Sous-marin nucléaire lanceur d'engins

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis SSBN)
Aller à : navigation, rechercher
Le SNLE-NG Le Téméraire, de la Marine nationale française

Un sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE), aussi connu comme SSBN (Sub-Surface Ballistic Nuclear) selon le code OTAN, est un sous-marin à propulsion nucléaire navale de très grande taille, équipé de missiles balistiques stratégiques à charge nucléaire en silos verticaux et lancés en plongée. Il est également équipé en torpilles et en missile à changement de milieu aérodynamiques, des armes anti-navires pour son auto-défense. Sa mission est la dissuasion nucléaire ; il assure, à ce titre, la garantie d'une frappe nucléaire de riposte, en raison de la difficulté de le localiser lors de ses patrouilles en plongée, grâce notamment à ses qualités de discrétion acoustique.

Les pays qui disposent en ce début de XXIe siècle de ce type de sous-marin sont les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni, la Chine et l'Inde. Les États-Unis et la Russie possèdent à eux seuls plus des 4/5e de la flotte de SNLE mondiale.

Historique[modifier | modifier le code]

Le USS Tunny (SSG-282) tirant un missile de croisière SSM-N-8A Regulus.

Des projets de sous-marins pouvant tirer des missiles contre des cibles terrestres furent imaginés par le complexe militaro-industriel allemand durant la Seconde Guerre mondiale mais ne furent jamais réalisés. Les anciens Alliés firent chacun de leur côté des projets en ce domaine.

Après avoir étudié les missiles allemands, des variantes du V-1 furent tirées depuis la mer par les USS Carbonero (SS-337) et USS Cusk (SS-348) en février 1947, la portée de ces engins était de 135 mille nautique et leur erreur circulaire probable de près de 6 km.

Les États-Unis lancèrent divers programmes pour avoir des systèmes d'armes plus performants et déployèrent le missile de croisière SSM-N-8 Regulus subsonique d'une portée de 900 km dont le premier tir eut lieu en juillet 1953 depuis le pont du USS Tunny (SSG-282). Le USS Halibut (SSGN-587), ayant un lanceur de missiles Regulus et pouvant emporter cinq de ces derniers, fut lancé en janvier 1959 ; il fut le premier sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière[1].

Les premiers sous-marins porteurs de missiles balistiques sont, à partir de 1955, six navires modifiés type projet AV611 ou Classe Zoulou V selon le code OTAN de la marine soviétique. Ces sous-marins à propulsion conventionnelle étaient porteurs de deux missiles R-11FM dérivés du Scud qui devaient être tirés en surface.

L'USS George Washington (SSBN-598), le premier SNLE de l'Histoire.

Mais le premier véritable SNLE fut l'USS George Washington (SSBN-598) de l'United States Navy opérationnel à partir de 1960 avec ses UGM-27A Polaris d'une portée de 2 200 km.

À partir des années 1960, ces vecteurs virtuellement indétectables sont un des piliers de la destruction mutuelle assurée grâce à leur capacité de seconde frappe en cas d'attaque nucléaire de l'autre camp.

La mise en service de sous-marins lance-missile à propulsion conventionnelle fait que dans la liste des codes des immatriculations des navires de l'US Navy, on utilise le sigle SSB pour Ballistic Missile Submarine pour les sous-marins à propulsion diesel (un seul de cette catégorie, sous pavillon chinois, dans les années 2000) et SSBN (N entre parenthèses jusqu'aux années 1970) pour ceux à propulsion nucléaire navale.

Liste des utilisateurs de SNLE[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis[modifier | modifier le code]

Coupe d'un SNLE de la classe Ohio :
1. Dôme du sonar
2. Réservoirs des ballasts principaux
3. Salle des ordinateurs
4. Salle radio
5. Salle du sonar
6. Poste de commandement et de contrôle
7. Poste central de navigation
8. Poste de contrôle des missiles
9. Salle des machines
10. Compartiment réacteur
11. Salle des machines auxiliaires no 1
12. Poste d'équipage
13. Salle des machines auxiliaires no 2
14. Chambre des torpilles
15. Carré des officiers
16. Quartier du Premier maître
17. Tranche missile
Le premier sous-marin de la classe Ohio avec ses puits de lancement ouverts en 1981.

