Sémiologie graphique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La sémiologie graphique est un champ particulier de la sémiologie ou de la sémiotique, et plus particulièrement de la sémiotique visuelle, et a été formalisée par Jacques Bertin.
Selon Jacques Bertin la sémiologie graphique est "l’ensemble des règles d’un système graphique de signes pour la transmission d’une information"[1]. C'est un système de signes, rigoureux et simple, que chacun peut apprendre à utiliser et qui permet de mieux comprendre des cartes. Ainsi la sémiologie graphique utilise les propriétés du plan pour faire apparaître les relations de ressemblance, d'ordre ou de proportionnalité entre des ensembles donnés.

La sémiologie graphique est une discipline qui s'occupe :

Au sein de la géographie, la sémiologie graphique a trouvé un champ d’application privilégié dans les processus d’élaboration d’un des outils fondamentaux de la géographie : la carte et, par extension, à l’ensemble des techniques qui permettent sa production (SIG et télédétection)et le Design de l'information.

Définition de la Graphique[modifier | modifier le code]

Les significations que l'homme attribue aux signes peuvent être monosémiques, polysémique ou pansémiques:

  • Un système est monosémique quand la connaissance de la signification de chaque signe précède l'observation de l'assemblage des signes.
  • Un système est polysémique quand la signification succède à l'observation et se déduit de l'assemblage des signes. La signification est personnalisée et devient discutable. Devant l'image figurative et polysémique (car assortie d'un certain coefficient d'ambigüité), le processus de perception se traduit par la question: "tel élément, tel assemblage d'éléments, que signifie-t-il?", et la perception consiste à coder l'image. Le travail de lecture se situe entre le signe et sa signification.
  • Le tableau non-figuratif, c'est-à-dire l'image qui ne signifie plus rien de précis pour signifier le tout, définit la pansémie, forme extrême de polysémie.

La Graphique utilise le système monosémique, chaque élément est définie à l'avance. La perception consiste à définir les relations qui s'établissent dans l'image ou entre les images. Le travail de lecture se situe entre les significations.

Un système monosémique[modifier | modifier le code]

C'est consacrer à la réflexion, un moment pendant lequel on cherche à minimiser la confusion, pendant lequel, dans un certain domaine et durant un certain temps, tous les participants s'accordent sur certaines significations, exprimées par un certain signes et conviennent de ne plus en discuter.

La perception visuelle dispose de 3 variables sensibles : La variation des taches et les deux dimensions du plan. Les systèmes destinés à l'œil sont d'abord spatiaux et atemporels.

D'où leur propriété essentielle: dans un instant de perception, les systèmes linéaires ne nous communiquent qu'un seul son ou signe, tandis que les systèmes spatiaux, dont la graphique, nous communiquent dans le même temps les relations entre 3 variables.

Utiliser au mieux cette puissance considérable de la vision, dans le cadre d'un raisonnement logique, tel est l'objet de la graphique, niveau monosémique de la perception spatiale.

On sait que comprendre, c'est réduire la multitude des données qui nous assaillissent au petit nombre d'information que nous sommes susceptibles de prendre en compte autour d'un problème donné. Et la psychologie démontre que ce nombre tourne autour de 3 et ne dépasse jamais 7. Le traitement des données recherche les méthodes les moins discutables pour parvenir à cette réduction indispensable.

Les variables visuelles[modifier | modifier le code]

Les variables visuelles

Béguin et Pumain définissent les variables visuelles comme étant "une façon de faire varier les signes graphiques". Jacques Bertin distingue six variables visuelles ou variables graphémiques.

Tout comme il faut des graphèmes pour composer des mots lesquels se combinent en phrase, pour écrire des images il faut des également desgraphèmes (variables graphémiques) qui forment des iconèmes, lesquels se combinent en images.

  • Quatre d'entre elles sont des variables de séparation:
- L'orientation: Elle permet de changer l'angle des figurés de cinq manières différentes.
- La forme: Elle permet de changer la structure externe des figurés ponctuels et linéaires et la structure interne des figurés surfaciques.
- La couleur
- Le grain: C'est la quantité de tâches que l'on peut percevoir sur une surface uniforme.
  • Les deux autres variables sont des variables d'ordre:
- La valeur: il s'agit de la relation entre la quantité de noir et de blanc sur une surface donnée.
- La taille: Permet de changer la superficie du figuré.

Cependant aujourd'hui, avec l’avènement de l'informatique plusieurs variables visuelles ou graphémique ont été créées comme la netteté, la dynamique et la saturation.

Selon les règles visuelles et selon les types de données (quantitatif, qualitatif, associatif, différentiel et ordonnée) on peut mettre en place différents types d'implantation: le ponctuel, le zonal et le linéaire.
La sémiologie graphique ne s’arrête pas aux variables visuelles ni aux traitements matriciels. Il existe d'autres règles importantes en sémiologie graphique.

Autres règles de sémiologie graphique[modifier | modifier le code]

  • La lisibilité:

Elle permet de faciliter la compréhension et la mémorisation de la carte. Comme l'a signalé Jacques Bertin il est important de "détacher la forme du fond". D'autres éléments sont préconisés comme le placement des figurés toujours à gauche.

  • La généralisation:

Elle permet de diminuer le niveau de détail afin de simplifier les données pour les adapter à une nouvelle échelle. Cela assure une meilleure communication.
"parfois on doit produire des cartes complexes mais qui ne doivent pas être compliquées"[2]

  • L’identification:

Pour une meilleure lecture de la carte il est important d’intégrer certains éléments:

- le titre: permet d’identifier rapidement le contenu de la carte.
- La légende: regroupe l’ensemble des symboles et codes couleur utilisés.
- L'échelle: notion de grandeur réelle.
- la source
- l’auteur: authentifier le contenu de la carte.
- L'orientation!;

Au-delà de ces règles de sémiologie graphique qui représentent la grammaire de la cartographie, Jacques Bertin préconise différents niveaux de lecture d'une carte : le niveau élémentaire, le niveau moyen, le niveau supérieur. Ce dernier est le niveau que toute carte doit atteindre pour une mémorisation efficace de l'ensemble des informations.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertin Jacques, Sémiologie graphique, Paris, Mouton/Gauthier-Villars, 1967.
  • Bertin Jacques, La Graphique et le traitement graphique de l’information, Paris, Flammarion, 1975.
  • Bertin Jacques, Sémiologie graphique. Les diagrammes, les réseaux, les cartes, Paris, École Des Hautes Études En Sciences Sociales, 1999.
  • Béguin Michelle, Pumain Denise, La représentation des données géographiques, Statistique et cartographie, Paris, Armand Colin, 2003.
  • (en) Gilles Palsky et Marie-Claire Robic, « Aux sources de la sémiologie graphique », Cybergeo : European Journal of Geography, Colloque "3O ans de sémiologie graphique", article 147,‎ 2000
  • Jean-Paul Bord (2012), L’univers des cartes. La carte et le cartographe, collection Mappemonde, éditions Belin, Paris, 2012, 208 pages.
  • Didier Poidevin (1999), La carte : moyen d'action, Ellipses, Paris, 1999, 200 pages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bertin Jacques, Sémiologie graphique, Paris, Mouton/Gauthier-Villars, 1967.
  2. Golbéry;1995-1996 dans « la Sémiologie Graphique : le retour ?»