Système de récupération de l'énergie cinétique

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Volant d'inertie d'un SREC mécanique

Le SREC, acronyme de Système de récupération de l'énergie cinétique (KERS ou Kinetic Energy Recovery System en anglais) est un système de freinage, surtout utilisé dans le monde de l'automobile, qui récupère une partie de l'énergie cinétique générée par le freinage au lieu de la disperser sous forme de chaleur. L'invention du SREC dans sa version mécanique a été revendiquée dans les années 1950 par le physicien américain Richard Feynman[1].

Cette énergie peut, selon les différentes technologies actuelles :

L'énergie récupérée peut alors être réutilisée, soit pour la propulsion du véhicule comme c'est le cas en F1, soit pour toute autre fonction nécessitant une source d'énergie.

SREC en sports mécaniques[modifier | modifier le code]

SREC en Formule 1[modifier | modifier le code]

SREC de Formule 1 (2009)

Le système a été introduit en Formule 1 durant la saison 2009. Le SREC permet une récupération d'énergie lors du freinage, que les pilotes peuvent utiliser par la suite (400 kJ maximum par tour) en poussant sur un bouton, déclenchant un afflux supplémentaire de puissance de 80 chevaux pendant 6,67 secondes (ou 40 chevaux pendant 13 secondes) dans les phases d'accélération[2].

Les 400 kJ que délivre le SREC à chaque tour représentent l'équivalent en essence de 0,021 litre, soit 1,47 litre par Grand Prix[3]. En raison de sa masse élevée handicapant l'équilibre général des monoplaces, du coût prohibitif de son développement et de son faible rendement sur la majorité des circuits utilisés en championnat du monde, la plupart des écuries renoncèrent à l'utiliser ou à poursuivre son développement en cours de saison. Seules les écuries Ferrari et McLaren ont utilisé le système pendant la totalité de la saison.

Le 26 juillet 2009, à l'occasion du Grand Prix de Hongrie, Lewis Hamilton décroche la première victoire d'une monoplace, la McLaren MP4-24, munie d'un système de récupération d'énergie et Kimi Räikkönen décroche la seconde place de la course avec une Ferrari F60 également dotée du SREC (les deux seules écuries à conserver ce système). Le 22 août 2009, à l'occasion du Grand Prix d'Europe, le même Hamilton signe la première pole position d'une monoplace munie d'un système de récupération d'énergie.

Enfin, Kimi Räikkönen s'impose lors du Grand Prix de Belgique à Spa le 30 août 2009, grâce à l'utilisation du SREC qui lui permet de dépasser la Force India de Giancarlo Fisichella en sortie de courbe à la ré-accélération dans la ligne droite de Kemmel au cinquième tour, puis de maintenir sa Ferrari en tête (devant une Force India plus rapide) en appuyant régulièrement et judicieusement sur le bouton lui apportant les chevaux supplémentaires, jusqu'à la fin du Grand Prix[4].

En 2010, bien que le SREC soit toujours autorisé par la règlementation du championnat du monde de Formule 1, la FOTA, association des écuries engagées en championnat, annonce qu'aucune équipe ne l'utilisera.

Le 4 mai 2010, Jean Todt, président de la FIA, annonce le retour du SREC en 2011[5]. Si le système n'est toujours pas obligatoire, son utilisation est réglementairement encouragée par l'augmentation du poids minimum des monoplaces qui est relevé de 20 kg et passe à 640 kg, de manière à ne plus pénaliser les constructeurs choisissant d'utiliser le SREC.

En Formule 1, il existe deux types de système de récupération de l'énergie cinétique utilisés, l'un utilisant une batterie, l'autre un volant d’inertie[6].

SREC par volant d'inertie[modifier | modifier le code]

Un système de récupération de l'énergie cinétique par volant d'inertie fonctionne de la manière suivante : un arbre de transmission se met en marche et actionne un embrayage qui, à son tour, actionne un autre arbre. Celui-ci fait tourner le disque contenu dans le volant d’inertie puis l'embrayage est déconnecté du premier arbre. Quand on veut récupérer l'énergie, on connecte l'embrayage à un nouvel arbre qui est mis en rotation par l'énergie stockée dans le volant d'inertie. Le système de SREC par volant d'inertie a donc l'avantage de ne pas convertir l'énergie sous une autre forme. Cela permet de diminuer les pertes, inévitables au moment de la conversion mécanique/électrique mais présente l’inconvénient du poids et de l'encombrement.

SREC par batterie[modifier | modifier le code]

Le système initial est le même que précédemment mais, au lieu d'actionner le volant, l'arbre actionne une "machine électrique" qui fonctionne en dynamo et convertit l'énergie mécanique en énergie électrique qui est stockée dans une batterie. Quand on veut réutiliser l'énergie, on effectue le processus inverse, la machine électrique joue alors le rôle de moteur. L’inconvénient de ce système est le poids des batteries et leur faible résistance aux charges/décharges rapides.

