Avatamsaka Sutra

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Page du Huayanjing (dynastie des Xia occidentaux)

L' Avatamsaka Sutra (IAST Avataṃsaka Sūtra), Soutra de l'ornementation fleurie ou Soutra de la guirlande (de fleurs), (ch. Huáyánjīng 《華嚴經》 ; jap. Kegonkei 華厳経) occupe une place très importante dans le bouddhisme mahāyāna chinois, japonais et tibétain. Il constitue en particulier la base de l'école Huayan-Kegon. Son titre complet est le Grand et vaste soutra de la guirlande du Bouddha, (Sk. Buddhāvatamsakanāma-mahāvaipulya-sūtra, ch. Dàfāngguǎngfó huáyánjīng,《大方廣佛華嚴經》). Il décrit très longuement la Réalité Ultime, le Dharmadhatu.

Versions[modifier | modifier le code]

Exceptionnellement long, il serait issu du regroupement au IIIe siècle en Asie Centrale de différents textes, dont seuls quelques fragments en sanscrit subsistent de nos jours, l'intégralité étant disponible en chinois. Les trois plus importants sūtras identifiés comme éléments de l'Avatamsaka sont le Gaṇḍavyūha Sūtra, le Daśabhūmika Sūtra, et le Amitāyurdhyāna Sūtra. Il a fait l'objet de trois traductions successives en Chine par des équipes de moines locaux et étrangers :

  • Version dite "en 60 rouleaux" (《六十華嚴》), traduite aux alentours de 420, Jin Orientaux, sous la direction de Buddhabhadra (佛陀跋陀羅 359- 429). Référence dans le Taisho Shinshu Daizokyo : 9-395-788.
  • Version plus complète dite "en 80 rouleaux" (《八十華嚴》), traduite aux alentours de 699, deuxième dynastie Zhou, sous la direction de Siksananda (實叉難陀 652-710). Le célèbre maître chinois Fazang y participa. Référence dans le Taisho Shinshu Daizokyo (《大正藏》) : 10-1-444.
  • Version plus courte dite "en 40 rouleaux" (《四十華嚴》), traduite aux alentours de 798, dynastie Tang, sous la direction de Prajñā (般若). Référence dans le Taisho Shinshu Daizokyo : 10-661-851. 

La dernière version, plus rarement citée dans les listes de soutras occidentales car beaucoup moins complète que les précédentes, est néanmoins souvent consultée en Extrême-Orient par ceux qui s'intéressent essentiellement à la partie dite Rufajiepin (《入法界品》) décrivant les étapes de la carrière de bodhisattva.

Deux parties du Avatamsaka Sutra existent également sous forme de soutras individuels :

  • Le Soutra des dix terres (sanscrit : Daśabhūmikasūtra-śāstra ; chinois : Shidijing 十地經). Œuvre de Vasubandhu, traduite en chinois dès le IIIe siècle, puis au VIe siècle par Bodhiruci. Une de ses anciennes versions fut intégrée au Avatamsaka Sutra. Il décrit les dix étapes du bodhisattva vers l'état de bouddha, correspondant aux étapes 41 à 50 des cinquante-deux que mentionne le 'Gaṇḍavyūha Sūtra. Il aurait donné naissance à une école dite Shidilun (十地論), ultérieurement absorbée par Huayan. Une version sanscrite existe encore, à côté de plusieurs traductions chinoises et d'une traduction tibétaine.
  • Le Gaṇḍavyūha Sūtra, chapitre situé vers la fin de l'Avatamsaka , relatant la quête spirituelle en cinquante-deux étapes et cinquante-trois visites de Sudhana qui découvre la Réalité ultime (Dharmadhatu).

Influence sur la pensée[modifier | modifier le code]

À l'époque de sa diffusion en Chine, ce soutra fut considéré par certains comme le plus important du canon bouddhique car le premier écrit par le Bouddha juste après son illumination (selon un passage du soutra). La difficulté de son contenu cosmologique abondant en paradoxes et images visionnaires renforçait cette image. Il fit de la part des maîtres de l'école Huayan l'objet d'une interprétation cohérente avec la pensée chinoise. Leur synthèse, connue surtout par les écrits du plus célèbre d'entre eux, le moine Fazang, décrit un univers sans limites de temps et d'espace (appelé dans certains ouvrages sur la philosophie chinoise "omnivers") composé de domaines en continuelle interpénétration.

À partir de l'époque des Seize Royaumes jusqu'au début du IXe siècle, le Avatamsaka Sutra a parfois fait l'objet d'un véritable engouement dans la haute société.

Il fut bien sûr lu des maîtres des autres écoles nées en Chine du VIe au VIIe siècles, Tiantai, Jingtu (Terre Pure) et Chan.

Les descriptions détaillées du chemin menant vers l'état de bodhisattva en dix ou cinquante-deux étapes ont fait et continuent de faire l'objet d'un intérêt particulier pour les fidèles. Elles sont le sujet principal des deux fragments édités séparément, le Sūtra des dix terres (dix étapes) et le Gaṇḍavyūha Sūtra (cinquante-deux étapes).

Influence artistique et littéraire[modifier | modifier le code]

Avec le Sūtra du lotus, le Avatamsaka Sutra contribua à la multiplication des représentations des bodhisattvas Manjusri et Samantabhadra ainsi que du bouddha Vairocana.

Un personnage important de la version en 40 sections et du Gandavyuha Sutra, Sudhana (chinois : Shancaitongzi 善才童子 ; japonais Zenzai doji), modèle du fidèle dans sa démarche spirituelle, apparait dans la littérature et l'iconographie chinoise et japonaise. On peut le voir sur des peintures du Todai ji à Nara. On a proposé que le nombre d'étapes du Tokaido de l'époque d'Edo peint par Hiroshige reprenait les cinquante-trois visites aux bouddhas et bodhisattvas de Sudhana. Shancaitongzi aurait aussi inspiré le personnage de Honghai'er (紅孩兒, l'"enfant rouge") du Voyage en Occident.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cleary, Thomas, trans. (1993). The Flower Ornament Scripture, Shambala, ISBN 0-87773-940-4
  • Fontein, Jan (1967). The pilgrimage of Sudhana: a study of Gandavyuha illustrations. Walter de Gruyter. ISBN 978-3-11-156269-8.