Sœurs Fox

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Les sœurs Fox. De gauche à droite : Margaret, Kate et Leah.

Les sœurs Leah (1814-1890), Margaret ou Maggie (1836-1893) et Kate Fox (1838-1892) ont joué un rôle important dans la naissance du spiritualisme moderne anglo-saxon et du spiritisme en France.

En 1888, Margaret confessa que les coups lors de leur séance était un canular et démontra en public comment les sœurs s'y prenaient. L'année d'après, elle tenta de récuser sa confession, mais leur réputation était ruinée et en moins de cinq ans, elles étaient mortes, Margaret et Kate vivant alors dans une grande pauvreté. Le spiritualisme continua à avoir des adeptes, comme si la confession n'avait jamais eu lieu[1].

« Ce schéma de confession suivie d'une rétractation, qui est courant, a alimenté les vrais croyants et les sceptiques en matériau, dès lors la controverse ne se termine jamais[trad 1],[2] ».

Monsieur Splitfoot, faites comme moi ![modifier | modifier le code]

Durant la nuit du 31 mars 1848, dans une petite ferme réputée hantée, à Hydesville, près de la ville de Rochester dans l'État de New York, Margaret et Kate, filles du pasteur David Fox, établissent un contact par conversations par coups frappés avec un supposé « esprit » nommé Mr. Splitfoot (M. Pied fourchu). [to split = fendre, scinder]

Mrs. Fox participe à son tour au jeu de ses filles. Elle pose alors diverses questions à Mr. Splitfoot sur l'âge de ses filles. L'entité donne une bonne réponse. Ensuite elle lui demande de combien d'enfants elle est la mère. L'entité donne une mauvaise réponse : sept coups sont frappés au lieu de six. Mrs. Fox repose la question et ajoute « Combien de vivants ? » Six coups. "Et combien de morts? après une pause, on entend un un coup plus puissant. L'esprit a tenu compte d'un enfant mort à trois ans. L'entité n'a donc pas fait d'erreurs.

L'entité déclare ensuite se nommer Charles B. Rosma, colporteur assassiné dans cette maison et dont le cadavre avait été enterré dans la cave d'où proviennent les coups. On fouille le sol de la cave à une profondeur d'un mètre cinquante. Mr. Fox et ses voisins découvrent du charbon de bois, de la chaux vive, des cheveux et, après expertise, des ossements humains.

Les « évènements de Hydesville » donnent ainsi naissance à un véritable phénomène de société. Moins de six ans après, en 1852, l'engouement pour le spiritisme atteint son comble aux États-Unis : trois millions d'adeptes, d'innombrables médiums ainsi que de nombreuses revues spécialisées. Parmi les adeptes se trouvent des personnalités telles que Victor Hugo et Arthur Conan Doyle, ainsi que de nombreux savants et intellectuels. Le mouvement gagne l'Europe : Helena Blavatsky, Leonora Piper, Allan Kardec, Raspoutine, Houdini et Arthur Ford.

Grâce aux séances payantes et aux subventions de passionnés de spiritisme, les sœurs Fox peuvent se consacrer entièrement à la médiumnité. En 1849, elles font une démonstration publique de leurs talents à Rochester, puis à l'hôtel Barnum, à New York. Kate est engagée au service exclusif d'un riche banquier new-yorkais pour lequel elle matérialise le « fantôme » de son épouse aux côtés du spectre de Benjamin Franklin. Kate se rend ensuite en Angleterre où, entre 1871 et 1874, son cas est étudié par William Crookes, président d'un prestigieux centre de recherches sur les manifestations paranormales, la Society for Psychical Research.

Les aveux[modifier | modifier le code]

Les sœurs Fox avouent avoir fabriqué le premier contact, se rétractent, puis déclarent que toute cette histoire n'était qu'une supercherie. Les adeptes du spiritisme moderne ayant trouvé d'autres médiums, ces déclarations sont peu entendues. Kate meurt en juillet 1892, à l'âge de 56 ans. Margaret meurt en mars 1893, à 59 ans, totalement ruinée.

Ce n'est qu'en 1904 que l'on découvrit d'autres ossements humains sous le mur de la cave, avec à proximité une boîte de colporteur en fer blanc. Bien qu'aucun Charles B. Rosma ne fût déclaré disparu, cette découverte fut considérée par les adeptes comme la preuve d'une véritable communication au-delà de la mort.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  1. (en) « This pattern of confession followed by retraction, which is not uncommon, has supplied both true believers and sceptics with material to support their case, so controversy never ends. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) James Randi, Fox Sisters Entry, An Encyclopedia of Claims, Frauds, and Hoaxes of the Occult and Supernatural
  2. Alan Aldridge, Religion in the contemporary world: a sociological introduction, p. 58

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) William Crookes, Notes of an Enquiry into the Phenomena called Spiritual during the Years 1870-1873, 1874
  • (en) Quarterly Journal of Science, January 1874.
  • (en) Arthur Conan Doyle, The History of Spiritualism, G.H. Doran, Co., 2 volumes, New York, 1926 (ISBN 1-4101-0243-2)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]