SMS Baden

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49° 49′ 42″ N 2° 23′ 21″ O / 49.82833, -2.38917

SMS Baden
Image illustrative de l'article SMS Baden
SMS Baden.

Histoire
A servi dans Kaiserliche Marine
Lancement
Armé
Statut sabordé le
Caractéristiques techniques
Type Cuirassé
Longueur 180 m
Maître-bau 30 m
Tirant d'eau 9,4 m
Déplacement 32 200 tjb
Propulsion 3 turbines à vapeur Parsons
Puissance 56 275 cv
Vitesse 21 nœuds
Caractéristiques militaires
Blindage ceinture = 350 mm
pont = 100 mm
tourelle = 350 mm
Armement 8 × 380 mm
16 × 150 mm
2 × 88 mm
5 TLT (600 mm)
Rayon d'action 5 000 Mille marin à 12 noeuds
Autres caractéristiques
Équipage 42 officiers et 1 129 marins
Chantier naval Schichau-Werke Danzig
Coordonnées 49° 49′ 42″ N 2° 23′ 21″ O / 49.828333333333, -2.389166666666749° 49′ 42″ Nord 2° 23′ 21″ Ouest / 49.828333333333, -2.3891666666667  
Le Baden en mer

Le SMS Baden est un cuirassé de type Dreadnought de classe Bayern construit pour la Kaiserliche Marine pendant la Première Guerre mondiale, et nommé d'après la région historique du Pays de Bade. La construction a débutée en octobre 1915 et s'est terminée en mars 1917, c'est le dernier navire à avoir été fini en temps de guerre; ses navires jumeaux -Sachsen et Württemberg - n'étaient pas terminés quand la guerre a pris fin. Avec le Bayern, le Baden était le navire le plus puissamment armé de la Kaiserliche Marine.

Construction[modifier | modifier le code]

Le Baden a été commandé sous le nom provisoire de Ersatz Wörth en 1912, grâce à la quatrième et dernière loi navale allemande voté cette année là. La construction a débutée aux chantiers navals de Schichau-Werke à Dantzig (aujourd'hui Gdańsk) sous le numéro de construction 913 le 20 décembre 1913. Elle a pris fin le 14 mars 1917. Elle a couté à l'époque 49 millions de Goldmark. Ses deux navires-jumeaux, Sachsen et Württemberg, n'ont pas été achevés avant la fin de la Première Guerre mondiale et ont été démantelés par le suite, faisant du Baden le dernier navire de guerre construit pour la Kaiserliche Marine.

Conception[modifier | modifier le code]

La classe Bayern est une amélioration de la classe König. Il avait été envisagé de la doter de tourelles triples de 305 mm comme la classe Tegetthoff de la Marine austro-hongroise. Mais posant trop de problèmes techniques elle fut armée avec des tourelles doubles de 380 mm.

Le Baden mesurait 179,4 m à la ligne de flottaison et 180 m hors tout. Il avait un tirant d'eau compris entre 9,3 m et 9,4 m et un déplacement de 28 530 tonnes à vide et de 32 200 tonnes à pleine charge. Le déplacement du Baden était 3 000 tonnes plus important que les navires de la classe König en faisant le plus gros navire de guerre jamais construit pour la Kaiserliche Marine. La vitesse maximale prévue était de 21 nœuds (39 km/h), mais lors des tests la vitesse de 22,1 nœuds a été atteinte (40,9 km/h).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le SMS Baden fit partie de la Hochseeflotte en tant que navire-amiral sous les ordres de l'amiral Franz von Hipper, position qu'il conserva jusqu'à la fin de la guerre.[1] A la fin du mois d'août 1917, le SMS Baden emmena l'empereur Guillaume II (empereur allemand) visiter l'île fortifiée de Heligoland; le navire était escorté par le croiseur de bataille SMS Derfflinger et les croiseurs légers SMS Emden (1916) et SMS Karlsruhe (1916). Après la visite, le SMS Baden ramena l'empereur à Cuxhaven.[2]Le navire accrocha le fond de l'eau à l'extérieur de Cuxhaven, mais il n'y eu pas de dégâts importants.[3]

L'opération du 23 avril 1918[modifier | modifier le code]