En 2013, la marine américaine possède 14 sous-marins de ce type.

Le projet Polaris à l'origine de la première série de SNLE en service fait suite à l'abandon du projet Jupiter de l'US Navy en novembre 1956 . Ce projet comportait la construction de sous-marins emportant jusqu'à quatre missiles Jupiter. Le projet fut annulé car les sous-marins devaient faire surface pour lancer leurs missiles ; les missiles Jupiter, à carburant liquide, devaient être remplis avant chaque tir, une opération dangereuse à bord d'un sous-marin.

Le tout premier SNLE fut le USS George Washington (SSBN-598) qui fut mis sur cale en janvier 1957 originellement en tant que SNA de la classe Skipjack nommé USS Scorpion. En 1958, les ingénieurs américains y ajoutent un compartiment à missiles de 40 mètres de long avec 16 puits de lancement, qui abritèrent les premiers missiles à carburant solide UGM-27 Polaris A-1 d'une portée de 1 800 km, et le rebaptisèrent. Il fut lancé le 9 juin 1959 et entra en service en décembre 1959[2].

Ce sous-marin tire ses premiers missile le 20 juillet 1960 pendant la présidence d'Eisenhower. Mais si durant la crise de Cuba d'octobre 1962, 6 SNLE sont déjà armés de 16 Polaris A1, la fiabilité globale de ce missile n'était estimé qu'a 25 %, en effet le lanceur lui-même avaient un taux de fiabilité de 50 % ou moins, et l'ogive W47Y1 de 600 kilotonnes l'armant a été estimé à une chance sur deux d'initier une explosion nucléaire en cas de besoin; mais lors de tests en 1966, il y a eu trois échecs sur quatre ce qui fait tomber le taux réel de fiabilité à 12,5 %[3]. Ils furent remplacés ou convertis par les version A2 et A3 dans les années qui suivirent.

L'amirauté américaine souhaitait alors disposer de pas moins de 45 SNLE en 1965, répartis en cinq flottilles de 9 sous-marins (3 dans l'Atlantique, 2 dans l'océan Pacifique)[4].

Les suivants furent construits en grande cadence dans quatre chantiers navals, mais pas en aussi grand nombre et rapidement qu'espéré, et en 1967, quarante-un SNLE des classe George Washington (1959 – 1985), classe Ethan Allen (1961 – 1992), classe Lafayette (1963 – 1994), Classe James Madison (1964 – 1995) et classe Benjamin Franklin (1965 – 2002) sont en service, équipé chacun de seize missiles ; ce nombre commença à baisser à partir de 1979[5]. Ils remplacèrent rapidement les quatre sous-marins conventionnels et le SSGN emportant le missile de croisière SSM-N-8 Regulus qui effectueront 41 patrouilles de dissuasion entre septembre 1959 et juillet 1964.

Leurs missiles balistiques ont la forme d'une quille et sont lancés en plongée en petite vitesse - moins de trois nœuds - à l'aide d'un dispositif à vapeur. La mise à feu est armée automatiquement après l'émersion, à 30 mètres environ au-dessus de la surface.

Au début des années 1970, sur les quarante-un bâtiments en service, une quinzaine sont à tout moment opérationnels et prêts à faire feu, douze en entretien courant et sept en grand carénage.

Ils sont dotés de centrale à inertie pour la navigation inertielle et, à partir de la fin des années 1960, du système Transit de navigation par satellite.

