paris collection Rhétorique sémitique, ainsi on lit en Genèse 2.2 "Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu'il avait faite : et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu'il avait faite."
  2. Néhémie 13:15–18 ; Jérémie 17:21–27
  3. a et b Alain Cabantous, Le dimanche, une histoire : Europe occidentale (1600-1830), Seuil,‎ 2013, 355 p. (ISBN 2021011828)
  4. Il était entre autres adorateur d'Apollon, et adoptait le Dieu chrétien parmi d'autres divinités. On parle alors de pagano-christianisme. Série L'Apocalypse, réalisée par Jérôme Prieur et Gérard Mordillat
  5. From Sabbath to Sunday: A Historical Investigation of the Rise of Sunday, chapître 8 : Sun worship and the origin of sunday
  6. (en) The Jews in the Legal Sources of the Early Middle Ages ; dom remy ceillier, histoire générale des auteurs sacrés et ecclesiastiques, qui contient leur vie... , paulus du mesnil, 1733 : voir page 730 le canon 29
  7. (en) Kenneth L. Parker, The English Sabbath, New York: Cambridge University Press, 1988
  8. Roland Meynet, Appelés à la liberté, coll. « Rhétorique sémitique 5 », Lethielleux, Paris, 2008
  9. « Eglise Ethiopienne Orthodoxe »
  10. Leslie Hardinge, "The Celtic Church in Britain", TEACH Services, 1995.
  11. Celtic Sabbath Keeping
  12. comme en témoigne le concile de Frioul en 796, cité dans Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, Remi Ceillier, 1758, p. 551
  13. Juifs et chrétiens dans le monde occidental, 430-1096, Bernhard Blumenkranz, Peeters Publishers, 2006, ISBN 9042918799 p. 175
  14. (fr) « Les croyances fondamentales », sur adventiste.org (consulté le 17 avril 2010)
  15. (fr) « Éditorial : Pâque 2010 », sur Pistis.org (consulté le 17 avril 2010)
  16. A history of the True Religion Traced From 33 A.D. to Date, A. Dugger and C.O. Dodd
  17. se basant sur Ex. 20:8,10,11; Deut. 5:12
  18. IHWH, ton Dieu, les cieux la terre et la mer. sevendayweek
  19. (en) « Mark of the Beast (No. 25) », sur ccg.org (consulté le 17 avril 2010)
  20. Chapitre 6 de l'évangile selon Luc dans le Codex Bezae