À la fin de l'année 1917, les forces légères de la Hochseeflotte ont commencé le blocus de la Norvège en bloquant les convois britanniques. Le 17 octobre les croiseurs mouilleurs de mines SMS Brummer et SMS Bremse ont intercepté l'un de ces convois, coulant 9 des 12 navires de charge ainsi que les deux destroyers les escortants. Le 12 décembre, 4 destroyers allemands on tendu une embuscade à un autre convoi composé de 5 navires de charges et 2 destroyers britanniques. Les 5 navires de transports furent coulés ainsi qu'un des destroyers.[4]. À la suite de ces deux raids, l'amiral David Beatty, le commandant de la Grand Fleet, décida de détacher des bâtiments de la flotte principale pour protéger les convois.[5] Cette décision offrit à la marine impérial allemande (Kaiserliche Marine) une occasion qu'elle attendait depuis le début de la guerre : une partie de la Grand Fleet se retrouve séparé du reste de la flotte et peut du coup être isolé et détruit. Le SMS Baden fit partie de la Hochseeflotte après la bataille du Jutland et participa à l'Opération Albion dans le golfe de Riga. Il remplaça le SMS Friedrich der Große en tant que navire-amiral en 1917. Le vice amiral Franz Von Hipper a planifié l'opération : les navires de bataille du 1er Groupe d'Éclairage (en) accompagnés de croiseurs légers et destroyers attaquera l'un des convois pendant que le reste de la Hocheseeflotte reste en retrait prête à attaquer l'escadron de cuirassé britannique.[6]

À 5:00 du matin, le 23 avril 1918, la flotte allemande se met en route depuis la rade de Schillig. Hipper, à bord du SMS Baden, ordonne de réduire les transmission sans fil au minimum afin d'éviter les interceptions de message par les britanniques.[6] A 6:10, les navires de bataille allemands ont atteint une position à 60 km au sud de Bergen (Norvège) lorsque le SMS Moltke (1910) eut une grave avarie de machines, perdit une hélice qui entraîna des dégâts sérieux.[7] L'équipage réussi à réparer temporairement qui permit d'avancer à 4 kn, (7,4 km/h) mais il a été décidé de remorquer le navire. Malgré cet incident, Hipper décida de continuer sa route vers le nord. À 14:00, les forces d'Hipper croisa la route des convoir plusieurs fois mais n etrouva rien. À 14:10, Hipper changea de cap vers le sud. À 18:37, la flotte allemande était de retour au champ de mine entourant sa base. Il fut découvert plus tard que le convoi avait pris la mer un jour plus tard que l'attendait l'équipe de planification allemande.[6]

Le 24 mai, SMS Baden retourna à Helgolan, cette fois pour prendre le commandant en chef de la flotte, l'amiral Reinhard Scheer, et le grand-duc Frédéric II de Bade pour visiter l'île. Seul le SMS Karlsruhe fit le voyage à ses cotés.[3]

Mutineries de Kiel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mutineries de Kiel.

En tant que navire-amiral, le SMS Baden devait prendre part à l'ordre de combat naval du 24 octobre 1918 Voir quelques jours avant l'armistice, une opération qui ordonnait à la Hochseeflotte de quitter la base de Wilhelmshaven pour attaquer la Grand Fleet britannique. Afin d'obtenir une meilleure position de négociation pour l'Allemagne, les amiraux Hipper et Scheer avait prévu d'infliger le plus de dégâts possible à la marine britannique quelqu'en soit le prix pour leur flotte.[8] Donc le 29 octobre 1918, l'ordre fut donner de quitter Wilhelmshaven pour renforcer la flotte dans la rade de la Baie de Jade avec l'intention de partir le matin suivant. Seulement dans la nuit du 29 octobre les marins du SMS Thüringen se sont mutinés.[9]

Le matin du 30, l'équipage du SMS Helgoland, qui était au contact direct du SMS Thüringen, se joint à la mutinerie. Les deux bateaux se sont rendus après que deux torpilleurs ont menacé d'ouvrir le feu. L'équipage fut mis à terre et incacerré.[10] L'humeur de l'équipage du SMS Baden fut reporté comme "dangereux".[11] La rébellion gagna terre ensuite, le 3 novembre, environ 20 000 marins, dockers et civiles manifestèrent et eurent une altercation avec les autorités.