Ils sont regroupés en cinq flottilles dans l'océan Atlantique dans les bases de Holy Loch en Écosse et de Rota en Espagne et dans l'océan Pacifique dans les bases d'Apra à Guam et de Pearl Harbour à Hawaii. Ils s'appuient alors quatre navires ravitailleurs de sous-marins et sur des docks flottants spécialisés ; aux États-Unis contigus, les SNLE s'appuient alors sur la base de Charleston en Caroline du Sud et, accessoirement, sur New London au Connecticut[6].

En 1985, durant la dernière phase de la Guerre froide, trente-sept sous-marins pouvant emporter un total de six cent quarante missiles balistiques étaient en service (Six classe Ohio, dix-neuf classe Lafayette et douze classe Benjamin Franklin)[7].

Les Ohio dont le premier devient opérationnel en 1981 sont actuellement les seuls de ce type en service aux États-Unis depuis le retrait du dernier des premiers modèles de SNLE le 12 avril 1993.

Depuis les traités de réduction des armes stratégiques, la moitié des sous-marins en mer sont dans un état de semi-alerte, il faut environ 18 heures à l'équipage pour réaliser les procédures nécessaires à la mise en alerte maximale, comme, enlever les plaques d'immersions des tubes de lancement[8].

En 2012, l’essentiel de la force de dissuasion américaine continue de reposer sur la composante océanique de la flottille de classe Ohio qui compte quatorze sous-marins dans leur fonction originale armés de 24 Trident II (D5) d'une portée de plus de 8 000 km équipés de quatre à six ogives sur les dix-huit construits. On estime, en 2009, à 1 152 le nombre d'ogives opérationnelles W76 et W88 destinées aux 288 missiles Trident II D5 en service[9]. D'ici la fin des années 2010, il est prévu que leur nombre soit réduit à 12[10].

Ce sont les deuxièmes plus gros sous-marins du monde après les Typhoons russes. Ils sont tous basés dans les deux bases navales de Kings Bay, en Géorgie sur la côte Atlantique sous le commandement du Submarine Group 10 créé le 1er janvier 1989, et de Kitsap dans la péninsule de Kitsap près de Bangor se situant dans l'État de Washington sur la côte Pacifique sous le commandement du Submarine Group 9 créé le 1er juillet 1981[11]. 60 % de la capacité nucléaire sous-marine américaine est à cette date déployé dans l'océan Pacifique contre 15 % durant les années 1980 avec six SNLE stationnés à Kings'Bay et huit à Bangor [12].

Un montage des diverses phases du lancement d'un missile Trident I (C4) en 1981.

Entre le 15 novembre 1960 et novembre 2004, il y a eu un total de 3 632 patrouilles de dissuasion stratégique effectuées par les SNLE américains :

  • 1 245 avec des missiles Polaris (Polaris A-1 du 15 novembre 1960 au 14 octobre 1965, Polaris A-2 du 26 juin 1962 au 9 juin 1974, Polaris A-3 du 28 septembre 1964 au 1er octobre 1981) ;
  • 1 182 avec des missiles Poseidon du 31 mars 1971 au 1er octobre 1991 ;
  • 397 avec des missiles Trident C-4 à bord d'anciennes classes de sous-marins, ce type d'engin sera en service du 20 octobre 1979 au 15 décembre 2003 ;
  • 481 avec des missiles Trident C-4 à bord de classe Ohio ;
  • 327 avec des missiles Trident D-5 à bord de classe Ohio depuis le 29 mars 1990[13].

Depuis la fin de la Guerre Froide, le nombre de patrouilles de dissuasion stratégique effectuées par les SNLE américains diminue. Il était encore de 64 en 1999, de 31 patrouilles par an en 2008 et 2009 et il n’était plus que de 28 en 2011[14]. Plus des deux tiers ont désormais lieu dans le Pacifique face à la Chine, comparativement à seulement 1/7e durant la guerre froide tandis que 4 missiles Trident II ont été tirés lors d'exercices en 2009[15]. Avec la chute du Bloc de l'Est et la détente qui a suivi sur le plan des armements nucléaires stratégiques, quatre sous-marins de la classe Ohio ont été convertis en sous-marins lanceurs de missiles de croisière (SSGN selon la terminologie OTAN) dont trois dépendent du Submarine Squadron 16 et un du Submarine Squadron 20. Les tubes de lancements peuvent emporter un total de 154 Tomahawk, ce qui donne à chacun de ces sous-marins une puissance de feu considérable contre des objectifs terrestres.

