SCK•CEN

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SCK•CEN
Type d'installation
Domaine Installation nucléaire
Localisation
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Coordonnées 51° 13′ 07″ N 5° 05′ 36″ E / 51.218524, 5.09323651° 13′ 07″ Nord 5° 05′ 36″ Est / 51.218524, 5.093236  
Vie de l'installation
Production

Géolocalisation sur la carte : Belgique

(Voir situation sur carte : Belgique)
SCK•CEN

Le SCK-CEN, StudieCentrum voor Kernenergie ou Centre d'étude de l'énergie nucléaire est un centre de recherche nucléaire en Belgique situé à Mol.

Histoire[modifier | modifier le code]

En avril 1952, Pierre Ryckmans, commissaire belge à l'énergie atomique, crée une ASBL chargée d'étudier les problèmes que posent la construction et l'exploitation de piles atomiques, le Centre d'Étude pour les Applications de l'Énergie Nucléaire (CEAN). Son conseil est constitué de professeurs d'universités, d'industriels et de fonctionnaires.

C'est Ryckmans en personne qui, en 1955, négocie avec les États-Unis un accord complémentaire aux accords nucléaires belgo-américains. Il obtient un payement complémentaire de 485 millions de dollars à la Belgique, via le Congo, ainsi que la communication de secrets nucléaires, des faveurs octroyées par les USA dans le cadre de la guerre froide et aussi avec la perpective d'amarrer l'industrie nucléaire belge aux brevets américains.

Réacteurs nucléaires[modifier | modifier le code]

Le centre de Mol comprend plusieurs réacteurs nucléaires.

BR-1[modifier | modifier le code]

Le Belgian Reactor - one (BRI) est un réacteur expérimental uranium naturel/graphite refroidi par air d'une puissance de quelques milliers de kilowatts. Il fut rendu critique avec une célérité remarquable dès le 11 mai 1956[1]. Cette première réalisation représente donc une conséquence directe de la participation de la Belgique au Projet Manhattan via la fourniture d'uranium en provenance de la mine de Shinkolobwe exploitée par l'Union minière du Haut-Katanga. C'est la suite des négociations entre les Américains et les Belges dès 1939, avec Edgar Sengier de l'Union Minière, d'une part, et le gouvernement belge en exil à Londres durant la Seconde Guerre mondiale, d'autre part, qui voulaient donner une place de choix à la Belgique dans l'effort de guerre allié tout en préparant la très prometteuse industrie nucléaire naissante.

BR-2[modifier | modifier le code]

Le BR-2 (Belgian Reactor nr 2) est un réacteur d'essai de matériaux (MTR pour Material Testing Reactor) à très haut flux. Sa géométrie particulière (cœur et canaux en hyperboloïde de révolution) lui donne un cœur compact et donc un flux neutronique très élevé. C'est un des trois réacteurs au monde présentant le plus haut flux de neutrons (> 10 E15 n/cm²s). Il sert principalement à tester des matériaux de structure pour les réacteurs existants, pour les réacteurs du futur (Génération IV et fusion) et pour les nouveaux réacteurs d'essais, ainsi qu'à tester de nouveaux types de combustibles pour des réacteurs nucléaires de tous types. Le BR2 sert également à la production d'isotopes radioactifs (radioisotopes à usage industriel et médical, traités à l'IRE de Fleurus.

Il devrait être remplacé par le réacteur MYRRHA, un projet de machine d'irradiation à spectre rapide expérimental, aussi flexible que le BR2, mais qui doit élargira les possibilités de recherche du R2. MYRRHA est un projet belge (financé par la Belgique pour 40 %), soutenu par l’Europe dans le cadre du programme ESFRI (European Strategy Forum on Research Infrastructures) [2] mais qui doit encore trouver son financement et un premier avis de sûreté est attendu pour 2014[2]. Ce réacteur sous-critique de 100 mégawatts sera piloté par un accélérateur linéaire délivrant 600 MeV d'énergie et 4 mA de courant.

