SU-100
| SU-100 | |
SU-10 au Musée de la Grande Guerre patriotique (Kiev), Ukraine |
|
| Caractéristiques de service | |
|---|---|
| Service | Chasseur de chars |
| Utilisateurs | Union des républiques socialistes soviétiques |
| Conflits | Seconde Guerre mondiale |
| Production | |
| Concepteur | Lev Gorlitsky |
| Année de conception | 1944 |
| Constructeur | Usine Ouralmach de Iekaterinbourg |
| Unités produites | 2 335+ |
| Caractéristiques générales | |
| Équipage | 4 |
| Longueur | 9,45 m |
| Largeur | 3,00 m |
| Hauteur | 2,25 m |
| Masse au combat | 31,6 tonnes |
| Blindage et armement | |
| Blindage | 45 à 75 mm |
| Armement principal | 1 canon 100 mm D-10S (34 obus) |
| Armement secondaire | pistolet-mitrailleuse PPsh 41 de 7,62 mm et 24 grenades F-1 et 5 grenades antichar |
| Mobilité | |
| Moteur | V-2-34 M diesel 500 cv à 1 800 tr/min |
| Suspension | Suspension Christie |
| Vitesse sur route | 50 km/h |
| Puissance massique | |
| Réservoir | 500 litres (possibilité d'augmenter de 270 litres en externes) |
| Autonomie | 320 km sur route et 150 km en tout-terrain |
| modifier |
|
Le SU-100 est un chasseur de chars soviétique utilisé durant la Seconde Guerre mondiale pour remplacer le SU-85. Il a été largement utilisé pendant la dernière année de la guerre, puis a continué à voir du service dans les armées des alliés de l'URSS partout dans le monde.
Sommaire |
Développement [modifier]
Le SU-100 a été conçu en 1944 comme un SU-85 amélioré. Ils sont tous les deux bâtis sur le même chassis que le char T-34-85. Il a été conçu et produit à l'UZTM (en russe УЗТМ, pour Уральский Завод Тяжелого Машиностроения, Usine de constructions mécaniques lourdes de l'Oural ou Ouralmach) à Iekaterinbourg. Le SU-100 s'est vite révélé être l'un des meilleurs chasseurs de chars de la deuxième guerre mondiale, car son canon pouvait pénétrer 125 mm de blindage vertical à une portée de 2 000 mètres, ou le blindage incliné de 80 mm du char allemand Panther à 1 500 mètres. Capable de détruire le blindage frontal de tous les chars allemands en service à l'exception du Tigre royal, le SU-100 reçut des soldats soviétiques le surnom salace de « Pizdets vsemu », ou « nique-tout »[1].
Le développement était supervisé par Lev Gorlitsky, chef concepteur de tous les canons automoteurs moyens soviétiques. L'étude a commencé en février 1944 et le premier prototype de SU-100, appelé « objet 138 », a été construit en mars. Après une période intense d'essais avec différents modèles de canons de 100 mm, les ingénieurs soviétiques ont approuvé le canon D-10S pour une production de masse. Ce canon avait été conçu dans le bureau de construction de l'usine d'artillerie numéro 9, sous la direction de Fyodor Petrov. Après la Seconde Guerre mondiale, il a été installé sur les chars T-54 et T-55 et ses descendants étaient encore en usage quarante ans après sa conception. La caisse du SU-100 a été fortement améliorée par rapport au SU-85 ; le blindage avant a été augmenté de 45 à 75 mm, et le poste du chef de char a été agrandi, avec une nouvelle coupole. La ventilation a aussi été améliorée, avec deux ventilateurs au lieu du ventilateur unique du SU-85. La production de masse a démarré en septembre 1944.
Service [modifier]
Le SU-100 a été largement utilisé pendant la dernière année de la guerre. Il a été employé en masse en Hongrie en mars 1945, où les forces soviétiques ont bloqué l'offensive allemande (opération Frühlingserwachen) au lac Balaton. En juillet 1945, 2335 SU-100 avaient été construits.
Ce véhicule est resté en service dans l'Armée rouge bien après la guerre ; la production a continué en Union Soviétique jusqu'en 1947, et jusque dans les années 1950 en Tchécoslovaquie. Il a été retiré du service en URSS en 1957, mais beaucoup de SU-100 ont été transférés dans les stocks pour les réservistes. Certains survivent encore à ce jour dans des entrepôts de l'armée russe.
Des SU-100 ont servi dans l'Armée populaire de libération (ou APL) chinoise en 1955, quand les forces soviétiques ont quitté Dalian. Les armes de Dalian ont été vendues à la Chine, y compris 99 SU-100, 18 chars lourds IS-2, 16 T-54 et 224 T-34. Ils ont servi à former la première division blindée de la PLA.
Beaucoup de pays du Pacte de Varsovie ont aussi employé le SU-100, de même que des alliés soviétiques tels que l'Égypte, l'Angola et Cuba. Quelques SU-100 ont été livrés à la Yougoslavie après la guerre, sous la désignation M-44[2]. Les SU-100 ont vu le combat au cours de la crise de Suez en 1956, où les Égyptiens ont utilisé des SU-100 contre les chars Sherman M4 israéliens. Le SU-100 a aussi été utilisé dans la guerre des Six Jours en 1967 et la guerre du Kippour en 1973. Il a été légèrement modifié pour s'adapter aux conditions sableuses du Moyen-Orient, ce qui a donné la version SU-100M. Les SU-100 d'exportation a continué à être employé jusque dans les années 1970, voire plus tard dans certains pays. Le SU-100 est toujours employé par les armées du Vietnam et de la Corée du Nord, malgré son âge.
Dans la culture populaire [modifier]
Un SU-100 de la Deuxième Guerre mondiale et son équipage sont les héros du film soviétique « На войне как на войне » Na vojne kak na vojne (« À la guerre comme à la guerre »). Il y a eu d'autres films soviétiques sur des équipages de canons automoteurs. Les vétérans de la guerre ont trouvé ce film assez réaliste. Ce film contient la chanson des tankistes soviétiques, qui est depuis devenue populaire à la fois chez les tankistes russes et chez les civils.
Notes et références [modifier]
Notes [modifier]
Internet [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Laurent Tirone, Samakhodnaya Artileriskaya Ustanovoka 100 vs. Panzerjäger mit 8,8 cm L/71 auf Panther, in Trucks & Tanks Magazine n°34, Editions Caraktère, 2012
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « SU-100 » (voir la liste des auteurs)