SREC en motocyclisme[modifier | modifier le code]

Lors du dernier Grand Prix du Championnat moto 125 cm³ 2008 disputé à Valence le 26 octobre, l'écurie KTM a pour la première fois dans la discipline équipé une moto d'un SREC[7].

SREC en endurance automobile[modifier | modifier le code]

Le , à l'occasion de la course d'endurance des 1 000 km de Silverstone des Le Mans Series, l'équipe Peugeot Sport dévoile sa nouvelle 908 HDI FAP Hybride munie d'un SREC[8]. L'écurie prévoit d'engager la voiture pour la saison 2009 bien qu'elle ne soit pas autorisée à marquer des points au championnat[9]. Début 2012, Peugeot se retire de la compétition automobile en raison de la crise économique, ce qui permet à Audi, son grand rival en endurance, ainsi qu'à Toyota, qui réintègre la compétition d'endurance, de devenir les premiers constructeurs à lancer officiellement des voitures hybrides avec pour la Audi R18 e-tron quattro un système par volant à inertie et, pour la Toyota TS030 Hybride un système par stockage sur batterie. Audi et Toyota présentent quatre voitures (deux chacune) aux 24 Heures du Mans 2012[10] et Audi remportera la pole avec une des deux e-tron engagées, une première pour un véhicule hybride[11].

Le constructeur allemand Porsche a présenté une Porsche 911 GT3 de compétition hybride au salon automobile de Genève 2010. Celle-ci embarque, en plus de son moteur à combustion, deux moteurs électriques de 60 kW chacun, alimentés par un volant d'inertie capable de tourner à 40 000 tr/min pendant les phases de freinage. Le système pourrait fournir jusqu'à 164 ch supplémentaires pendant des périodes de 6 à 8 secondes[12]. La technologie a été développée par le britannique Williams Hybrid Power[13], partenaire de l'écurie de Formule 1 Williams F1. La voiture a disputé les 24 Heures du Nürburgring 2010 et a dû abandonner à deux heures de l'arrivée après avoir mené l'épreuve pendant plus de 15 heures et remporté le record du tour en course[14].

SREC en automobile de tourisme[modifier | modifier le code]

Certains constructeurs ont mis en place un « SREC » sur certains de leurs vehicules. Ferrari, par exemple, a utilisé un système simplifié de celui utilisé en Formule 1 pour l'installer sur la Fiorano Hy-Kers présentée au Salon de Genève 2010.

D'autres constructeurs utilisent les moteurs électriques des véhicules hybrides pour emmagasiner de l'électricité dans les batteries lors des phases de ralentissement-freinage ; c'est le cas de tous les véhicules équipés du système HSD de Toyota.

Récupération de l'énergie au freinage sur les trains[modifier | modifier le code]

Lors des phases de freinage, les moteurs sont utilisés en génératrice pour réinjecter sur le réseau d'alimentation, une partie de l'énergie récupérée. Cela nécessite, sur les locomotives à courant alternatif, que le système de redressement du courant utilisé pour la traction soit réversible et puisse être utilisé comme onduleur. En région parisienne, la récupération de l’énergie de freinage fournit environ 20 % des besoins de traction et 6 % sur les 300 km de la LGV Paris-Strasbourg[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Note : La conversion cinétique/électrique des motrice de chemin de fer n'est pas généralisée car le renvoi du courant génère des harmoniques et des déphasages - tension/intensité - importants dans le réseau électrique. En France, EDF rechigne beaucoup à ce dispositif appelé freinage par récupération

Références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Camus, Guide F1 2009, Auto Hebdo n° 1688, 18 février 2009, p. 26
  2. (en) Kinetic Energy Recovery Systems (KERS) - Site officiel de la Formule 1
  3. Patrick Camus, « Guide F1 2009 », Auto Hebdo no 1688, 18 février 2009, p. 29
  4. Räikkönen: "En gagner d'autres" - Sports.fr, 31 août 2009
  5. Formule 1: Todt annonce un possible retour du KERS en F1 en 2011, sur nouvelobs.com, consulté le 4 mai 2010
  6. (en) Mechanical Hybrid system comprising a flywheel and CVT for Motorsport & mainstream Automotive applications - SAE International, 2008 [PDF]
  7. (en) KTM beats F1 with secret KERS début!
  8. Formule 1 : de la course automobile aux autoroutes - Cafebabel.com, 19 décembre 2008
  9. (en) KERS: Peugeot 908HY – a false dawn? - Racecar Engineering, 15 septembre 2008
  10. Deux voitures à moteur hybride aux 24 Heures du Mans - Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences, 29 mai 2012
  11. Audi : une voiture hybride pour la première fois en pole - Le Dauphiné, 15 juin 2012
  12. Porsche 911 GT3 R Hybrid (Genève 2010) - Le Nouvel Observateur, 12 février 2010
  13. (en) WHP contracts with Porsche AG for 911 GT3 R Hybrid - Site officiel de Williams Hybrid Power, 11 février 2010
  14. BMW remporte les 24H du Nürburgring - Blog Automobile, 16 mai 2010
  15. L’énergie de la recherche SNCF - SNCF

Articles connexes[modifier | modifier le code]