Néophobie alimentaire

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La sélectivité alimentaire, aussi nommée néophobie alimentaire, consiste en un refus de goûter certains aliments ou groupes d’aliments, par peur de manger et d’essayer de nouveaux mets (angoisse d’incorporation)[1]. L’enfant devient réticent à goûter des aliments non familiers, éprouve du dégoût face à ces derniers et consomme donc une variété très restreinte de produits qui peut se limiter, par exemple, à certaines textures, groupes alimentaires ou marques commerciales appréciées et déjà connues.Peux provoquer des pleures.

Présentation[modifier | modifier le code]

La sélectivité alimentaire représente une phase normale et transitoire du développement de l’enfant[2]. C’est une réaction de protection inévitable qui se manifeste habituellement vers l’âge de 2 ou 3 ans et qui s’atténue avec l’âge[3],[4],[5]. Environ trois enfants sur quatre deviendront sélectifs[4], mais avant l’âge de deux ans, la néophobie est quasiment inexistante[6]. « Elle se manifeste de façon rigide entre 4 et 7 ans et diminue progressivement jusqu’à 10 ou 11 ans »[6]. Les comportements typiques, observables chez l’enfant sélectif, sont de détourner la tête, trier les aliments, grimacer, recracher, repousser la fourchette, etc.[7]. La classe des fruits et légumes[8],[9],[10] et celle des viandes[8], de même que les aliments au goût relevé sont les plus souvent rejetés[11].

Classification[modifier | modifier le code]

Hanse définit trois niveaux de néophobie alimentaire[4],[11]:

  • Niveau 1 - L’enfant demande à goûter un plat avant de le consommer ; 39 % des enfants s’y situent.
  • Niveau 2 - L’enfant doit être fortement incité à essayer de nouvelles choses; 32 %.
  • Niveau 3 - L’enfant refuse catégoriquement tout aliment nouveau; jusqu’à 6 % des enfants se situeraient à ce niveau.

Causes[modifier | modifier le code]

Chaque individu présente son propre profil de sélectivité alimentaire[1]. Les causes de la sélectivité alimentaire sont nombreuses et incluent des causes d’origine sensorielle, praxique, cognitive, affective, comportementale et environnementale[12],[13]. Le contexte social, les pairs, la personnalité de l’enfant et les caractéristiques de l’aliment présenté[12] pourraient également jouer un rôle dans la sélectivité alimentaire. Finalement, comme l’enfant acquiert plusieurs de ses habitudes par imitation, l’attitude des parents peut aussi influencer significativement les comportements alimentaires[14].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Avec patience et persévérance, en ne forçant pas l’enfant et avec une exposition répétée aux aliments, la sélectivité alimentaire peut être surmontée[11]. En effet, il a été démontré qu’au bout de huit expositions, les aliments rejetés sont normalement plus facilement acceptés[15]. Par conséquent, si elle perdure et devient plus sévère, la sélectivité alimentaire peut entraîner des problèmes de santé importants chez l’enfant incluant un apport alimentaire insuffisant, une carence nutritionnelle, un retard staturo-pondéral ou même un surpoids, compromettant ainsi sa croissance et son développement[16],[17].

Évaluation[modifier | modifier le code]

Le Questionnaire pour Enfants de Néophobie Alimentaire (QENA), élaboré par Rubio et Rigal, permet de déterminer le niveau de néophobie alimentaire chez l’enfant et est composé de 13 items jugés selon une échelle de 1 à 4[18].

Interventions[modifier | modifier le code]

Enfin, plusieurs trucs et astuces existent pour atténuer progressivement la néophobie, comme servir le nouvel aliment avec d’autres aliments connus et gratifier l’enfant pour ses efforts[14]. Il existe aussi des programmes d’intervention qui ont démontré leur efficacité, tels que le SOS approach to feeding[19],[20],[21] et Just take a bite[21],[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rigal N. Néophobies, préférences alimentaires et prise de poids. Lettre de REPOP. 2005;no.4.
  2. Rigal N, Reiter F, Motrice C, al. e. Impact du régime d’éviction sur la néophobie dans le cadre d’une allergie alimentaire chez l’enfant : étude explorative. Archives de pédiatrie. 2005;vol. 12:1714-20.
  3. Cashdan E. Adaptiveness of food learning and food aversions in children. Information pour les Sciences Sociales. 1998;37(no.4):613-32.
  4. a, b et c Hanse L. La néophobie alimentaire chez l’enfant: Université Paris-X Nanterre; 1994.
  5. Pelchat M, Pliner P. Antecedants and correlates of feeding problems in young children. Journal of Nutritional Education. 1986;18:23-9.
  6. a et b Rigal N. Dossier : acceptation de la nouveauté dans le domaine alimentaire, un nécessaire apprentissage. Nervure. 2001;XIV(no.9):33-6.
  7. Brochu MD. La néophobie alimentaire. Montréal: Université de Montréal - Département de Nutrition; 2012; Available from: http://www.nospetitsmangeurs.org/article/comportements-alimentaires/55-la-neophobie-alimentaire.
  8. a et b Cooke L, Wardle J, Gibson EL. Relationship between parental report of food neophobia and everday food consumption in 2-6-year-old children. Appetite. 2003;41:205-6.
  9. Fischler C, Chiva M. Food likes, dislikes and some of their correlates in a sample of french children and young adults. Giessen, Germany1986.
  10. Galloway AT, Lee Y, Birch LL. Predictors and consequences of food neophobia and pickiness in young girls. JAm Diet Assoc. 2003;103(no.6):692-8.
  11. a, b et c Rigal N. La naissance du goût. In: Agrobiosciences, editor.2002.
  12. a et b Dridi L. Néophobie et préférences alimentaires chez les enfants âgés de 5 à 10 ans. Algérie: Université Mentouri de Constantine; 2009.
  13. Rigal N. Diversification alimentaire et construction du goût. Archives de Pédiatrie. 2010;17(S208-S212).
  14. a et b Richard L. La néophobie alimentaire. Le Soleil [serial on the Internet]. 2009: Available from: http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/vivre-ici/sante/200905/18/01-857557-la-neophobie-alimentaire.php.
  15. Maier A, Chabanet C, Schaal B, al. e. Effect of repeated exposure on acceptance of iniatially disliked vegetables in – month old children. Food Qual Prefer. 2007;18:1023-32.
  16. Luiselli JK. Behavioral assessment and treatment of pediatric feeding disorders in developmental disabilities. Progress in behavior modification. 1989;24:91-131.
  17. Budd KS, McGraw TE, Farbisz R, Murphy TB, Hawkins D, Heilman N, et al. Psychosocial concomitants of children’s feeding disorders. Journal of Pediatric Psychology. 1992;17:81-94.
  18. Rubio B, Rigal N, Boireau-Ducept N, al. e. Measuring willingness to try new foods : A self-report questionnaire for French-speaking children. Appetite. 2008;50:408-18.
  19. Toomey K, Nyhoff A, Lester A. Picky eaters vs. problem feeders: The SOS approach to feeding. Ressources E, editor. Massachusetts2007
  20. Toomey K. When children won't eat: The SOS approach to feeding. Associates T, editor. Denver, Colorado2002.
  21. a et b Ross V. Intervention pour la sélectivité alimentaire chez les enfants autistes. Montréal: Université de Montréal; 2008.
  22. Emsperger L, Stegen-Hanson T. Just take a bite: Easy, effective answers to food aversions and eating challenges. Arlington, Texas: Future Horizons; 2004.

Voir aussi[modifier | modifier le code]