Il est prévu en 2012 que le plus ancien bâtiment de la classe Ohio, le USS Henry M. Jackson (SSBN 730) sera désarmé en 2027 après 42 ans de service. La marine va ensuite retirer les 13 autres SNLE de la classe Ohio à un rythme d'un par an.

Caractéristiques du SSBN(X) définit en 2012.

Le 31 août 2012 a été signé au Washington Navy Yard un protocole d'accord traçant les lignes directrices du programme de remplacement de la classe Ohio, le SSBN(X) (en), ainsi que du programme de remplacement des SNLE britanniques de classe Vanguard. La cible pour les États-Unis serait de remplacer les 14 SNLE Ohio par 12 SNLE de la génération suivante, sans pour autant perdre en capacité de dissuasion. La première unité, tête de classe, sera mise sur cale en 2021 pour une livraison à la marine des États-Unis en 2027. La première patrouille devra pouvoir être conduite en 2031. Le programme devra être opérationnel jusqu'aux années 2080[16]. En 2012, on déclare que ce SSBN-X sera dérivé de la conception des sous-marins nucléaires d'attaque de la classe Virginia et reprendra de nombreux composant, pour un coût unitaire les bateaux 2 à 12 de 4,9 milliards de dollars américains[17].

Drapeau de la République populaire de Chine Chine[modifier | modifier le code]

Article connexe : Forces nucléaires de la Chine.
Un SNLE type 094, appelé aussi classe Jin.

La marine de l'armée populaire de libération a mis à flot son premier SNLE du type 092, le 406 Changzheng le 30 mars 1981, il est entré en service en 1987. Un second exemplaire portant le même numéro de coque lancé en 1982 aurait été perdu en mer en 1985.

C'est en fait un classe Delta III russe modifié qui transporte 12 missiles nucléaires chinois Ju Lang-1 (Code OTAN CSS-N-3) d'une portée de 2 150 km et possédant aussi 6 tubes lance-torpilles de 533 mm. Son port d'attache est la base navale de Jianggezhuang (en) à 25 km de Qingdao.

Les Chinois mettent au point un autre SNLE de conception entièrement chinoise, le type 094 (en) (appelé classe Jin par les forces Occidentales) armé de 12 Ju Lang-2 d'une portée estimée à 8 000 km dont le premier est lancé en juillet 2004. Mais certains experts affirment que, pour le moment, il est trop bruyant.

En mai 2008, deux 094 ont été lancés et l'Intelligence Community américaine estime que cinq pourraient être construits d'ici 2015[18].

Le SSB Golf type 31 (immatriculé 200) est un bâtiment d'essais servant aux expérimentations des SLBM lancé en 1966 qui aurait été remis en état en 2009[19].

Il semble que ces sous-marins n'embarquent pas d'armes nucléaires hors période de crise[20].

Pékin construit dans les années 2000 une base navale secrète à Sanya (aussi connue sous le nom de Yulin) sur l'île d'Hainan dotée des infrastructures nécessaires pour dissimuler une flotte entière de sous-marins nucléaires des regards indiscrets de satellites espions adverses[21].

Drapeau de la France France[modifier | modifier le code]

Article connexe : forces sous-marines.
Le Redoutable, premier des SNLE français entra en service le 1er décembre 1971.
Missiles M45 et M51 dans des coques de SNLE (classe Le Redoutable, à gauche) et de SNLE-NG (classe Le Triomphant, au milieu), UGM-133 Trident II américain à droite.