Scapa Flow[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre, il fut interné, comme beaucoup d'autres unités de la Hochseeflotte à la base navale britannique de Scapa Flow. Pour éviter sa saisie par la Royal Navy, il a été sabordé le 21 juin 1919, avec les autres navires de la flotte allemande à Scapa Flow, dont son navire-jumeau le Bayern, point-blank rangeconformément aux ordres du vice-amiral allemand Ludwig von Reuter. Les forces britanniques parvinrent à sécruriser le navire et à le faire s'échouer dans le port avant qu'il ne coule en eaux profondes. Le navire fut le seul Navire capital à être sauvé du sabordage[1]. Il fut renfloué en juillet[12] avant d'être remorqué vers la base navale britannique de Invergordon.[13]

Service britannique[modifier | modifier le code]

Après son arrivée à Invergordon, le SMS Baden fun inspecté de fond en comble par les techniciens de la Royal Navy. Les ingénieurs britanniques en ont déduit que le SMS Baden était l'équivalent des navires britanniques de la classe Revenge[14]. Les armements du navire fut également largement inspectés, ammenant les britanniques à la conclusion qu'il n'avait pas été modifié pour intégrer les leçons tirées de la bataille du Jutland (31 mai - 1er juin 1916).[15]

Une fois l'inspection terminée il a été décidé de transformer le SMS Baden en bateau-cible. En janvier 1921, la première vague de tests de tir fut ordonnée. Le HMS Excellent testa les nouveaux projectiles anti-blindage créés après la bataille du Jutland. Ce test fut lancé pour trouver le ratio d'explosif le plus performant dans les capuchons de détonateur; les obus lancés à Jutland avait tendance à se fragmenter lors de l'impact sur le blindage plutôt que de le pénétrer. Le monitor HMS Terror (I03)HMS Terror a utilisé ses canons de 38 cm à une distance de 460 m (500yd) soit la distance de réglage optimale. La royal Navy conclut après ces tests que les nouveaux obus étaient suffisamment puissant pour pénétrer le blindage lourd et était beaucoup plus efficace que ceux utilisés lors de la bataille du Jutland[16]. À l'issue de ces tests, une mer agitée fit le couler le navire dans des eaux peu profondes; 3 mois plus tard, le bateau fut sorti des eaux et réparé. Il fut préparé ensuite pour une seconde série de tests en août 1921.[17]

La seconde batterie de tests furent lancés le 16 août 1921. Le monitor HMS Erebus tira différents types d'obus depuis ses canons de 38 cm. Cette fois, les résultats ne furent pas les mêmes contre le blindage du SMS Baden. L'un des obus anti-blindage n'a pas explosé, et d'autres obus semi anti-blindage se sont cassés à l'impact. Six bombes aérienne ont également été déclenchées sur le navire; elles ont été chargées à bord puis déclenchées à distance. Celles-ci n'ont pas fonctionné comme attendu.[17] Immédiatement à l'issu de ces tests, le SMS Baden a été sabordé. Le navire a coulé dans la fosse de Hurd Deep à une profondeur approximative de 180 m.[1]

La conclusion principale de ces tests furent que le blindage médian de 18 cm était complètement inutile contre les obus de gros calibre. Par conséquent, la marine britannique a adopté le principe de blindage 'tout-ou-rien' développé par l'US Navy. La ceinture blindée était haute et épaisse mais les extrémités du navire étaient complètement dépourvues de blindage. Ce système fut utilisé sur la première classe de navire britannique d'après guerre, la Classe Nelson.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b et c Schleihauf, p. 81.
  2. Staff (Battleships), p. 43.
  3. a et b Staff (Battleships), p. 44.
  4. Massie, p. 747.
  5. Massie, p. 747–748.
  6. a, b et c Massie, p. 748.
  7. Staff (Battlecruisers), p. 17.
  8. Tarrant, p. 280–281.
  9. Tarrant, p. 281–282.
  10. New York Times Co., p. 440.
  11. Tarrant, p. 281.
  12. Gröner, p. 30.
  13. Schleihauf, p. 82.
  14. Goodall, p. 15.
  15. Goodall, p. 16–17.
  16. Schleihauf, p. 84.
  17. a et b Schleihauf, p. 87.