SNCASO SO-4050 Vautour

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Pix.gif SNCASO SO-4050 Vautour Su-27 silhouette.svg
Vautour IIN - BA126 - Right side.jpg
Un Vautour IIN

Constructeur Drapeau : France SNCASO
Rôle Avion multirôle
Premier vol
Mise en service 1958
Date de retrait 1978
Nombre construits 140
Équipage
1 (Vautour II A) ou 2 (Vautour II N et II B)
Motorisation
Moteur SNECMA Atar 101 E
Nombre 2
Type turboréacteurs
Poussée unitaire 36 kN
Dimensions
Vautour IIN.svg
Envergure 15,10 m
Longueur (II A) 17,36 m
(II B et II N) 17,55 m
Hauteur 4,94 m
Surface alaire 45 m2
Masses
À vide 10 000 kg
Carburant (interne, II A) 5 364 litres
(en soute) 3 000 litres
(externe) 2 600 litres kg
Avec armement environ 17 000 kg
Maximale environ 20 000 kg
Performances
Vitesse maximale 1 050 km/h (Mach 0,95)
Plafond 15 240 m
Vitesse ascensionnelle 3 600 m/min
Rayon d'action entre 1 000 et 1 200 km
Armement
Interne 4 canons de 30 mm et 3 000 kg de charge en soute interne (bombes, roquettes, réservoir)
Externe 4 000 kg de charge (bombes, roquettes, missiles (R511), réservoirs, etc.)

Le SO-4050 Vautour est un avion multirôle biréacteur français conçu par la SNCASO au début des années 1950. Il a été construit à 140 exemplaires, dont 30 exportés vers Israël. Les derniers Vautour ont été retirés du service à la fin des années 1970. Cet appareil a une apparence très similaire à l'intercepteur soviétique Yakovlev Yak-25.

Conception[modifier | modifier le code]

Au début des années 1950, l'armée de l'air française émet une demande pour un chasseur lourd propulsé par deux réacteurs SNECMA Atar. Ayant travaillé sur un projet de bombardier finalement abandonné, Jean-Charles Parot de la SNCASO en propose un dérivé de taille inférieure avec les réacteurs installés sous les ailes, une soute ventrale pour l'emport d'armement, quatre canons de 30 mm, une très bonne autonomie et une vitesse maximale supérieure à 1 000 km/h.

Le projet est accepté en 1952 et trois versions demandées :

  • Vautour II A : avion d'attaque au sol (monoplace) ;
  • Vautour II N : chasseur tous temps (biplace en tandem) ;
  • Vautour II B : bombardier (biplace avec un navigateur/bombardier installé à l'avant du nez vitré).

Le premier prototype, un Vautour II N, fait son vol inaugural le avec des réacteurs Atar 101 B. En , il reçoit des Atar 101 C et dépasse le mur du son en piqué. Le prototype du Vautour II A décolle lui pour la première fois le , et celui du Vautour II B le . Ces prototypes sont suivis par 6 exemplaires de présérie équipés de réacteurs Atar 101 D puis Atar 101 E.

Carrière[modifier | modifier le code]

Après quelques modifications, la production en série est lancée à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) et le premier Vautour livré officiellement en . La commande initiale de 300 exemplaires est finalement réduite à seulement 140 fin 1958. L'Armée de l'air française réalise rapidement qu'elle n'a pas besoin du Vautour II A et, après les avoir utilisés pour l'entraînement de ses pilotes, les propose à l'exportation.

Un Vautour IIA

Une partie des Vautour II B français est modifiée pour être également capable d'effectuer des missions de reconnaissance (Vautour II BR) et une autre pour la guerre électronique (Vautour II GE). Une soixantaine d'avions sont révisés et modernisés (opération Jouventour) entre 1967 et 1971. Les derniers Vautour sont retirés du service en décembre 1978, seuls quelques exemplaires restant utilisés pour le remorquage de cible ou des essais de radar.

En , Israël achète 19 Vautour II A, 4 Vautour II N et 8 Vautour II B. Ces avions sont livrés entre et . Les Vautour israéliens subissent plusieurs modifications durant leur carrière, dont en particulier l'adaptation d'un certain nombre d'entre eux à des missions de reconnaissance. Ils sont retirés du service en 1971 pour la plupart, certains restant utilisés encore quelques mois en 1972.

Engagements[modifier | modifier le code]

Israël a engagé ses Vautour lors de la guerre des Six Jours (1967), ainsi que dans diverses opérations de moindre importance. Six avions furent abattus par la défense anti-aérienne ou l'aviation adverse.

Les Vautour ont également été utilisés en Polynésie française lors des essais nucléaires français : ils servaient à récupérer les particules présentes dans l'air. Le prélèvement s'effectuait par des sondes fixées sous les ailes, lors du passage dans le nuage radioactif, en vue d'analyse radio-chimique. En 1975, après avoir participé à huit campagnes de tirs nucléaires atmosphériques, les Vautour utilisés pour ces missions connaissent des destins variés[1] :

  • Les cinq les plus contaminés sont immergés par plusieurs centaines de mètres de fond (avions nos 317, 604, 607, 611 et 625) ;
  • Quatre autres sont ferraillés (avions nos 4, 309, 313 et 323) ;
  • Un dernier Vautour, le no 302, est conservé en exposition statique sur l'atoll de Hao.

Variantes[modifier | modifier le code]

Un Vautour IIB vu de trois quart.
Un Vautour IIB reconnaissable à son nez vitré.

La production totale s'élève à 149 avions :

  • Prototypes : 3.
  • Pré-production : 6.
  • Vautour IIA d'attaque au sol : 30 exemplaires (13 pour la France, 17 pour Israël).
  • Vautour IIB chasseur tous temps : 40 exemplaires (36 pour la France, 4 pour Israël).
  • Vautour IIN bombardier : 70 exemplaires (63 pour la France, 7 pour Israël).

Opérateurs[modifier | modifier le code]

France : L'Armée de l'Air utilisa 112 avions.

  • La 92ème Escadre de Bombardement utilisa le Vautour IIB, puis, entre 1970 et 1978, quelques Vautour IIN.
  • Escadron de Bombardement 1/92 "Bourgogne".
  • Escadron de Bombardement 2/92 "Aquitaine".
  • Le centre d'entraînement au bombardement opéra des Vautour IIB.
  • La 30ème Escadre de Chasse Tout Temps opéra le Vautour IIN plus des Vautour IIA à des fins d'entraînement.
  • 1/30 "Loire".
  • 2/30 "Normandie-Niemen" (ancien escadron 2/6 "Normandie-Niemen" qui a participé à la guerre d'Algérie)
  • 3/30 "Lorraine".

Israël : Israël reçu 31 machines, opérées entre le mois de mai 1958 et avril 1972.

  • L'Escadron 110 basé à Ramat David opéra 19 Vautour IIA et quatre Vautour IIB.
  • L'Escadron 119 basé à Tel-Nof opéra huit Vautour IIN.

Autres caractéristiques[modifier | modifier le code]

Malgré son allure massive, le Vautour était très manœuvrable et agréable à piloter. Sa fabrication mit en œuvre des techniques avancées pour l'époque : collage métallique et emploi de matériaux de type nid d'abeille. Son train d'atterrissage était un train monotrace composé de deux diabolos en tandem sous le fuselage et de deux roulettes nommées « balancines » dans les nacelles des réacteurs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Bill Gunston, Fighters of the Fifties, Cambridge, Angletrre : Patrick Stephens Limited, 1981. ISBN 0-85059-463-4.

Aéronefs comparables

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le CEP de Jacques ENNE.: Img039 - Fin des avions