Les SNLE de la force océanique stratégique forment l'une des deux composantes actuelles de la stratégie de dissuasion nucléaire française, avec les moyens aéroportés de la force aérienne stratégique et de l'aviation navale. L'atout principal du SNLE réside dans sa discrétion acoustique.

Depuis le lancement de ce programme dans les années 1960, la base opérationnelle des SNLE français est l’Île Longue dans la rade de Brest.

La décision de construire un sous-marin diesel destiné aux essais des futurs missiles mer-sol balistiques stratégiques français est prise le 6 décembre 1960. Le Gymnote (S655) de 3 000 tonnes qui servira de banc d'essai pour ce système d'arme sera construit avec les tronçons avant et arrière du projet abandonné de SNA Q 244 et équipé de quatre tubes verticaux lance-missiles. Il entre en service le 17 octobre 1966 et sera désarmé le 1er octobre 1986[22].

La première classe de SNLE français fut la classe Le Redoutable de 7 500 t dont la mise sur cale de la tête de série a été autorisée en mars 1963 ; la construction débuta en 1964 à l'arsenal de Cherbourg et il fut lancé le 29 mars 1967 en présence du président Charles de Gaulle. Ses essais débutèrent en 1969 et il entra finalement en service le 1er décembre 1971.

Six sous-marins de cette classe pouvant emporter seize missiles balistiques furent construits :

  • S 611 Le Redoutable (entré en service en 1971, retiré du service en 1991)
  • S 612 Le Terrible (1973-1996)
  • S 610 Le Foudroyant (1974-1998)
  • S 613 L'Indomptable (1976-2003)
  • S 614 Le Tonnant (1980-1999, premier sous-marin équipé de M2)
  • S 615 L'Inflexible (1985-2008, premier sous-marin équipé de M4)

En novembre 1987, ces SNLE représentent une puissance de destruction de 44 mégatonnes[23].

Quatre SNLE de nouvelle génération (SNLE/NG) de la classe Le Triomphant de 12 600 t sont en service en 2010 dans la force océanique stratégique de la marine nationale française:

Le système d'armes des SNLE-NG est composé de :

Les vecteurs sont, dans les années 2000, 64 missiles mer-sol balistiques stratégiques M45 qui devraient être remplacés dans les années 2010 par 60 M51, soit 3 lots de missiles pour 4 sous-marins La mission d'un SNLE français est simple : quitter son port d'attache, de la façon la plus discrète possible, puis rester indétectable tout au long de sa mission pour pouvoir à tout moment déclencher le feu nucléaire, sur ordre du président de la République française.

La procédure de tir des missiles nucléaires est la suivante : dès réception de l'ordre présidentiel et des codes de tir, le commandant du SNLE et son second introduisent les « clés » de tir puis lancent les missiles qui partent alors sur leurs cibles (personne à bord du sous-marin ne connait la destination des missiles, pas même le commandant). Il existe deux « clés » de tir, afin de limiter le risque humain (dépression, tendance suicidaire, folie passagère…).

De 1972 à avril 2014, 471 patrouilles de SNLE français ont été réalisé et 15 ont été interrompues, une heure ou deux, pour procéder à des évacuations sanitaires[24]. Une mission de patrouille dure environ 10 semaines, au cours de laquelle le SNLE doit rester indétectable. Les 100 à 130 hommes d'équipage vivent donc confinés dans le sous-marin, sans pouvoir donner de leurs nouvelles à leurs proches. Pour des raisons de discrétion acoustique, la télémédecine est proscrite : en cas de problème de santé, un médecin-chirurgien, assisté de deux infirmiers dont un anesthésiste, peut les opérer à bord du SNLE.

Drapeau de l'Inde Inde[modifier | modifier le code]

Vue d'artiste du lancement d'un missile balistique Sagarika depuis un sous-marin de classe Arihant

La marine indienne a mis sur cale en 1998 son premier SNLE de la classe Arihant. Ce projet était appelé Advanced Technology Vessel avant de recevoir le nom de Arihant. Il a été lancé le 26 juillet 2009[25].