Alors que c'est le sodium liquide (dangereux en cas d'incendie) qui est le caloporteur de référence dans le domaine des réacteurs à spectre rapide, c'est le plomb, ou plomb-bismuth (toxiques) qui pourraient être testés pour MYRRHA (le mélange plomb-bismuth a une température de fusion de 123°C, soit moins que les 370°C nécessaires à faire fondre le plomb pur). La température d'ébullition du caloporteur étant de 1 700° le plomb offrirait une meilleure sûreté intrinsèque pour la chaleur résiduelle. Dans tous les cas, des problèmes sont encore à résoudre : la corrosion, les conditions de réparabilité et de maintenabilité ainsi que d'inspection des installations en service. Ces dernières doivent en effet supporter des températures de 400 à 500°C et un environnement radioactif. De plus, les senseurs (type contrôle en continu) disponibles en 2011 ne sont plus fiables au-delà de 180-200 °C, le sodium devient très dangereux en présence d’eau ; que le plomb bismuthé ou le plomb sont très toxiques notamment sous forme vapeur. Le fluide caloporteur sera opaques aux rayons x et pourra gêner l’utilisation des ultrasons. Des questions de gestion des risques d'Accident nucléaire doivent donc encore être maîtrisés[2].

Ses promoteurs espèrent des recherches fondamentales ou appliquées sur la fission, la fusion, le silicium dopé, la santé (production de radio-isotopes) sont attendues dans ce réacteurs [2].

En septembre 2012, des chercheurs du SCK•CEN ont annoncé une technique de retraitement du combustible nucléaire qui diminuerait drastiquement le temps de demi-vie des matériaux radioactifs. Ils proposent de bombarder les matériaux de neutrons rapides produits par un accélérateur de particules, ce qui transmuterait les matériaux bombardés[3].

BR-3[modifier | modifier le code]

Le BR-3 (Belgian Reactor 3) était un réacteur à eau pressurisée (REP, ou PWR en anglais), le type le plus courant de centrales nucléaires existant actuellement au monde. Il fut le premier à être installé sur un sol non américain, par la firme Westinghouse Electric en fin des années 1950. Rendu critique en 1962, il a été définitivement arrêté en 1987 après 25 ans de bon fonctionnement (il a principalement servi à l'entrainement des opérateurs des futures centrales belges, puis à des essais de combustibles nucléaires avancés en conditions réelles).

En 1989, le BR-3 a été choisi comme projet-pilote européen de démantèlement, par la Commission européenne. Il a notamment été le premier au monde dont la cuve du réacteur a été retirée en un seul bloc puis démantelée à distance et sous eau. Le BR-3 est, en 2009, dans la phase finale de démantèlement, et a permis de développer de nombreuses techniques spécifiques (découpe, décontamination, mesures...) utiles au démantèlement de centrales de puissance.

Laboratoire souterrain HADES[modifier | modifier le code]

Dans une couche d'argile de Boom à 224 mètres sous terre, on y étudie le stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde depuis 1974. HADES fait référence à Hadès, maître des Enfers[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Gerard (ACEC), « Premier démarrage du réacteur BR1 à Mol », Amicale des cadres retraités d'ACEC,‎ juillet 2006 (consulté le 11 novembre 2008)
  2. a, b, c et d Source : M. Sylvain David, Institut national de physique nucléaire et de physique des particules, lors d'une audition sur « L'avenir de la filière nucléaire » par le Sénat, invité par C. Bataille Compte rendu de l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques Sécurité nucléaire et avenir de la filière nucléaire , 2011-11-17
  3. (en) Henning Dekant, « Transmuting Waste and Worries Away », Wave Watching,‎ 23 septembre 2012 (lire en ligne)
  4. (fr)[PDF]« L'enfouissement de dechets radioactifs dans l'argile », sur SCK.TEN (consulté le 24 février 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]