La mise en service de l'Arihant avec douze missiles K-15 Sagarika de plus 700 km de portée est prévu pour 2015. En juillet 2013, la divergence du réacteur nucléaire de l’Arihant a lieu, et à l’issue d’une série d’essais à la base navale de Vishakhapatnam, dans le golfe du Bengale, il prend la mer pour la première fois[26].

Le deuxième sous-marin de cette classe a été mis sur cale en mai 2011 pour une entrée en service actif annoncée pour 2015, il devrait être, comme les trois suivants, armé directement de quatre K-4[27].

Drapeau de l’URSS Union soviétique/Drapeau de la Russie Russie[modifier | modifier le code]

Un Delta IV en surface en 1994.
Un sous-marin de classe Typhoon dans la glace, un géant en voie de disparition

La marine russe possède, en juillet 2010, 12 SNLE, dont 4 sont en travaux ou en essais emportant, selon des estimations un total de 160 missiles stratégiques et 576 ogives opérationnels[28], contre 15 SNLE en 2006 — 12 opérationnels — et 67 en 1984 au temps de la marine soviétique.

Les premiers sous-marins équipés de missiles balistiques furent des unités de la classe Whiskey (Projet 613, 644 et 665)

Le K-19 de la classe Hotel (projet 658) est le premier sous-marin à propulsion nucléaire de l'Union soviétique à être équipé de missiles balistiques ; il est entré en service le 30 avril 1961. Son armement était composé de trois R-13 (en) (Code OTAN : SS-N-4 Sark) d'une portée d'environ 600 km.

Le premier SNLE équivalent aux sous-marins américains fut le K-137 du projet 667A, connu sous le code OTAN de classe Yankee, commissionné le 6 novembre 1967 et portant 16 missiles stratégiques.

En 1971, l'URSS disposait de 22 sous-marins lance-missiles balistiques à propulsion nucléaire et 20 autres sous-marins diesel portant de 2 à 3 missiles R-13[29].

Elle possède, fin 2010, quatre types différents de SNLE, dont les plus gros sous-marins du monde, ceux de classe Typhoon basés dans 2 bases sous-marines, Gadzhiyevo appartenant à la flotte du Nord dans la péninsule de Kola regroupant la majorité des SNLE et Vilyuchinsk au Kamchatka où sont basés les Delta III[30]; chacun des 10 SNLE opérationnels aurait en 2008 accompli chacun une mission de dissuasion et en 2009 sept tirs d'essais de missiles stratégique ont été notés.

  • Projet 941 Akula classe Typhoon: il peut transporter 20 missiles SS-N-20. À sa mise en service, il était le plus silencieux des sous-marins soviétiques. Sur un total de six construits, un seul est encore en service et sert de banc d'essai à une nouvelle génération de missiles balistiques, le 3M14 SS-N-30 (3M14 Bulava) et deux sont en réserve, et seront peut-être démantelés comme les trois déjà retirés du service.
  • Projet 667BDR Kalmar Classe Delta III : construit à 14 exemplaires à partir de 1976, 4 sont en service et devraient être retirés d'ici quelques années. Il peut transporter 16 missiles SS-N-18. 3 lots de ces missiles emportant 3 ogives seraient disponibles emportant un total 196 ogives.
Le K-535 Yuri Dolgorukiy en essais en 2010. Il s'agit du premier bateau de la classe Boreï.
  • Projet 667BDRM classe Delta IV : Portant le surnom de Del'fin (Dauphin, en français), il est une version améliorée du Projet 667BDR. L'URSS en a construit 7, dont 6 sont en service. Depuis 1999, ils sont en travaux de remise à niveau. Deux sont en chantier en 2010 donc 4 sont opérationnels. Ils peuvent transporter 16 missiles SS-N-23 emportant 4 ogives soit un total de 384 ogives emportées pour les 4 sous-marins.
  • Project 955 classe Boreï : Début 2011, un à l'essai, un deuxième mit à l'eau et deux en construction. Cette classe devrait comprendre un total de 8 navires. Ils doivent emporter 16 R-30 Bulava.

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Maquette de l'HMS Resolution (S22) (en), le 1er SNLE britannique. On distingue les 2 rangées de silos entre le kiosque et la salle des machines.
Le HMS Vanguard en 1994.

En 2012, la Royal Navy possède quatre SNLE de la classe Vanguard, emportant au total environ 160 ogives, ayant succédé aux quatre bateaux de classe Resolution lancés entre 1966 et 1968 dont la tête de série est entrée en service en octobre 1967; il s'agit des :

Leur port d'attache est la Her Majesty's Naval Base Clyde dans la région d'Argyll and Bute dans l'ouest de l'Écosse.

D'ici 2015, la Royal Navy prévoit de maintenir à quatre son nombre de SNLE. En 2007, le Parlement du Royaume-Uni a décidé de lancer un programme de renouvellement de la flotte avec mise en service de trois nouveaux sous-marins pour remplacer les Vanguard à partir de 2022. En 2012, on envisage désormais une décision au minimum en 2016 pour une mise en service de 3 ou 4 SNLE à partir de 2028, ces navires devant rester en service jusqu'aux années 2060[31].

En juin 2011, le nombre de têtes nucléaires embarquées sur chaque sous-marin nucléaire lanceur d’engins britannique a été réduit de 48 à 40; le nombre de missiles opérationnels Trident D5 embarqués sur chaque sous-marin sera réduit à 8 et le nombre total de têtes nucléaires opérationnelles passera de 160 à 120 d’ici 2015[32].

La Grande-Bretagne attribue à ses patrouilles de SNLE une mission substratégique pour compléter son rôle stratégique. Sur le plan opérationnel, cela signifie probablement que certains des missiles ont une seule ogive. Ces ogives pourraient être utilisés pour attaquer des adversaires régionaux (États dits voyous) qui possèdent des armes de destruction massive, une mission qui ne nécessiterait pas une attaque importante. La mission substratégique peut également exiger des petites options de rendement d'ogives. Ceci peut être obtenu en choisissant de faire exploser la partie primaire d'une ogive, qui produirait une explosion d'un kilotonne ou moins, ou en choisissant de faire exploser la partie primaire stimulé, ce qui produirait un rendement de l'ordre de quelques kilotonnes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Edward C. Whitman, « Regulus : America's First Sea-borne Nuclear Detterent », sur Undersea Warfare, Undersea Warfare,‎ 2001 (consulté en 20 août 2009)
  2. (en) SSBN-598 George Washington-Class FBM Submarines, Federation of American Scientists
  3. (en) « Cuban Missile Crisis Order of Battle Version 0.1 », Alternate Wars,‎ 26 août 2010 (consulté en 22 août 2011)
  4. Henri Le Masson, Flottes de combat 1962, Paris, Éditions maritimes et d'outre-mer,‎ octobre 1961, 216 p.
  5. Jean Moulin, US Navy, tome II, p.383
  6. Henri Le Masson, Flottes de combat 1972, Paris, Éditions maritimes et d'outre-mer,‎ octobre 1970, 147 p.
  7. Flottes de combat, 1986
  8. Pour la science, n° 243, avril 1998, p. 40
  9. (en) Nuclear Notebook: U.S. nuclear forces, 2009
  10. (en) Elaine M. Grossman, « Proposed Ballistic-Missile Submarine Nears Pentagon Review », sur http://www.globalsecuritynewswire.org/, Global Security Newswire,‎ 27 septembre 2010 (consulté le 30 septembre 2010)
  11. (en) Mission and Vision, Commander Submarine Group 9
  12. (fr) Les États-Unis rééquilibrent leurs forces stratégiques entre Atlantique et Pacifique, Mer et Marine, 6 avril 2009
  13. (en) Norman Polmar, The Naval Institute guide to the ships and aircraft of the U.S. fleet, Naval Institute Press,‎ 15 décembre 2004, 18e éd., 661 p. (ISBN 978-1591146858, lire en ligne), Strategic Missile Submarine
  14. (en) « 60% of US nuclear submarine patrols take place in the Pacific », sur Want China Times,‎ 15 janvier 2014 (consulté le 16 janvier 2014)
  15. (en) [PDF]Robert Norris, Hans Kristensen, « U.S. nuclear forces, 2010 », sur http://thebulletin.metapress.com/, Bulletin of the Atomic Scientists,‎ mai/juin 2010 (consulté le 30 septembre 2010)
  16. « Navy Signs Specification Document for the Ohio Replacement Submarine Program, Sets forth Critical Design Elements »,‎ 6 septembre 2012 (consulté le 9 septembre 2012)
  17. contre-amiral David C. Johnson, « The Ohio replacement: The future of U.S. nuclear deterrence », sur Association of United States Navy,‎ 1er juin 2012 (consulté le 9 septembre 2012)
  18. (en) Hans M. Kristensen, « Jin SSBN Flashes its Tubes », sur http://www.fas.org/, Federation of American Scientists,‎ 2 mars 2010 (consulté le 26 octobre 2010)
  19. Stratégie Page, « La Chine remet en état un sous-marin lance-missiles vieux de 30 ans », sur http://www.corlobe.tk, Le portail des sous-marins,‎ 24 juillet 2009 (consulté le 2 aout 2009)
  20. Hans M. Kristensen, « Chinese Jin-SSBNs Getting Ready? », sur http://www.fas.org, Federation of American Scientists,‎ 2 juillet 2011 (consulté le 25 juillet 2011)
  21. « Un SNLE chinois arrive dans la nouvelle base de l’île de Hainan », sur http://www.corlobe.tk, Le portail des sous-marins,‎ 28 avril 2008 (consulté le 2 aout 2009)
  22. (fr) « Sous-marin expérimental lance-missiles Gymnote », sur http://www.netmarine.net, Net Marine (consulté le 2 aout 2009)
  23. (fr) Patrick Boureille, « L’outil naval français et la sortie de la guerre froide (1985-1994) », sur http://rha.revues.org, Revue historique des armées,‎ 2006 (consulté le 26 octobre 2009)
  24. « Commission de la défense nationale et des forces armées Mercredi 16 avril 2014 Séance de 9 heures Compte rendu n° 43 », sur Assemblée nationale,‎ 16 avril 2014 (consulté le 10 mai 2014)
  25. L'Inde inaugure son premier sous-marin nucléaire "made in India", 26 juillet 2009
  26. « Le premier sous-marin nucléaire de conception indienne en essais », sur Mer & Marine,‎ 28 août 2013
  27. « L'Inde se dote d'une composante sous-marine stratégique », Mer et Marine,‎ 6 mars 2012 (consulté en 6 mars 2012)
  28. (en)[PDF]Robert S. Norris, Hans M. Kristensen, « Russian Nuclear Forces, 2010 », Bulletin of the Atomic Scientists,‎ janvier/février 2010 (consulté le 12 novembre 2010)
  29. Henri Le Masson, Flottes de combat 1972, Paris, Éditions maritimes et d'outre-mer,‎ octobre 1970, 379 p.
  30. (en) « Strategic fleet », Russian strategic nuclear forces,‎ 27 juillet 2010 (consulté le 12 novembre 2010)
  31. « Le projet des nouveaux SNLE britanniques relancé », sur Mer et Marine,‎ 20 mai 2011 (consulté le 19 janvier 2012)
  32. (en) « Nuclear warhead cuts under way »,‎ 29 juin 2011 (consulté le 2 juillet 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Chevalier, « A bord du "Gymnote" », dans Revue aerospatiale, N° hors série 20 ans d'Aerospatiale, janvier 1990